Tout le monde en parle

Il est surprenant de constater à quel point le langage des politiques et des médias à changé ces derniers mois. Souvenez-vous: il n’y a pas si longtemps, la question même sur la sortie de l’Euro d’un de ses membres était balayée d’un revers de manche méprisant par tous les économistes médiatiques, par les politiques, par les hauts fonctionnaires et par les pseudo-experts qui encombrent les ondes. Quant à l’éclatement de l’Euro lui même, c’était impensable. L’union monétaire était “irréversible”. “Irrévocable”. Les traités qui l’avaient instituée n’avaient même pas prévu de porte de sortie (1). Le train de la construction européenne était sur les rails et lancé à pleine allure, et rien ni personne n’allait l’arrêter ou le dévier de la route qui conduisait vers un avenir radieux.

 

Cet optimisme martial semble s’être évanoui. Plus personne ne nous explique sérieusement que l’Euro amène la prospérité et la croissance. Tout au plus, ses défenseurs les plus acharnés nous expliquent que ce serait pire sans lui sans arriver à convaincre plus que ça. Et depuis quelques semaines, cela se dégrade notablement. On a pu voir dans les journaux télévisés des reportages sur “qu’est ce que la sortie de l’Euro changerait pour vous”. Mario Draghi, le gardien du temple, a lui même admis qu’un effondrement de l’Euro était possible, tout en affirmant que bien entendu ce serait un choix désastreux. On a aussi entendu différents hommes politiques parler d’un Euro “au bord du gouffre”. Et la presse écrite n’est pas en reste, culminant avec le titre du “Monde” d’hier tout en haut de la “une”: “Ces entreprises qui se préparent à la disparition de l’Euro”. Oui, vous avez bien lu: il ne s’agit pas de la sortie de l’Euro de tel ou tel pays, mais bien de sa “disparition”.

 

L’article du Monde vaut son pesant d’or. Sous le titre “L’explosion de la zone euro est désormais plausible” (Oyez, oyez!) les auteurs (2) expliquent que les chefs d’entreprise commencent à explorer des scénarios plus ou moins catastrophiques. C’est le cas de certains opérateurs touristiques, qui ont mis en place des dispositifs de paiement alternatifs pour les hoteliers grecs “au cas où”. C’est le cas des grands établissements financiers aussi. La Financial Services Authority, le régulateur du système financier britannique, a demandé aux banques de la City de se préparer à une telle situation.

 

Paradoxalement, l’article ne parle pas des études qui sont conduites par le Ministère des Finances. Or, il serait très surprenant – et très révélateur de la dégradation de la technostructure publique française – que les hauts fonctionnaires de Bercy n’aient pas ressenti le besoin, comme n’importe quel général, de faire préparer des scénarios alternatifs et autres “plans avancés” pour faire face à toutes les situations. Dans quelque bureau bien protégé tout en haut du mastodonte bâti par Paul Chemetov, des équipes doivent se creuser leurs têtes bien faites et bien pleines pour préparer les plans qui permettrait, si le ministre appuyait sur le bouton, de sortir de l’Euro. Ou plus prosaïquement, de faire face à la situation créée par la sortie d’un autre membre de la zone Euro. Mais peut-être “Le Monde” n’est il pas au courant de ces travaux ?

 

Le fait est que les dirigeants européens ont montré, au cours de ces derniers mois, leur capacité à faire le mauvais diagnostic, à appliquer des remèdes inapproprié, et pour couronner le tout à le faire dans un climat général de désordre. Commençons par le diagnostic: Tous nos dirigeants nous répètent que l’origine du problème se trouve dans la mauvaise gestion budgétaire. Quelques états-cigales auraient ainsi dépensé plus qu’ils ne gagnaient et financé la différence par l’emprunt, alors que les états-fourmis accumulaient au contraire en dépensant moins qu’ils ne gagnaient. Seulement, cela ne correspond nullement à la réalité: deux des états en difficulté, l’Espagne et l’Irlande, avaient jusqu’à 2008 des déficits publics et des taux d’endettements inférieurs à ceux de l’Allemagne. L’explosion de l’endettement et des déficits dans ces deux pays n’a rien à voir avec l’indiscipline budgétaire tant dénoncée par Berlin. Elle est le résultat de l’explosion de “bulles” immobilières et financières.

 

Le remède proposé à partir de ce diagnostic, c’est le resserrement de la discipline budgétaire. L’Allemagne a l’obsession de la ménagère, et dans le vide sidéral qu’est le débat européen, personne n’ose tenir tête à cette idée simpliste. Seulement, on voit mal en quoi l’inscription d’une “règle d’or” dans leurs constitutions aurait permis à l’Irlande ou l’Espagne, qui respectaient dejà strictement ses critères jusqu’au déclenchement de la crise, d’éviter leur triste sort. S’il y a une leçon à tirer de la crise actuelle, c’est qu’elle touche autant les “cigales” budgétaires que les “fourmis”. Le problème doit donc se trouver ailleurs.

 

Martin Wolf, columniste au “financial times” (et dont certaines chroniques sont publiés par “Le Monde” dans son supplément économie) donne une excellente analyse – même s’il s’exprime en termes très techniques – avec une constance qui force l’admiration, surtout lorsqu’on le compare aux chroniqueurs économiques français, qui changent d’avis comme de chemise. L’analyse de Wolf est simple: dans une zone économique relativement fermée – c’est à dire, où chaque pays a pour principaux partenaires commerciaux les autres pays de la zone – comme l’est l’UE, les balances commerciales bénéficiaires de certains états membres doivent nécessairement être compensées par le déficit des balances des autres. En d’autres termes, si un pays X achète plus qu’il ne vend, il doit y avoir forcément un pays Y qui vend plus qu’il n’achète. Il est donc illusoire de vouloir une Europe dont tous les états adopteraient le modèle allemand: puisque celui-ci repose sur une économie fortement exportatrice et faiblement importatrice. La situation où tout le monde s’amuse à exporter et personne n’importe est une situation impossible.

 

Or, les déséquilibres des balances commerciales doivent être compensés par des déséquilibres inverses de la balance des paiements. En d’autres termes, si j’achète plus que je ne vends, et que je ne peux pas imprimer de la monnaie, je finirai par ne plus avoir d’argent. Pour continuer à acheter, il me faudra bien avoir des rentrées d’argent complémentaires quelque part. En d’autres termes, si j’achète plus de biens que je ne vends, il faut que je trouve quelque part la différence. Si l’on exclue – et l’Allemagne le refuse, et elle n’est pas la seule – les transferts, il ne reste plus que l’emprunt pour compenser le déséquilibre. Et peu importe qui emprunte: que ce soit le secteur privé – comme ce fut le cas dans les “bulles” espagnoles et irlandaise – ou le secteur public – comme en Italie – on aboutit au même résultat. Tôt ou tard les prêteurs réaliseront que l’emprunteur est insolvable, et il y aura une crise. Et si la crise concerne la dette privée, l’impossibilité politique de permettre la faillite du système bancaire obligera l’Etat à “nationaliser” la dette. On voit donc que pour qu’elle soit efficace, la “règle d’or” ne doit pas seulement viser l’équilibre des comptes publics, mais aussi l’équilibre des comptes privés. Ce qui implique une balance commerciale équilibrée.

 

Cet objectif pourrait être atteint de plusieurs manières. Lorsque les pays ont des monnaies différentes, les  balances commerciales tendent à s’équilibrer. En effet, imaginons un monde à deux pays, A et B. A exporte beaucoup plus qu’il importe, ce qui implique que pour B ce soit l’inverse. Comme B importe plus qu’il n’exporte, ses exportations ne lui rapportent pas suffisamment de monnaie de A pour payer ses importations. Il est donc obligé de partir acheter de la monnaie A contre sa propre monnaie. Cette demande supplémentaire tend à faire monter la parité de la monnaie de A par rapport à B, et donc de rendre les produits de B plus compétitifs et de favoriser ses exportations, ce qui tend à équilibrer la situation. Réciproquement, A se retrouve avec un surplus de monnaie de B qu’il ne peut utiliser… sauf s’il achète plus de produits de B et favorise un rééquilibrage des échanges.

 

La deuxième méthode est celle qui fut proposée à la Chartede La Havane: les pays qui ont une balance commerciale excédentaire seraient tenus de verser l’excédent dans un compte, ceux qui ont une balance commerciale déficitaire recevraient de ce compte le montant de leur déficit. Et comme la somme des excédents égale la somme des déficits, le compte serait équilibré. Dans cette logique, les pays excédentaires comprendraient rapidement qu’il n’y a pour eux aucun intérêt à faire des excédents, et feraient le nécessaire pour équilibrer leur balance commerciale… ce qui entraînerait mécaniquement la disparition des déficits commerciaux.

 

Malheureusement, les dirigeants européens n’en sont pas là. Le fait que l’Europe n’est pas une communauté politique rend toute reforme fondée sur les transferts illusoire, et la vision néo-libérale congelée dans les traités empêche toute recherche de solutions originales. L’obsession du déficit public – car on ne parle jamais du déficit privé – entraîne l’UE vers des politiques pro-cycliques qui ne peuvent qu’approfondir la crise et nous pousser vers la récession. Et du coup, les observateurs de l’économie, et à plus fort ceux dont les fortunes sont liés à cette observation, ont perdu confiance dans la capacité de l’UE à faire le bon diagnostic et à agir en conséquence. C’est pourquoi ils se préparent au pire.

 

Descartes

 

(1) Ce qui ne doit pas conduire à penser, comme le font beaucoup de commentateurs, que la sortie fut impossible. Un état souverain peut peut toujours dénoncer un traité, même si la dénonciation n’est pas explicitement prévue dans son texte.

 

(2) Ils s’y sont mis à trois: Claire Gatinois, Anne Michel et Francine Aizicovici. “L’explosion de la zone euro est désormais possible”, Le Monde, 21/12/2011 page 13.

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20 réponses à Tout le monde en parle

  1. Inquiet dit :

    A en croire Attali, il n’y a pas de catastrophe là-dedans. Dans une réunion publique, il explique que ceux qui ont écrit le traité (ou les traités, je ne sais plus et je ne sais plus lequel. En
    tout cas, Attali en fait partie. Au nom de quoi, ça c’est une autre question…), ceux qui ont écrit le traité donc, ont consciencieusement oublié d’écrire l’article qui permettait de “sortir de
    l’Europe”. Et ensuite, dans une interview à la télé, il explique que “ils savaient” que l’euro ne survivrait guère plus de 10 ans. (Ces deux vidéos sont trouvables sur internet.) Donc tout va
    bien. On aurait envie de lui demander “quel est le but ?” mais je crois même me souvenir qu’il le dit : le fédéralisme (pour ta plus grande joie Dédé )

    En fait, il s’agit peut-être tout simplement d’agiter le peuple avant de s’en servir. C’est le populo, appeuré par la situation, qui va réclamer le fédéralisme. C’est beau.

     

  2. Inquiet dit :

    “Attali ? C’est qui ça ?”

    C’est un des mecs qui fait les lois dans ton pays sans que jamais personne n’ait voté pour lui. Il explique aussi dans une autre interview télévisuelle (oui, je suis fan) que les peuples sont
    coupables des dettes etc…, car ils ont élus les dirigeants (qui ont fait les dettes) et que “si on veut bien croire à la démocratie…”  !!! Ce mec est un champion. Il dit tout et c’est
    bien.

    • Descartes dit :

      C’est un des mecs qui fait les lois dans ton pays

      N’exagérons rien. Attali, Minc et le reste ne font aucune “loi”. Ce sont des bouffons, dont le seul pouvoir est la possibilité de parler directement au roi (qui ensuite fait ce qu’il veut) et qui
      ensuite se répandent dans les gazettes pour faire croire qu’ils ont du pouvoir. Les ignorer reste la meilleure politique.

  3. Inquiet dit :

    Que Minc soit un bouffon qui ne fasse aucune loi, je n’en doute pas. Il se trouve que le sieur Attali dans une vidéo dont je parle plus haut dit qu’il fait partie de ceux qui ont écrit je ne sais
    quel traité européen. Alors je l’ai cru. Si en plus il raconte n’importe quoi, je suis dans les choux… J’hiberne jusqu’en 2013.

  4. marc malesherbes dit :

    une petite rmarque de détail, lorsque vous parlez de “balance commerciale”, vous devriez employer l’expression “balance des transactions courantes”. En effet l’INSEE définit la “balance
    commerciale” comme uniquement le solde des échanges des biens. Et pour votre démonstration il faut y ajouter les services et autres transferts courants (ex: le tourisme). (voir liens
    ci-dessous)

    Je reconnais que c’est moins “parlant”, et d’autant plus confus que Bruxelles emploie l’expresion “balance commerciale” pour désigner ce que l’INSEE appelle “balance des transactions
    courantes”.

    En ce qui concertne la France, le déficit annuel de notre “balance des transactions courantes” représente annuellement environ  1,5% de notre PIB (le déficit a commencé en 2005). Ce n’est
    pas encore la catastrophe, mais il faut redresser la situation pour ne pas accroître indéfiniment notre dette.

    Mais le problème central rarement abordé est “comment offrir à tous un travail décent”. Même en sortant de l’euro (ce que je souhaiterai) cela ne réglera que partiellement le problème, car la
    création d’emploi par une production accrue sera limitée.
    Il faut donc parallèllement faciliter les départs à la retraite, développer de manière importante les services “publics” (ex: les professeurs, les soignants, les policiers …). Il faut bien sûr
    le financer (par les impots !) et aussi rendre ces services efficaces (ce qui n’est pas une petite affaire …)

    http://www.lyc-arsonval-brive.ac-limoges.fr/jp-simonnet/spip.php?article17
    http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?ref_id=NATnon08460
    http://www.insee.fr/fr/ffc/figure/NATnon08460.xls

    • Descartes dit :

      une petite rmarque de détail, lorsque vous parlez de “balance commerciale”

      Votre remarque est juste. J’ai hésité à choisir entre les deux expressions, mais j’ai pensé que pour mes lecteurs l’expression “balance commerciale” était plus parlante et qu’ils comprendraient
      bien ce que je mets derrière, même si en termes de la comptabilité nationale l’expression n’est pas exacte.

      En ce qui concertne la France, le déficit annuel de notre “balance des transactions courantes” représente annuellement environ  1,5% de notre PIB (le déficit a commencé en 2005). Ce
      n’est pas encore la catastrophe,

      Non, ce n’est pas la catastrophe, mais c’est inquiétant. Et c’est qui est plus inquiétant, c’est que personne ne semble s’en préoccuper.

      Mais le problème central rarement abordé est “comment offrir à tous un travail décent”.

      Tout à fait. Et si le problème “n’est pas abordé”, c’est qu’il pose deux questions très épineuses. La première est la question du partage du gâteau. Prémière option: on considère que la quantité
      de richesse est fixe et la quantité de travail aussi. Dans ce cas, la seule manière de donner à tout le monde du travail est de partager celui-ci, par réduction du temps de travail. Mais alors,
      il faut aussi partager le revenu, ce qui veut dire réduire la paye en proportion. Deuxième option: l’intégration de nouveaux travailleurs doit s’accompagner d’une augmentation proportionnelle de
      la production, de manière à maintenir la rémunération. On maintient alors le temps de travail, et on a besoin de capital supplémentaire.

      Ce qui nous amène à une deuxième question épineuse: on peut raisonnablement penser que les travailleurs au chômage sont les moins productifs (puisque les employeurs ont le choix, et peuvent donc
      conserver les plus productifs et se débarrasser des autres). Conséquence: ou bien on paye ces nouveaux travailleurs moins que les anciens, pour tenir compte de leur productivité moindre, ou bien
      il faudra que les travailleurs les plus productifs cèdent aux moins productifs une partie de leur revenu. Crois-tu qu’ils soient disposés à le faire ?

       

       

  5. marc malesherbes dit :

    pour en revenir à la question “comment offrir à tous un travail décent”, il est vrai que la question est épineuse et a de multiples aspects.
    Il me semble qu’il faut combiner plusieurs axes d’actions (je me place dans un horizon de 5 à 10 ans).

    1- partager le travail pour ceux qui l’acceptent, à savoir revenir au 35h et favoriser les départs à la retraite, tout en autorisant, sans l’encourager, ceux qui désirent travailler plus
    (autrement dit pas de bonus pour les heures supplémentaires, mais pas d’obligation d’en faire; retraite à partir de 60 ans sans décote, mais en fonction des points accumulés …).
    Pourquoi permettre à ceux qui le veulent de travailler plus ? parce que ce sont souvent des travailleurs productifs qui par leur activité “enrichissent” la communauté.
    Cela signifie que je me situe dans la société marchande et concurentielle, en laissant ceux qui sont attirés par des revenus monétairesplus élevés profiter de leurs capacités.

    21- développer l’activité en dévaluant pour pouvoir un minimum être compétitif . Le taux de dévaluation peut être contrôlé en faisant comme la Suisse ou la Chine, pays que l’on peut difficilement
    qualifier de révolutionnaires ou anti-capitalistes (sans rentrer dans le détail ce serait le rôle de la banque de France).

    22- développer l’activité en développant intelligement les services publics de base, ou d’autres activités ciblées (la recherche ..)

    Certes cela signifie implicitement que ceux qui sont actifs “au minimum” auront des revenus et services (santé, sécurité, enseignement …) décents, mais avec moins de possibilité de s’acheter de
    multiples produits fabriqés à l’étranger, de partir en vacances à l’étranger … …

    Pour en revenir à votre question sur l’acceptation par les salarés actifs de ces mesures, je suis incertain. Il me semble que ceux qui ont des enfants (petits enfants) comprennent bien la
    nécessité de ces sacrifices, car tous les enfants ne seront pas des “gagnants” dans la compétition actuelle pour un emploi.

    Par contre les jeunes adultes, formés par la publicité, qui rêvent de voitures de luxe, de fringues de luxe (voir N Sarkozy, R Dati) seront opposés à cette orientation sociale. Mais, pour ne pas
    les décourager, je propose le droit de “travailler plus” (voir ci-dessus).

    Pour en revenir à votre question sur le capital nécessaire, cela me semble assez facile à réaliser par des prêts via les banques alimentées par la Banque de France. Je vous signale que récemment
    la BCE, qui n’est pas révolutionnaire,a prêté 500 Miard d’euros aux banque européenne à 1% (je dis bien 500 Miliards d’euro, je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que c’est: à titre de
    comparaison le PIB français est d’environ 2 000 milliards).

    Ceci dit , vous avez sans doute raison, ce n’est pas encore vendable. Si ça l’était, il y aurait longtemps que les hommes politiques le proposerait.

    nb: curieusement, je n’ai pas vu abordée cette question de front dans le “programme partagé” du Front de gauche” (qui a beaucoup d’aspects positifs par ailleurs). Par exemple aucun objectif du
    type “revenir à moins de 600 000 chômeurs”. Pourquoi ?  il me semble que c’est parce que nous admettons que c’est impossible, comme l’avait déclaré en son temps F Mitterand (“nous avons tout
    essayé …”)

    • Descartes dit :

      1- partager le travail pour ceux qui l’acceptent,

      Mais avec ou sans “partage du salaire” ? Parce que le partage du travail sans partage du salaire pose un problème économique: si le gâteau reste de la même taille, et il est partagé dans un
      nombre de parts plus grand, il faut bien que les parts soient plus petites.

      à savoir revenir au 35h et favoriser les départs à la retraite,

      Avec les réductions de salaire et de retraite concomitantes ? Sinon, d’où sorts-tu le supplément de richesse pour payer ces retraités et en même temps les salariés qui les remplacent
      ?

      21- développer l’activité en dévaluant pour pouvoir un minimum être compétitif .

      On sort donc de l’Euro ?

      Pour en revenir à votre question sur l’acceptation par les salarés actifs de ces mesures, je suis incertain. Il me semble que ceux qui ont des enfants (petits enfants) comprennent bien la
      nécessité de ces sacrifices, car tous les enfants ne seront pas des “gagnants” dans la compétition actuelle pour un emploi.

      Je suis moins optimiste que vous. Tous les enfants ne seront pas des “gagnants”, mais ceux des classes moyennes ont plus de chances de l’être. Or, ce sont justement les classes moyennes qui ont
      les productivités les plus elevées (c’est cela qui leur donne leur pouvoir de négociation dans le partage des richesses, d’ailleurs). Les classes moyennes feront donc tout ce qu’il faut pour
      “bloquer” toute mesure qui pourrait mettre leurs enfants en concurrence avec les autres.

      Pour en revenir à votre question sur le capital nécessaire, cela me semble assez facile à réaliser par des prêts via les banques alimentées par la Banque de France.

      Vous souffrez d’un cas aigu d’illusion monétaire. Le “capital nécessaire” ce n’est pas de l’argent, mais des machines, des bâtiments, des gens formés… il ne suffit pas d’imprimer des billets
      pour que tout cela apparaisse miraculeusement…

      curieusement, je n’ai pas vu abordée cette question de front dans le “programme partagé” du Front de gauche” (qui a beaucoup d’aspects positifs par ailleurs). Par exemple aucun objectif du
      type “revenir à moins de 600 000 chômeurs”. Pourquoi ?  il me semble que c’est parce que nous admettons que c’est impossible,

      Tout à fait. Aujourd’hui, aucun parti n’est prêt à proposer un programme qui rogne les avantages des classes moyennes. Or, le retour au plein emploi est impossible sans comprimer ces
      avantages.

  6. marc malesherbes dit :

    désolé, j’ai oublié de répondre à la question de l’emploi de travailleurs moins productifs (grosso modo ceux qui sont au chômage actuellement)

    Je suis d’acord sur l’idée que les employer est un problème, que ce soit pour des activités marchandes ou de service public. D’ou la nécessité de dévaluer, et le coût que cela implique pour tous.

    Ceci dit, on peut penser que les employeurs paieront un peu plus les plus productifs, et en tout cas que les salariés le demanderont. Je me rappelle de grèves déclanchées par des “professionnels”
    qui pensaient que par rapport aux OS, ils n’avaient pas le “juste” saliare” (je sais qu’il faut ajuster le vocabulaire, on ne parle plus de professionnels et d’OS, mais la réalité reste là)

    • Descartes dit :

      Ceci dit, on peut penser que les employeurs paieront un peu plus les plus productifs,

      Tout à fait. Mais il y a le problème du SMIC (et aussi du RSA): que fait-on des travailleurs dont la productivité est inférieure au SMIC ?

  7. Trubli dit :

    Le thème de la discussion avec Marc Malherbes m’intéresse au plus haut point. Comment donner un emploi décent à tout le monde ?

    Ceci pose déjà la question de ce qu’est le plein emploi.

    Pour ma part je considère qu’on est en plein emploi non pas lorsqu’il y a zéro chômeur mais lorsqu’on arrive au niveau du chômage frictionnel. Des personnes qui sont en chômage de courte durée
    entre deux emplois.

    Je pense qu’on peut déjà réintégrer la moitié des chômeurs officiels avec une politique protectionniste intelligente qui fait qu’on augmentera la taille du gateau national en produisant
    localement ce qui est produit en Asie, Afrique du Nord ou Europe de l’Est. Cette affirmation s’appuie notamment sur les travaux de Lilas Demmou pour la Direction générale du Trésor (http://www.tresor.bercy.gouv.fr/etudes/doctrav/pdf/cahiers-2010-01.pdf ) ou de Jacques Sapir. 

    Une politique protectionniste intelligente passe par un retour à la monnaie nationale, l’emploi de barrières classiques (quotats, droits de douanes, etc.) ou  de barrières nouvelles (ex :
    taxe sur les échanges commerciaux de Gabriel Galand http://www.chomage-et-monnaie.org/ Charte de la Havane)

    Dans un second temps, grâce à la réindustrialisation et aux recettes nouvelles qu’il permettra on devrait pouvoir employer une partie des “moins productifs” dans les services publics – voir là où
    nous aurons le plus besoin d’eux – par ailleurs on pourra mettre en place une politique familiale permettant à l’un des deux parents de se retirer du marché de l’emploi pour s’occuper des
    enfants. 

     

    • Descartes dit :

      Pour ma part je considère qu’on est en plein emploi non pas lorsqu’il y a zéro chômeur mais lorsqu’on arrive au niveau du chômage frictionnel. Des personnes qui sont en chômage de courte
      durée entre deux emplois.

      C’est la définition couramment adoptée par les économistes.

      Je pense qu’on peut déjà réintégrer la moitié des chômeurs officiels avec une politique protectionniste intelligente qui fait qu’on augmentera la taille du gateau national en produisant
      localement ce qui est produit en Asie, Afrique du Nord ou Europe de l’Est.

      Oui. Mais le prix d’une telle politique est de réduire la part du gâteau que se partagent les travailleurs les plus productifs et les classes moyennes. Or, dans un régime démocratique, il est
      difficile de mettre en oeuvre une politique sans avoir l’accord de ces deux cathégories. Comment ferais-tu pour leur faire accepter ?

      Dans un second temps, grâce à la réindustrialisation et aux recettes nouvelles qu’il permettra on devrait pouvoir employer une partie des “moins productifs” dans les services publics

      Si l’on veut démolir les services publics, c’est la recette à suivre… franchement, pourquoi faudrait-il que le service public soit rendu par les moins biens formés, les moins disciplinés, les
      cas sociaux ?

      Tu manques le point: si tu veux faire travailler “les moins productifs”, soit tu les payes en fonction de leur productivité réelle (ce qui signifie pour beaucoup d’entre eux vivre dans la misère)
      soit tu organises un système de transferts ou les plus productifs payent pour que les moins productifs puissent vivre un peux mieux. Et pour cela, il te faut que les plus productifs acceptent le
      marché.

       

  8. marc malesherbes dit :

    vous écrivez (en italique mon ancien texte, en jaune vos remarques) :

    1- partager le travail pour ceux qui l’acceptent,
    “Mais avec ou sans “partage du salaire” ? Parce que le partage du travail sans partage du salaire pose un problème économique: si le gâteau reste de
    la même taille, et il est partagé dans un nombre de parts plus grand, il faut bien que les parts soient plus petites”
    le partage se fait via la dévaluation: tous les travailleurs voient leur pouvoir d’achat en produits étrangers diminuer, à commencer par l’essence, le chauffage au gaz et au fioul … (on aura
    intérêt à garder le nucléaire !)

    à savoir revenir au 35h et favoriser les départs à la retraite,
    “Avec les réductions de salaire et de retraite concomitantes ?”
    Bien sûr: celui qui fait 35h sera moins payé qu’avec 37h ou 40h; et celui qui part à 60 ans, n’aura pas de “pénalisation”, mais seulement ses droits acquis

    21- développer l’activité en dévaluant pour pouvoir un minimum être compétitif .
    “On sort donc de l’Euro ? “
    bien sûr, d’ailleurs mes propositions de monétisation de notre dette, du contrôle de notre niveau de change ne sont possible qu’avec une banque de France autonome. Globalement aucune politique de
    progrès social n’est possible en restant dans le cadre de l’euro. Pour ceux qui en doutent, RV après 2012, avec Hollande ou Sarkozy, pour voir la grande austérité (nous n’avons encore rien
    vu)

    “Mais il y a le problème du SMIC (et aussi du RSA): que fait-on des travailleurs dont la productivité est inférieure au SMIC ?”
    en dévaluant on abaisse le seuil à partir duquel un travailleur est “rentable”, car les entreprises ont à concurrencer des produits étrangers qui sont plus chers. On peut également dire qu’en
    dévaluant on a abaissé le niveau du SMIC par rapport à l’étranger, et également qu’on a diminué le pouvoir d’achat du SMIC par rapport aux produits étrangers.

    Pour en revenir à votre question sur le capital nécessaire, cela me semble assez facile à réaliser par des prêts via les banques alimentées par la Banque de France.
    “Vous souffrez d’un cas aigu d’illusion monétaire. Le “capital nécessaire” ce n’est pas de l’argent, mais des machines, des bâtiments, des gens
    formés… il ne suffit pas d’imprimer des billets pour que tout cela apparaisse miraculeusement… “
    Oui et non. Vous avez r    aison sur le fait qu’il est difficile de créer une entreprise compétitive, car cela demande de bonnes idées, et une bonne réalisation. La meilleur
    preuve, c’est qu’en cas de dévaluation certains pays se trouvent incapables de se créer une industrie propre (ex récent: la Russie). Mais ce n’est pas le capital qui est important: trouver
    l’argent via des banques est facile (si il y a une politique d’état) et cela permet d’acheter le matériel et d’embaucher le personnel.  Ce qui sera difficile c’est de sélectionner et
    encourager les “bons” projets.

    en conclusion, je suis conscient que mes propositions impliquent des sacrifices pour tous. Mais avec l’euro on aura des sacrifices équivalents ou pires (difficile à quantifier) avec en plus une
    société duale aggravée: de nombreux chômeurs, des travailleurs pauvres, et pour les salariés moyens (disons deux fois le SMIC) de grand risques de précarité en cas de maladie, de licenciement et
    pour leurs enfants.
    Chacun choisit la société dans laquelle il veut vivre …

    • Descartes dit :

      le partage se fait via la dévaluation: tous les travailleurs voient leur pouvoir d’achat en produits étrangers diminuer, à commencer par l’essence, le chauffage au gaz et au fioul … (on
      aura intérêt à garder le nucléaire !)

      Je crains que ce ne soit pas suffisant (ou alors il faut une dévaluation massive…). Mais admettons. Dès lors que tu acceptes le partage des richesses comme contrepartie du partage du travail,
      tu butes sur la difficulté essentielle du problème: comment faire accepter ce partage aux classes moyennes et aux travailleurs les plus productifs. C’est là que la question devient non seulement
      économique, mais politique. Comment te proposes-tu de légitimer ce transfert ?

      Globalement aucune politique de progrès social n’est possible en restant dans le cadre de l’euro.

      Nous sommes d’accord.

      “Mais il y a le problème du SMIC (et aussi du RSA): que fait-on des travailleurs dont la productivité est inférieure au SMIC ?” en dévaluant on
      abaisse le seuil à partir duquel un travailleur est “rentable”, car les entreprises ont à concurrencer des produits étrangers qui sont plus chers.

      Malheureusement, ça ne suffit pas. Ce serait vrai dans une économie qui exporterait toute sa production, et qui importerait toute sa consommation. Mais notre économie n’en est pas là, et le sera
      encore moins si on pose une véritable politique de réindustrialisation. Dans ce cas se pose le problème de compétitivité interne. Lorsqu’un un travailleur produit par son travail une valeur
      inférieure à celle du salaire minimum, qui voudra l’employer ?

      N’oublie pas par ailleurs que tu ne peux dévaluer indéfiniment: si ton économie est dynamique, ta monnaie aura tendance à s’apprécier.

      Mais ce n’est pas le capital qui est important: trouver l’argent via des banques est facile (si il y a une politique d’état) et cela permet d’acheter le matériel et d’embaucher le
      personnel.

      Seulement s’il y a assez de machines à vendre, et assez de personnel formé à embaucher. Lorsque j’imprime de la monnaie, la contrepartie de cette monnaie (machines et personnel) n’apparaît pas
      miraculeusement. C’est pourquoi l’effet de l’impression monétaire n’est pas le même lorsque les facteurs de production sont disponibles et lorsque ces facteurs sont 100% occupés. Penser que parce
      qu’il y a de l’argent à la banque il y a du capital disponible, c’est céder à l’illusion monétaire.

      en conclusion, je suis conscient que mes propositions impliquent des sacrifices pour tous. Mais avec l’euro on aura des sacrifices équivalents ou pires

      Tout à fait d’accord.

  9. Trubli dit :

    Pour avancer dans le débat et pouvoir vous répondre j’aurai deux questions :

    Quelle est cette partie de la population dont la productivité est inférieure au SMIC ?

    Qu’appelez-vous classe moyenne et quelle est sa proportion dans la population électorale ?

    Pour ma part, une fois qu’une grand partie des cadres moyens auront été paupérisés, connaitront le chômage et la concurrence directe des cadres indiens ou chinois, il ne sera plus très difficile
    de les raisonner et de leur faire accepter l’idée de protection. Mais peut-être que pour vous les classes moyennes ce ne sont pas les enseignants et les cadres moyens ?

    Ensuite j’ai une autre idée qui consisterait à créer 3 zones monétaires en France : une pour la métropole, une autre pour les Antilles et une troizième pour l’océan Indien. Le Franc antillais et
    le Franc Indien se verrait appliquer des parités en phase avec leur productivité permettant l’installation d’industries de base (jouets à bas coût, textile à bas coût, etc.) et une meilleure
    insertion économique au sein de leur zone géographique d’influence : Caraïbes et océan Indien.

    Enfin il faut voir ce qu’on peut faire des personnes qui perdent leur emploi en raison de l’avancée des automates (ex vendeurs remplacés par des bornes de paiement) Il faut trouver de nouveaux
    besoins, de nouveaux services permettant de les employer.

    Cordialement. 

    • Descartes dit :

      Quelle est cette partie de la population dont la productivité est inférieure au SMIC ?

      Vous posez une excellente question, à laquelle il est très difficile de proposer une réponse définitive. En théorie, tout est simple: prenons un patron quelconque, dans un secteur
      quelconque, et supposons que ce patron a une demande à satisfaire. Aussi longtemps que la demande n’est pas satisfaite, il a interêt à embaucher à condition que le salaire d’embauche soit
      inférieur à la valeur produite par l’employé. Lorsqu’il y a un salaire minimum, on peut donc supposer que l’ensemble des chômeurs a une productivité inférieure au salaire minimum.

      Mais en pratique les choses sont un peu plus compliquées. D’une part, il n’est pas évident que toutes les entreprises aient une demande suffisante à satisfaire. D’autre part, les chômeurs ont des
      compétences différentes et ne peuvent pas changer de métier aussi facilement. Il y a donc des rigidités du marché du travail qui font que le chiffre doit être inférieur à celui des chômeurs, mais
      il est difficile d’estimer de combien. Par ailleurs, il y a des personnes qui renoncent à chercher du travail parce qu’elles sont conscientes que leur productivité est trop faible pour qu’elles
      aient une chance de trouver un employeur disposé à les embaucher. Elles ne figurent donc pas dans les statistiques du chômage.

      Qu’appelez-vous classe moyenne et quelle est sa proportion dans la population électorale ?

      J’ai discuté ces questions dans d’autres papiers. Pour faire court: ce sont les individus qui ont suffisamment de capital (matériel ou immatériel) pour ne pas fournir une plusvalue significative
      à leurs employeurs, mais pas assez pour pouvoir extraire la plusvalue de leurs employés. J’estime leur poids autour de 20% du corps électoral.

      Pour ma part, une fois qu’une grand partie des cadres moyens auront été paupérisés, connaitront le chômage et la concurrence directe des cadres indiens ou chinois, il ne sera plus très
      difficile de les raisonner et de leur faire accepter l’idée de protection.

      Enfin, ce n’est pas demain la veille. Si vous regardez les tableaux de l’INSEE, vous observerez que ce sont les catégories moyennes qui ont vu leur revenu augmenter le plus vite ces dernières
      années.

      Ensuite j’ai une autre idée qui consisterait à créer 3 zones monétaires en France : une pour la métropole, une autre pour les Antilles et une troizième pour l’océan Indien.

      Votre proposition présente des problèmes redoutables… en fait, elle reviendrait à aligner le niveau de vie des DOM/TOM avec leur productivité réelle, c’est à dire, très faible…

       

  10. marc malesherbes dit :

    permettez moi encore de revenir sur cette question “permettre à tous d’avoir un travail décent”.

    Il est vrai que l’on peut voir la question autrement. Il pourrait être en effet plus “généreux” de dire : assurons à tous un revenu minimum garanti “correct”, et ceux qui auront un emploi
    gagneront plus. Evidement ce revenu minimum sera payé par ceux qui ont un emploi.

    Paradoxalement c’est de facto ce que nous faisons avec les différents minima sociaux. Simplement la gauche souhaite qu’ils soient plus élevés (ce que je soutiens bien sûr).
    Mais pour moi, ce n’est pas une société qui me paraît équilibrée, et je préférerai le plein emploi. Je reconnais que c’est une idée de droite, et cela me contrarie un peu: serais-je un peu
    passéiste ? Après tout il doit être bien agréable de vivre sans avoir à travailler, sans soucis, avec un petit revenu correct assuré. Et cela permettrait de se cultiver, de passer du temps à
    discuter des affaires publiques et à faire la révolution citoyenne.

    Donc finalement JL Mélenchon a raison: ne parlons plus de chômage, mais offrons de quoi vivre et du divertissement au plus grand nombre (cela rappelle que les -très riches- sénateurs romains
    étaient vraiment à gauche)

    • Descartes dit :

      assurons à tous un revenu minimum garanti “correct”, et ceux qui auront un emploi gagneront plus. Evidement ce revenu minimum sera payé par ceux qui ont un emploi.

      C’est un peu l’idée du “revenu universel”. Le seul problème c’est qu’on voit mal pourquoi ceux qui ont un emploi accepteraient que leurs concitoyens puissent vivre “correctement” sans travailler.
      Et qu’il y a un risque que ceux qui travaillent en concluent que finalement il vaut mieux arrêter de travailler puisqu’on peut vivre “correctement” sans avoir à se lever tôt le matin pour aller
      au turbin…

      Paradoxalement c’est de facto ce que nous faisons avec les différents minima sociaux.

      Pas tout à fait. On fait en sorte que les minima sociaux ne permettent justement pas de “vivre correctement”, tout juste de survivre. Et c’est pour la raison expliquée plus haut: si les minima
      sociaux permettaient de vivre “correctement”, ils deviendraient moralement inacceptables.

       

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