“Lawfare”, ou la croisade des malhonnêtes

Ainsi, après le grand combat sociétal contre les punaises de lit conduit de main de maître – ou doit-on dire de main de maîtresse ? – par Mathilde Panot, le club des fans de Jean-Luc Mélenchon s’est trouvé un nouvel ennemi. Après les journalistes et les punaises de lit – dans cet ordre – il s’agit maintenant de s’attaquer aux méchants juges qui viennent gâcher la vie des dirigeants politiques. Place donc à la lutte contre le « lawfare », expression utilisée par désigner les poursuites organisées contre des leaders politiques au prétexte qu’ils auraient utilisé leurs fonctions pour remplir leurs poches. Poursuites qui, selon les intéressés, sont des « persécutions politiques » qui ne disent pas leur nom (1).

LFI se lance donc à l’assaut du « lawfare » en diffusant une « déclaration » (2) ayant recueilli plusieurs centaines de signatures dont les plus notables sont très largement issues d’Amérique Latine et accessoirement d’Europe. Et que dit cette déclaration ?

« Non, la justice ne doit pas servir d’arme de persécution politique. Pourtant c’est devenu le cas aujourd’hui presque partout dans le monde. (…) A présent un seuil est en train d’être franchi. C’est ce que l’on appelle la tactique du « lawfare ». Il s’agit de l’instrumentalisation de la justice pour éliminer les concurrents politiques.

Le « lawfare » commence avec des dénonciations sans preuves, se prolonge dans d’obsédantes campagnes de dénigrement médiatique et oblige ses cibles à d’interminables justifications sans objet. Puis c’est la prison et les amendes. Le « lawfare » enferme les débats politiques dans les cours de justice. Pour finir, il fausse le déroulement des élections qui ne sont plus vraiment libres. Les exemples sont nombreux. »

Qui pourrait s’opposer à des principes en apparence aussi sains ? Aucun démocrate, aucun progressiste ne songerait à cautionner des « dénonciations sans preuves », des « campagnes de dénigrement médiatique » qui aboutiraient pour les activistes politiques à « la prison ou les amendes ». On pourra s’étonner tout de même que les dirigeants de LFI, après avoir soutenu le projet de porter plainte contre l’Etat pour « inaction climatique » – action qui ne peut qu’aboutir à « enfermer le débat politique dans les cours de justice » – puissent s’insurger lorsque d’autres utilisent les mêmes instruments. Mais l’essentiel n’est pas là. Le plus gênant se trouve dans les exemples choisis par les auteurs de cette déclaration.

En Europe, par exemple, les « nombreux exemples » se limitent à deux : « le Français Jean-Luc Mélenchon, poursuivi sans preuve et jugé pour rébellion, ou le Russe Serguei Oudaltsov, dirigeant du Front de gauche, condamné à quatre ans et demi de prison pour avoir organisé des manifestations contre le pouvoir ». La disproportion entre ces deux exemples laisse songeur… d’un côté un dirigeant politique appelé devant les tribunaux pour avoir essayé de perturber une perquisition, faits pour lesquels il risque au pire quelques mois de prison avec sursis, de l’autre un activiste condamné à quatre ans et demi de prison en régime sévère. Mais plus intéressante est l’absence d’autres dirigeants politiques dont le parcours a été brisé par l’action des juges sans qu’aucune condamnation n’intervienne. Je pense à un certain Dominique Strauss-Kahn, emprisonné et harcelé pour des charges finalement abandonnées, à un certain Sarkozy poursuivi dans toutes sortes de dossiers qui, pour le moment, n’ont abouti qu’à des non-lieu, à un certain Fillon dont la simple mise en examen a brisé la carrière politique. Ces personnalités ont été autrement plus frappées par l’acharnement judiciaire que Jean-Luc Mélenchon, et sur des « preuves » bien plus minces… pourquoi ne sont-ils pas sur la liste des victimes du « lawfare » ?

La liste contient aussi un certain nombre de dirigeants latino-américains : « le Brésilien Lula, condamné sans preuve et empêché de se présenter à l’élection présidentielle (…) mais aussi l’Equatorien Rafael Correa et l’Argentine Cristina Kirchner, persécutés sans trêve ». Là encore, le choix est singulier. Je ne connais pas assez les « preuves » brandies contre Rafael Correa, mais dans le cas de Lula les preuves d’un enrichissement sans proportion avec les revenus légaux de l’ancien président brésilien paraissent relativement solides. Mais le cas le plus éclatant est celui de Cristina Kirchner, qui a présidé l’Argentine pendant la période 2007-2015 succédant à son mari. Est-il raisonnable de parler à son propos de « dénonciation sans preuves » ? Pendant les douze ans de présidence Kirchner, la fortune déclarée du couple a augmenté de plusieurs ordres de grandeur, tout comme celle de ses enfants, et une grâce semblable a touché aussi un certain nombre d’amis, connaissances et alliés politiques. Et cela sans compter avec de nombreux prête-nom du couple dont la fortune s’est, elle aussi, miraculeusement multipliée. Dans l’affaire dite « des cahiers » (3) la dénonciation n’était pas « sans preuves », au contraire : les preuves, confirmées par les recoupements et les témoignages, sont accablantes. Tout aussi accablantes sont les preuves dans l’affaire dite « des ouvrages publics », dans lesquels l’Etat a passé à un prête-nom de la famille Kirchner des marchés pour la construction d’ouvrages publics (barrages, routes) qui n’ont jamais été construits mais qui ont pourtant été payés comme s’ils avaient été complétés.

L’apparition de Cristine Kirchner dans cette liste n’obéit nullement au hasard, pas plus que le grand nombre de partisans – parler de « vassaux » serait plus exacte – des Kirchner dans la liste des signataires. Christine Kirchner, candidate à la vice-présidence (le pouvoir derrière le trône) de son pays pour les élections d’octobre prochain avec l’objectif évident d’obtenir une immunité devant les juges, est assiégée par les « affaires » où preuves et témoignages se multiplient. Ses partisans cherchent donc à en faire une « victime » en l’associant aux figures bien plus populaires et moins évidement corrompues comme Correa ou Lula. Est-ce bien prudent de la part de Mélenchon et ses amis de se prêter à une telle opération ?

La réponse est probablement « non ». Une fois encore son tropisme latino-américain entraine le Leader Minimo des insoumis sur un chemin très dangereux. La question de l’utilisation de la justice à des fins politiques, que ce soit pour abattre un adversaire ou pour imposer une politique dont le peuple n’en veut pas, est une question fondamentale – et pas nouvelle d’ailleurs – et doit être traitée comme telle. Mais cette question doit être traitée sérieusement, sans quoi on risque de transformer le juste combat pour protéger le pouvoir politique de l’interférence des juges en défense aberrante de l’impunité des dirigeants politiques dans leur poursuite de leurs intérêts personnels. Un très bel adage anglais dit que « la politique fait d’étranges compagnons de lit ». Enfourcher le combat contre le « lawfare » risque de conduire Mélenchon à coucher avec pas mal de personnages malhonnêtes et corrompus. Ça commence, d’ailleurs : ayant enfourché son nouveau cheval de bataille, Mélenchon a manifesté son soutien à Richard Ferrand. Demain il aura peut-être un mot gentil pour Balkany, cet homme politique harcelé par les juges, dénigré par les médias depuis des années et finalement condamné à la prison et à des amendes… après tout, pourquoi refuser à Patrick Balkany le soutien qu’on accorde à Cristina Kirchner ?

Derrière ce combat contre le soi-disant « lawfare » qui poursuivrait les dirigeants populaires, il y a aussi un raisonnement typiquement clainque selon lequel on doit tout pardonner au « caudillo » au prétexte qu’il œuvre au nom et au bénéfice du peuple. C’est un ancien ministre de Cristina Kirchner qui a le mieux résumé cette légitimation de la corruption : « le pot de vin, c’est une prime que vous paye la société parce que vous faites bien les choses ». Mélenchon ne raisonne pas très différemment lorsqu’il gère l’argent de son mouvement comme si c’était le sien, ou lorsqu’il proclame que « la République c’est lui » et s’arroge le droit d’empêcher une perquisition. Lula ou Correa sont peut-être des luminaires qui ont fait le bonheur de leur peuple. Mais dans ce cas, c’est au peuple de décider de la nature et du montant de la récompense qu’il décide de leur accorder. Rien ne les autorise à décider eux-mêmes de se servir sur la bête.

Cette galaxie « radicale » qui aujourd’hui fait du combat contre le « lawfare » une priorité devrait par ailleurs faire un petit examen de conscience. Car il ne faut pas chercher bien loin pour constater que lorsque cela l’arrange, elle n’hésite pas à utiliser l’instrument dont elle conteste ici la légitimité. On se souvient des railleries de Mélenchon sur ceux qui faisaient preuve d’une « pudeur de gazelle » en refusaient de s’associer à la campagne médiatico-judiciaire contre François Fillon. On se souvient aussi du soutien prêté par l’ensemble de la gauche dite « radicale » à la campagne « l’affaire du siècle », qui visait à obtenir du juge qu’il décide des politiques environnementales à la place du politique. On voit chaque jour des partis et des groupements utiliser toutes les arguties du droit pour retarder ou empêcher des projets d’équipement qualifiés « d’inutiles » de se faire. N’est-ce pas là des exemples éclatants de ce « lawfare » dont on dénonce par ailleurs les méfaits ?

Descartes

(1) Il est amusant avant d’aller plus loin dans l’analyse de constater le glissement du mot « lawfare », contraction des mots anglais « law » et « warfare ». Le terme apparaît en 2001 sous la plume du colonel Charles Dunlap (http://people.duke.edu/~pfeaver/dunlap.pdf) qui le définit comme « une méthode de guerre où la loi est utilisée pour atteindre un objectif militaire ». Dunlap s’inquiète en fait de l’utilisation du système judiciaire et du droit international pour gêner les opérations militaires américaines dans le contexte de l’intervention américaine en Serbie qui aboutit à l’indépendance du Kossovo (1). Pas de trace en tout cas dans cet article de l’utilisation du système judiciaire dans un but purement politique. Mais bon, dans certains quartiers on a du mal à faire la différence entre guerre et politique…

(2) consultable sur https://lawfare.fr/

(3) L’affaire dite « des cahiers » démarre lorsqu’un journaliste se voit remettre une caisse contenant les cahiers tenus par Eduardo Centeno, qui fut chauffeur d’une haute personnalité du régime kirchneriste, et qui notait avec une minutie obsessionnelle tous ses déplacements, incluant les personnes transportées, les lieux visités et les chargements pris, parmi lesquels figurent régulièrement des sacs de voyage contenant de l’argent liquide, en fait des pots-de-vin payés par des entreprises en échange de marchés publics, transportés au domicile des Kirchner. Les inscriptions des « cahiers » ont été confirmées par plusieurs dizaines de témoins, parmi elles les dirigeants de plusieurs entreprises ayant payé les pots-de-vin en question.

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56 réponses à “Lawfare”, ou la croisade des malhonnêtes

  1. Vincent dit :

    Vous avez oublié de mentionner Trump, qui, depuis son élection, est embourbé dans une guérilla judiciaire qui le paralyse assez largement.
    Et il aurait également pu citer Marine le Pen, qui est clairement, et de manière récurrente, victime de la justice de manière abusive (pour avoir posté une vidéo de Daesch, en disant : “Daesch, c’est ça !”, ou pour le motif de savoir si les assistants parlementaire travaillaient pour MLP en tant que députée ou que présidente de parti, etc.)

    • Descartes dit :

      @ Vincent

      [Vous avez oublié de mentionner Trump, qui, depuis son élection, est embourbé dans une guérilla judiciaire qui le paralyse assez largement. Et il aurait également pu citer Marine le Pen, qui est clairement, et de manière récurrente, victime de la justice de manière abusive (pour avoir posté une vidéo de Daesch, en disant : “Daesch, c’est ça !”, ou pour le motif de savoir si les assistants parlementaire travaillaient pour MLP en tant que députée ou que présidente de parti, etc.)]

      Tout à fait. Mais je n’ai pas voulu être trop provocateur…
      En fait, dans cette affaire la gauche radicale découvre le fil à couper le beurre. Un fil qu’elle a utilisé d’ailleurs très largement, pour la simple raison que le juge est souvent tenté, pour montrer son indépendance, de censurer les autres pouvoirs. Le problème de la gauche radicale aujourd’hui est qu’elle est devenue, un peu comme tout le monde, vénale. La gauche de naguère faisait très attention aux questions d’argent précisément parce qu’elle savait combien la réputation d’intégrité était inséparable de l’éthique de gauche telle qu’elle était perçue par l’opinion. On faisait donc très attention. Cela ne veut pas dire qu’il n’y avait pas de magouilles financières. Comment un parti comme le PCF par exemple aurait pu, dans un contexte de guerre froide et donc de refus de toute assistance bancaire, financer son fonctionnement sans quelques “arrangements” avec la loi ? Mais la règle générale était que ces “arrangements” devaient profiter au Parti, et jamais à ses dirigeants. Les élus et parlementaires versaient au Parti leurs indemnités, et recevaient en retour un salaire indexé sur la grille de la métallurgie de la région parisienne. L’argent était géré sous le contrôle d’une “commission de contrôle financier” indépendante de la direction du Parti. Il était impensable qu’un militant fasse rémunérer ses services lors d’une campagne électorale. Et ce qui était vrai pour le PCF l’était aussi dans une moindre mesure pour le reste de la gauche.

      Aujourd’hui, même à gauche la politique est devenu moins une passion et plus un gagne-pain. Les petits jeunes mais aussi les quadra et quinqua qui encombrent les couloirs de la politique ne conçoivent plus qu’on puisse sacrifier son horizon financier à la politique. Ils veulent le beurre et l’argent du beurre. Surtout l’argent. C’est ainsi qu’on découvre que les activistes du “premier cercle” de la campagne de Mélenchon ont été grassement rémunérés, chose impensable jusqu’à il y a quelques années. Personnellement, j’ai été plusieurs fois directeur de campagne dans ma vie, et je n’ai jamais touché un fifrelin pour ma peine. Et il ne me serait pas venu à l’idée de demander quoi que ce soit. Et j’étais la règle plutôt que l’exception.

      Mais c’est encore pire lorsque la gauche radicale et ses amis arrivent au pouvoir. Très vite, s’installe une ambiance dans laquelle les combats passés servent de justification pour mettre la main dans la caisse. C’est la logique du “nous avons fait tant de sacrifices pour le peuple, nous méritons quelque chose en retour”. A supposer même que Lula, Chavez, Correa ou Kirchner ne soient pas PERSONNELLEMENT vénaux, on peut difficilement contester que leurs régimes ont été extraordinairement corrompus. Favoritisme dans l’attribution des postes et des marchés, pots-de-vin, pillage des biens publics, la liste est longue. On a vu fleurir des personnages dont la fortune a été multipliée par dix, par cent, par mille en quelques années, sans que les intéressés aient inventé la poudre. Cela, la gauche radicale ne l’a pas dénoncé, la gauche radicale ne l’a pas combattu. Au prétexte que les ennemis de mes ennemis sont mes amis on n’a rien dit sur les frasques des “caudillos” latino-américains, pas plus qu’on n’a dénoncé les turpitudes d’un système opaque de gestion financière chez soi.

      Mais tôt ou tard, ces turpitudes se paient. Ces choses finissent par se savoir, et finissent par intéresser les juges. C’est pourquoi aujourd’hui c’est “haro sur le juge”, ce même juge dont il n’y a pas si longtemps on chantait toutes les vertus en tant qu’autorité “indépendante” face au pouvoir.

  2. Jaures dit :

    Bonjour,

    《le Leader Minimo》

    Pourquoi cette marque de mépris en vers Melenchon ?

    • Descartes dit :

      @ Jaures

      [Pourquoi cette marque de mépris en vers Melenchon ?]

      Ce n’est pas du « mépris », mais de l’ironie. Je trouve très amusante la manière dont Mélenchon se prend pour un équivalent européen de Lula, Correa ou Cristina Kirchner. Lisez la « déclaration » dont LFI fait aujourd’hui une sorte de document de campagne. Vous trouvez Jean-Luc Mélenchon inclus dans une liste de martyrs du « lawfare » à côté de personnalités qui ont eu droit à de longues peines de prison – ou qui peuvent s’attendre à de telles peines à court terme. Vous avouerez qu’à côté la perquisition de ses locaux et une probable peine symbolique pour avoir essayé de l’empêcher n’est pas tout à fait du même niveau.

      Lula a été président de son pays, tout comme Correa ou Kirchner. Mélenchon, lui, n’est que le leader d’un parti politique qui fait des scores à un chiffre. C’est pourquoi ses grandes tournées latino-américaines – où il se présente comme le chef de l’opposition de gauche à Macron, ce qui est pour le moins inexacte – ont un petit côté ridicule qui me semble mériter une petite ironie.

      J’ajoute que lors de sa récente tournée latino-américaine, il est allé manifester sa solidarité au Mexique, au Brésil, en Argentine, s’est abstenu curieusement de faire un passage par Caracas. Un problème d’agenda, sans doute.

      • Jaures dit :

        Je me sens minable mais je vais le faire quand même !

        Cher Descartes ceci n’est que l’expression de ta jalousie.

        J’ai honte de moi

        • Descartes dit :

          @ Jaures

          [Cher Descartes ceci n’est que l’expression de ta jalousie.]

          Vous n’imaginez même pas à quel point je suis jaloux de Mathilde Panot…

      • Gugus69 dit :

        Il n’est pas allé à Cuba non plus.
        Mais sans doute pour la raison inverse…

        • Descartes dit :

          @ Gugus69

          [Il n’est pas allé à Cuba non plus. Mais sans doute pour la raison inverse…]

          Curieusement, Mélenchon n’a jamais montré un grand tropisme à l’égard du régime cubain, alors qu’il est beaucoup plus enthousiaste lorsqu’il s’agit des “caudillismos”. Peut-être faut-il voir la trace de son anticommunisme ?

          • BolchoKek dit :

            @ Descartes

            [Curieusement, Mélenchon n’a jamais montré un grand tropisme à l’égard du régime cubain, alors qu’il est beaucoup plus enthousiaste lorsqu’il s’agit des “caudillismos”. Peut-être faut-il voir la trace de son anticommunisme ?]

            C’est d’ailleurs assez intéressant. Castro, comme Chávez, a logé et nourri son peuple… Mais contrairement à ce dernier, il l’a fait sans rente pétrolière, et a formé des scientifiques, des médecins, des administrateurs… Le tout sous une menace militaire réelle, et un embargo bien plus long et sévère.
            Je pense juste que le “lider minimo” a été confronté à un choix :
            – soutenir un pays du “socialisme réel” aux réussites indéniables mais aussi aux ambiguïtés héritées de la guerre froide que les bienpensants n’oublieront jamais,
            – et soutenir des “caudillos” qui ont repeint en rose un type de pouvoir en fait assez inchangé même depuis les temps coloniaux – des sortes de hacienda social-démocrates.
            Le second choix passe mieux auprès de l’électorat des classes moyennes, et au prisme des fantasmes exotiques de ces mêmes classes, il devient agréable même… Le premier choix implique par contre un travail de fond, une véritable analyse d’une transformation de société, qui se combine assez mal avec une action politique qui se résume presque exclusivement aux coups d’éclats médiatiques.

            • Descartes dit :

              @ BolchoKek

              [C’est d’ailleurs assez intéressant. Castro, comme Chavez, a logé et nourri son peuple… Mais contrairement à ce dernier, il l’a fait sans rente pétrolière, et a formé des scientifiques, des médecins, des administrateurs… Le tout sous une menace militaire réelle, et un embargo bien plus long et sévère.]

              Oui, mais en s’intégrant dans la logique du bloc socialiste et en comptant avec un appui économique et militaire constant de la part de l’Union Soviétique. Il faut faire une distinction entre le Castro d’avant l’accord avec les soviétiques, celui de l’idéalisme guévariste, et celui d’après qui a envoyé Guevara se faire voir ailleurs. Le premier ressemble beaucoup à Chavez, le second inscrit la révolution cubaine dans un projet global qui le dépasse.

              Le Venezuela « bolivarien » est le produit de la logique « caudilliste » classique. Chavez est un seigneur féodal qui apparaît à la télévision en distribuant fiefs et prébendes, et jetant à la foule des pièces d’or à l’occasion des grands évènements. Castro ne se présente jamais comme la source de tous les biens : c’est le Parti, entité collective, et non l’individu qui compte. Et la direction cubaine est restée bien plus collective que celle des « bolivariens ».

              Mélenchon, qui se voit en homme providentiel, est beaucoup plus proche intellectuellement du modèle « caudillista » que de celui, plus collectif, de Castro.

              [Le second choix passe mieux auprès de l’électorat des classes moyennes, et au prisme des fantasmes exotiques de ces mêmes classes, il devient agréable même…]

              Tout à fait. Mais il ne faut pas négliger le facteur personnel : Mélenchon a vécu de l’intérieur le néo-maccarthysme des années 1980, dont Mitterrand – qui tient lieu de figure paternelle dans la formation de Mélenchon – a été l’agent. L’anticommunisme est à l’époque au PS une seconde nature. Et contrairement à ce que les gens croient, Mélenchon n’a pas vraiment changé : son univers mental reste celui de ses années de formation. La position de Mélenchon vis-à-vis des cubains trouve à mon avis ses racines à cette époque.

          • Gugus69 dit :

            Oui, peut-être.

  3. Jaures2 dit :

    “Ainsi, après le grand combat sociétal contre les punaises de lit conduit de main de maître – ou doit-on dire de main de maîtresse ? – par Mathilde Panot”

    Bon il peut plus rien ressortir de pertinent du blog des Descartes sur la FI !

    …Ni sur les mouvement radicaux de gauche d’amérique latine.

    …Ni rien également sur le nucléaire !…

    Enfin bref il dit beaucoup de connerie sur plein de sujet !

    • Descartes dit :

      @ Jaures2

      [Bon il peut plus rien ressortir de pertinent du blog des Descartes sur la FI ! (…) Enfin bref il dit beaucoup de connerie sur plein de sujet !]

      D’une façon générale, j’envoie à la poubelle direct les messages qui ne contiennent que des attaques ad hominem. Mais là, vous avez piqué ma curiosité. Si vous estimez que je dis “beaucoup de conneries sur plein de sujets”, vous avez ici une opportunité en or pour défendre un point de vue différent. Vous savez en effet que – contrairement aux blogs de LFI – je publie tous les messages y compris les messages critiques dès lors qu’ils respectent les règles de la courtoisie, et même s’ils sont “hors sujet”. Et au lieu d’en profiter pour chercher à me convaincre – et au passage de convaincre les lecteurs de ce blog – vous vous contentez de débiter quelques grossièretés. J’aimerais comprendre pourquoi. Pourriez-vous fournir une explication ?

      Par ailleurs, si de ce blog il ne peut rien ressortir de pertinent et qu’il s’y dit que des conneries, pourquoi le lisez-vous assidument ? Vous êtes masochiste ou quoi ?

    • Vincent dit :

      @Jaures2
      […Ni rien également sur le nucléaire !…]

      J’abonde dans le même sens, et je serais particulièrement intéressé par vos critiques sur le sujet. Surtout qu’il s’agit, si je ne m’abuse, d’un sujet qui n’a pas été évoqué depuis très longtemps sur ce blog (contrairement à LFI / Mélenchon, qui est effectivement un sujet récurrent).

      Si je me souviens bien, les dernières choses que j’ai lues sur le nucléaire sur ce blog étaient :
      – Compte tenu de la perte de savoir faire industriel en France, la construction de réacteurs nucléaires y est devenue très difficile (contrairement à la Chine, qui démarre son 2ème EPR),
      – Le nucléaire est une technologie qui nécessite un fort contrôle de la puissance publique, qui s’accommode mal des idéologies individualistes et libéral/libertaires,
      – Il est illusoire de vouloir remplacer le nucléaire par des éoliennes sans solutions de stockage (ce qui est le cas actuellement en Europe continentale).

      Etes vous en désaccord avec ces trois proposition ? Seulement une partie ? Ou d’autres points dont je ne me souviens pas ?

      Les questions énergétiques sont un sujet qui m’intéresse particulièrement, et sur lequel je suis tout particulièrement prêt à évoluer face à des arguments convaincants. Je vous lirai avec attention.

  4. luc dit :

    Raymond Barre , Pierre Botton , Fillon ,Cahuzac , Thouvenot ,Balkany et tant d’autres..échappent ils selon vous à la catégorie des hommes politiques s’étant enrichis ?
    Le collaborateur du site ‘Descartes’ qui s’exprime dans cet article est il idéologiquement aveuglé au sujet des turpitudes des politiciens au service du Kapital ?
    Si c’est le cas ,qu’il lise le dernier livre de Piketty ,’capital et idéologie’ ,il comprendra peut être que le combat contre le Kapital est aussi un combat contre une idéologie féroce ,qui défend bec et ongles ses privilèges , y compris par le lawfare,quitte à permettre l’enrichissement illégal de ses affidés,non ?

    • Descartes dit :

      @ luc

      [Raymond Barre, Pierre Botton, Fillon, Cahuzac, Thouvenot, Balkany et tant d’autres… échappent ils selon vous à la catégorie des hommes politiques s’étant enrichis ?]

      Certainement pas. Mais ils échappent – à l’exception de Raymond Barre – à la catégorie « hommes politiques d’avant 1981 » à laquelle se referait mon commentaire. Tous les scandales auxquels vous faites référence sont ceux des « années fric ». Pour ce qui concerne Barre, son enrichissement n’a jamais été prouvé.

      Vous noterez par ailleurs que mon commentaire se référait exclusivement à la gauche. En effet, la gauche a construit une forteresse morale en faisant de la probité une vertu opposée aux scandales divers de la droite.

      [Si c’est le cas, qu’il lise le dernier livre de Piketty, ’capital et idéologie’, il comprendra peut être que le combat contre le Kapital est aussi un combat contre une idéologie féroce, qui défend bec et ongles ses privilèges, y compris par le lawfare, quitte à permettre l’enrichissement illégal de ses affidés, non ?]

      Sans vouloir vous offenser, je vous ferais remarquer que les Botton, les Fillon, les Cahuzac, les Thouvenot, les Balkany ont finalement été abattus par les juges. N’est-ce pas paradoxal qu’un régime censé laisser ses affidés s’enrichir permette à la justice de les abattre ensuite ? Si les juges étaient aussi obéissants, au point que le « lawfare » fonctionne, comment expliquer que Botton, Cahuzac et maintenant Balkany goutent la paille humide du cachot ?

      Toute la théorie du “lawfare” repose en fait sur une vision complotiste dans la société, dans laquelle les magistrats, les fonctionnaires, les journalistes obéissent au doigt et à l’œil au Grand Kommandement du Grand Komplot International Contre les Gentils. Or, le monde est beaucoup plus compliqué que ça. Les juges qui ont fait perquisitionner chez Mélenchon sont les mêmes qui ont envoyé Cahuzac en prison.

    • Ian Brossage dit :

      @Luc

      > Raymond Barre , Pierre Botton , Fillon ,Cahuzac , Thouvenot ,Balkany et tant d’autres..échappent ils selon vous à la catégorie des hommes politiques s’étant enrichis ?

      Je ne connais pas en détail le cas de chacun de ces personnages, mais je ferai remarquer d’un point de vue général que dans la société qui est nôtre, il n’y a rien d’illégal à s’enrichir simplement en épargnant les fruits de son travail (ou de son activité pour faire allusion à un autre fil de discussion).

      Quelqu’un qui est parlementaire pendant 20 ans peut se constituer une épargne confortable sans même se livrer à des pratiques douteuses. J’imagine que c’est le cas d’un Mélenchon, dont le patrimoine (si j’ai bien compris) approche en valeur un million d’euros. Bien sûr, cela ne fait pas de lui un ultra-riche, mais certainement un riche.

      Donc un « homme politique s’étant enrichi » n’est pas forcément un voyou…

  5. Jaures dit :

    Que Melenchon en fasse trop oui c’est certain…!!!!

    Et apres !? C’etait quoi cette condescendance en vers la depute Panot.

    Encore une preuve de l’idelogie autoritariste-patriarcale-d’homme blanc non genre de plus de 70 ans.

    Non je blague evidemment. Mais tu te rends toi meme compte maintenant avec le recul que tu as dite une connerie sur Panot, mais jamais tu ne l’avouera sur ce fil de commentaire…question d’ego(politicien) sans doute.

    Ta haine de Melenchon te fait dire des choses bien precipite et irreflechis

    • Descartes dit :

      @ Jaures

      [Que Melenchon en fasse trop oui c’est certain…!!!!]

      Ah bon ? Ce n’est pas ce que vous disiez il y a quelque temps. Il y a du progrès…

      [Et apres !? C’etait quoi cette condescendance en vers la députée Panot.]

      De quelle “condescendance” voulez-vous parler ? Relisez mon propos: j’ai simplement écrit que Mathilde Panot conduisait de main de maître la campagne contre les punaises de lit, ce qui est factuellement exact: c’est écrit sur le site de LFI, c’est publié dans les journaux, et la question est considérée si importante qu’un atelier sur la question a été organisé lors des “Amphis 2019” animé précisément par Mathilde Panot. Vous noterez que je n’ai fait aucun jugement de valeur sur cette campagne. En fait, votre commentaire est très révélateur parce qu’il tend à montrer que vous même n’êtes pas tout à fait convaincu que cette campagne mérite le battage qui est fait autour, au point que vous interprétez le fait de la rappeler comme “condescendante”…

      [Encore une preuve de l’idéologie autoritariste-patriarcale-d’homme blanc non genre de plus de 70 ans.]

      Vous êtes sérieux ? Avec des partisans comme vous, on comprends pourquoi LFI perd la moitié de ses électeurs à chaque consultation…

      [Non je blague évidemment.]

      Ah… c’était donc une blague ? S’il vous plait, ceux qui ont rigolé levez la main…

      [Mais tu te rends toi meme compte maintenant avec le recul que tu as dite une connerie sur Panot, mais jamais tu ne l’avouera sur ce fil de commentaire…question d’ego(politicien) sans doute.]

      Je ne vois pas quelle “connerie” j’aurait dite sur Panot. Que cela vous plaise ou non, moi aussi j’ai le droit – du moins pour le moment, parce que la Sainte Inquisition pourrait être rétablie d’un moment à l’autre – de “blaguer” sur la manie de la gauche en général et de LFI en particulier de torturer la plus belle langue du monde pour faire plaisir au lobby du “genre”. Quant à la campagne contre les punaises de lit, je ne dirait plus rien: je n’aime pas tirer sur les ambulances et encore moins sur les corbillards. Mais j’aimerais connaître votre opinion: pensez-vous qu’il est souhaitable de voir un député choisir comme priorité les punaises de lit pour son action ?

      [Ta haine de Mélenchon te fait dire des choses bien précipité et irréfléchis]

      Ne jugez pas les autres en fonction de vous même. Vous avez peut-être de la “haine” pour tel ou tel dirigeant politique, personnellement je réserve le peu de haine que j’ai en moi à certains personnages bien peu nombreux, et dont Mélenchon ne fait pas partie. Je vous dirais même que si je devais qualifier mon sentiment envers Mélenchon – que j’ai le plaisir de connaître personnellement – je choisirais le mot “tristesse”. Je suis triste de voir tant de talents incontestables gâchés par une incapacité à penser autrement qu’en termes tactiques et superficiels. Mélenchon aurait pu être un grand dirigeant. Il ne le sera pas.

      • Jaures dit :

        “Mais j’aimerais connaître votre opinion: pensez-vous qu’il est souhaitable de voir un député choisir comme priorité les punaises de lit pour son action ?”

        Je ne souhaite q’une chose, ECRASER micron !

        (politique parlant entendons nous bien ! Je suis contre toute forme de violences :-p)

        • Descartes dit :

          @ Jaures

          [“Mais j’aimerais connaître votre opinion: pensez-vous qu’il est souhaitable de voir un député choisir comme priorité les punaises de lit pour son action ?” Je ne souhaite q’une chose, ECRASER micron !]

          Je note donc que je vous pose une question simple, et que vous évitez de répondre. Et je vous comprends: comment répondre sans rejoindre les critiques de Panot, sans commettre le crime de “mépris” dont vous m’avez vous même accusé ?

          Par ailleurs, je tends à me méfier des gens qui ne souhaitent qu’une chose. Les obsessions n’ont jamais été une bonne chose en politique. Admettons que vous arriviez magiquement à “écraser Macron”. A part la satisfaction personnelle d’avoir obtenu la seule chose que vous vouliez, vous aurez gagné quoi ?

  6. Luc dit :

    Quand les journalistes seront ilssoumis à des règles d’éthique ?
    Une fois encore ,un journaliste Mr Poiret sur Europe 1,commet une erreur ‘tendancieuse ‘.
    Il affirme quele projet EPR ne fonctionne nulle part ni en France ni en Finlande ni en GB.
    Il oublie qu’en Chine depuis plus d’une année deux tranches d’EPR fonctionnent..
    Poiret commentait le projet ‘ Hercule ‘.
    Il s’agirait de dissocier l’EDF ,en deux.
    Une privée avec les énergies non nucléaires.
    A côté , la branche nucléaire civile , serait nationalisée .
    Une idée me vient.
    Chiche , mais immédiatement je ressens une contradiction.
    Les idées de mes ennemis politiques peuvent elles être des bonnes idées ?
    Qu’en pensez vous ?

    • Descartes dit :

      @ Luc

      [Il affirme que le projet EPR ne fonctionne nulle part ni en France ni en Finlande ni en GB. Il oublie qu’en Chine depuis plus d’une année deux tranches d’EPR fonctionnent…]

      Malheureusement, je pense que cette expression traduit plus une ignorance crasse qu’un manque d’éthique. Il faut dire que nos médias ont été particulièrement discret sur les succès des deux EPR de Taishan, qui fonctionnent maintenant tous les deux à pleine puissance. Comme quoi la tendance à l’auto-dénigrement chez nous continue à faire des siennes.

      [Poiret commentait le projet ‘ Hercule ‘. Il s’agirait de dissocier l’EDF, en deux. Une privée avec les énergies non nucléaires. A côté , la branche nucléaire civile, serait nationalisée.]

      Pas tout à fait, l’idée est de mettre avec le nucléaire l’hydraulique. Une nationalisation totale permettrait ensuite de se dispenser de mettre les concessions hydrauliques en concurrence.

      Le démantèlement d’EDF est une vieille exigence de la Commission européenne, persuadée qu’il faut “atomiser” le marché pour permettre à la sacro-sainte concurrence de faire notre bonheur.

      • Jopari dit :

        [Malheureusement, je pense que cette expression traduit plus une ignorance crasse qu’un manque d’éthique. Il faut dire que nos médias ont été particulièrement discret sur les succès des deux EPR de Taishan, qui fonctionnent maintenant tous les deux à pleine puissance. Comme quoi la tendance à l’auto-dénigrement chez nous continue à faire des siennes.]

        Pour la rubrique Planète du Monde, et surtout de la part de Le Hir, ce serait plutôt du militantisme.

        [Le démantèlement d’EDF est une vieille exigence de la Commission européenne, persuadée qu’il faut “atomiser” le marché pour permettre à la sacro-sainte concurrence de faire notre bonheur.]

        A base d’électricité bradée à la concurrence et de rachat forcé à perte d’énergie: bon à court terme, un peu moins à long terme pour l’entretien.

        • Descartes dit :

          @ Jopari

          [Pour la rubrique Planète du Monde, et surtout de la part de Le Hir, ce serait plutôt du militantisme.]

          Je crois que vous sous-estimez le niveau d’ignorance des journalistes en général, et de ceux du “Monde” en particulier. Je parlerais même d’un “conformisme dans l’ignorance”: ces gens-là “savent” tout ce qu’il faut savoir – ce qui inclut pas mal de choses fausses – et ignorent olympiquement tout le reste. Je me souviens encore avoir lu dans “Le Monde de l’Education” un article présentant Bourbaki comme une personne physique…

    • Vincent dit :

      @Luc
      “Il affirme quele projet EPR ne fonctionne nulle part ni en France ni en Finlande ni en GB.”

      Non seulement, il oublie qu’il y en a deux qui fonctionnent en Chine, mais il oublie aussi que le chantier UK est juste en train de commencer, et qu’il est trop tôt pour parler d’un échec. Si il n’est pas démarré dans 7 ou 8 ans, effectivement, il y aura eu un échec.
      Mais de même qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, il ne faut pas annoncer qu’il n’y aura pas de peau d’ours à vendre avant que le chasseur ne soit parti chasser.

      • Descartes dit :

        @ Vincent

        [Non seulement, il oublie qu’il y en a deux qui fonctionnent en Chine, mais il oublie aussi que le chantier UK est juste en train de commencer, et qu’il est trop tôt pour parler d’un échec.]

        Ce qui me frappe personnellement, ce n’est pas tant qu’on parle de “l’échec” de l’EPR de Flamanville – “échec” qui me semble incontestable même si le réacteur démarre un jour, parce que le but n’est pas seulement de fabriquer un objet qui marche, mais de le fabriquer dans des conditions économiques et industrielles raisonnables – mais le fait que personne ne semble intéressé par la cause de cet échec. Nos éminents journalistes et commentateurs se contentent du constat, mais font preuve d’un étonnant manque de curiosité lorsqu’il s’agit d’en tirer les leçons. On dirait d’ailleurs que tout est fait pour que la seule leçon à tirer soit “il faut tout arrêter”.

        En fait, il y a un grand consensus pour laisser les cadavres dans les placards, parce que lorsqu’on approfondit les causes de ce échec, il y en a pour tout le monde. Il y eut d’abord l’erreur stratégique initiale de faire du réacteur qui devait remplacer le palier N4 un réacteur “franco-allemand”: en intégrant au projet les doctrines industrielle et de sûreté allemande et française, on a fabriqué un réacteur très complexe à construire, et tout cela en pure perte puisque le marché allemand ne s’est jamais matérialisé. Il y a ensuite le réel problème de perte de compétences industrielles en France, qui est générale dans l’industrie mais qui est particulièrement forte dans le nucléaire sous l’effet du martelage médiatique, qui ont réussi à éloigner les jeunes brillants des métiers de l’industrie en général et du nucléaire en particulier. Une perte aggravée par le hiatus laissé entre la construction du dernier réacteur du parc historique, au milieu des années 1990, et l’ouverture du chantier EPR en 2008.

        L’expérience chinoise montre que le problème fondamental n’est pas dans la conception de l’EPR, même si on pourrait beaucoup gagner en simplifiant le design maintenant que les Allemands ont quitté le bateau. Mais le problème fondamental se trouve dans les moyens matériels et humains de notre appareil industriel à gérer des fabrications et des chantiers complexes. Là où l’on n’a jamais arrêté de construire, nos industries peuvent faire des merveilles: je pense par exemple aux chantiers de St Nazaire, qui construisent des paquebots parmi les plus gros et les plus complexes, ou bien aux turbines GE-Alstom ou aux TGV. Mais là où l’on a laissé partir les compétences…

        • Vincent dit :

          > même si on pourrait beaucoup gagner en simplifiant le
          > design maintenant que les Allemands ont quitté le
          > bateau.

          Je ne vous apprends certainement rien en vous indiquant que c’est exactement ce qui est prévu sous le nom d’EPR NM (nouveau modèle) : partir des technologies françaises existantes, ajouter les innovations d’exploitation ou de sureté de l’EPR, et rajouter à tout cela un peu de REX des chantiers en cours…

          Par ailleurs, vous citez comme causes des difficultés :
          – la conception complexe, du fait qu’on a dû céder aux allemands sur les structures internes, vu qu’ils ont cédé sur la forme de l’enceinte de confinement, faisant effectivement un sacré mic mac.
          – de la perte de savoir faire industriel, dont je ne suis pas certain qu’elle soit tellement au niveau des ingénieurs mais beaucoup aussi sur les métiers manuels (soudure notamment).
          – mais vous oubliez un troisième point, qui me semble également crucial : les exigences de sécurité qui obligent à prendre en compte des cumul d’hypothèses défavorables de plus en plus importantes,
          – Et enfin un 4ème point, tout aussi crucial : les lourdeurs imposées aux études, pour deux raisons :
          (*) exigences sans cesse croissantes de procédures qualité, qui font qu’une énergie et un temps considérables sont consacrés à un formalisme des documents d’études, au détriment de l’analyse du fond.
          (*) et on pourrait ajouter des exigences en termes de nombre de vérifications à effectuer, de cas de charges, de combinaisons, etc. qui -autrefois dans le nucléaire, ou encore aujourd’hui ailleurs que dans le nucléaire- se font par une petite vérification sur un coin de table, et qui nécessitent dans le nucléaire des notes justificatives passant par tout un tas de circuits d’approbation, etc.

          Lors de la génération précédente, certes, il y avait des ouvriers et ingénieurs qui avaient l’expérience de générations antérieures de réacteurs, mais, s’agissant des ingénieurs, vu la durée des carrières, il y en a encore beaucoup qui travaillent aujourd’hui, qui avaient travaillé sur les générations précédentes, ou aussi par exemple sur Daya Bay, qui remonte aussi aux années 90.

          Mais il y avait surtout -j’ai l’impression- une autorité de sûreté qui ne se sentait pas obligée de montrer régulièrement son gros bâton pour prouver son indépendance, et des personnes chez EDF / Areva / Framatome qui avaient suffisamment de recul pour pouvoir aller directement aux choses importantes, au lieu de s’acharner sur des détails de formalisme. Si les ingénieurs actuels font cela, et perdent / font perdre du temps, ce n’est pas parcequ’ils sont moins compétents, mais parce-qu’on ne leur fait plus confiance. Comme cela se retrouve dans beaucoup de métiers : au lieu de se reposer sur le savoir faire professionnel des personnes réputées compétentes, on impose des procédures, et on vérifie la conformité aux procédures. C’est long, fastidieux, inintéressant, et générateur d’inertie pour l’ensemble du projet. Et à mon sens, ce sont les “procédures qualité” qui sont responsables de cela.

          L’ingénierie est très loin d’être le seul métier où les “procédures qualité” etc. font perdre du temps tout en réduisant l’intérêt des métiers.

          • Descartes dit :

            @ Vincent

            [Je ne vous apprends certainement rien en vous indiquant que c’est exactement ce qui est prévu sous le nom d’EPR NM (nouveau modèle) : partir des technologies françaises existantes, ajouter les innovations d’exploitation ou de sureté de l’EPR, et rajouter à tout cela un peu de REX des chantiers en cours…]

            Excellente démarche… sauf qu’il manque l’essentiel : sauf à lancer rapidement une construction, on se retrouvera encore une fois avec une industrie nucléaire à l’arrêt et une fuite de compétences. Or, je ne vois pas de construction d’un EPR NM commencer avant une décennie. On nous promet une décision pour 2021 qui sera retardée certainement pour cause d’élections, puis une fois la décision prise il faudra obtenir les autorisations et purger le contentieux – et vous pouvez faire confiance aux opposants pour retarder chaque étape avec toutes sortes de recours juridictionnels abusifs qu’on n’osera pas écarter comme tels. Avec un peu de chance, premier coup de pioche en 2030.

            [– de la perte de savoir faire industriel, dont je ne suis pas certain qu’elle soit tellement au niveau des ingénieurs mais beaucoup aussi sur les métiers manuels (soudure notamment).]

            Il y a de tout. Il y a une perte massive de savoir-faire dans les métiers industriels – la soudure est effectivement un excellent exemple – qui est consécutive à la désindustrialisation de la France. Quel jeune ira se former comme soudeur alors qu’il n’y a plus rien à souder ou presque ? Effet auquel s’ajoute bien entendu le traditionnel mépris français pour les métiers ouvriers – je ne dis pas « manuels » parce que ceux-ci bénéficient d’un a priori favorable dès lors qu’ils sont « artisanaux ».

            Mais il y a aussi une perte de compétences d’ingéniérie dans les métiers de l’animation, l’organisation et la conduite de chantiers. Il en set de même dans les métiers du contrôle technique et industriel. Et enfin, il ne faudrait pas oublier aussi une perte de compétences sur l’ingénierie des matériels, dont beaucoup sont d’ailleurs fabriqués à l’étranger.

            [– mais vous oubliez un troisième point, qui me semble également crucial : les exigences de sécurité qui obligent à prendre en compte des cumul d’hypothèses défavorables de plus en plus importantes,]

            Cela augmente certainement les contraintes de construction, mais n’explique pas pourquoi les EPR chinois ont été construit dans de bonnes conditions. Ceux-ci satisfont aux mêmes contraintes de sécurité que celui de Flamanville.

            [– Et enfin un 4ème point, tout aussi crucial : les lourdeurs imposées aux études, pour deux raisons :
            (*) exigences sans cesse croissantes de procédures qualité, qui font qu’une énergie et un temps considérables sont consacrés à un formalisme des documents d’études, au détriment de l’analyse du fond.
            (*) et on pourrait ajouter des exigences en termes de nombre de vérifications à effectuer, de cas de charges, de combinaisons, etc. qui -autrefois dans le nucléaire, ou encore aujourd’hui ailleurs que dans le nucléaire- se font par une petite vérification sur un coin de table, et qui nécessitent dans le nucléaire des notes justificatives passant par tout un tas de circuits d’approbation, etc.]

            Pour les exigences de contrôle, cela était déjà le cas lors de la construction du parc nucléaire actuel. Il y a effectivement une inflation en termes de procédures qualité qui conduisent à une perte du sens : comme pour beaucoup de choses, trop de qualité tue la qualité, lorsque la procédure devient sa propre justification et qu’on oublie que son objectif ultime n’est pas d’avoir des dossiers en ordre, mais des équipements qui fonctionnent.

            [Lors de la génération précédente, certes, il y avait des ouvriers et ingénieurs qui avaient l’expérience de générations antérieures de réacteurs, mais, s’agissant des ingénieurs, vu la durée des carrières, il y en a encore beaucoup qui travaillent aujourd’hui, qui avaient travaillé sur les générations précédentes, ou aussi par exemple sur Daya Bay, qui remonte aussi aux années 90.]

            Vous sous-estimez les effets du hiatus de vingt ans dans les constructions – et pas seulement de réacteurs. L’expérience d’organiser, d’animer, de diriger un chantier doit être entretenue. Ce n’est pas parce que quelqu’un a dirigé un chantier dans les années 1980 pour la dernière fois qu’il saurait le faire aujourd’hui. Les gens qui ont construit le parc nucléaire dans les années 1980 sont ceux qui avaient construit les barrages, les ponts, les ports, les autoroutes et toutes sortes d’autres équipements dans les années 1950 à 1970. Or, depuis vingt ans on ne construit rien ou si peu….

            [Mais il y avait surtout -j’ai l’impression- une autorité de sûreté qui ne se sentait pas obligée de montrer régulièrement son gros bâton pour prouver son indépendance, et des personnes chez EDF / Areva / Framatome qui avaient suffisamment de recul pour pouvoir aller directement aux choses importantes, au lieu de s’acharner sur des détails de formalisme.]

            Aussi. La perte de compétences touche aussi de plein fouet l’Autorité de sûreté, d’autant plus que son « indépendance » affichée l’empêche de recruter chez les exploitants nucléaires, c’est-à-dire, chez ceux qui connaissent le mieux la construction et l’exploitation d’un réacteur nucléaire… et du coup, les inspecteurs peu compétents se cachent dans le dernier refuge du bureaucrate acculé, le formalisme…

            La marotte de « l’indépendance » tous azimuts est d’ailleurs un cancer qu’il faut combattre. La construction d’une centrale nucléaire – mais c’est vrai de toute installation dangereuse – est un compromis entre le risque que la société est prête à accepter, et les avantages qu’elle en tire. Et ce compromis est politique, et non technique. Le choix du niveau de sûreté exigé d’une installation doit donc être un choix du politique, et non d’une autorité « indépendante ». Et dans les temps prétérites, c’était ce qui se passait : il y avait au ministère de l’industrie une direction de l’énergie, qui défendait le côté « coûts », une direction de la sûreté des installations nucléaires qui défendait le point de vue « sûreté », et le ministre tranchait. Aujourd’hui, l’Autorité de sûreté indépendante à tout intérêt à demander ceinture et bretelles, puisque cela ne lui coûte rien. Et il n’y a personne pour faire contrepoids.

            L’indépendance de l’Autorité de sûreté se justifie lorsqu’il s’agit de contrôler que les règles sont bien respectées. Mais la fixation des règles devrait être le fait de l’autorité politique.

            [Si les ingénieurs actuels font cela, et perdent / font perdre du temps, ce n’est pas parce qu’ils sont moins compétents, mais parce qu’on ne leur fait plus confiance.]

            Oui, mais si on ne leur fait plus confiance, c’est aussi parce qu’ils sont moins compétents, et n’ont donc pas les connaissances approfondies qui leur permettent d’aménager/compléter/ignorer la procédure à bon escient.

  7. B225 dit :

    Premier commentaire…
    J’avoue que je suis dépité quand je vois la “tournée” de M. Mélenchon qui se pose en victime d’une forme de répression politico-judiciaire. D’une part parce que ses co-victimes ont quand même l’air de s’être bien servies sur le dos de ceux dont elles avaient la responsabilité, d’autres part parce que se poser en victime après avoir vociféré sur des policiers et gendarmes qui n’ont fait qu’exécuter les ordres (et c’est bien qu’ils le fassent, dans le cas contraire il faudrait sérieusement s’inquiéter), quand on a son talent oratoire c’est mesquin.
    Une fois de plus on retrouve ce principe du “non mais moi c’est pas pareil” qui m’écoeure profondément…

    • Descartes dit :

      @ B225

      [Premier commentaire…]

      Et j’espère qu’il ne sera pas le dernier ! Bienvenu dans ce débat…

      [D’une part parce que ses co-victimes ont quand même l’air de s’être bien servies sur le dos de ceux dont elles avaient la responsabilité,]

      C’est l’un des problèmes de cette campagne. Au-delà du fait de savoir si Lula ou Kirchner ont tiré des avantages personnels de leurs fonctions (personnellement, je suis assez convaincu par les peuves qui ont été présentées que c’est le cas) il est difficile de contester qu’il ont présidé des régimes extraordinairement corrompus. Certains vous diront – et c’est peut-être vrai – qu’ils n’étaient pas plus corrompus que leurs adversaires. Mais est-ce une raison pour tenir ces accusations de corruption pour nulles et non avenues ? Je ne le pense pas.

      [d’autres part parce que se poser en victime après avoir vociféré sur des policiers et gendarmes qui n’ont fait qu’exécuter les ordres (et c’est bien qu’ils le fassent, dans le cas contraire il faudrait sérieusement s’inquiéter), quand on a son talent oratoire c’est mesquin.]

      Mélenchon fait surtout une erreur lorsqu’il généralise la situation latino-américaine au reste du monde. Que la justice brésilienne ou argentine soit corrompue, qu’elle ait condamné sur ordre des innocents dans des procès politiques, c’est un fait. Mais ce n’est pas le cas chez nous, et cela depuis bien longtemps. Chez nous, les juges qui fabriquent des preuves, les policiers qui perquisitionnent illégalement sont l’exception, pas la règle.

  8. Jopari dit :

    [On se souvient des railleries de Mélenchon sur ceux qui faisaient preuve d’une « pudeur de gazelle » en refusaient de s’associer à la campagne médiatico-judiciaire contre François Fillon.]

    Les lyncheurs tels que Mélenchon et Ferrand sont les premiers lynchés: nous pourrions ajouter à la liste Yann Moix ainsi que, plus généralement tous les hyper-rigouristes dont on est les premiers à les moquer au moindre écart.

    Le Rev. Billy James Hargis, ultra-conservateur, a perdu toute crédibilité lorsque des journalistes ont découvert qu’il couchait avec les étudiants des deux sexes de son université privée.

    [On voit chaque jour des partis et des groupements utiliser toutes les arguties du droit pour retarder ou empêcher des projets d’équipement qualifiés « d’inutiles » de se faire.]

    Et puisqu’on a récemment parlé de l’abandon du réacteur Astrid, il serait intéressant de noter que, sur 132 mois d’existence, 54 mois furent consacrés à des recours ou des procédures entrainant des arrêts.

    De ces recours, certains s’en sont même fait une source de revenus.

    • Descartes dit :

      @ Jopari

      [Et puisqu’on a récemment parlé de l’abandon du réacteur Astrid, il serait intéressant de noter que, sur 132 mois d’existence, 54 mois furent consacrés à des recours ou des procédures entrainant des arrêts.]

      Je pense que vous faits référence à Superphénix, et non à Astrid (qui n’est aujourd’hui qu’un projet sur papier, rien n’a encore été construit). Mais c’est une parfaite illustration de mon propos. Il est curieux de voir les gens qui vont systématiquement devant les juges avec des recours manifestement sans fondement pour retarder les projets jusqu’à ce que de guerre lasse ils soient abandonnés s’insurger lorsque les juges s’approchent un peu trop de leurs petites affaires…

  9. Cherrytree dit :

    Je rappelle la propension de longue date qu’à notre martyr de la Justice, à confondre quelque peu l’argent public, ou celui des autres, avec sa propre bourse. Ainsi, lorsqu’il était aux manettes du Conseil Général de l’Essonne, il eut recours à une entreprise très amie pour l’impression des cartes de voeux, pour un coût faramineux. Je mentionne pour mémoire le tripatouillage, légal, certes, mais pas vraiment moral, pour l’achat de sa permanence sur ses indemnités du sénateur Jean -Luc Mélenchon qui la revendit à la SCI Mélenchon Jean -Luc qui loua la chose au Conseil Général si ma mémoire est bonne, avant de le revendre avec une petite plus value au passage, le locataire ayant fait de menus travaux financés par lui-même. C’était tout à fait légal, mais pour quelqu’un qui a rédigé un magnifique essai sur la Vertu…
    Je ne sais absolument pas si ses attachés parlementaires étaient au service du député européen Jean-Luc Mélenchon ou de l’Insoumis en chef Mélenchon Jean-Luc, la Justice devra un jour se prononcer. Mais disons que ses proches, comme madame fille ou monsieur gendre, ont pu bénéficier de quelques coups de pouce dans leur carrière. Cela fâcha tout rouge le leader minimo quand C. Schoettl , conseiller général et maire de Janvry, osa une allusion, au point de lui intenter un procès. Procès perdu pour vice de forme, l’ineffable Raquel Garrido ayant omis (???!!) , malgré les rappels, de présenter une pièce essentielle pour compléter le dossier. Ce qui valait mieux, à tout prendre, qu’on épluchât le cas dans les détails. Le même C. Schoettl avait jadis fait écoper Mélenchon d’un rappel à la loi, le sénateur Jean-Luc Mélenchon ayant coutume d’utiliser la voiture de fonction (avec chauffeur) de l’ ex-conseiller général Mélenchon Jean-Luc quand il était en déplacement privé dans l’Essonne.
    Je mentionne pour mémoire l’ardoise de 527 000€ pour dépassement de frais de campagne du candidat Front de Gauche à la présidentielle de 2012, ardoise laissée aux bons soins du seul PCF, dont les fédérations départementales durent mettre la main à la poche. Ce qui explique que les communistes dûment plumés, furent plus réticents à voir en lui le candidat de leur parti cinq ans plus tard.
    Dois-je évoquer le salaire mirobolant de sa directrice de campagne Sofia Chikirou, dont il martèle qu’elle n’est pas sa compagne, mais bon, à la tête d’une boîte de conseil en communication dont elle est la seule employée? Non, il a certes bien le droit de choisir qui il veut. Cependant je rappelle que Sofia Chikirou, un des membres fondateurs de la chaîne Le Media, en était était collaboratrice bénévole, tout en faisant appel aux services plutôt coûteux de la boîte de conseil en communication de Chikirou Sofia. Tiens, la méthode me rappelle quelqu’un…La dame ayant été poussée vers la sortie et sous le coup d’une accusation d’abus de biens sociaux de la part de ses ex associés, fut néanmoins désignée comme directrice de campagne pour les élections européennes (par qui?). Certains s’en sont étranglés, et, comme Charlotte Girard, ont claqué la porte. Quand l’affaire du Media passera en jugement, qui sait ce que le Grand Chef trouvera à dire sur la justice aux ordres et les journalistes inféodés?
    Tout ceci explique en partie pourquoi Mélenchon crie autant à la persécution, car une fois passé le jugement pour intimidation et menaces envers les représentants de la loi, il restera le fond de l’affaire, c’est à dire les comptes de campagne et les attachés parlementaires problématiques. Autant se poser tout de suite en martyr.
    Je me demande bien pourquoi Alexis Corbière s’agite ainsi à l’entour de Benalla, si ce n’est pour clamer le refrain de “deux poids, deux mesures” en cas de besoin.

    • Descartes dit :

      @ Cherrytree

      [Je rappelle la propension de longue date qu’à notre martyr de la Justice, à confondre quelque peu l’argent public, ou celui des autres, avec sa propre bourse (…)]

      Ah… c’était le bon temps des « années fric » sous Mitterrand, quand les socialistes revenus au pouvoir après vingt ans d’abstinence et de vertu forcée redécouvraient les petits et grands arrangements du pouvoir. Il n’a fallu que quelques années aux moines socialistes qui donnaient à la terre entière des conseils de frugalité et de probité pour jeter leur froc aux orties et embrasser « l’argent qui corrompt », comme disait Mitterrand.

      Je ne dis pas que ceux qui étaient au pouvoir avant étaient meilleurs sur ce point – quoique… – mais au moins ils étaient plus conscients des faiblesses humaines, et par conséquence plus réticents à affaiblir les systèmes de contrôle qui « tenaient » le système, et notamment les élus et les barons locaux. Il faut se souvenir de ce que furent les premières années de la décentralisation…

      On ne peut pas séparer les hommes de leur époque. Mélenchon s’est formé politiquement dans ce contexte, celui des petites et grandes magouilles, des associations subventionnées pour faire des opérations électorales et des organismes publics (ELF, MNEF) transformés en vaches à lait pour entretenir des petits « clans » semi-mafieux. A ma connaissance, pas plus que pour Maastricht Mélenchon n’a jamais fait de retour critique sur cette époque. Et ses cris d’orfraie contre les juges rappellent un peu trop l’apostrophe contre les « chiens » lors de la mort de Roger Patrice Pellat, sanctifié au nom de l’amitié alors qu’il était en prison pour avoir trempé dans un délit d’initié dans l’affaire Triangle…

      [Je ne sais absolument pas si ses attachés parlementaires étaient au service du député européen Jean-Luc Mélenchon ou de l’Insoumis en chef Mélenchon Jean-Luc, la Justice devra un jour se prononcer.]

      Personnellement, je ne partage pas la chasse aux sorcières concernant les fonctions des attachés parlementaires. Il est toujours difficile dans le cas d’un homme politique de séparer le travail en tant que parlementaire et celui en tant que dirigeant de son parti. Que le budget du Parlement subventionne par ce biais l’action des partis politiques ne me paraît pas scandaleux. Cela étant dit, ce qui est effarant dans cette affaire est le manque de solidarité et d’anticipation de la classe politique elle-même : n’ont-ils pas réalisé qu’en utilisant cette arme contre le Front National ils mettaient en place une machine infernale qui tôt ou tard allait faire des dégâts dans toutes les formations ?

      [Dois-je évoquer le salaire mirobolant de sa directrice de campagne Sofia Chikirou, dont il martèle qu’elle n’est pas sa compagne, mais bon, à la tête d’une boîte de conseil en communication dont elle est la seule employée? Non, il a certes bien le droit de choisir qui il veut. Cependant je rappelle que Sofia Chikirou, un des membres fondateurs de la chaîne Le Media, en était était collaboratrice bénévole, tout en faisant appel aux services plutôt coûteux de la boîte de conseil en communication de Chikirou Sofia. ]

      Pour ceux qui comme moi ont milité trente ans et occupé des positions de responsabilité sans avoir jamais demandé le moindre paiement pour leurs peines, pas même un remboursement de frais d’essence, j’avoue que la lecture du dossier sur l’organisation financière de la campagne présidentielle de 2017 a de quoi étonner. On découvre qu’en fait tous les membres de la « cour » de Mélenchon ont été rémunérés pour faire sa campagne soit à travers le statut d’autoentrepreneur, soit par le biais de sociétés ad hoc. Ce n’est pas tout à fait l’idée qu’on se faisait de la politique il y a seulement quelques années…

      [Tiens, la méthode me rappelle quelqu’un…La dame ayant été poussée vers la sortie et sous le coup d’une accusation d’abus de biens sociaux de la part de ses ex associés, fut néanmoins désignée comme directrice de campagne pour les élections européennes (par qui?).]

      Devinez…

  10. cdg dit :

    Je suis quand meme decu que Melanchon ne se declare pas solidaire de “l homme le plus honnete de france”, presecute politiquement et qui dort aujourd hui en prison. J ai evidement nomme P Balkany…

    Plus serieusement, les affaires politico judiciares mettent un temps fou avant une eventuelle condamnation (et pour cause, les mis en accusation ont les moyens d avoir de tres bons avocats et dans certains cas des info du ministere (cf les ecoutes de sarkozy montrant un magistrat pret a “aider” en echange d un appui pour un poste a monaco ou un ministre PS sous hollande envoyant un SMS a un LR pour l avertir de poursuite (pas de bol le telephone a ete saisi) : https://www.marianne.net/politique/affaire-jean-jacques-urvoas-la-cour-de-justice-de-la-republique-va-ouvrir-une-enquete)
    Il n y a qu a voir Chirac. Pour les affaires de la mairie de paris qu il n a pas reussi a etouffer, il a ete condamne pres de 20 ans apres. Balkany lui aussi a ete pris apres des dizaines d annees.
    Donc dans le cas de Sarkozy ou Fillon, la sentence n est pas prete de tomber.
    Quant a DSK, on peut dire qu il a eut une chance de cocu. Dans l affaire de la MNEF, il passe a travers les gouttes meme s il ne pouvait pas prouver qu il avait fourni un vrai travail. La cassette mery ? il l a perdu, c est balot ! Les parties fines payes par le BTP ? il savait pas que le “materiel” qui allait le voir a NY etait des professionnelles (sur qu une femme mignonne ayant 20-30 ans de moins que toi va traverser benevolement l atlantique pour te soulager …) Quant a l affaire qui a mit un terme a son ambition presidentielle, on a quand meme retrouve son sperme sur la moquette. Mais la encore il a eut de la chance que la femme de chambre n etait pas une oie blanche. donc c etait sa parole contre celle de DSK

    • Descartes dit :

      @ cdg

      [Je suis quand même déçu que Mélenchon ne se déclare pas solidaire de “l’homme le plus honnête de France”, persécute politiquement et qui dort aujourd’hui en prison. J’ai évidemment nommé P Balkany…]

      Il a quand même fait l’effort de défendre Richard Ferrand, en suggérant qu’il aurait pu « tomber dans un piège » – piège dont il n’a pas donné les détails mais qui a certainement été tendu par le Grand Komplot Mondial contre les gens bien. Balkany, c’est pour la prochaine fois.

      [Plus sérieusement, les affaires politico-judiciaires mettent un temps fou avant une éventuelle condamnation (et pour cause, les mis en accusation ont les moyens d’avoir de très bons avocats et dans certains cas des info du ministère (cf les écoutes de sarkozy montrant un magistrat prêt a “aider” en échange d’un appui pour un poste à Monaco ou un ministre PS sous hollande envoyant un SMS a un LR pour l’avertir des poursuites]

      Pour moi, c’est l’élément essentiel pour rétablir la confiance dans le système judiciaire et inciter les politiques à la probité. Il faut impérativement raccourcir les délais de jugement, simplifier le système de manière à empêcher les tactiques dilatoires et éventuellement poursuivre ceux qui s’y livrent. En fait, vous pouvez faire un peu ce que vous voulez une fois passée la soixantaine : le temps que l’infraction soit découverte, qu’elle soit poursuivie, qu’elle vienne à être jugée, qu’une peine soit prononcée, que vous ayez épuisé toutes les voies de recours… vous avez le temps de couler une heureuse retraite et de mourir dans votre lit entourée d’une nombreuse et aimante famille. Et si vous bénéficiez d’une longévité particulièrement grande et que la procédure arrive au bout avant vous, vous pourrez toujours faire valoir que vous n’êtes plus en état d’exécuter votre peine…

      Les anglais ont un adage qu’on devrait retenir chez nous : « justice delayed is justice denied » (« justice retardée, justice refusée »). Ce n’est pas seulement une question de moyens, c’est une question d’état d’esprit de l’institution judiciaire, pour qui « faire bien » est infiniment plus important que « faire vite ».

      • Jopari dit :

        [Pour moi, c’est l’élément essentiel pour rétablir la confiance dans le système judiciaire et inciter les politiques à la probité. Il faut impérativement raccourcir les délais de jugement, simplifier le système de manière à empêcher les tactiques dilatoires et éventuellement poursuivre ceux qui s’y livrent.]

        Déjà, dans ses Industriels de la fraude fiscale, publié en 1974, Jean Cosson évoquait des dossiers de fraude à la TVA commis en bande organisée dans les années 50 dans les domaines des métaux et des textiles, sur lesquels la police à enquêté dans les années 1960 et dont certains procès ont commencé à l’époque de la publication du livre; il avait demandé à certains juges et policiers pourquoi les peines pour ces délits étaient très basses, souvent se réduisant à un mois avec sursis, et il lui fut répondu que les peines auraient sans doute été plus hautes si les infractions avaient été jugées plus tôt, sachant que, vingt ans après, certains s’étaient rangés et d’autres avaient bénéficié d’amnisties blanchissant leurs casiers. Comment obtenir de tel délais? D’abord les recours contre des expertises défavorables, sachant que, selon la procédure de l’époque, l’instruction était suspendue; de plus, des certificats médicaux de complaisance étaient souvent utilisés pour obtenir des délais de jugement. Le résultat: des délinquants en liberté continuant leurs activités, le temps que les souvenirs s’estompent et que les témoins disparaissent (aidés ou non par ces gangs).

        Trois décennies plus tard, Eric Halphen évoquait, dans son livre Sept ans de solitude, décrivait certaines procédures dilatoires que certains accusés entreprenaient afin de bloquer la production de preuves provenant de commissions rogatoires dans les pays d’origine.

        Sinon, on peut citer l’affaire des chaufferies de La Défenses, dont les procès commenceront bientôt après 18 ans d’enquête, le temps pour le principal suspect de mourir et pour un autre suspect d’être au bord de la tombe à 96 ans.

        Les délais de jugement excessifs, tant au civil, au pénal ou en droit administratif, sont toujours nuisibles, que ce soit à la recherche de la vérité ou au règlement des problèmes.

  11. luc dit :

    La première centrale nucléaire flottante au monde construite par la Russie est arrivée dans sa base permanente dans la région nord-est du pays. La fonte des glaces due au réchauffement de la planète ouvre la voie à une rivalité pour les ressources minérales inexploitées de l’Arctique.
    La compagnie nationale russe d’énergie nucléaire Rosatom a annoncé samedi que la centrale nucléaire flottante Akademik Lomonosov avait parcouru 5 000 km depuis Mourmansk au nord-ouest en passant par l’Arctique russe jusqu’à Tchoukotka au nord-est.
    Cette centrale de 21 tonnes, longue de 144 mètres et large de 30 mètres, est dotée de deux réacteurs de 35 mégawatts. Elle est conçue pour répondre aux besoins en énergie d’environ 100 000 personnes et pour alimenter les plates-formes pétrolières.
    Rosatom a déclaré que la centrale nucléaire flottante serait opérationnelle d’ici la fin de l’année. La centrale peut fonctionner sans escale sans nécessiter de ravitaillement en carburant pendant 3 à 5 ans.
    La centrale remplacera une centrale à charbon et une centrale nucléaire vieillissante fournissant de l’électricité à plus de 50 000 personnes en Tchoukotka.
    «C’est peut-être un petit pas vers le développement durable dans l’Arctique – mais c’est un pas de géant vers la décarbonisation des zones isolées hors réseau et un tournant dans le développement mondial de petites centrales nucléaires modulaires», a déclaré Alexei Likhachev, directeur de Rosatom, dans un déclaration.
    Les partisans de petites centrales nucléaires modulaires disent qu’ils sont moins chers et plus écologiques que les centrales classiques utilisant des combustibles fossiles, insistant sur le fait qu’il devrait y en avoir une près de chaque grande ville dotée d’un port.
    Selon vous , cette technologie a t elle un avenir pérenne , en Russie ,en France ou dans le Monde ?

    • Descartes dit :

      @ luc

      [La première centrale nucléaire flottante au monde construite par la Russie est arrivée dans sa base permanente dans la région nord-est du pays. (…) Selon vous, cette technologie a-t-elle un avenir pérenne, en Russie, en France ou dans le Monde ?]

      Ce type de technologie a certainement un avenir parce qu’elle résout un problème réel, celui de fournir de l’électricité bon marché et décarbonnée aux petits réseaux électriques isolés et dans des contextes mal adaptés à la construction d’une centrale nucléaire classique. Dans nos territoires d’outre-mer, par exemple, cela permettrait de remplacer des centrales thermiques au charbon ou au fuel, sans pour autant avoir à établir sur place des compétences pour construire et entretenir une centrale nucléaire (la centrale flottante peut être rapatriée pour entretien dans un chantier).

      La France dispose depuis de longues années des technologies nécessaires à la construction de ce type de centrale. En fait, la centrale flottante russe est une grande barge sur laquelle on a installé deux réacteurs du type de ceux utilisés dans la propulsion navale (sous-marins mais aussi brise-glaces à propulsion nucléaire). La France construit ce type de réacteur pour ses sous-marins. Il suffirait de reprendre leur conception en les débarrassant d’un certain nombre de raffinements introduits pour les besoins de la défense, et on aurait un réacteur solide et très largement éprouvé qu’on pourrait utiliser. Il ne manque plus que la vision et le courage politique…

      • Philippe Dubois dit :

        Bonjour Descartes

        Sur le plan théorique, vous avez raison, mais se pose le problème de la sécurité de l’installation contre une action malveillante.
        La probabilité d’une action terroriste ou autre est quasi nulle devant les côtes arctique de la Russie
        Qu’en serait-il d’une centrale de ce type amarrée en Guadeloupe ou à la Réunion ?

        • Descartes dit :

          @ Philippe Dubois

          [Sur le plan théorique, vous avez raison, mais se pose le problème de la sécurité de l’installation contre une action malveillante.]

          Ce que je vais vous dire ne va pas vous rassurer… vous savez, chaque jour sur les routes de notre pays se déplacent des camions chargés de produits infiniment plus dangereux que les matières nucléaires. Des installations classés « Seveso » pourraient, en cas d’accident, provoquer des conséquences bien plus importantes qu’un accident sur une installation nucléaire. Pour des raisons historiques, le nucléaire provoque une peur quasi-irrationnelle chez nos concitoyens. On prend un luxe de précautions dans la manipulation des substances radioactives et on entoure de mesures de sécurité exceptionnelles les stockages de déchets nucléaires alors que chaque jour des produits chimiques bien plus toxiques et dangereux sont manipulés et enfouis dans la plus grande indifférence de l’opinion publique.

          Un petit réacteur de quelques dizaines de MWe a une charge de matières nucléaires relativement petite. Dans le pire des cas, un réacteur flottant coulerait, et du fait de l’énorme facteur de dilution dans la mer il ne représenterait pas vraiment un danger. Bien sûr, ce que je vous dis là n’est pas très politiquement correct, mais c’est pourtant la vérité…

          • Vincent dit :

            > Des installations classés « Seveso » pourraient, en cas
            > d’accident, provoquer des conséquences bien plus
            > importantes qu’un accident sur une installation nucléaire.

            Lors d’un dîner la semaine dernière, je me suis trouvé (il était tard et tout le monde avait un peu bu) avec des ingénieurs GC spécialistes en nucléaire, et d’autres en barrages, (EDF et sociétés d’ingénierie). Le débat a porté sur : si on était un terroriste d’Al-Quaïda, et qu’on avait un avion à lancer sur une infrastructure, vaut il mieux choisir un barrage ou une centrale nucléaire…

            Assez rapidement, le consensus a été que l’un comme l’autre seraient stupides… et qu’il y avait bien mieux à faire (selon l’objectif : tour de bureaux ou d’habitation, raffinerie de pétrole, et un autre que je ne veux pas écrire sur internet pour éviter de donner des idées éventuelles…)

            Bref, je vais dans le même sens que vous : les exigences de sûreté dans le nucléaire sont telles que l’organisation d’un attentat terroriste n’y aurait que peu d’intérêt.
            Je pense ne pas trop me tromper en écrivant que, dans l’hypothèse où une centrale nucléaire flottante était coulée par des plongeurs terroristes, ceux çi auraient réussi, si on laisse la centrale sous l’eau, à rendre les coquillages et crustacés impropres à la consommation dans un rayon de quelques centaines de mètres.
            Et peut être les poissons de la région impropres à la consommation pendant les quelques mois suivant la perte du confinement du cœur.

            Bref, autant de mal pour si peu de résultat, cela ne vaut pas la peine de risquer des terroristes si bien formés !

            • Descartes dit :

              @ Vincent

              [Bref, je vais dans le même sens que vous : les exigences de sûreté dans le nucléaire sont telles que l’organisation d’un attentat terroriste n’y aurait que peu d’intérêt.]

              Tout à fait : les centrales nucléaires sont des cibles « durcies », qui disposent d’un niveau de protection et de redondance des systèmes essentiels à la sécurité qu’un attentat ayant des conséquences importantes serait très difficile à réaliser. Alors qu’on trouve tant de cibles bien plus « molles » permettant d’aligner des bilans bien plus lourds, pourquoi aller chercher la difficulté ?

              [Je pense ne pas trop me tromper en écrivant que, dans l’hypothèse où une centrale nucléaire flottante était coulée par des plongeurs terroristes, ceux çi auraient réussi, si on laisse la centrale sous l’eau, à rendre les coquillages et crustacés impropres à la consommation dans un rayon de quelques centaines de mètres. Et peut-être les poissons de la région impropres à la consommation pendant les quelques mois suivant la perte du confinement du cœur.]

              Exactement. Le facteur de dilution dans la mer est tel, que les effets d’un tel accident seraient négligeables.

              • cdg dit :

                “Alors qu’on trouve tant de cibles bien plus « molles » permettant d’aligner des bilans bien plus lourds, pourquoi aller chercher la difficulté”
                Pour l effet psychologique : faire exploser une centrale nucleaire fera les titres de tous les journaux du monde. faire exploser une usine de produit chimique vous donnera la une de la presse locale (et encore, pas si par ex le club de foot local se qualifie en coupe de france 😉 )
                Sinon la difference majeure entre le nucleaire et le chimique est surtout sur la duree : une zone contaminee chimiquement va pas l etre pour des milliers d annees (l uranium 234 = 245 000 annees, U 325 = 7,038×10 8 années)

                • Descartes dit :

                  @ cdg

                  [“Alors qu’on trouve tant de cibles bien plus « molles » permettant d’aligner des bilans bien plus lourds, pourquoi aller chercher la difficulté” Pour l’effet psychologique : faire exploser une centrale nucléaire fera les titres de tous les journaux du monde. faire exploser une usine de produit chimique vous donnera la une de la presse locale (et encore, pas si par ex le club de foot local se qualifie en coupe de France)]

                  Cela dépend. Une explosion dans une centrale qui tue un ou deux travailleurs et rien de plus ne vous garantira le centième de la couverture médiatique que vous assure la fusillade du Bataclan. Et la fusillade du Bataclan, c’est beaucoup plus facile à conduire et à organiser sans se faire repérer.

                  Si les récentes affaires de terrorisme nous apprennent quelque chose, c’est que le terroriste a tendance à attaquer des cibles « molles ». C’est cela qui lui permet de faire les dégâts humains maximum dans un contexte que chacun de nous fréquente chaque jour et qui fait que l’opinion s’identifie aux victimes. L’effet psychologique d’une attaque sur une installation peu fréquentée par le public et sur laquelle il est difficile de faire des dégâts décisifs, est trop faible pour qu’elle soit intéressante.

                  [Sinon la différence majeure entre le nucléaire et le chimique est surtout sur la durée : une zone contaminée chimiquement va pas l’être pour des milliers d’années (l’uranium 234 = 245 000 années, U 325 = 7,038×10 8 années)]

                  C’est fou comment les gens répètent ce genre de bêtise sans réfléchir. Les polluants chimiques issus de la chimie minérale font intervenir généralement des éléments stables, et donc ETERNELS. L’uranium 235 disparaîtra au bout de quelques milliards d’années, certes, mais le mercure, le plomb, l’arsenic, le cadmium, l’antimoine sont des éléments stables, et ils ne disparaîtront donc JAMAIS. Le discours sur les durées de vie est donc trompeur : les éléments radioactifs, même lorsqu’ils ont des durées de vie très longues, ont une durée de vie plus courte que les éléments stables. Et la plupart des éléments toxiques issus de la chimie sont stables…

  12. CVT dit :

    @Descartes,
    hors sujet: le césarisme technocratique dans toute sa splendeur 😤🤬:

    https://www.bfmtv.com/politique/l-application-qui-fait-trembler-les-ministres-comment-macron-mesure-en-temps-reel-leur-efficacite-1767960.html

    On voudrait afficher son mépris pour la chose publique qu’on s’y prendrait pas autrement!
    Ce culte du “monitoring” ou “reporting” (désolé, c’est comme ça que ça s’appelle dans la start-up nation…), est profondément nuisible dans le monde de l’entrepris privée et surtout parasitaire: combien de personne mobilise-t-on pour cette “app”? Et d’abord, qu’est-ce qu’on mesure?
    Cet individu irresponsable entérine par cette méthode le fait qu’il est un robot sans coeur ni âme, et qu’il est la négation absolue de la politique.
    Il me revient une phrase que vous aviez dite lors de son élection, il y a deux ans maintenant: vous redoutiez alors le vide sidérale qu’incarnait Macron, et le voilà illustré par cette “simple petite app sur son smartphone”…

    • Descartes dit :

      @ CVT

      [hors sujet: le césarisme technocratique dans toute sa splendeur (…)]

      Plus que de « césarisme technocratique », je parlerais d’infantilisation. Si la Constitution permet au président de choisir son Premier ministre et ses ministres sans aucune limitation de diplôme, d’âge de carrière, de situation juridique, c’est précisément pour qu’il puisse choisir en toute liberté quelqu’un en qui il a une totale confiance. S’il a le moindre doute quant à la capacité ou à la volonté de ses ministres de mettre toutes leurs capacités et leur volonté pour mettre en œuvre ses instructions, il n’a qu’à les virer et les remplacer par d’autres.

      Cette affaire d’application est en fait assez révélatrice du climat qui règne à l’Elysée. Pour le dire vulgairement, Macron semble considérer que le gouvernement est constitué par des incapables, des fainéants ou des imbéciles, incapables de conduire les réformes de leur propre chef ou de remonter les problèmes s’il y en avait, et qu’il faut donc « fliquer » en permanence. Si l’on tient compte du fait que les incapables, fainéants et imbéciles en question ont été choisis par lui, cela donne une idée de la difficulté de trouver des gens qui tout en étant efficaces et compétents partagent l’enthousiasme pour les réformes voulues par Macron. Révélateur, n’est ce pas ?

      • cdg dit :

        le probleme c est que souvent les ministres ne sont pas choisit pour leur competances mais pour le poids politique (s il est au gouvernement il va pas nous critiquer), en recompense de service rendu ou pour diviser l adversaire.
        Et c est pas neuf.
        Ex :
        – Sarkozy a fait ministres des membres du PS qu il a debauché. l important est evidement de semer la zizanie au PS, pas de prendre des gens fiables ou compétants. Idem avec Macron et les LR
        – V Place a fortement critique le gouvernement de Hollande. Puis une fois ministre, curieusement plus de critique ;-). On peut appliquer la meme chose a Segolene qui a critique vertement Macron en esperant un poste (mais la sans effet, comme quoi Macron a quand meme une certaine lucidité 😉 )
        – Alliot Marie qui fut ministre de la defense, de l interieur, puis de la justice pour finir aux affaires etrangeres. On peut admettre qu elle etait competante dans un des domaines (disons par ex l armement). mais etre competant dans l armement, la police, la justice et la diplomatie necessite des pouvoirs surhumains ….

        • Descartes dit :

          @ cdg

          [le problème c’est que souvent les ministres ne sont pas choisi pour leur compétences mais pour le poids politique (s il est au gouvernement il va pas nous critiquer), en récompense de service rendu ou pour diviser l’adversaire.]

          Pour moi, ce n’est pas le problème. Un ministre n’a pas à être « compétent » sur les sujets techniques de son ministère. Pour cela, il a à sa disposition des experts. Ce qu’on demande à un ministre, c’est de faire de la politique au sens noble du terme c’est-à-dire, pour citer le mot de Richelieu, « rendre possible ce qui est nécessaire ». On reconnait un bon ministre non pas à sa connaissance des sujets, mais à sa capacité de s’entourer de ceux qui les connaissent, de les écouter, de trancher et de faire des choix de nature politique en ayant compris les coûts et avantages de chaque solution. Et ensuite, d’expliquer ses choix au peuple souverain et à ses représentants. Et finalement, de confier la mise en œuvre à des gens compétents. Le ministre est un chef d’orchestre : il doit savoir lire la musique, mais il n’est pas indispensable qu’il sache jouer de tous les instruments.

          Dans ce contexte, choisir les ministres « pour leur poids politique » n’est pas forcément une mauvaise chose, dans la mesure où le système politique exige les qualités ci-dessus pour acquérir un « poids politique ». C’est l’intérêt d’un « cursus honorum » politique permettant de tester les capacités des politiques avant de leur confier des responsabilités de premier plan.

          Le problème aujourd’hui est justement qu’on ne choisit pas les ministres en fonction d’un poids politique réel. Quel poids politique peuvent invoquer Castaner, Beloubet, Borne, Schiappa ? Sont-ils des « barons » pouvant se prévaloir du soutien de vassaux puissants ? Ont-ils une masse de militants derrière eux ? Ont-ils une trajectoire prestigieuse qui leur permet d’être écoutés de la population ? Sont-ils les piliers d’une institution puissante dont le soutien leur est acquis ? Bien sur que non. Même Edouard Philippe est une sorte d’ovni sorti de nulle part, sans aucun poids personnel. S’il devait quitter Matignon, il reviendrait à l’anonymat dans les vingt-quatre heures.

          Aujourd’hui, on nomme un ministre parce qu’il a une surface médiatique (Hulot, Schiappa), en récompense des services rendus, ou parce que l’intéressé a fait preuve d’une fidélité canine et qu’on ne craint pas de lui un coup de poignard dans le dos – quitte à prendre le risque de l’incompétence, voir Castaner pour un exemple illustratif.

          [– Alliot Marie qui fut ministre de la défense, de l’intérieur, puis de la justice pour finir aux affaires étrangères. On peut admettre qu’elle était compétente dans un des domaines (disons par ex l’armement). Mais être compétent dans l’armement, la police, la justice et la diplomatie nécessite des pouvoirs surhumains ….]

          Alliot-Marie a été une bonne ministre dans toutes ses affectations non pas parce qu’elle était compétence en matière d’armement, de police, de justice et de diplomatie, mais parce qu’elle était compétente dans la seule chose qui compte pour un ministre : savoir s’entourer, savoir écouter ses conseillers et ses experts, savoir défendre son point de vue, et savoir diriger le travail d’une organisation. C’est cela qu’on demande à un ministre.

  13. Cherrytree dit :

    @Descartes

    Moi non plus je n’aime pas les chasses aux sorcières.
    Et je me doute bien qu’il est compliqué de démêler ce qui, dans le travail des attachés parlementaires, relève du parlementaire élu PG, et du responsable PG.
    Cependant, je me permets de suggérer une approche de calcul. Sachant que l’absentéisme du député européen Mélenchon était impressionnant (12 pour cent de présence, pas de participation en commission, aucun rapport produit), on peut logiquement s’interroger sur l’utilité de ses attachés parlementaires, six en tout, je crois, dont 4 “locaux” restant à Paris. Et si l’on fait un rapport avec l’activité politique débordante de Jean-Luc Mélenchon pendant la même période, ses attachés parlementaires ayant quand même une place dans l’organigramme du PG puis de la FI, on comprend un peu mieux.
    Évidemment il est impossible de quantifier exactement le temps consacré à gérer l’agenda du député européen, mais avec 12 pour cent de présence effective, et aucun rapport produit, ça ne devait pas être trop tuant.

    • Descartes dit :

      @ Cherrytree

      [Et je me doute bien qu’il est compliqué de démêler ce qui, dans le travail des attachés parlementaires, relève du parlementaire élu PG, et du responsable PG.]

      Mais il n’y a pas que ça. Il y a aussi le fond du problème. Est-il scandaleux que le parlement contribue au fonctionnement des partis politiques par le biais du paiement d’attachés parlementaires qui consacrent le meilleur de leur temps à l’animation d’une structure partisane ? Personnellement, je ne le trouve pas. Je trouve le fait de compartimenter les activités de l’homme politique absurde. Un attaché parlementaire qui prépare un dossier pour le député sur les déchets nucléaires contribue au travail parlementaire. Mais quid de l’attaché qui organise un débat sur le même sujet au sein d’un parti politique, débat dont les résultats serviront d’orientation au vote du député en question ? Doit-on considérer que cela contribue au travail parlementaire, ou non ?

      Je pense qu’il faut arrêter de couper les cheveux en quatre. Le parlement donne au députe une certaine somme pour l’aider dans son travail. Laissons le député estimer la meilleure manière de dépenser cet argent. S’il estime qu’il est mieux soutenu en payant un collaborateur, en invitant à diner tel ou tel interlocuteur, en s’achetant une permanence pour recevoir ses mandants, ou en se payant des vacances pour se reposer du rythme harassant du Palais Bourbon, c’est son affaire. Il ne faudrait pas oublier que les contrôles, ça a aussi un coût ? Et que si on continue comme ça, on va dépenser plus d’argent à contrôler la dépense des députés que ce qu’on leur donne.

  14. luc dit :

    Comment interprétez vous les positionnes de certains médias bien pensants qui évoquent une révolte des Macronistes de gauche, soi disant outrés ,par le fait,que l’immigration actuelle ait été évoquée comme posant des problèmes par le président de la république ?
    Le jeu de Mano/mano avec Salvini/Lepen d’un côté et Conte/Macron de l’autre sur ce sujet ne relève t elle pas une certaine habileté de la part de notre bébé président ?
    Les stupidités énoncées par Benalla sur ces sujets liés à l’immigration économique ,ne sont elles pas une pierre dans le jardin de notre potentiel grand homme (Macron) ?
    Le projet de fusion des départements des Hauts de Seine et Yvelines , sous conditions qu’il y ait une razia Macroniste aux municipales cantonales et régionales ,ne constitue t il pas un casus belli ,pour la droite et Mécresse qui est directement visé par ce projet ?

    • Descartes dit :

      @ luc

      [Comment interprétez-vous les positionnes de certains médias bienpensants qui évoquent une révolte des Macronistes de gauche, soi-disant outrés, par le fait que l’immigration actuelle ait été évoquée comme posant des problèmes par le président de la république ?]

      Le secret de la victoire de Macron est la synthèse entre les classes intermédiaires « sociales » (c’est-à-dire, celles qui se sentent coupables et ont besoin de se justifier en enfourchant les causes sociétales) et les classes intermédiaires « libérales ». Aux premières, il promettait une « société ouverte » et « progressiste », reprenant tous les thèmes classiques (diversité, genre, droits des minorités, etc.) ; alors qu’aux secondes on accordait les réductions fiscales, les privatisations de ce qui reste comme bijoux de famille, la destruction du Code du travail et des statuts, etc.

      Ceux qui à gauche ont rejoint Macron attirés par la « société ouverte » et le « progressisme » affiché sont en train de découvrir combien Macron est une personnalité amorale, pour qui la victoire justifie tout. La « société ouverte » n’est pas chez lui une conviction, c’était un expédient électoral. Et si maintenant jeter les immigrés à la mer devait apporter plus de voix que les accueillir, alors on les jettera à la mer sans remords.

      Cela étant dit, il ne faut pas exagérer la « révolte » en question. Elle se traduira par quelques articles de presse, et puis on passera à autre chose. La soupe est trop bonne – du moins pour l’instant – pour qu’on se risque à renverser la gamelle…

      • Pierre dit :

        @ Descartes

        (((Et si maintenant jeter les immigrés à la mer devait apporter plus de voix que les accueillir, alors on les jettera à la mer sans remords.)))

        Macron n’est certes pas un exemple de vertu, mais il faut quand même ne pas non plus raconter n’importe quoi. Ou alors, donnez-moi un exemple d’un discours de Macron où il dirait que nous devrions ouvrir nos portes inconditionnellement, ça m’a échappé. Sur l’immigration, et sur bien d’autres sujets, Macron n’a jamais eu un discours raccord avec la bienpensance de gauche, et c’est bien le seul aspect positif de son mandat pour le moment. Le fait qu’enfin quelqu’un énonce tout haut des faits dérangeants sans langue de bois (sur l’immigration, sur les fléaux de l’analphabetisme ou de l’alcoolisme dans certaines régions, etc.) n’apporte pas pour autant de solutions, on est d’accord, mais c’est déjà un début. Pour mémoire, il y a maintenant plus d’un an, Macron disait face caméra à une dame marocaine sans papiers, qui lui demandait ce qu’elle devait faire, qu’il lui fallait rentrer dans son pays. Je pense qu’on peut lui faire bien des procès mais pas celui-ci.

        • Descartes dit :

          @ Pierre

          [Macron n’est certes pas un exemple de vertu, mais il faut quand même ne pas non plus raconter n’importe quoi. Ou alors, donnez-moi un exemple d’un discours de Macron où il dirait que nous devrions ouvrir nos portes inconditionnellement, ça m’a échappé. Sur l’immigration, et sur bien d’autres sujets, Macron n’a jamais eu un discours raccord avec la bienpensance de gauche]

          Soyons sérieux : personne ne dira jamais « il faut ouvrir nos portes inconditionnellement ». Ce serait un suicide. Le discours « politiquement correct » est toujours une variation sur le genre « on doit accueillir ceux dont la venue est légitime, et créer les conditions pour que les autres rentrent chez eux dans des bonnes conditions ». C’est d’ailleurs ce qui était écrit dans le programme de Macron en 2017, et les bienpensants ne demandent pas plus : ce discours accompagné d’une saine inaction, c’est tout ce qu’ils demandent.

          Si comme vous le dites Macron « n’a jamais eu un discours raccord avec la bienpensance », comment expliquez-vous la réaction de la partie gauche de sa majorité – venue en bonne partie du PS – devant ses dernières expressions ? Si celles-ci sont dans la continuité des positions qu’il a toujours défendu, comment expliquer que des gens réagissent aujourd’hui ?

          [Le fait qu’enfin quelqu’un énonce tout haut des faits dérangeants sans langue de bois (sur l’immigration, sur les fléaux de l’analphabetisme ou de l’alcoolisme dans certaines régions, etc.) n’apporte pas pour autant de solutions, on est d’accord, mais c’est déjà un début.]

          Comme disait Bacon, je crois, « la pire trahison est de faire une bonne chose pour une mauvaise raison ». Lorsqu’on voit le président exhumer les « fléaux » qu’il entend dénoncer en fonction des besoins électoraux – fait d’autant plus évident qu’ils ne sont suivis d’aucune action positive – on peut difficilement se dire que « c’est un début ». J’ajoute que d’autres ont « énoncé ces faits dérangeants sans langue de bois » bien avant le président. Ils ont pour cela été diabolisés par la galaxie « progressiste » dont le président se réclame. Pourquoi à votre avis ?

          [Pour mémoire, il y a maintenant plus d’un an, Macron disait face caméra à une dame marocaine sans papiers, qui lui demandait ce qu’elle devait faire, qu’il lui fallait rentrer dans son pays. Je pense qu’on peut lui faire bien des procès mais pas celui-ci.]

          Imaginons qu’il y eut plus de voix à gagner en fournissant la réponse inverse. Pensez-vous que dans cette hypothèse le discours de Macron aurait été le même ?

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