Un peu de douceur dans ce monde de brutes

Ce papier va vous paraître banal, au milieu du désastre que nous voyons devant nous. Et pourtant…

Il y a quelques jours, j’ai pris le TGV à Marseille pour Paris. Alors qu’il ne restait qu’une demie heure de trajet, petite musique sur le système qui sert à s’adresser aux voyageurs. Et puis, une voix chargé d’émotion : « Bonjour mesdames et messieurs, je suis votre conducteur. Aujourd’hui, c’est la dernière fois que je remonte à Paris aux manettes du TGV. Je voudrais vous dire combien je suis fier au cours de ma carrière d’avoir participé à l’aventure du TGV. La SNCF est une entreprise qui dispose d’un savoir faire extraordinaire, et je suis fier d’y avoir travaillé. Je vous remercie d’avoir partagé ce moment avec moi » (je cite de mémoire).

Je vais vous dire, cela m’a ravi. Dans ce monde de stratégies individuelles, un homme ressent le besoin de partager avec des inconnus sa fierté d’avoir participé à une aventure collective. Et cela me laisse aussi songeur : le fils, le petit fils de ce monsieur aura-t-il la possibilité de s’inscrire dans un projet collectif ? Aura-t-il l’opportunité d’être fier de contribuer au « savoir-faire exceptionnel » de son organisation, savoir-faire construit dans le temps long ? Ou bien n’aura-t-il d’autre choix que devenir un mercenaire changeant d’entreprise au gré des contrats courts, allant chez les plus offrant pour être jeté lorsqu’il ne sera plus jugé assez productif ?

A l’arrivée Gare de Lyon, je suis allé jusqu’à la motrice pour féliciter le conducteur. Le temps d’y arriver, la cabine était vide et son occupant était, je l’imagine, en train de célébrer son départ à la retraite. En tout cas, si le conducteur de mon train lit ces lignes, qu’il sache qu’il a illuminé ma journée.

Descartes

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22 réponses à Un peu de douceur dans ce monde de brutes

  1. Sami dit :

    Merci à vous aussi de partager avec nous, en plus de cet émouvant moment de vie, toute votre sagesse, en ces temps de grandes incertitudes.

  2. LE PANSE Armel dit :

    Bonjour Descartes,

    Je savoure avec vous cette irruption d’une parole sensée, émue, simple mais nullement idiote au milieu de tous ces bavardages, parfois savants, dont nous abreuvent les médias et les comptoirs.
    C’est quant même assez drôle que cette parole vienne frapper l’oreille d’un passager redevenu voyageur.
    J’ai plaisir à voyager avec et dans vos lettres.
    Merci mille fois René !
    Armel Le Panse

  3. luc dit :

    Oui ,effectivement,aujourd’hui la bataille pour l’estime de soi est éminemment politique pour un salarié d’une entreprice commune.
    Enseignant dans l’éducation nationale,je vis cette bataille constemment depuis 35 ans .
    Vis à vis des élèves,des parents,des collègues,de l’administration , des politiques et de la comparaison entre ce que proposait le plan Henry Wallon en 1945 à l’origine de ma vocation d’enseignant et la réalité actuelle de l’EN de Blanquer où les GAFAM règnent en maitre ainsi que l’esprit de démission face à l’irrationnel.
    Cancer , maladie auto-immune , dépressions ne m’ont pas épargnés dans ce cauchemardesque tsunami pro-dérégulations que notre société vit sans cesses.
    Nous avons la chance de vivre en France et la malchance que les biens communs de notre pays soit systématiquement sabotés par les dirigeants de nos élites :d’où mon sempiternel malaise existentiel .
    Depuis la dizaine d’années que je fréquente votre site , cette estime de moi remonte.😊
    Votre combat contre l’irrationnel pour l’humanisme bienveillant est aussi devenu petit à petit le mien.
    J’ai retrouvé la santé même si tout n’est pas réglé chez moi.
    Tout ne peut pas être réglé.
    Heureusement , car nous sommes riches de nos contradictions.
    Encore merci .
    Continuons notre combat .

    • Descartes dit :

      @ luc

      [Nous avons la chance de vivre en France et la malchance que les biens communs de notre pays soit systématiquement sabotés par les dirigeants de nos élites : d’où mon sempiternel malaise existentiel.]

      Je vais me répéter, mais la faute n’incombe pas exclusivement « aux dirigeants de nos élites ». On ne fait pas une politique constante pendant trente ou quarante ans sans avoir l’accord d’une partie de la société, à minima celui du bloc dominant. On n’est pas du tout dans le « 1% contre 99% », plutôt dans le « 30% contre 70% ».

      [Encore merci.]

      Et merci à vous de vos encouragements.

  4. Vincensini dit :

    La crise que nous avons traversée et celle qui vient permet à des gens qu’on n’entend ou ne voit jamais de dire ou de montrer que ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous sépare

  5. Duchesne Francette dit :

    Bonjour Monsieur,
    Ce papier est loin d’être banal. A moi aussi il réchauffe le coeur ! Nous avons perdu l’habitude d’échanger ne serait-ce qu’un regard, un sourire, un petit mot qui témoigne que l’autre existe, qu’on le reconnaît, qu’il est un possible ami. Ma réflexion est peut-être hors sujet, mais j’enrage quand sur une route étroite je me gare (avec difficulté) pour laisser passer un conducteur qui n’a même pas la courtoisie de jeter un regard sur moi … très souvent je me sens transparente ! Quelle tristesse ! Beaucoup trop de personnes vivent retranchés et enfermés dans leur bulle ! Et pourtant j’habite Marseille où il fait bon vivre, où les gens sont, soi-disant, chaleureux ! Ils ont oublié, les pôvres, que la gentillesse des rapports humains change tout !
    Ce Monsieur a partagé son émotion et a illuminé votre journée. Vous avez eu envie de nous en faire part … Merci !

  6. Marcailloux dit :

    @ Descartes,

    Bonjour tristesse,

    [Ce papier va vous paraître banal, au milieu du désastre que nous voyons devant nous.]

    Rien que ça ?
    N’exagérons rien. Si je m’en réfère – c’est mon dada – à la définition du CNRTL pour le mot “désastre” que nous aurions devant les yeux, j’ai tout de même de la peine à distinguer – hormis quelques sévères soucis consécutifs à la pandémie – le désastre que vous évoquez en entame de votre court billet.
    “Désastre: événement contraire, contrariant, funeste; drame affreux qui anéantit les projets, démolit les perspectives, détruit les espérances; par métonymie, le dégât, les dommages, les pertes, la ruine, le malheur qui en résulte.”
    Nous observons plutôt des Français dont le principal soucis est leurs prochaines vacances ou une propension à manifester et casser pour des raisons futiles.
    Ce qui est probablement plus réel et qui ne saute pas aux yeux est ce lent délitement de notre société qui délaisse le goût de l’effort, la recherche de l’excellence, l’exigence du rationnel, les sens de la communauté.

    • Descartes dit :

      @ Marcailloux

      [N’exagérons rien. Si je m’en réfère – c’est mon dada – à la définition du CNRTL pour le mot “désastre” que nous aurions devant les yeux, j’ai tout de même de la peine à distinguer – hormis quelques sévères soucis consécutifs à la pandémie – le désastre que vous évoquez en entame de votre court billet.]

      Oh ! mais je ne parlais pas des conséquences de la pandémie… Je pensais plutôt au naufrage général que la pandémie a mis en évidence, un peu comme l’attaque allemande de 1940 a mis en évidence l’usure de la IIIème République et l’incurie de ses élites. L’affaiblissement de l’Etat, la démagogie des « barons » locaux, l’inexistence des partis politiques… pour ne donner qu’un exemple, avant on murmurait que l’école était devenue une garderie. Maintenant, on le sait.

      [Nous observons plutôt des Français dont le principal soucis est leurs prochaines vacances ou une propension à manifester et casser pour des raisons futiles.]

      Ceux qui manifestent et cassent pour des raisons futiles sont une infime minorité, tout comme ceux pour qui le « principal souci » est les vacances. Je doute que les millions de chômeurs – et ceux qui risquent de les rejoindre bientôt se soucient principalement de leurs congés.

      [Ce qui est probablement plus réel et qui ne saute pas aux yeux est ce lent délitement de notre société qui délaisse le goût de l’effort, la recherche de l’excellence, l’exigence du rationnel, les sens de la communauté.]

      C’est bien à ce « désastre » que je fais référence.

  7. DR927550 dit :

    Bonjour,

    Il me semble que nous avons d’un côté des individus narcissiques ne tendant qu’à s’émanciper (de leur histoire, famille, classe sociale, voire sexe…), et de l’autre des personnes plus aptes à s’inscrire dans la tradition et la transmission. Pour certains, l’émancipation est la condition de l’inscription dans un projet collectif (je pense aux habitanTES des quartiers…).

    Où s’arrête l’émancipation qui élève l’individu et lui apporte un libre-arbitre, où commence la déconstruction qui va le laisser sans ressort ? Il me semble que, collectivement, nous payons des décennies d’idéologie “freudo marxistes” (pour simplifier), qui font de l’individu un être irresponsable car manipulé, qui doit donc absolument déconstruire ses attachements afin d’accéder à “son vrai moi”. Et ou tout attachement à une structure vue comme aliénante (Entreprise !) est décrié.

    Est-il possible à la fois de s’émanciper sans tomber dans le narcissisme, et d’adhérer à une aventure collective choisi ? Ou l’émancipation se traduit elle par une incapacité à s’inscrire dans le collectif ?

    Je me souviens avoir assisté à une conférence de M. Bourigeaud (fondateur d’ATOS), qui de sa voix de stentor, concluait que de ce qu’il avait fait, ne restait d’important que les personnes avec qui il avait partagé cette aventure.

    C’est aussi mon sentiment après 25 ans de travail : le travail de par sa dimension collective et la sensation de remplir une mission, nous permet au contraire de nous accomplir pleinement comme individu. J’ai participé aux derniers projets de la Direction de l’Equipement d’EDF : Civaux, puis le Carnet… qui n’a pas abouti. J’en reste fier, et voit toujours les collègues avec qui nous avons travaillé il y a 25 ans (c’était mon premier poste)

    Peut être est-ce un des privilèges de travailler dans une Entreprise Publique ? Même si ayant travaillé ensuite pour des cabinets de conseils américains, là aussi restait la fierté du travail accompli …

    Votre anecdote me touche au même titre que les agents EDF qui font visiter les centrales, s’y même aussi une nostalgie, car est-on toujours capable collectivement de réussir ces projets pharaoniques ?

    Ou bien au contraire, est-on chacun recroquevillés sur nos existences individuelles ?

    Si on extrapole sur les associations ou autres, on a aussi l’impression d’organisations collectives déclinantes…je mets en lien le magnifique article de Putnam sur les clubs de bowling aux USA et la notion de “capital social”.

    https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00943612/file/Putnam_Bowling_en_solo.pdf

    Peut-on reconstruire cette fierté d’appartenir à un collectif ? ou est-ce plus chic (et plus français) de prendre de la distance ?

    • Descartes dit :

      @ DR927550

      [Il me semble que nous avons d’un côté des individus narcissiques ne tendant qu’à s’émanciper (de leur histoire, famille, classe sociale, voire sexe…), et de l’autre des personnes plus aptes à s’inscrire dans la tradition et la transmission. Pour certains, l’émancipation est la condition de l’inscription dans un projet collectif (je pense aux habitanTES des quartiers…).]

      Je pense surtout que « l’émancipation » en question est une illusion. « nul ne guérit de son enfance » chantait le poète. Nous ne pouvons pas nous « émanciper » de la société parce que c’est la société qui nous a faits tels que nous sommes, et que nous n’existons qu’en tant que nous sommes insérés. Notre aliénation est la conséquence inévitable du fait que l’homme est un animal à la fois social et historique : même le langage dans lequel nous formulons notre pensée nous vient des autres…

      [Où s’arrête l’émancipation qui élève l’individu et lui apporte un libre-arbitre, où commence la déconstruction qui va le laisser sans ressort ? Il me semble que, collectivement, nous payons des décennies d’idéologie “freudo marxistes” (pour simplifier), qui font de l’individu un être irresponsable car manipulé, qui doit donc absolument déconstruire ses attachements afin d’accéder à “son vrai moi”. Et ou tout attachement à une structure vue comme aliénante (Entreprise !) est décrié.]

      Tout à fait. Et la limite de ce raisonnement se trouve dans le fait que ce « vrai moi » n’existe pas. Nous sommes un produit des autres. Nous ne pouvons pas déconstruire ces attachements, parce qu’ils nous constituent. C’est le problème de la « déconstruction du langage » : nous ne pouvons pas « déconstruire le langage » parce qu’une telle « déconstruction » nécessite elle-même un langage pour pouvoir s’exprimer. Nous ne pouvons analyser un mot qu’à l’aide d’autres mots…

      [Est-il possible à la fois de s’émanciper sans tomber dans le narcissisme, et d’adhérer à une aventure collective choisi ? Ou l’émancipation se traduit elle par une incapacité à s’inscrire dans le collectif ?]

      Cela dépend de ce que vous entendez par « émancipation ». Si vous donnez au mot « liberté » un sens absolu, il est clair qu’elle est impossible. Si par contre vous entendez par là la possibilité de « faire tout ce qui ne nuit pas à autrui », c’est déjà plus faisable.

      [C’est aussi mon sentiment après 25 ans de travail : le travail de par sa dimension collective et la sensation de remplir une mission, nous permet au contraire de nous accomplir pleinement comme individu. J’ai participé aux derniers projets de la Direction de l’Equipement d’EDF : Civaux, puis le Carnet… qui n’a pas abouti. J’en reste fier, et voit toujours les collègues avec qui nous avons travaillé il y a 25 ans (c’était mon premier poste)]

      Beaucoup d’activités collectives permettent de « s’accomplir pleinement » dès lors qu’elles sont investies socialement. Pensez à la guerre, à la prière…

      [Peut-être est-ce un des privilèges de travailler dans une Entreprise Publique ? Même si ayant travaillé ensuite pour des cabinets de conseils américains, là aussi restait la fierté du travail accompli…]

      C’est une question d’investissement social. La capacité de l’entreprise privée à créer un investissement social dépend de sa capacité à déguiser sa vraie raison d’être – faire gagner de l’argent à l’actionnaire – derrière une mystique du service au client. Le service public n’a pas ce problème, puisque l’actionnaire et le client ne sont qu’une seule et même personne, à savoir, le citoyen.

      [Votre anecdote me touche au même titre que les agents EDF qui font visiter les centrales, s’y même aussi une nostalgie, car est-on toujours capable collectivement de réussir ces projets pharaoniques ? Ou bien au contraire, est-on chacun recroquevillés sur nos existences individuelles ?]

      Je pense que la capacité existe, qu’elle est inscrite dans l’humain. C’est moins la capacité que la volonté qui manque.

      [Si on extrapole sur les associations ou autres, on a aussi l’impression d’organisations collectives déclinantes…je mets en lien le magnifique article de Putnam sur les clubs de bowling aux USA et la notion de “capital social”.]

      L’article est intéressant, mais dans la logique américaine il ne place le « capital social » que du côté de la société civile, et non des institutions. Ce qui a mon sens est une erreur.

      [Peut-on reconstruire cette fierté d’appartenir à un collectif ? ou est-ce plus chic (et plus français) de prendre de la distance ?]

      Je ne crois pas que ce soit « plus français », au contraire. La seule chose qui soit effectivement « plus française » c’est de placer la fierté d’appartenance collective dans les institutions – et d’abord dans l’Etat – plus que dans les ONG ou la « société civile ».

      Quant à la « reconstruire »… je crois que le mouvement des Gilets Jaunes montre qu’en fait la fierté d’appartenir à un collectif est toujours là. La question est de la canaliser ver des buts positifs… et cela suppose une reconstruction des institutions, ce que les classes intermédiaires résisteront jusqu’à leur dernier souffle, parce qu’une telle cohésion menace leurs intérêts.

  8. Cherrytree dit :

    Rouloulou. Hébindidonk!…

    De passage pour voir, euh… J’ai cru me trouver sur le site de Jean-Pierre Pernaut?
    Reprenez-vous, voyons, l’heure n’est pas à la larmichette nostalgique.

    Je rebondis sur l’actualité.

    Vous avez vu, dans ce gouvernement Macron II, le nombre des nouveaux ministres fiers de se proclamer fils d’une femme de ménage? Objectivement, j’admire, moi fille de migrants élevée en HLM et devant tout à l’école de la République.
    Faut-il, pour autant, s’en faire tellement un brevet qu’on dirait un”élément de langage?
    Le doute me prend. Je flaire l’entourloupe, et j’y croirai quand ces messieurs-dames(oooupsss… Pardon, dans l’ordre dames-et-messieurs) auront pondu une loi pour rénumérer et protéger correctement ces “invisibles”, héros d’hier au bon vieux(?) temps du Grand Confinement, et dont on se fout intégralement aujourd’hui.
    Le conducteur de train retraité, c’est sympa, comme le petit prof ou instit de campagne, (au fait, pourquoi petit?? On dit un “petit dentiste” ???Un “petit chirurgien”?????
    Donc, Descartes, pas de séquence émotion, s’il vous plaît, vous m’avez habituée à mieux.
    Il y a à Bayonne un conducteur de bus qui devait prendre sa retraite l’an prochain, et qui, comme beaucoup de ses pareils, faute de protection dans un environnement difficile, n’aura jamais l’occasion de saluer aimablement les passagers pour la dernière tournée.
    Qu’en dites-vous?

    • Descartes dit :

      @ Cherrytree

      [De passage pour voir, euh… J’ai cru me trouver sur le site de Jean-Pierre Pernaut?
      Reprenez-vous, voyons, l’heure n’est pas à la larmichette nostalgique.]

      Dites donc, je vois que le confinement n’a pas amélioré les choses…

      [Vous avez vu, dans ce gouvernement Macron II, le nombre des nouveaux ministres fiers de se proclamer fils d’une femme de ménage? Objectivement, j’admire, moi fille de migrants élevée en HLM et devant tout à l’école de la République.]

      Je trouve très bien qu’on montre à nos concitoyens combien la France est un pays accueillant, ou la promotion sociale a été une réalité jusqu’à il n’y a pas si longtemps. Ce que je trouve moins amusant c’est le côté politiquement correct de l’exercice. Que maître Dupont-Moretti rappelle les larmes de sa mère née italienne en écoutant la Marseillaise, c’est gentil. Mais je me demande ce que peut ressentir son père, monsieur Dupont, oublié dans le discours. Faut-il être né en dehors des frontières pour avoir droit à une mention ?

      [Le conducteur de train retraité, c’est sympa, comme le petit prof ou instit de campagne, (au fait, pourquoi petit ?? On dit un “petit dentiste” ??? Un “petit chirurgien” ?????]

      C’est vous qui dites « petit », pas moi. J’ai parlé du « conducteur du train », et j’aurais parlé du prof ou de l’instit, sans « petit » qui vaille.

      [Donc, Descartes, pas de séquence émotion, s’il vous plaît, vous m’avez habituée à mieux.]

      Je trouve très bien qu’une personne qui a servi le public toute sa vie, à l’heure de son départ à la retraite, prenne la parole pour manifester sa fierté d’appartenir à un projet collectif. Ce n’est pas une question « d’émotion », même si l’on peut être ému par le geste. C’est important pour notre pays qu’il y ait des gens comme ça, et on aurait intérêt à cultiver cet esprit chez les jeunes.

      [Il y a à Bayonne un conducteur de bus qui devait prendre sa retraite l’an prochain, et qui, comme beaucoup de ses pareils, faute de protection dans un environnement difficile, n’aura jamais l’occasion de saluer aimablement les passagers pour la dernière tournée. Qu’en dites-vous?]

      Je dis que c’est insupportable, et que les gens qui ont fait ça devraient être punis avec la dernière sévérité. Je dis que je trouve curieux qu’on nous explique qu’il y a quatre personnes mises en examen, deux pour homicide volontaire, et les deux autres pour occultation de crime et non-assistance à personne en danger… et qu’on ait évité soigneusement de publier quelque élément que ce soit sur leur identité dans la presse. Cette discrétion ne cesse de me surprendre…

      • @ Descartes,

        “Que maître Dupont-Moretti rappelle les larmes de sa mère née italienne en écoutant la Marseillaise, c’est gentil. Mais je me demande ce que peut ressentir son père, monsieur Dupont, oublié dans le discours. Faut-il être né en dehors des frontières pour avoir droit à une mention ?”
        Et il y a à mon sens plus grave, c’est se présenter comme “Garde des sceaux de sang-mêlé”, je cite ses mots. Que dira-t-on si le prochain ministre de la Justice se présente comme “Garde des sceaux de sang pur”? Et je passe sur “mon ministère sera celui de l’antiracisme”. Je sens la chasse aux sorcières qui se prépare… Mais qui, comme d’habitude, épargnera les authentiques racistes du “Comité Adama” ou de la “Brigade Anti-Négrophobie”.

        • Descartes dit :

          @ nationaliste-ethniciste

          [Et je passe sur “mon ministère sera celui de l’antiracisme”. Je sens la chasse aux sorcières qui se prépare… Mais qui, comme d’habitude, épargnera les authentiques racistes du “Comité Adama” ou de la “Brigade Anti-Négrophobie”.]

          Je vous rassure. Comme disait le philosophe, il est plus facile de mourir pour la femme qu’on aime que de vivre avec elle. Dans une société “victimiste”, la position de l’avocat est la position la plus facile: il est toujours du côté de la victime et face à la méchante institution. Dupont-Moretti a cultivé jusqu’à l’absurde cette image de “rebelle” (tout en défendant les intérêts des personnalités les mieux placées du Gotha politico/médiatique, car il faut bien vivre). Maintenant, il va être du côté de l’institution. Il sera dénoncé par les “victimes” dans les mêmes termes qu’il utilisait lui-même pour dénoncer ceux qui l’ont précédé. Ça risque d’être très amusant…

      • cd dit :

        “Que maître Dupont-Moretti rappelle les larmes de sa mère née italienne en écoutant la Marseillaise, c’est gentil. Mais je me demande ce que peut ressentir son père, monsieur Dupont, oublié dans le discours. Faut-il être né en dehors des frontières pour avoir droit à une mention ?”
        Désolé d’interrompre votre échange touchant avec nationaliste-ethniciste sur votre sujet favori sur les pauvres Français de souche opprimés par les allogènes mais une simple visite sur la page wikipedia de Maître Dupont-Moretti vous aurait appris que Papa Dupont était mort quand le petit Eric avait 4 ans. Donc sa mère, femme de ménage immigrée a dû l’élever seule et il n’a sans doute aucun souvenir de son père.

        • Descartes dit :

          @ cd

          [Désolé d’interrompre votre échange touchant avec nationaliste-ethniciste sur votre sujet favori sur les pauvres Français de souche opprimés par les allogènes]

          J’aimerais que vous me citiez un seul cas ou j’ai parlé des « pauvres Français des souche opprimés par les allogènes ». Je ne pense pas que caricaturer les positions des autres apporte quelque chose au débat.

          Je ne crois pas que « l’allogène » Dupont-Moretti « opprime » les « pauvres Français de souche ». Ce qui me gêne, c’est que notre nouveau garde des sceaux semble penser que le fait d’être ou non un « allogène » a de l’importance. Le fait que le ministre soit « de sang mêlé » ou « de sang pur » est pour moi totalement indifférent. Pour moi, le ministre qui se vante de son « sang mêlé » commet exactement la même faute que celui qui proclame son « sang pur ». Tous deux sont également « racistes », puisque tous deux pensent que le « sang » détermine vos opinions, que le fait d’être « de sang mêlé » fait de vous un antiraciste, alors que le fait d’être de « sang pur » fait de vous… quoi, exactement ?

          Ce qui me gêne, profondément, c’est qu’il y ait deux poids deux mesures. Proclamez votre fierté de votre « sang pur », et vous serez considéré un monstre raciste. Proclamez votre fierté de votre « sang mêlé » et vous verrez « Le Monde » et « Arte » glousser de plaisir… Et que personne n’ait le courage de dire que le véritable antiracisme, c’est l’INDIFFERENCE à la couleur des peaux et au « sang ». Je veux bien que Dupont-Moretti soit « un ministre antiraciste ». Mais s’il l’est, c’est par conviction personnelle, et no parce qu’il aurait le « bon sang ».

          [mais une simple visite sur la page wikipedia de Maître Dupont-Moretti vous aurait appris que Papa Dupont était mort quand le petit Eric avait 4 ans. Donc sa mère, femme de ménage immigrée a dû l’élever seule et il n’a sans doute aucun souvenir de son père.]

          Et alors ? On a vu des hommes politiques parler de l’influence qu’a eu sur eux la figure d’un grand parent ou même d’un arrière grand parent mort bien avant leur naissance. Dupont-Moretti aurait pu nous parler par exemple de ce père ouvrier métallurgiste qui n’a pas hésité à épouser une « allogène » et fonder une famille avec elle. Voilà un geste « d’antiracisme » chez un « français de souche » que notre ministre aurait pu aussi mettre en valeur… et qui a certainement joué un rôle dans l’assimilation de Mme Moretti…

          Vous savez, moi aussi je suis un « allogène ». Et si j’étais demain nommé ministre, je ferais probablement dans mon discours d’investiture une mention à ce fait, ne serait-ce que pour remercier le pays qui m’a permis de devenir ce que je suis. Mais il ne me viendrait pas à l’idée de dire que grâce à mon « sang mêlé », j’aurais quelque vertu, quelque qualité que les « sang pur » n’auraient pas. Ce n’est pas mon « sang mêlé » qui peut faire de moi un antiraciste, un communiste ou tout simplement un homme bon.

          • Marcailloux dit :

            @ Descartes

            [Et si j’étais demain nommé ministre, . . . ]

            Qu’à Dieu ne plaise !
            Ce serait un cas de persécution programmée vis à vis de vos collègues manquant de rigueur dans leurs propos et actes. Et vous auriez beaucoup de boulot . 😃
            Plaisanterie mise à part, pensez-vous qu’un intellectuel rigoureux et intransigeant (un philosophe quoi !) puisse s’avérer compatible avec une fonction nécessitant le compromis, le louvoiement, le reniement quelquefois, l’hypocrisie souvent.
            Janus est-il ministrable à notre époque ?

            • Descartes dit :

              @ Marcailloux

              [Plaisanterie mise à part, pensez-vous qu’un intellectuel rigoureux et intransigeant (un philosophe quoi !) puisse s’avérer compatible avec une fonction nécessitant le compromis, le louvoiement, le reniement quelquefois, l’hypocrisie souvent.]

              Je en vois pas pourquoi pas. Las grands hommes d’Etat ont souvent été rigoureux et intransigeants sur le fond, mais prêts au compromis, le louvoiement, le reniement et l’hypocrisie même pour faire avancer ce fond.
              Janus est-il ministrable à notre époque ?

          • cd dit :

            Mon expression sur les « Français opprimés par les allogènes » était purement ironique. Je regrette qu’elle vous ait offensé d’autant plus que je partage en grande partie votre opinion sur le sujet.

            Mais que voulez-vous ? Dupont Moretti a à se faire pardonner d’être un mâle blanc de + de 50 ans qui a en plus fortement critiqué les féministes et même admis avoir sifflé des jolies filles quand il était jeune. Caroline de Haas lui pardonnerait s’il était un migrant musulman, sans doute même incriminerait-elle l’étroitesse des trottoirs mais là… Reconnaissez quand même que dire que sa mère pleurait en écoutant la Marseillaise est quand même un hommage à la France.

            L’expression « de sang mêlé » est de plus bizarre quand il s’agit d’un Franco-italien. S’il y a bien un peuple dont nous sommes proches c’est bien le peuple italien. Jadis il était sans doute possible d’aller de Rome à Paris en allant de village en village sans que jamais le fil de l’intercompréhension linguistique ne soit rompu. On passait des dialectes italiens aux dialectes d’oc puis franco-provençaux et d’oïl. Et si Dupont Moretti est de sang mêlé, que dire alors d’un Yves Montand dont les deux parents étaient italiens ? Ou d’un Lino Ventura dont beaucoup de Français ignorent sans doute qu’il n’a jamais renoncé à sa citoyenneté d’origine. Et pourtant tous deux ont laissé un nom dans la culture populaire française.

            Par ailleurs que l’antiracisme ait fini par devenir le double inversé du racisme n’a rien pour étonner. Les antiracistes à la Rokhaya Dialo finissent par voir de la race partout. De même les antifas utilisent les mêmes méthodes que les fascistes : violence et baston. Ainsi demandez-vous par quel processus un antisémite obsessionnel comme Yann Moix a pu devenir un judéolâtre tout aussi obsessionel. Il y a quelques années j’ai vu sur le site communautariste, jssnews, un article où il était écrit que l’université de Tel Aviv avait réussi à mettre en évidence un « gène juif » Mettre en évidence une « race juive » les « savants » nazis en rêvaient !! Et jssnews s’en réjouissait….

            PS. Je précise que tout cela n’est qu’une immense connerie. N’importe qui ayant une petite idée de l’histoire des populations juives et de la génétique se rend compte sans problème que trouver des gènes spécifiques aux « juifs » est un rêve.

            PPS. Personnellement plutôt qu’antiraciste je me qualifierais d’ « araciste ». D’autre part comme je ne crois à l’existence ni d’une race juive ni d’un peuple juif je ne suis ni philo- ni antisémite et il m’est souvent arrivé de découvrir bien après que telle ou telle personne que je connaissais était d’origine juive. C’est dire si je m’en fous.

            • Descartes dit :

              @ cd

              [Mon expression sur les « Français opprimés par les allogènes » était purement ironique. Je regrette qu’elle vous ait offensé d’autant plus que je partage en grande partie votre opinion sur le sujet.]

              Je vous rassure, je ne suis nullement « offensé ». Je peux réagir vivement à un propos dans la chaleur d’une discussion sans pour autant me sentir « offensé ». Je ne m’offense pas facilement, et surtout pas dans le cadre d’un débat.

              [Reconnaissez quand même que dire que sa mère pleurait en écoutant la Marseillaise est quand même un hommage à la France.]

              Je ne le nie nullement. J’ai même écrit que si je devais demain être nommé ministre, je ferais certainement référence à l’accueil que ce pays a offert à mes parents étrangers. Par contre, je me garderais bien de dire que le fait de venir d’ailleurs, d’être « de sang mêlé » ferait de moi un meilleur ministre. C’est cela que je reprocherais à Dupont-Moretti.

              [Par ailleurs que l’antiracisme ait fini par devenir le double inversé du racisme n’a rien pour étonner. Les antiracistes à la Rokhaya Dialo finissent par voir de la race partout.]

              Tout à fait. De la même manière que le « vrai » féminisme vise à ce que le droit et les opportunités offertes aux individus soient indifférentes au sexe, le « vrai » antiracisme a pour objectif une société indifférente à l’origine ethnique. Les « féministes de genre » tout comme les « antiracistes » d’aujourd’hui ne visent pas à l’indifférence, mais au contraire à organiser la société autour des notions de genre ou de race. En pratique, les premières veulent un sexisme inversé, les seconds un racisme inversé.

              [PS. Je précise que tout cela n’est qu’une immense connerie. N’importe qui ayant une petite idée de l’histoire des populations juives et de la génétique se rend compte sans problème que trouver des gènes spécifiques aux « juifs » est un rêve.]

              Oui et non. Si l’on considère que les juifs constituent une population qui pendant des siècles a pratiqué l’endogamie, il n’est pas absurde de penser qu’on pourrait trouver quelques traces de ce comportement au niveau génétique, de la même manière qu’on le retrouve pour d’autres populations pratiquant l’endogamie – les populations des îles isolées, par exemple. Mais imaginer qu’on puisse trouver un « gène juif » est bien entendu ridicule, parce que les juifs n’ont jamais été isolés, et que même si l’endogamie était importante elle souffrait beaucoup d’entorses.

              [PPS. Personnellement plutôt qu’antiraciste je me qualifierais d’ « araciste ». D’autre part comme je ne crois à l’existence ni d’une race juive ni d’un peuple juif je ne suis ni philo- ni antisémite et il m’est souvent arrivé de découvrir bien après que telle ou telle personne que je connaissais était d’origine juive. C’est dire si je m’en fous.]

              Mais justement, c’est dans cette indifférence que se trouve le « vrai » antiracisme. L’antiracisme ne consiste pas à mettre telle origine ethnique au-dessus ou au-dessous d’une autre, mais de considérer que l’origine ethnique doit être indifférente lorsqu’il s’agit des droits, des possibilités et des devoirs des individus, tout comme l’est la couleur des cheveux ou des yeux.

        • @ cd,

          “Désolé d’interrompre votre échange touchant avec nationaliste-ethniciste sur votre sujet favori sur les pauvres Français de souche opprimés par les allogènes”
          Pardon, mais c’est M. Dupont-Moretti qui se présente, lors de son discours d’investiture, comme un “Garde des sceaux de sang-mêlé”, et semble-t-il pour en faire un motif de fierté. Imaginez-vous un Français de souche nommé ministre qui se présenterait comme “Garde des sceaux de sang pur”? Vous diriez quoi dans ce cas?

          Quant à l’ironie dont vous usez et abusez, je note qu’elle est une méthode commode pour éviter de répondre sur le fond.

          J’ai un conseil à vous donner: vous pourriez par exemple vous intéresser aux statistiques concernant la part de jeunes immigrés ou enfants d’immigrés extra-européens dans la population de moins de 18 ans vivant dans les grandes villes:
          https://www.fdesouche.com/1399869-evolution-de-la-part-de-population-dorigine-extra-europeenne-chez-les-0-18-ans-dans-les-grandes-villes-francaises-chiffres-officiels

          Il n’y a pas d’ “oppression” comme vous dites. Juste un groupe ethnique qui fout le camp (on se demande pourquoi) et qui est remplacé par d’autres…

          • cd dit :

            Ce n’est pas “un groupe ethnique” qui part mais surtout des gens parfaitement intégrés qui en ont les moyens. Je ne suis pas sûr que les familles d’origine maghrébine ayant fait leur trou en France coexistent sans problème avec des nouveaux venus d’origine subsahélienne.

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