Les piques sont sorties…

C’est toujours un plaisir d’écouter Jean-Louis Bourlanges. Ses analyses sont toujours acérées et pertinentes, et contrairement à beaucoup d’hommes politiques il ne se raconte pas d’histoires. Quel dommage qu’à partir d’une analyse pertinente il tire toujours des conclusions qui vont dans le sens eurolâtre et libéral, quitte à tomber dans d’insondables incohérences.

Son exposé à la matinale de France Inter n’échappe pas à la règle. Interrogé sur la violence de plus en plus présente dans le rapport entre les citoyens et leurs élus, et sur la polarisation croissante de la politique entre un bloc « progressiste » et un bloc « populiste », il note de manière tout à fait pertinente qu’il ne s’agit pas d’un problème français, qu’on peut observer des phénomènes tout à fait équivalents à l’étranger. Et c’est vrai : aux Etats-Unis avec l’élection de Donald Trump, en Italie avec Mateo Salvini, en Grande Bretagne avec le Brexit et Boris Johnson, en Allemagne avec l’AFD et Pegida, en Espagne avec la montée de Vox. Mais quelle conclusion Bourlanges tire-t-il ? Qu’il est indispensable de modifier la Constitution, d’introduire une dose de proportionnelle, de décentraliser.

Or, le constat est incompatible avec cette proposition. Comment prétendre qu’une plus grande décentralisation résoudrait le problème, quand on observe le même phénomène dans des pays aussi « décentralisés » que l’Allemagne ou les Etats-Unis, tous deux pays fédéraux ? Comment penser que la proportionnelle pourrait arranger les choses, quand on voit que des pays comme l’Italie, où la proportionnelle domine, présente la même difficulté ?

Ce n’est pas ainsi qu’il faut raisonner. Si l’on observe une même radicalisation du débat public, une même défiance des citoyens envers la politique dans presque tous les pays développés, il faut se demander quel est le caractère commun qui pourrait expliquer une telle ressemblance. Qu’est ce qui, dans l’histoire de ces quarante dernières années réunit tous ces pays ? Quel est le point commun ?

La réponse paraît évidente : tous ces pays ont, ces quarante dernières années, abandonné les approches keynésiennes et mis en place des politiques néolibérales. Tous ces pays se sont appliqués à démanteler l’Etat-providence dont la mise en place commence après la crise de 1929 et s’accélère après la fin de la deuxième guerre mondiale. Dans tous ces pays, les classes intermédiaires ont pris le pouvoir comme alliées de la bourgeoisie, et on a alors vu les partis politiques qui se sont succédé au pouvoir appliquer des politiques équivalentes. Dans tous ces pays, les couches populaires ont été marginalisées, diabolisées, chassées du champ politique. Dans tous ces pays, la régulation par le marché a remplacé la régulation politique.

La radicalisation du débat politique traduit la sécession entre le bloc dominant et une part toujours croissante de la société, de ces couches populaires dont une partie avait cru à sa promotion sociale vers ces « classes moyennes » dont parlent les sociologues, et qui sont aujourd’hui ramenées à leur état d’origine par une paupérisation relative, comme le montre si bien Guilluy. Une sécession qui fait que la distance qui sépare les « représentants » issus des classes intermédiaires des « représentés » venus des couches populaires devient abyssale. Les élections de 2017 ont amené à l’Elysée mais aussi à l’Assemblée nationale des élus issus d’une classe fermée, n’ayant que peu de contacts avec les couches populaires et aucune empathie pour elles.

Ce sont ces élus qui s’étonnent d’être pris à partie verbalement – et quelquefois physiquement – lors des cérémonies ou de leurs déambulations sur les marchés. Pourtant, cela n’a rien d’étonnant. Quand le représentant n’écoute pas les représentés, quand il prétend que la légitimité sortie des urnes est suffisante et qu’elle le dispense de tenir compte de l’avis de ses concitoyens, il usurpe une fonction et provoque une réaction de rejet et appelle une violence qui est perçue comme le seul moyen de se faire entendre. J’avais depuis ces colonnes souligné combien les concessions du gouvernement après les saccages du 1er décembre 2018 étaient symboliquement lourdes : le gouvernement qui n’avait rien concédé aux manifestants pacifiques cédait tout aux casseurs. Comment ne pas conclure que casser était la seule façon d’obtenir une écoute ?

Des multiples reculs de François Hollande, Macron a tiré la leçon qu’un vrai président est celui qui n’écoute personne. Il l’a montré avec son « grand débat » qui est devenu en pratique un « grand monologue » présidentiel : Macron est descendu dans l’arène non pas pour écouter, mais pour expliquer. Ce n’est pas comme cela que les choses se passent : l’électeur peut accepter que son représentant ne soit pas d’accord avec lui, il ne peut accepter que son élu ne l’écoute pas et le tienne pour quantité négligeable ou pire, pour un imbécile qui ne comprend pas qu’on est en train de faire son bonheur et à qui il faut expliquer avec « pédagogie » les choses.

Je n’ai jamais été un avocat de la violence, que j’ai toujours considéré comme une « triste nécessité » en période révolutionnaire, et une aberration en dehors. Mais je ne peux que constater que dans le contexte bloqué qui est le nôtre, les couches populaires n’ont qu’un moyen de se faire entendre ou de se faire respecter : faire peur au bloc dominant. Et pour faire peur, il n’y a pas trente-six solutions. Il y a le vote d’extrême droite, il y a la violence. Si le bloc dominant n’accepte pas de partager le pouvoir et d’écouter le reste de la société, il finira par créer les conditions d’une guerre civile.

Quant à ceux, fort nombreux parmi les nouveaux députés du macronisme, qui s’imaginaient qu’être élu de la République c’était une sinécure, une sorte de poste honorifique où il suffisait de faire ce qu’on vous dit pour être respecté et aimé de vos concitoyens il serait temps de revenir sur terre. La politique a, qu’on le veuille ou non, une dimension tragique. Et celui qui rentre dans l’arène doit savoir que la guillotine reste toujours une option.

Descartes

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27 réponses à Les piques sont sorties…

  1. Gugus69 dit :

    Bonjour ami et camarade,
    Étonnant comme ce texte de Régis de Castelnau fait écho au vôtre :
    https://www.vududroit.com/2020/02/systeme-macron-quand-tombent-les-masques/

    • Descartes dit :

      @ Gugus69

      [Étonnant comme ce texte de Régis de Castelnau fait écho au vôtre :]

      Il n’y a là rien d’étonnant: plusieurs fois sur ce forum des commentateurs ont souligné combien les analyses de De Castelnau et les miennes se rejoignaient sur beaucoup de points. Il y en a même qui ont cru pouvoir dire que lui et moi n’étaient qu’une seule et même personne…

      • Descartes, sors de mon corps !
        Non, plus sérieusement, si nos lieux d’énonciation ne sont pas les mêmes, nous avons en commun (enfin je crois) d’avoir fait marxisme-léninisme première langue. Ça laisse des traces…
        Personnellement, je regrette de n’avoir pas votre talent pour décrire et analyser les choses plus posément. J’essaie de faire de la pédagogie juridique le plus souvent, mais je ne peux pas m’empêcher de basculer assez vite dans le combat et la recherche de l’affrontement. Problème culturel ?

        • Descartes dit :

          @ Régis de Castelnau

          [Descartes, sors de mon corps !]

          Je ne sais pas si j’occupe votre corps, mais en tout cas c’est un grand plaisir de vous voire faire un petit tour par mon blog.

          [Non, plus sérieusement, si nos lieux d’énonciation ne sont pas les mêmes, nous avons en commun (enfin je crois) d’avoir fait marxisme-léninisme première langue. Ça laisse des traces…]

          Tout à fait. Qui a dit qu’on ne guérit jamais tout à fait de sa jeunesse ? J’ai en effet l’impression que quelque soient nos différences, nous partageons cette formation commune.

          [Personnellement, je regrette de n’avoir pas votre talent pour décrire et analyser les choses plus posément. J’essaie de faire de la pédagogie juridique le plus souvent, mais je ne peux pas m’empêcher de basculer assez vite dans le combat et la recherche de l’affrontement. Problème culturel ?]

          De caractère probablement. J’ai tendance à être plutôt un contemplatif et à me méfier des passions. Ce n’est probablement pas votre cas. Mais cela ne nous empêche pas de tirer dans la même direction !

  2. Luc dit :

    Jean Louis Boulange dans sa jeunesse était président du mouvement des jeunes gaullistes.
    Puis à l’orée des années 70, il fut membre des gaullistes de gauche ,mais depuis ?
    Giscardien , Chiraquien , Macronard ?
    Ceci n’explique t il pas ,que depuis qu’il a suivi ce chemin Eurolâtre , il ne cesse pas de formuler des interprétations systématiquement à côté de la plaque , un peu comme Alexandre Adler réputé aussi pour foirer la quasi totalité de ces interprétations ,non ?
    Quelsques élèments m’auraient ils échappés ?
    A moins que pour Boulange , les yeux de Chimène , soient nécessaires pour lui prèter des qualités ?

    • Descartes dit :

      @ Luc

      [Jean Louis Boulange dans sa jeunesse était président du mouvement des jeunes gaullistes.
      Puis à l’orée des années 70, il fut membre des gaullistes de gauche, mais depuis ? Giscardien, Chiraquien, Macronard ?]

      Bourlanges n’a jamais été « président du mouvement des jeunes gaullistes ». Et s’il est vrai qu’il a participé à sa fondation alors qu’il n’avait que vingt ans (à l’âge ou Chirac vendait l’Humanité…) il n’a guère de véritable carrière politique nationale. Il n’entrera en politique qu’à partir de son élection comme député européen sur la liste Veil en 1989, et le restera pendant 18 ans. Après son départ du Parlement européen, il sera actif dans différents cénacles centristes et participe à plusieurs tentatives de constituer une alliance au centre. Et c’est donc tout naturellement qu’il soutient Macron et est élu député en 2017. Une carrière finalement assez cohérente…

      [Ceci n’explique-t-il pas, que depuis qu’il a suivi ce chemin eurolâtre , il ne cesse pas de formuler des interprétations systématiquement à côté de la plaque , un peu comme Alexandre Adler réputé aussi pour foirer la quasi-totalité de ces interprétations, non ?]

      Non. Contrairement à Adler, ses « interprétations » sont très souvent pertinentes. Parmi les eurolâtres, c’est l’un des rares qui ne se raconte pas d’histoires, qui est – et depuis très longtemps, je me souviens d’une intervention de lui en 2000 annonçant que la construction européenne allait dans le mur – très conscient des faiblesses et des vices de la construction européenne. Comme analyste, il est excellent. Le problème avec lui est qu’une fois l’analyse posée, il propose des solutions non pas en s’appuyant sur cette analyse, mais en fonction de son idéologie européiste. Quitte à se contredire.

      [A moins que pour Boulange, les yeux de Chimène, soient nécessaires pour lui prêter des qualités ?]

      A mon avis, avoir les yeux ouverts suffit…

  3. Jean Sadoux dit :

    « La folie c’est de se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent « . Albert Einstein.

  4. LE PANSE Armel dit :

    Cher Descartes,
    Je rentre à l’instant d’une formation (FTP, formation territoriale de proximité, l’acronyme est en soi intéressant, tout un programme) sur le décrochage scolaire ou plutôt sur l’accrochage scolaire et, lisant votre article, je ne peux m’empêcher de faire un parallèle entre ce que vous observez très justement dans une société déclassée, devenue apolitique, sans héritage et ce que j’observe moi-même dans l’école d’aujourd’hui où toutes sortes de décrochages ont lieu en nombre et en intensité toujours plus élevés. Oui, c’est sans doute le même mécanisme qui est à l’œuvre dans la société civile et dans l’école incivile, privée de vision politique, dévorée et rendue exsangue par plusieurs décennies de réformes neoliberales.
    Merci pour ces réflexions bien venues (et bienvenues) en ces temps de disette philosophique.

    • Descartes dit :

      @ LE PANSE Armel

      [lisant votre article, je ne peux m’empêcher de faire un parallèle entre ce que vous observez très justement dans une société déclassée, devenue apolitique, sans héritage et ce que j’observe moi-même dans l’école d’aujourd’hui où toutes sortes de décrochages ont lieu en nombre et en intensité toujours plus élevés.]

      Le parallèle est, en effet, évident. L’école est parmi toutes les institutions celle dont la mission de transmission est la plus évidente. Enlevez-lui cette logique de transmission – qui implique la valorisation d’un passé qui a encore quelque chose à nous dire – et vous la videz de son sens. Je pense qu’il y là quelque chose d’absolument essentiel à comprendre : l’éducation ne peut se limiter à une opération utilitaire, à offrir des savoir-faire et des savoir-être utiles pour gagner de l’argent. L’éducation n’a de légitimité que dans la mesure où elle inscrit l’individu dans l’histoire, en lui transmettant le savoir accumulé par les générations qui l’ont précédé. Un savoir qui ne sert pas seulement à gagner sa vie, mais à se constituer comme membre d’une collectivité. Si l’on oublie cela, on met le professeur en concurrence avec les autres sources de savoir, une concurrence que l’enseignant ne peut que perdre, puisque ces sources sont souvent bien plus « utiles » à l’heure de gagner de l’argent. A ce titre, l’anecdote racontée par Brighelli – mais qui a de nombreux échos chez d’autres enseignants – qui dépeint un élève demandant à l’enseignant combien il gagne par mois, et devant la somme s’exclamant « c’est ce que je me fais en une semaine » (implicitement « en faisant du trafic ») illustre parfaitement cette concurrence.

      [Oui, c’est sans doute le même mécanisme qui est à l’œuvre dans la société civile et dans l’école incivile, privée de vision politique, dévorée et rendue exsangue par plusieurs décennies de réformes néolibérales.]

      Il ne faudrait pas faire des néolibéraux les boucs émissaires d’une dérive qui avait bien commencé avant eux. Les « libéraux-libertaires » soixante-huitards ont fait bien plus de mal à l’école que les néolibéraux.

  5. Dell Conagher dit :

    Bonjour Descartes,

    Votre article résume bien les inquiétudes qui me travaillent depuis quelques temps. Un temps, j’ai naïvement espéré que, une fois les premiers coups portés à l’hégémonie des classes dominantes, celles-ci se diraient qu’elles étaient peut-être allées trop loin et qu’il vaudrait mieux pour elle tempérer leur comportement – non pas faire marche arrière sur leurs politiques libérales-libertaires, mais au moins faire plus de place à leurs adversaires et lâcher quelques concessions symboliques. Que nenni : dans leurs pays respectifs, le Brexit et la victoire de Trump ont initialement effectivement sidérés les médias et principaux partis (on a ainsi assisté à la naissance d’un nouveau type d’article journalistique : le journaliste qui sort de Londres/Washington et part à la rencontre des “white working class voters” perdus dans la campagne qui ont votés pour les Méchants), mais ça n’a duré dans chaque cas que quelques mois. Après avoir retrouvé pied, les classes dominantes se sont radicalisées et ont tentés de saboter les efforts des nouveaux gouvernements – théorie du complot sur la Russie et destitution contre Trump, tentatives d’empêcher le Brexit, etc. Aujourd’hui, ces classes sociales m’ont l’air encore plus autistes et concentrées sur leurs lubies qu’il y a 5 ans (la collapsologie écolo ayant remplacé les habituelles lubies gauchistes, ce qui leur permet d’évacuer d’un revers de la main toutes les préoccupations des prolétaires au nom de l’environnement, et en prime de les prendre de haut). Autrement dit, rien n’indique que la radicalisation du débat politique va s’arrêter, avec tous les effets destructeurs que cela engendre. A cet égard, je crains que le confort matériel dont nous bénéficions masque le degré de polarisation, d’intolérance, et de désagrégation sociale et institutionnelle à laquelle nos sociétés sont parvenues, et que nous ne nous rendrons compte collectivement de la situation que trop tard.

    On pourrait se dire que tout ça, d’une certaine façon, est historiquement normal, et que c’est la période qui s’achève, celle ouverte dans les années 80, qui a été historiquement anormale – politiquement apaisée diront certains, plutôt politiquement apathique à mes yeux. Autrement dit, presque toutes les générations précédentes ont eu des défis importants à relever dans des sociétés agitées, parfois au péril de leur vie, et c’est aux français d’aujourd’hui de faire de même. Fort bien.
    Seulement, plus le temps passe, plus j’ai le sentiment que l’affrontement qui se joue est à la fois existentiel et sans bonne issue possible. La victoire des “libéraux-libertaires”, disons le franchement, c’est la fin de la France et des nations en général : un monde où seules compteront les métropoles globalisées, et où, toute transmission et assimilation ayant été abolies, on ne trouverait que des populations sans patries et sans repères – ni les CSP+ globalisés, ni les populations immigrées, ni même les prolétaires de souche à qui on aura de toute façon pas appris grand chose. Il pourrait demeurer une structure administrative nommée “République française”, mais elle serait creuse, comme celle des derniers temps de l’Empire Romain.
    A ce titre, ma plus grande crainte est que la montre joue pour nos adversaires : plus le temps passe, et plus la déconstruction politique de la France progresse, mais elle progresse encore plus vite chez les nouvelles générations (vu l’éducation qu’on leur fournit) et chez les populations issues de l’immigration (dont la proportion dans la population augmente à toute vitesse, vu qu’en parallèle la natalité s’effondre chez les français d’origine). Autrement dit, plus le temps passe, et plus il risque d’être difficile de déloger le bloc dominant, avec les conséquences que l’on imagine. Aux USA, où les blancs ne représentent plus que la moitié des naissances, des commentateurs se font plaisir à imaginer une “majorité Démocrate permanente”. Bref, je me demande si nous ne courrons pas le risque d’être l’équivalent de la droite monarchiste entre 1870 et 1900 : un courant contestataire qui a semblé un temps pouvoir prendre le pouvoir, mais dont le monde était déjà révolu et qui, derrière la peur qu’il inspirait aux républicains, était en fait déjà définitivement marginalisé.

    Ça, c’est pour le camp d’en face. Pour les “populistes” (qui sont hélas ce que nous avons de mieux dans le champ politique actuel), le problème est différent : c’est l’absence de contre-projet de société et leur incapacité à exercer le pouvoir. Pour le second point, vous êtes déjà revenu plusieurs fois dessus sur votre blog, donc je ne vais pas m’y attarder : je soulignerai seulement que, vous qui regrettez d’écrire trop souvent des articles sombres et pessimistes, vous pourriez trouver sur ce sujet matière à écrire des choses inspirantes sur la manière dont ces mouvements pourraient se sortir de là – des articles sur comment fonctionne un parti, comment il professionnalise ces cadres et conçoit un programme, etc.
    Pour le premier point en revanche, je trouve que cette absence de contre-projet dégénère de plus en plus en l’ambition simplette de faire échouer le projet de ses adversaires. Le terme “schadenfreunde” qu’évoquait un autre commentateur récemment me semble très bien s’appliquer à l’état d’esprit de nombre de militants ou d’électeurs populistes, et de plus en plus. C’est particulièrement frappant aux USA, bien plus avancés que nous dans le processus. C’est peut-être la conséquence logique des limites inhérentes aux partis populistes, mais je pense que cela aussi ne peut déboucher sur rien de bien.

    Tout ça pour dire que, comme vous, je crains un futur lourd d’intolérance et de violences.

    • Descartes dit :

      @ Dell Conagher

      [A cet égard, je crains que le confort matériel dont nous bénéficions masque le degré de polarisation, d’intolérance, et de désagrégation sociale et institutionnelle à laquelle nos sociétés sont parvenues, et que nous ne nous rendrons compte collectivement de la situation que trop tard.]

      Tout à fait d’accord. Comme dans la parabole de la grenouille ébouillantée si chère à Mitterrand, nous nous sommes habitués lentement à un débat public appauvri, à la désagrégation de nos institutions, à la montée de l’intolérance, à la dégradation des rapports sociaux. J’arrive aux âges ou l’on a tendance à regarder derrière soi plutôt que devant, et des fois j’ai mal à croire que j’ai vécu dans le monde des années 1980. Je regarde les anciens programmes du bac et je me dis « c’est ça qu’on enseignait quand j’étais au lycée » ? Et quand je regarde ceux d’aujourd’hui et que j’entends certains dire qu’ils sont « trop difficiles », j’ai envie de pleurer.

      Oui, le confort matériel dont nous avons bénéficié – largement à crédit – nous a dispensé de nous préoccuper de la dégradation de notre tissu industriel, de nos institutions éducatives, de notre recherche, de nos médias, du tissu social et associatif. Aujourd’hui, il nous faudrait penser à une reconstruction presque aussi profonde que celle de 1945.

      [On pourrait se dire que tout ça, d’une certaine façon, est historiquement normal, et que c’est la période qui s’achève, celle ouverte dans les années 80, qui a été historiquement anormale – politiquement apaisée diront certains, plutôt politiquement apathique à mes yeux. Autrement dit, presque toutes les générations précédentes ont eu des défis importants à relever dans des sociétés agitées, parfois au péril de leur vie, et c’est aux français d’aujourd’hui de faire de même.]

      Sur certains points, c’est le cas. Mais dans d’autres domaines, on assiste non pas au retour d’une violence ancienne, mais à l’apparition d’une violence nouvelle. Même en mai 1968 on n’avait pas assisté à une telle violence contre la personne des élus ou les institutions républicaines. Et je ne parle pas seulement des manifestations et autres protestations. Je vous parle d’une violence quotidienne, insidieuse, celle qui oblige les enseignants à se barricader dans leurs lycées, les policiers dans leurs commissariats, les maires dans leurs mairies. Je ne sais pas si on peut trouver un seul cas dans l’histoire de France ou l’on ait embusqué et caillassé des pompiers en intervention. Je ne crois pas un instant qu’on soit revenu à une « normalité ». Non, plus que la fin d’un cycle, je le crains, on assiste à son exacerbation.

      [Seulement, plus le temps passe, plus j’ai le sentiment que l’affrontement qui se joue est à la fois existentiel et sans bonne issue possible. La victoire des “libéraux-libertaires”, disons le franchement, c’est la fin de la France et des nations en général : un monde où seules compteront les métropoles globalisées, et où, toute transmission et assimilation ayant été abolies, on ne trouverait que des populations sans patries et sans repères – ni les CSP+ globalisés, ni les populations immigrées, ni même les prolétaires de souche à qui on aura de toute façon pas appris grand chose.]

      Il faut relire « 1984 ». Le monde que vous décrivez n’est ni plus ni moins que le monde orwellien.

      [A ce titre, ma plus grande crainte est que la montre joue pour nos adversaires : plus le temps passe, et plus la déconstruction politique de la France progresse, mais elle progresse encore plus vite chez les nouvelles générations (vu l’éducation qu’on leur fournit) et chez les populations issues de l’immigration (dont la proportion dans la population augmente à toute vitesse, vu qu’en parallèle la natalité s’effondre chez les français d’origine). Autrement dit, plus le temps passe, et plus il risque d’être difficile de déloger le bloc dominant, avec les conséquences que l’on imagine.]

      C’est très difficile à dire. Vous fassiez le parallèle avec la romanité. Mais il faut se souvenir que s’il y a effondrement de l’empire romain, les racines gréco-latines reviendront à l’honneur lors de la Renaissance. Je pense qu’une grande partie de la jeunesse est un peu perdue et réceptive à une « renaissance » moderne qui redécouvrirait cette culture que notre génération n’a pas aimé et n’a donc pas transmise. Et pour compléter le propos, je ne partage pas cette peur des populations « issues de l’immigration ». L’expérience là encore a montré qu’une politique assimilationniste peut très rapidement effacer ce type de distinction.

      [je soulignerai seulement que, vous qui regrettez d’écrire trop souvent des articles sombres et pessimistes, vous pourriez trouver sur ce sujet matière à écrire des choses inspirantes sur la manière dont ces mouvements pourraient se sortir de là – des articles sur comment fonctionne un parti, comment il professionnalise ces cadres et conçoit un programme, etc.]

      Si je savais comment… mais promis, je vais essayer.

    • Ian Brossage dit :

      @Dell Conagher

      > Aux USA, où les blancs ne représentent plus que la moitié des naissances, des commentateurs se font plaisir à imaginer une “majorité Démocrate permanente”.

      Cela montre à mon avis à quel point ils sont bêtes. Pourquoi les non-blancs voteraient-ils automatiquement (de façon « permanente ») démocrate, on se le demande bien. Ces gens sont comme la gauche française qui pensait que le vote populaire lui serait toujours automatiquement acquis, et qui par conséquent s’est concentrée sur la conquête du vote des classes moyennes. On voit ce que cela a donné…

  6. Analyphron dit :

    Bonjour,

    Je suis d’accord avec votre analyse sur les raisons du clivage entre le bloc progressiste et le bloc populiste, la destruction de l’état-nation et de sa politique économique keynesienne.

    Néanmoins je ne partage pas votre choix du vote d’extreme droite pour faire peur au bloc dominant.
    En effet je ne comprends pas en quoi voter extrême droite fasse peur aux dominants. Du moins pas à ceux qui dominent réellement, c’est à dire la finance et les multinationales. Ces derniers s’accommoderont très bien d’une Marine Le Pen par exemple, qui n’a absolument rien de révolutionnaire. De plus, faire peur pour se faire respecter me semble bien peu ambitieux et n’est surtout pas une fin en soi. Comme si les couches populaires ne pouvaient s’attendre à mieux que cela. Néanmoins, ce qui ferait peur au bloc dominant français serait bien plus le retour d’une démocratie par une sortie de l’UE, une éducation politique de toutes les classes ( populaires et intermédiaires mais aussi bourgeoises) par des médias indépendants de qualité et le retour d’une vraie liberté d’expression.

    • Descartes dit :

      @ Analyphron

      [Néanmoins je ne partage pas votre choix du vote d’extrême droite pour faire peur au bloc dominant.
      En effet je ne comprends pas en quoi voter extrême droite fasse peur aux dominants. Du moins pas à ceux qui dominent réellement, c’est à dire la finance et les multinationales.]

      De mon côté, ce n’est pas un « choix », mais une simple constatation empirique. L’idée que Marine Le Pen ou Mateo Salvini puissent faire un bon score ou arriver au pouvoir donne des sueurs froides à Bruxelles et à Francfort. Je vais vous raconter une histoire vécue : vous savez que la Commission européenne veut imposer à la France la mise en concurrence des concessions hydroélectriques, ce que les représentants français essayent d’éviter. Et bien, avant chaque élection les représentants français invitent la Commission a surtout ne pas soulever le problème parce que « cela ferait le jeu de Marine Le Pen ». Et ça marche ! Pensez-vous que si au lieu d’utiliser cet argument on leur expliquait que cela ferait le jeu de Besancenot ou de Mélenchon ça marcherait aussi bien ?

      [Ces derniers s’accommoderont très bien d’une Marine Le Pen par exemple, qui n’a absolument rien de révolutionnaire.]

      Marine Le Pen en tant que personne n’a rien de révolutionnaire. Mais elle est portée par une couche sociale qui l’est potentiellement. Et c’est pour cela qu’elle fait peur. Si elle arrivait demain au pouvoir portée par le vote des couches populaires, elle serait obligée – parce que c’est l’essence même de la politique – de faire plaisir à sa base. D’ailleurs, posez-vous la question : si la présence du RN n’inquiète pas les puissants, comment expliquer la quarantaine bancaire et financière imposée à ce parti ?

      [De plus, faire peur pour se faire respecter me semble bien peu ambitieux et n’est surtout pas une fin en soi. Comme si les couches populaires ne pouvaient s’attendre à mieux que cela.]

      Etes-vous capable de m’indiquer une ou deux alternatives qui soient plus efficaces pour améliorer le sort des couches populaires ? Je vous rappelle que tous les autres ont à un moment ou à un autre exercé le pouvoir, et tous sans exception ont fait la même politique de destruction des acquis. Faire peur, cela ne rapporte peut-être pas beaucoup, mais c’est déjà quelque chose.

      [Néanmoins, ce qui ferait peur au bloc dominant français serait bien plus le retour d’une démocratie par une sortie de l’UE, une éducation politique de toutes les classes (populaires et intermédiaires mais aussi bourgeoises) par des médias indépendants de qualité et le retour d’une vraie liberté d’expression.]

      Et vous comptez faire ça comment ?

      • Analyphron dit :

        / De mon côté, ce n’est pas un « choix », mais une simple constatation empirique. L’idée que Marine Le Pen ou Mateo Salvini puissent faire un bon score ou arriver au pouvoir donne des sueurs froides à Bruxelles et à Francfort. Je vais vous raconter une histoire vécue : vous savez que la Commission européenne veut imposer à la France la mise en concurrence des concessions hydroélectriques, ce que les représentants français essayent d’éviter. Et bien, avant chaque élection les représentants français invitent la Commission a surtout ne pas soulever le problème parce que « cela ferait le jeu de Marine Le Pen ». Et ça marche ! Pensez-vous que si au lieu d’utiliser cet argument on leur expliquait que cela ferait le jeu de Besancenot ou de Mélenchon ça marcherait aussi bien ? /

        D’accord, oui l’extreme droite peut faire peur aux dominants . Mais d’une part, pas toujours à raison, en effet la peur peut être irrationnel ( l’exemple de Trump le confirme dans une certaine mesure). A quoi cela rime de faire peur en votant extreme droite pour que l’UE daigne limiter dans un domaine sa politique de privatisation du service publique alors que c’est marginal par rapport à tout ce qu’elle arrive à imposer en France. Soit-dit en passant un témoignage est un niveau de preuve très faible en sciences. Ne serait-il pas plus efficace de voter simplement pour un parti qui veuille sortir de l’UE ( ce qu’on fait les Anglais) pour ne plus avoir à faire peur à “nos maîtres” Bruxelles et Francfort car nous en seront délivrés.

        / Et c’est pour cela qu’elle fait peur. Si elle arrivait demain au pouvoir portée par le vote des couches populaires, elle serait obligée – parce que c’est l’essence même de la politique – de faire plaisir à sa base. D’ailleurs, posez-vous la question : si la présence du RN n’inquiète pas les puissants, comment expliquer la quarantaine bancaire et financière imposée à ce parti ? /

        L’essence de la politique est plutôt de ne pas respecter ses engagement surtout lorsqu’ils vont à l’encontre des dominants. Le seul plaisir que pourrait donner Marine Le Pen à sa base en restant dans l’UE et l’euro serait de diminuer l’immigration ( et encore ) ou d’avoir un discours plus patriote et conservateur sur des sujets sociétaux. Encore une fois le néolibéralisme s’en portera très bien. Marine Le Pen et Macron sont clairement les deux faces d’une même pièce (un adage omniprésent en politique) . Pour ce qui est de la quarantaine bancaire, je ne connais pas le dossier.

        /Etes-vous capable de m’indiquer une ou deux alternatives qui soient plus efficaces pour améliorer le sort des couches populaires ? Je vous rappelle que tous les autres ont à un moment ou à un autre exercé le pouvoir, et tous sans exception ont fait la même politique de destruction des acquis. Faire peur, cela ne rapporte peut-être pas beaucoup, mais c’est déjà quelque chose./

        Je ne pense pas qu’il faille réfléchir encore en bord politique, si vous parlez bien de ça quand vous parlez des autres. L’extreme droite de Phillipot n’est pas la même que celle de Marine et encore moins de celle de Marion. Tout comme à gauche Besancenot, Mélenchon et Hamon n’ont pas du tout la même vision politique. Sans parler du changements de valeurs et de priorités des différents bord au cours du temps. Je pense qu’il faut d’abord voter pour un programme ( celui de Marine comme vous le confirmez n’est pas anti-néolibérale, alors ça commence tout de même très mal ) , puis se poser la question de la faisabilité du programme et enfin si le leader aura le courage ou l’envie de le porter jusqu’au bout. L’alternative est un parti qui nous fera sortir de la politique d’austérité imposé par l’UE.

        / Et vous comptez faire ça comment ? /

        Ca sera aux classes populaires et intermédiaires de voter pour un partie qui veut sortir de l’UE (l’UPR ou les Patriotes) ou un futur partie rassemblant des souverainistes de tout bord qui nous feront sortir de l’UE.
        Je pense que c’est le verrou qui nous permettra de parler enfin de politique , c’est à dire ce qu’on doit entreprendre pour lutter contre le néolibéralisme.

        Pour ce qui est des médias c’est aussi aux classes populaires de s’intéresser à la chose politique et de mieux s’informer . Il y a déjà eu un grand progrès avec la venue de RT en France. Et puis il y a aussi des youtuber politiques de qualité.

        • Descartes dit :

          @ Analyphron

          [D’accord, oui l’extreme droite peut faire peur aux dominants . Mais d’une part, pas toujours à raison, en effet la peur peut être irrationnel (l’exemple de Trump le confirme dans une certaine mesure).]

          La question n’est pas de savoir si la peur en question est rationnelle ou irrationnelle. L’important, c’est que cela fait peur aux dominants. Et parce que cela fait peur aux dominants, ceux-ci sont prêts à lâcher quelques concessions. C’est toujours mieux que rien.

          [A quoi cela rime de faire peur en votant extrême droite pour que l’UE daigne limiter dans un domaine sa politique de privatisation du service publique alors que c’est marginal par rapport à tout ce qu’elle arrive à imposer en France.]

          Encore une fois, c’est mieux que rien. Si vous votez pour les autres, vous n’aurez même pas ça.

          [Soit-dit en passant un témoignage est un niveau de preuve très faible en sciences.]

          Je n’ai pas très bien compris votre point de vue. De quel « témoignage » parlez-vous ?

          [Ne serait-il pas plus efficace de voter simplement pour un parti qui veuille sortir de l’UE (ce qu’on fait les Anglais) pour ne plus avoir à faire peur à “nos maîtres” Bruxelles et Francfort car nous en seront délivrés.]

          Ca dépend. Voter pour un parti qui affirme vouloir sortir de l’UE et qui n’a aucune chance de remporter l’élection, cela ne sert à rien. Si le RN fait peur, c’est parce qu’il a une chance d’emporter l’élection.

          [« Et c’est pour cela qu’elle fait peur. Si elle arrivait demain au pouvoir portée par le vote des couches populaires, elle serait obligée – parce que c’est l’essence même de la politique – de faire plaisir à sa base. D’ailleurs, posez-vous la question : si la présence du RN n’inquiète pas les puissants, comment expliquer la quarantaine bancaire et financière imposée à ce parti ? » L’essence de la politique est plutôt de ne pas respecter ses engagement surtout lorsqu’ils vont à l’encontre des dominants.]

          Pas du tout. Les partis politiques trahissent souvent leurs promesses, mais rarement leurs électeurs. Le Parti socialiste de Mitterrand à Hollande n’a pas « changé la vie », mais a servi ponctuellement les intérêts des classes intermédiaires qui ont assuré sa victoire. Il ne faut pas prendre les gens pour des imbéciles. Pourquoi continueraient-ils a voter pour un parti qui ne sert pas leurs intérêts une fois au pouvoir ?

          [Le seul plaisir que pourrait donner Marine Le Pen à sa base en restant dans l’UE et l’euro serait de diminuer l’immigration ( et encore ) ou d’avoir un discours plus patriote et conservateur sur des sujets sociétaux. Encore une fois le néolibéralisme s’en portera très bien.]

          Peut-être. Mais encore une fois, un petit peu vaut mieux que rien. Dites-moi, à votre avis, quel serait le vote qui pourrait leur rapporter plus ?

          [Marine Le Pen et Macron sont clairement les deux faces d’une même pièce (un adage omniprésent en politique).]

          S’ils sont les deux faces de la même pièce, pourquoi voter pour l’un plutôt que pour l’autre ?

          [Pour ce qui est de la quarantaine bancaire, je ne connais pas le dossier.]

          Vous devriez vous renseigner. Le fait que les banques refusent non seulement de prêter au RN mais aussi d’héberger ses comptes a été largement commenté dans la presse.

          [« Etes-vous capable de m’indiquer une ou deux alternatives qui soient plus efficaces pour améliorer le sort des couches populaires ? Je vous rappelle que tous les autres ont à un moment ou à un autre exercé le pouvoir, et tous sans exception ont fait la même politique de destruction des acquis. Faire peur, cela ne rapporte peut-être pas beaucoup, mais c’est déjà quelque chose. » Je ne pense pas qu’il faille réfléchir encore en bord politique, si vous parlez bien de ça quand vous parlez des autres. L’extreme droite de Phillipot n’est pas la même que celle de Marine et encore moins de celle de Marion.]

          Tout à fait d’accord. Et vous noterez que si l’extrême droite de Philippot faisait très peur aux dominants et celle de Marine assez peur, celle de Marion est traitée par les commentateurs avec une certaine indulgence. Mais vous ne répondez pas à la question que je vous ai posée…

          [Tout comme à gauche Besancenot, Mélenchon et Hamon n’ont pas du tout la même vision politique.]

          Vraiment ? Mais alors, comment se fait-il qu’ils aient tous trois soutenu le gouvernement Jospin, dont l’un était ministre, l’autre membre d’un cabinet, et le troisième un soutien efficace lors de l’élection de 1997 ? Je ne sais pas quelles sont leurs visions, n’étant pas capable de lire leurs pensées. Mais je sais que lorsqu’ils ont eu à faire des choix, ils ont fait les mêmes.

          [Je pense qu’il faut d’abord voter pour un programme (…) , puis se poser la question de la faisabilité du programme et enfin si le leader aura le courage ou l’envie de le porter jusqu’au bout. L’alternative est un parti qui nous fera sortir de la politique d’austérité imposé par l’UE.]

          On se comprend pas parce qu’on ne répond pas à la même question. Vous, vous vous placez dans une situation où un candidat qui défendrait les intérêts populaires aurait une chance de gagner et de mettre en œuvre une politique différente. Moi, je me place dans une hypothèse – qui me semble bien plus conforme à notre réalité – où le rapport de forces est tel qu’une telle victoire est impossible. Dans ces conditions, il ne reste aux couches populaires de chercher à peser du mieux qu’elles le peuvent sur le gagnant.

          La question du « bon choix » électoral n’est de toute évidence pas la même dans les deux cas. Moi, je ne peux que constater que le parti qui propose un programme faisable qui nous ferait sortir de la logique mercantile de l’UE n’existe pas. Alors, qu’est-ce qu’on fait ?

          [« Et vous comptez faire ça comment ? » Ca sera aux classes populaires et intermédiaires de voter pour un partie qui veut sortir de l’UE (l’UPR ou les Patriotes) ou un futur partie rassemblant des souverainistes de tout bord qui nous feront sortir de l’UE.]

          Vous voyez bien qu’aujourd’hui ce projet n’a aucune chance de réalisation. L’UPR est les Patriotes sont des sectes qui n’ont aucune chance de gagner une élection, ou de gouverner dans l’hypothèse où ils y arriveraient. In fine, tout est une question de rapport de forces.

          • Ernest dit :

            [ Voter pour un parti qui affirme vouloir sortir de l’UE et qui n’a aucune chance de remporter l’élection, cela ne sert à rien. Si le RN fait peur, c’est parce qu’il a une chance d’emporter l’élection.]
            À quoi bon des élections alors ? Autant procéder par un sondage d’opinions à deux tours, ça reviendra moins cher et on se perdra moins notre temps à prendre en compte ces opinions minoritaires d’être altetnatives !

            [L’UPR est les Patriotes sont des sectes qui n’ont aucune chance de gagner une élection, ou de gouverner dans l’hypothèse où ils y arriveraient. In fine, tout est une question de rapport de forces.]
            Qu’en pense la mivilud ? Où sont vos arguments qui feraient de ces accusations autre chose que de la diffamation ? Je comprends la pente au pessimisme et à la résignation dont vous vous plaignez parfois, quand ne vous apparaissent finalement recevables que les solutions qui font déjà consensus.

            • Descartes dit :

              @ Ernest

              [« Voter pour un parti qui affirme vouloir sortir de l’UE et qui n’a aucune chance de remporter l’élection, cela ne sert à rien. Si le RN fait peur, c’est parce qu’il a une chance d’emporter l’élection. » À quoi bon des élections alors ? Autant procéder par un sondage d’opinions à deux tours, ça reviendra moins cher et on se perdra moins notre temps à prendre en compte ces opinions minoritaires d’être alternatives !]

              Je ne comprends pas très bien votre question. Je ne crois avoir jamais fait référence dans ces échanges aux « sondages ». Si l’UPR n’a aucune chance d’emporter l’élection, cela ne tient nullement aux « sondages », mais à l’étroitesse de sa base sociale et à son refus de travailler avec quiconque ne partage l’ensemble de sa vision, qui rend difficile son élargissement… A l’inverse, le FN fait peur depuis qu’il a réussi à dépasser son électorat habituel (rapatriés d’Algérie, cathos tradi, admirateurs du Maréchal) pour conquérir un électorat populaire.

              Je le dis et je le répète : le point faible de l’UPR, c’est son incapacité d’établir des liens de coopération avec d’autres forces. Et lorsque je dis « incapacité » je commets un abus : nous ne savons rien de la capacité de l’UPR à coopérer, puisqu’elle n’a jamais essayé. Les dirigeants de l’UPR (si on me pardonne l’usage du pluriel) se complaisent dans un splendide isolement. Cela leur permet d’avoir une fonction pédagogique, mais pas politique.

              [« L’UPR est les Patriotes sont des sectes qui n’ont aucune chance de gagner une élection, ou de gouverner dans l’hypothèse où ils y arriveraient. In fine, tout est une question de rapport de forces. » Qu’en pense la mivilud ?]

              Je n’en sais rien vous devriez leur demander. J’attire tout de même votre attention sur le fait que le mot « secte » n’a pas dans le champ politique tout à fait le même sens que dans le champ d’action de la Miviludes.

              [Où sont vos arguments qui feraient de ces accusations autre chose que de la diffamation ?]

              Vous voulez vraiment me forcer à répéter ce que j’ai expliqué déjà dix fois ici ? Bon, puisqu’il le faut, allons-y. Je ne peux que constater que l’UPR est une structure totalement soumise à son créateur. Qu’il n’y a dans l’UPR aucune instance qui puisse jouer un rôle de contrepoids au pouvoir absolu de son président. Qu’il n’y a jamais de débat interne sur les analyses, la ligne politique à suivre ou la stratégie à mettre en œuvre. La parole personnelle d’Asselineau et la parole officielle de l’UPR sont une seule et même chose. Pouvez-vous me citer un seul cas, un seul, où un dirigeant de l’UPR ait exprimé une opinion différente de celle du Chef ? Un cas, un seul, où une position de l’UPR ait été débattue et décidée collectivement ? Non ? Dans ce cas, je n’ai rien à ajouter à ma démonstration. Car on trouve dans ces faits tout ce qu’il faut pour caractériser une secte: La soumission totale au gourou, l’absence de tout débat et de toute parole critique, le refus de l’échange avec l’extérieur.

              [Je comprends la pente au pessimisme et à la résignation dont vous vous plaignez parfois, quand ne vous apparaissent finalement recevables que les solutions qui font déjà consensus.]

              Pour moi sont recevables non pas les solutions « qui font déjà consensus », mais les solutions qui sont SUSCEPTIBLES DE FAIRE CONSENSUS, ou du moins d’entraîner avec elle une partie importante de l’opinion, condition nécessaire – mais hélas pas suffisante – pour qu’elle puisse être mise en œuvre. Une solution qui n’a aucune chance d’obtenir un soutien des citoyens ne me paraît digne d’être considérée…

              • Ernest dit :

                [Je ne comprends pas très bien votre question. Je ne crois avoir jamais fait référence dans ces échanges aux « sondages ».]

                C’est parce que ça n’en était pas une. C’était une formule ironique destinée à vous faire remarquer que les élections n’ont pas pour seul effet de désigner le moins minoritaire des candidats à une fonction officielle. A l’avenir j’éviterai donc les formulations rhétoriques allusives, elliptiques ou ironiques : au motif de l’efficacité et de la concision, elles sont source de trop de malentendus qui égarent et nous font perdre notre temps.
                [« Voter pour un parti qui affirme vouloir sortir de l’UE et qui n’a aucune chance de remporter l’élection, cela ne sert à rien. Si le RN fait peur, c’est parce qu’il a une chance d’emporter l’élection.
                Vous oubliez en passant que les élections ont aussi une fonction de place publique pour le débat d’idées, où l’opinion peut trouver à se remanier sans que pour autant ça n’ait de traduction directe dans les urnes. Donc si pour vous il s’agit juste de désigner le candidat le moins dédaigné, un sondage pourrait suffire. C’était mon propos.

                [Si l’UPR n’a aucune chance d’emporter l’élection, cela ne tient nullement aux « sondages », mais à l’étroitesse de sa base sociale}
                Je ne saisis pas exactement ce que vous entendez par « base sociale ». Est-ce le profil socio-professionnel de ses adhérents, de ses électeurs  ? Ou la proportion des Français susceptibles de se sentir représentés par notre programme ? Dans tous les cas je suis surpris : il y a à l’UPR une grande variété de profils CSP, ethniques, religieux, politiques très variés, comme on le voit dans nul autre parti, comme à la FI par exemple, où le « faire de Gauche » prime sur la ligne, d’où la cacophonie permanente dans ce type de partis identitaires. A titre d’anecdote, les personnalités invitées étrangères à notre parti qui sont amenées à rencontrer les adhérents et sympathisants de notre parti, , comme Emmanuel Todd pour la dernière, font régulièrement part au cours de leur intervention de leur surprise à l’égard de cette diversité qu’ils ont constatée en sillonnant le public présent, en y attrapant des bouts de conversations. Donc c’est moins, à mon sens, l ‘ »étroitesse de la base sociale » que l’ambition de notre dénominateur commun pour rassembler largement (un frexit plutôt qu’un « faire de Gauche » ou qu’un « Les Français d’abord » qui ne rassemblent que sur l’image) qui passe mal encore dans le discours commun, parce que dans les médias et la doxa ambiante. Mais ce n’est pas parce qu’une proposition est rejetée par la majorité des Français qu’elle n’a pas – disons, une « base d’intérêts » majoritaire. Il s’agit juste de se battre à contre-courant pour en faire la démonstration sur la place publique. Mais il est vrai que si nous appelions de nos vœux une « autre Europe » plus comme si ou plus comme ça, les médias, les autres partis et au final les électeurs se montreraient rapidement plus complaisants à notre égard.
                [et à son refus de travailler avec quiconque ne partage l’ensemble de sa vision, qui rend difficile son élargissement (…) Je le dis et je le répète : le point faible de l’UPR, c’est son incapacité d’établir des liens de coopération avec d’autres forces. Et lorsque je dis « incapacité » je commets un abus : nous ne savons rien de la capacité de l’UPR à coopérer, puisqu’elle n’a jamais essayé.}
                L’esprit de fermeture que vous prêtez à l’UPR est selon moi un contresens de votre part pour deux raisons.
                D’abord parce que vous semblez confondre la défense de notre ligne politique avec un refus de dialogue. L’UPR se veut un parti de large rassemblement. Mais pour rassembler, encore cela necessite-t-il une cause suffisamment claire, un dénominateur commun précis, concis et indiscutable autour de laquelle le faire. Bref une ligne d’autant plus nette qu’elle vise à convenir au plus grand nombre. Comment s’étonner alors du travail constant de l’UPR à lutter contre ces forces contraires, homéostatiques et stérilisantes du discours ambiant, ainsi que des saumons doivent concentrer leurs forces contre le courant pour remonter à la source !
                Ensuite parce que dans les faits ce n’est pas vrai. A l’UPR nous n’avons de cesse que d’inviter les autres formations politiques (de gauche comme de droite en passant par le centre et les extrêmes) à venir débattre sur notre chaîne YouTube, dans nos cafés citoyens locaux, dans les manifs. Le soir du 31 janvier, nous avons été le seul mouvement politique d’ampleur à inviter par courrier personnel une grande partie des représentants politiques, syndicaux, médiatiques, … qui avaient salué publiquement le Brexit, à venir célébrer avec nous, dans une salle louée à nos frais, ce moment de libération nationale. Beaucoup d’entre eux ne sont pas venus. Mais certains ont eu le courage de venir fêter ce moment avec nous et d’y tenir leur discours devant plus de 700 participants : il y avait Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Frédéric Poisson, Djorge Kuzmanovic, Pierre Levy, Florian Philippot, Jean Bricmont, Jacques Cheminade et quelques autres encore. Je suis d’accord avec vous, c’est modeste comme résultat, mais encore une fois ne vous y arrêtez pas sans avoir pris en compte la puissance du courant que nous remontons !
                |A l’inverse, le FN fait peur depuis qu’il a réussi à dépasser son électorat habituel (rapatriés d’Algérie, cathos tradi, admirateurs du Maréchal) pour conquérir un électorat populaire.]
                Le FN « fait peur » parce que c’est le rôle qui lui a été dévolu depuis son lancement médiatique de 1984 sous l’influence de Mitterrand à l’émission L’heure de vérité – ce n’est quand même plus un scoop ! Cette pseudo opposition « fait le job » depuis 36 ans, en pompant le vote de mécontentement des classes populaires, en neutralisant toute autre opposition réellement politique, et en rabattant au deuxième tour l’ensemble de l’électorat vers le choix de la raison face à ces « heures les plus sombres de notre histoire ». Vu le nombre de casseroles tintinnabulantes qu’ils ont tous au derrière dans cette tribu, ça ne prendra pas trois heure avant de les neutraliser médiatiquement ou judiciairement dans le cas improbable d’une sortie de piste de leur part. Franchement, qui a peur de ces pantins !
                [Les dirigeants de l’UPR (si on me pardonne l’usage du pluriel) se complaisent dans un splendide isolement. Cela leur permet d’avoir une fonction pédagogique, mais pas politique.
                Ça dépend de ce que vous entendez par isolement. Si ça veut dire pour vous « refuser de céder sur la pierre angulaire qui fait notre raison d’exister en tant qu’offre politique », alors oui. Si on est convaincu, comme vous l’êtes vous-même certainement, que la reprise en main de notre souveraineté, de notre indépendance, que la lutte contre le chômage, contre l’évasion fiscale et pour la défense des services publics à la française ne peut passer QUE par une sortie de l’UE et de l’Euro, est-on sensés malgré tout renier des convictions aussi fondamentales au profit d’un œcuménisme mou et inopérant , au prétexte que ce n’est pas bien de « s’isoler » ? Eh bien moi je suis convaincu qu’en pareil cas la clarté et la rigueur paient davantage à long terme.
                Quant à votre accusation de « complaisance », je crois que c’est là aussi contresens de votre part. La complaisance eût été de maintenir un flou, des discours contradictoires par différentes figures du parti pour ratisser large, méthode éprouvées par des formations type LFI et RN. Justement, si on peut reprocher à d’authentiques groupuscules tels le PRCF, le Pardem, le POI ou le POID de se « complaire dans un splendide isolement » qui drapent effectivement leur stagnation dans l’opinion dans une superbe intransigence, il en va différemment de l’UPR. Celui-ci reste un parti en forte croissance continue, présent à toutes les élections (nous étions le parti présentant le plus grand nombre de candidats aux législatives, par exemple), premier parti sur internet, troisième parti politique français en nombre d’adhérents, indépendant financièrement et qui progresse (fort doucement je vous l’accorde, mais continuellement) dans les urnes.
                [ [Qu’en pense la mivilud ?]
                Je n’en sais rien vous devriez leur demander. J’attire tout de même votre attention sur le fait que le mot « secte » n’a pas dans le champ politique tout à fait le même sens que dans le champ d’action de la Miviludes.]
                Vous invoquez une acception neutre de tout jugement de valeur du mot secte (« ensemble d’individus plus ou moins important qui s’est détaché d’un enseignement officiel philosophique, religieux ou politique pour créer leur propre doctrine, et qui travaillent à faire valoir leur point de vue dans le monde » Wikipédia) qui est juste, mais qui omet sa connotation systématiquement péjorative dans le discours commun, qui transforme ce mot en anathème dans le langage commun. La preuve, plus loin vous parlez de « gourou ». Il n’y a pas à ma connaissance de « gourous » dans les sectes désignées dans cette première acception neutre de jugement énoncée ci-dessus.Vous feignez donc d’oublier cette équivoque, et cela ne vous honore guère.

                [[Où sont vos arguments qui feraient de ces accusations autre chose que de la diffamation ?]
                Vous voulez vraiment me forcer à répéter ce que j’ai expliqué déjà dix fois ici ? Bon, puisqu’il le faut, allons-y. Je ne peux que constater que l’UPR est une structure totalement soumise à son créateur. Qu’il n’y a dans l’UPR aucune instance qui puisse jouer un rôle de contrepoids au pouvoir absolu de son président. Qu’il n’y a jamais de débat interne sur les analyses, la ligne politique à suivre ou la stratégie à mettre en œuvre. La parole personnelle d’Asselineau et la parole officielle de l’UPR sont une seule et même chose. Pouvez-vous me citer un seul cas, un seul, où un dirigeant de l’UPR ait exprimé une opinion différente de celle du Chef ? Un cas, un seul, où une position de l’UPR ait été débattue et décidée collectivement ? Non ? Dans ce cas, je n’ai rien à ajouter à ma démonstration. Car on trouve dans ces faits tout ce qu’il faut pour caractériser une secte: La soumission totale au gourou, l’absence de tout débat et de toute parole critique, le refus de l’échange avec l’extérieur.]
                Vous vous agacez, c’est dommage. Car vous ratez ce faisant les motifs de cette récurrence. Je veux bien vous accorder votre tableau du personnage François Asselineau : il a les défauts de ses qualités, et l’UPR ne serait pas devenu le premier parti militant de France sans la détermination farouche et obstinée d’un homme. Bon. Mais là où vous vous trompez, c’est que vous tenez à réduire l’UPR à un « gourou » flanqué de sa troupe de 40 000 adhérents supposément fanatisés (dont votre serviteur!) C’est grotesque pour qui fréquente un tant soit peu la vie militante de ce parti. Car derrière la tête de gondole Asselineau, il y a toute cette variété qui fait la France qui discute, échange, confronte ses points de vue très différents :l’agriculteur catholique ex-front national parle au prof de banlieue qui a voté Hollande une fois et s’en mord les doigts, qui oppose des arguments à l’abstentionniste libertaire, à l’auxilliaire de puériculture royaliste, qui voit d’un autre œil ce que l’ex-zadiste dégoutté des (faux) plans A et B de la FI réfute, tout comme le banquier privé et le lycéen qui sont plutôt d’accord avec lui, tandis que le haut fonctionnaire à la retraite, anciennement au PSU, râle sur les institutions pas assez « démocratiques » selon lui de l’UPR, … J’anime pour ma part un café citoyen un mardi par mois à Paris (vous y êtes d’ailleurs le bienvenu!) et je peux vous témoigner que derrière la nécessaire cohésion des adhérents et sympathisants autour du chef et des grandes lignes du programme, d’autres points de vue se discutent sur mille autres sujets. Au final on n’est d’accord sur rien, mais on se rejoint sur l’essentiel qui nous réattribuera les moyens de le faire valoir dans les urnes et de l’exiger dans le futur de nos dirigeants. L’UPR n’est pas un club de réflexion ; c’est avant tout un parti qui doit conserver le tranchant de sa ligne pour proposer le changement sans blocage idéologique interne.
                Par ailleurs, au sein de cette émulation bigarée, d’autres figures émergent qui tracent leur sillon singulier, avec certes pour l’instant une visibilité à la hauteur de notre cote médiatique. Charles-Henri Gallois qui vient de sortir son livre Les illusions économiques de l’Union Européenne, Vincent Brousseau l’ex-economiste de la BCE, Jérome Yannez responsable des questions écologiques, Anne Limoge pour les questions d’éducation, et beaucoup d’autres.

                [Pour moi sont recevables non pas les solutions « qui font déjà consensus », mais les solutions qui sont SUSCEPTIBLES DE FAIRE CONSENSUS, ou du moins d’entraîner avec elle une partie importante de l’opinion, condition nécessaire – mais hélas pas suffisante – pour qu’elle puisse être mise en œuvre. Une solution qui n’a aucune chance d’obtenir un soutien des citoyens ne me paraît digne d’être considérée…]
                Nous serons totalement d’accord là-dessus ! Avez-vous lu le programme présidentiel et législatif de l’UPR, que je vous avais mis en lien dans une de mes précédentes réponses ? Je vous le remets ici à toutes fins utiles. Parcourez-le à l’occasion, et dites-moi si vous y trouvez autre chose que « des solutions qui sont susceptibles de faire consensus ».
                https://www.upr.fr/le-programme-des-elections-presidentielles-et-legislatives-de-2017/
                Reste cependant à s’entendre sur la signification de ce consensus. Car je vous parle d’un consensus d’intérêts, pas d’opinions : avec les méthodes marketing et en même temps la puissance de feu médiatique, on fait avaler n’importe quelle régression comme une conquête sociale. De même qu’avec des articles orientés, quelques fake-news bien senties et deux-trois photos immondes vous faites passer un parti politique aux propositions sérieuses et respectables pour le parti de Docteur Petiot. Donc faire consensus, pas de problème. Mais avec quels moyens, quelle honnêteté intellectuelle et quelle déontologie médiatique ?

                • Descartes dit :

                  @ Ernest

                  [« Voter pour un parti qui affirme vouloir sortir de l’UE et qui n’a aucune chance de remporter l’élection, cela ne sert à rien. Si le RN fait peur, c’est parce qu’il a une chance d’emporter l’élection. » Vous oubliez en passant que les élections ont aussi une fonction de place publique pour le débat d’idées, où l’opinion peut trouver à se remanier sans que pour autant ça n’ait de traduction directe dans les urnes. Donc si pour vous il s’agit juste de désigner le candidat le moins dédaigné, un sondage pourrait suffire. C’était mon propos.]

                  Je crois qu’on s’est égaré. Je ne doute pas que le débat électoral puisse faire avancer l’opinion, quand bien même cela n’a pas de traduction électorale. Mais la question ici était de savoir quel type de vote « fait peur » à l’establishment et exerce de ce fait une pression sur lui. A votre avis, pourquoi le vote UPR ne fait peur à personne, alors que le vote RN fait peur jusqu’à Bruxelles ?

                  [« Si l’UPR n’a aucune chance d’emporter l’élection, cela ne tient nullement aux « sondages », mais à l’étroitesse de sa base sociale » Je ne saisis pas exactement ce que vous entendez par « base sociale ». Est-ce le profil socio-professionnel de ses adhérents, de ses électeurs ? Ou la proportion des Français susceptibles de se sentir représentés par notre programme ?]

                  Ce serait plutôt la dernière option.

                  [Dans tous les cas je suis surpris : il y a à l’UPR une grande variété de profils CSP, ethniques, religieux, politiques très variés, comme on le voit dans nul autre parti,]

                  Parmi les adhérents UPR que je connais, on ne trouve guère d’ouvrier ou de caissière de supermarché. Mais je vous accorde que ce n’est pas une statistique. Auriez-vous des chiffres ?

                  Mais le principal problème n’est pas là. Quand bien même les adhérents de l’UPR constitueraient un échantillon statistique, le discours de l’UPR n’est pas véritablement attractif pour les couches populaires.

                  [Mais ce n’est pas parce qu’une proposition est rejetée par la majorité des Français qu’elle n’a pas – disons, une « base d’intérêts » majoritaire.]

                  Non, c’est vrai. Mais lorsqu’une idée censée avoir une base d’intérêts majoritaire ne perce pas, il faut se demander pourquoi.

                  [« et à son refus de travailler avec quiconque ne partage l’ensemble de sa vision, qui rend difficile son élargissement (…) Je le dis et je le répète : le point faible de l’UPR, c’est son incapacité d’établir des liens de coopération avec d’autres forces. Et lorsque je dis « incapacité » je commets un abus : nous ne savons rien de la capacité de l’UPR à coopérer, puisqu’elle n’a jamais essayé. » L’esprit de fermeture que vous prêtez à l’UPR est selon moi un contresens de votre part pour deux raisons.
                  D’abord parce que vous semblez confondre la défense de notre ligne politique avec un refus de dialogue.]

                  Je vous renvoie aux expressions d’Asselineau concernant par exemple « Les Patriotes » de Philippot. Expressions qui tenaient moins à « la défense d’une ligne politique » (puisque le reproche d’Asselineau était précisément que Philippot avait plagié son programme) qu’à la défense de son territoire. Un leader qui cherche le rassemblement devrait au contraire être très satisfait que d’autres reprennent son programme. Après tout, ce qui est vraiment important c’est que celui-ci soit mis en œuvre, et non de savoir qui l’a mis en œuvre, n’est-ce pas ?

                  [L’UPR se veut un parti de large rassemblement. Mais pour rassembler, encore cela necessite-t-il une cause suffisamment claire, un dénominateur commun précis, concis et indiscutable autour de laquelle le faire. Bref une ligne d’autant plus nette qu’elle vise à convenir au plus grand nombre.]

                  Pour rassembler, il faut aussi accepter l’idée d’un compromis. Parce qu’un rassemblement qui suppose que les autres reprennent votre « cause » sans y changer une virgule n’est pas un « rassemblement » mais un « ralliement ». Prenons un petite exemple : l’UPR envisage-t-elle de soutenir un candidat qui ne soit pas Asselineau à la prochaine élection présidentielle ?

                  [Ensuite parce que dans les faits ce n’est pas vrai. A l’UPR nous n’avons de cesse que d’inviter les autres formations politiques (de gauche comme de droite en passant par le centre et les extrêmes) à venir débattre sur notre chaîne YouTube, dans nos cafés citoyens locaux, dans les manifs.]

                  Ah bon ? Vu les termes qu’Asselineau utilise pour qualifier les leaders des autres organisations souverainistes, je suis étonné de ce que vous dites. Peut-on injurier Philippot le lundi et l’inviter à débattre le mardi ?

                  [Le soir du 31 janvier, nous avons été le seul mouvement politique d’ampleur à inviter par courrier personnel une grande partie des représentants politiques, syndicaux, médiatiques, … qui avaient salué publiquement le Brexit, à venir célébrer avec nous, dans une salle louée à nos frais, ce moment de libération nationale.]

                  C’est vrai. Et j’ai souligné dans ce blog combien cette invitation rompait avec la stratégie politique habituelle de l’UPR. Croyez que si cette ouverture se prolonge, je serai le plus heureux des hommes.

                  [Le FN « fait peur » parce que c’est le rôle qui lui a été dévolu depuis son lancement médiatique de 1984 sous l’influence de Mitterrand à l’émission L’heure de vérité – ce n’est quand même plus un scoop !]

                  Non. Le FN en 1984 faisait peut-être peur aux électeurs de gauche – c’était pour cela que Mitterrand lui a donné un espace politique. Mais il ne faisait nullement peur aux bourgeois et aux fonctionnaires de Bruxelles. Croyez-vous vraiment que l’eurolâtre Mitterrand aurait mis en selle un mouvement qui aurait pu faire pression sur les décideurs dans un sens souverainiste ? Non, bien entendu. Ce n’est que bien plus tard que le FN a commencé à inquiéter les bourgeois…

                  [Cette pseudo opposition « fait le job » depuis 36 ans, en pompant le vote de mécontentement des classes populaires,]

                  Ce ne sont pas les classes populaires qui faisaient l’essentiel de l’électorat du FN il y a 36 ans.

                  [en neutralisant toute autre opposition réellement politique, et en rabattant au deuxième tour l’ensemble de l’électorat vers le choix de la raison face à ces « heures les plus sombres de notre histoire ». Vu le nombre de casseroles tintinnabulantes qu’ils ont tous au derrière dans cette tribu, ça ne prendra pas trois heure avant de les neutraliser médiatiquement ou judiciairement dans le cas improbable d’une sortie de piste de leur part. Franchement, qui a peur de ces pantins !]

                  Et pourtant, lorsque l’élection approche la Commission européenne met au frigo les projets les plus fédéralistes de peur de pousser le vote FN. Pourquoi, à ton avis, puisqu’il est si facile de les neutraliser ?

                  [Ça dépend de ce que vous entendez par isolement. Si ça veut dire pour vous « refuser de céder sur la pierre angulaire qui fait notre raison d’exister en tant qu’offre politique », alors oui.]

                  J’entends par isolement le fait de refuser tout travail commun avec les autres, et le fait d’aboyer très fort dès que quelqu’un s’aventure sur leur territoire. Quand un leader politique reproche à un autre d’avoir plagié son programme, c’est que le « qui » devient plus important que le « quoi ». L’UPR aura bientôt douze ans. Et en douze ans, elle n’a pas une seule fois réussi à conclure une alliance ni même d’entamer un travail collectif avec une autre organisation.

                  [Si on est convaincu, comme vous l’êtes vous-même certainement, que la reprise en main de notre souveraineté, de notre indépendance, que la lutte contre le chômage, contre l’évasion fiscale et pour la défense des services publics à la française ne peut passer QUE par une sortie de l’UE et de l’Euro, est-on sensés malgré tout renier des convictions aussi fondamentales au profit d’un œcuménisme mou et inopérant , au prétexte que ce n’est pas bien de « s’isoler » ?]

                  Non. Mais on devrait accueillir avec plaisir le fait que d’autres partis prennent la même position au lieu de leur reprocher de « plagier le programme ». Et puis, si l’on est convaincu que la priorité absolue est une sortie de l’UE et de l’Euro, on peut être flexible sur la question de la sortie de l’OTAN, par exemple… ou sur les moyens politiques et juridiques de la sortie de l’Euro.

                  [Eh bien moi je suis convaincu qu’en pareil cas la clarté et la rigueur paient davantage à long terme.]

                  A long terme, on est tous morts.

                  [Vous vous agacez, c’est dommage.]

                  Ce qui m’agace, c’est le procédé qui consiste à demander à chaque fois les « arguments » pour montrer que l’UPR est une secte, et de n’avoir jamais aucune réponse sur le fond une fois que j’ai pris la peine de les énoncer clairement.

                  [Mais là où vous vous trompez, c’est que vous tenez à réduire l’UPR à un « gourou » flanqué de sa troupe de 40 000 adhérents supposément fanatisés (dont votre serviteur!) C’est grotesque pour qui fréquente un tant soit peu la vie militante de ce parti. Car derrière la tête de gondole Asselineau, il y a toute cette variété qui fait la France qui discute, échange, confronte ses points de vue très différents (…)]

                  Fort bien. Et une fois qu’on a fini de discuter, d’échanger, de confronter, il se passe quoi ? Qui décide d’intégrer ou d’ignorer le fruit de ces discussions dans la ligne de l’UPR ?

                  [J’anime pour ma part un café citoyen un mardi par mois à Paris (vous y êtes d’ailleurs le bienvenu!)]

                  Dites-moi où et quand, et je ne manquerai pas d’y passer !

      • yoann dit :

        [ Si elle arrivait demain au pouvoir portée par le vote des couches populaires, elle serait obligée – parce que c’est l’essence même de la politique – de faire plaisir à sa base]

        J’ai appris ici même que ce n’est pas forcément le cas. Une histoire de Mitterrand qui change progressivement de base électoral, et fait une politique contre ceux qui l’ont mis au pouvoir.

        [Pensez-vous que si au lieu d’utiliser cet argument on leur expliquait que cela ferait le jeu de Besancenot ou de Mélenchon ça marcherait aussi bien ?]

        De Mélenchon s’il était dans le paysage avec 20% à chaque fois sans doute…

        • Descartes dit :

          @ yoann

          [« Si elle arrivait demain au pouvoir portée par le vote des couches populaires, elle serait obligée – parce que c’est l’essence même de la politique – de faire plaisir à sa base » J’ai appris ici même que ce n’est pas forcément le cas. Une histoire de Mitterrand qui change progressivement de base électoral, et fait une politique contre ceux qui l’ont mis au pouvoir.]

          Pas vraiment. Mitterrand a été mis au pouvoir d’abord par les classes intermédiaires, par les libéraux-libertaires pour qui Giscard n’était pas assez « libéral ». Et il a loyalement servi l’intérêt de ses classes pendant ses 14 années de pouvoir.

          [De Mélenchon s’il était dans le paysage avec 20% à chaque fois sans doute…]

          Mélenchon ? Vous voulez dire ce sénateur socialiste qui a soutenu avec une fidélité canine ce cher Mitterrand pendant 14 ans, malgré le « tournant de la rigueur » et qui continue encore aujourd’hui à défendre cette position ? Celui qui a fait une campagne passionnée pour le « oui » à Maastricht ? Celui qui a été ministre de Jospin, le plus grand privatiseur que la France ait connu ? Franchement, qui peut avoir sérieusement peur de Mélenchon ?

          • yoann dit :

            [Mitterrand a été mis au pouvoir d’abord par les classes intermédiaires, par les libéraux-libertaires pour qui Giscard n’était pas assez « libéral »]

            Quid des 5% arraché à Marchais ?

            [Franchement, qui peut avoir sérieusement peur de Mélenchon ?]

            Ça avait l’air menaçant quand il a grimpé en 2017 dans les sondages, en tout cas au vu des commentaires télés. De même que le RN en prend toujours plein la gueule, alors que moi je n’en ai plus peur du tout… C’est étrangement de Marion Maréchal dont je me méfie le plus.

            • Descartes dit :

              @ yoann

              [« Mitterrand a été mis au pouvoir d’abord par les classes intermédiaires, par les libéraux-libertaires pour qui Giscard n’était pas assez « libéral » » Quid des 5% arraché à Marchais ?]

              5% sur plus de 30%, cela fait moins d’un électeur sur six. Pas besoin d’être sorcier pour savoir de quel côté allait s’incliner Mitterrand à l’heure de satisfaire son électorat.

              [« Franchement, qui peut avoir sérieusement peur de Mélenchon ? » Ça avait l’air menaçant quand il a grimpé en 2017 dans les sondages, en tout cas au vu des commentaires télés.]

              Je peux vous assurer que la Commission européenne ne s’est jamais abstenue d’initier une procédure contre la France de peur de gonfler électoralement Mélenchon. Les commentaires télé sont là pour vendre du « temps de cerveau disponible », et pour cela mettent en scène les « peurs ».

  7. Analyphron dit :

    /La question n’est pas de savoir si la peur en question est rationnelle ou irrationnelle./
    Oui, si notre but est uniquement de faire peur.

    [Marine Le Pen et Macron sont clairement les deux faces d’une même pièce (un adage omniprésent en politique).] S’ils sont les deux faces de la même pièce, pourquoi voter pour l’un plutôt que pour l’autre ?

    Ce genres d’images ont le défault de ne pas être précises. Comme comparaison, je dirais plus que Le Pen est le symptôme du néolibéralisme et qu’il est préférable en effet de se battre contre la maladie ( Macron) que ses conséquences. Mais Le Pen est uniquement un symptôme et non pas un vaccin.

    /Mais alors, comment se fait-il qu’ils aient tous trois soutenu le gouvernement Jospin, dont l’un était ministre, l’autre membre d’un cabinet, et le troisième un soutien efficace lors de l’élection de 1997 ? /

    Vous marquez un point. Mais les hommes politiques peuvent changer, ils ont les défauts mais aussi les qualités de tout homme. J’avais plus en tête un Besancenot qui milite pour un monde sans frontières et un Benoit Hamon pour un revenu universel, deux utopies qui “font le jeu” du système. Mais comme vous dites, lorsqu’il y a eu des choix à faire ils ont fait les mêmes.

    /On se comprend pas parce qu’on ne répond pas à la même question. Vous, vous vous placez dans une situation où un candidat qui défendrait les intérêts populaires aurait une chance de gagner et de mettre en œuvre une politique différente. Moi, je me place dans une hypothèse – qui me semble bien plus conforme à notre réalité – où le rapport de forces est tel qu’une telle victoire est impossible./

    Vous soulevez ici le point central de notre discussion et je comprends mieux votre discours dont je partage la logique.
    Néanmoins si on veut rester à tout prix conforme à la réalité alors seule une 3 ème guerre mondiale nous permettrait de retrouver tous nos acquis sociaux, comme le réalisa le CNR. Je plaisante ( à moitié) .
    Ou peut être un bouleversement scientifique.
    Peut être avez vous raison, et qu’il faudra passer par une Le Pen pour sortir de ce statu quo.
    Emmanuel Todd expliquait qu’il avait prédit la fin de l’URSS grâce à la lecture de SF. Je lis le cycle Fondation en ce moment et pour autant il me semble bien présomptueux de prédire l’avenir, Emmanuel Todd ou non.

    /L’UPR est les Patriotes sont des sectes qui n’ont aucune chance de gagner une élection, ou de gouverner dans l’hypothèse où ils y arriveraient/

    Une secte dit-on est une religion qui n’a pas réussit. L’UPR n’a certes pas réussit à atteindre le pouvoir
    mais elle est aux antipodes de ce qu’est une religion. En effet ses analyses tout comme son programme sont rationnelles, basées sur des preuves et représentent une chandelle dans les ténèbres de la religion européiste.

    Pour rester rationnel, tant que les sondages ne nous poussent pas à choisir entre Macron et Le Pen , je pense qu’il est plus judicieux de mettre en avant un parti ou un programme comme celui de l’UPR.
    Mais la discussion tourne en rond car vous allez probablement me rétorquer que de toute façon l’UPR ne dépassera pas les 3% aux prochaines élections présidentielles, ce qui est probable.

    • Descartes dit :

      @ Analyphron

      [Vous marquez un point. Mais les hommes politiques peuvent changer, ils ont les défauts mais aussi les qualités de tout homme.]

      Les hommes changent beaucoup moins souvent qu’on ne le croit. Ils peuvent changer de parti ou de discours, mais au fond d’eux-mêmes les hommes en général et les hommes politiques en particulier font preuve d’une remarquable cohérence.

      [Néanmoins si on veut rester à tout prix conforme à la réalité alors seule une 3 ème guerre mondiale nous permettrait de retrouver tous nos acquis sociaux, comme le réalisa le CNR. Je plaisante ( à moitié).]

      Peut-être pas une guerre mondiale. Mais une crise grave, certainement. Une élection ne suffira pas d’elle-même à renverser le rapports de forces entre le « bloc dominant » et les couches populaires.

      [Une secte dit-on est une religion qui n’a pas réussit. L’UPR n’a certes pas réussit à atteindre le pouvoir mais elle est aux antipodes de ce qu’est une religion. En effet ses analyses tout comme son programme sont rationnelles, basées sur des preuves et représentent une chandelle dans les ténèbres de la religion européiste.]

      Je ne trouve pas que la politique de « cavalier seul » de l’UPR soit très rationnelle. Et si ses analyses aboutissent à la conclusion qu’il faut cracher sur tous ceux qui pourraient être des alliés et se proclamer le seul « pur », alors j’ai du mal à considérer ces « analyses » comme « basées sur des preuves ». Cela semble changer légèrement ces derniers temps – voir par exemple l’invitation adressée à l’ensemble des personnalités « souverainistes » à fêter ensemble le Brexit – mais il faudra voir à l’usage.

    • morel dit :

      @ Analyphron

      Si vous voulez bien me le permettre :

      Les pseudos « alternatives » type Macron/ Le Pen sont une farce dans laquelle on essaie de nous enfermer pour que rien ne bouge.

      Vous semblez penser, pour votre part, que l’UPR représente la solution. Pour la mienne, je dirais que l’UPR m’apparaît lointaine, composée d’un chef omniprésent soutenu par des gens parfois sympathiques mais le plus souvent forts éloignés des milieux populaires et de leurs besoins.

      Ne croyez à aucun poujadisme de ma part si je vous dis que les milieux pré-cités s’en « tapent » de l’article xx du traité de l’UE, du moins si on leur répète en boucle que c’est le moyen de sortir de l’UE, le problème est de leur ouvrir une vraie perspective d’avenir pour eux et leurs enfants que ce magma « européiste » et c’est peut être – mais je serais ravi d’être surpris – la raison pour laquelle M,Asselineau malgré tous ses mérites ne percera jamais.

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