Comment le victimisme tue le sport

La déferlante des « féministes de genre » – on devrait plutôt dire les « hystériques du genre » – ne semble pas connaître de limites. On a pu voir ce que cela a donné à la soirée des Césars. On apprend que des candidats aux élections sont écartés sur simple accusation de « violences sexuelles » sans qu’il y ait même dépôt de plainte (1). La simple accusation vaut condamnation, car supposer que l’accusé puisse être innocent reviendrait à « mettre en doute la parole des femmes ». Impensable, évidement. Qui pourrait imaginer un instant qu’un témoignage féminin puisse être le résultat de passions aussi humaines que la vengeance, le calcul, l’intérêt, la malveillance… et dont les femmes seraient, on ne sait pas par quel miracle, dépourvues ?

Il y a un domaine où la nouvelle inquisition aura des effets infiniment néfastes: c’est celui du sport. Je ne vous parle pas du sport qu’on regarde à la télé, et qui n’est qu’un spectacle, mais celui que des millions de français – et parmi eux une majorité d’enfants et de jeunes – pratiquent chaque semaine et chaque week-end dans des clubs dispersés dans tout le territoire. C’est cette pratique que la campagne de chasse aux sorcières lancée par la ministre des sports va mettre en danger.

Certains d’entre vous s’étonneront peut être de cette affirmation. Après tout, ce que la ministre propose semble frappé du coin du bon sens. Car de quoi s’agit-il ? Le « contrôle d’honorabilité » pour les 1,8 million de bénévoles et de dirigeants d’associations sportives ; la mise en place d’une ligne d’écoute au 119 et d’une cellule pour traiter les signalements ; la mise en place de plans de prévention dans chaque fédération. En surface, cela semble plutôt raisonnable.

Mais il ne faut pas oublier que ceux qui font fonctionner les petits clubs, c’est avant tout les bénévoles. Ce sont eux qui aident souvent l’enseignant professionnel à faire les cours, qui prennent les inscriptions, qui mettent en place la salle, qui transportent les jeunes aux compétitions. Je le sais parce que moi-même j’ai été pendant des années dirigeant bénévole d’un club de Judo, sport que je pratique depuis mon enfance. Et je ne compte pas les heures passées sur le tatami ou sur les routes. Le referais-je aujourd’hui ? Je ne le crois pas. Les satisfactions que procure ce bénévolat sont toujours là, mais le risque est devenu trop grand.

Aujourd’hui, il suffit d’un parent mécontent, d’un enfant malveillant pour ruiner votre vie. Il suffit d’une accusation, et vous êtes foutu. Et c’est particulièrement vrai pour le Judo parce que c’est un sport de contact. Il est impossible de le pratiquer sans toucher l’adversaire. Et tout aussi impossible de faire le cours sans toucher les enfants. Parce que pour démontrer une technique, rectifier une position, faut bien un contact physique. Et que dans ces conditions, vous êtes toujours à la merci des malveillants, qui n’auront pas de mal à trouver des situations équivoques. Et puis, vous pouvez compter sur ces « lignes d’écoute » et autres « cellules de signalement » pour instruire à charge, puisque c’est en désignant des coupables qu’elles justifient leur existence. Vous pouvez aussi compter sur la pusillanimité des dirigeants de votre club : même s’ils sont convaincus de votre innocence, ils vous écarteront « parce qu’on ne sait jamais », parce qu’ils ne veulent pas être accusés de couvrir un pédophile, ou tout simplement parce qu’ils n’ont pas envie d’effacer les tags sur le fronton du gymnase. Et si au bout de quelques années de procédure, pendant lesquelles vous serez présumé coupable, la justice vous absout, croyez-vous que cela changera quelque chose ? Bien sûr que non. Parce « qu’il n’y a pas de fumée sans feu », et que vous aurez été blanchi « faute de preuves » (normal, comment pourrait-il y avoir des « preuves » de quelque chose que vous n’avez pas fait ?), vous serez considéré comme coupable. Un peu comme Jean-Pierre Baro, directeur du Théâtre des Quartiers à Ivry, qui après avoir été accusé de viol par une actrice doit affronter les grèves de son propre personnel, les refus de collaboration des compagnies qu’il invite et le harcèlement de l’establishment culturel, alors qu’il a été blanchi par la justice (la plainte pour « viol » a été classée sans suite).

L’amour d’un sport et l’envie de transmettre ses valeurs aux jeunes générations valent-ils qu’on prenne un tel risque ? De plus en plus de gens répondront à cette question par la négative. Donner gratuitement son temps et son travail avec la perspective de se trouver mis au ban de la société sur simple dénonciation, le rapport risque/avantages est trop mince. Et il y a fort à parier que le résultat de cette hystérie sera de priver les enfants et les jeunes de cette présence adulte que constituent les bénévoles des clubs sportifs et des associations culturelles. Une présence adulte dont tous les experts soulignent le rôle fondamental dans la construction de la personnalité des jeunes. Persuader les parents que leurs enfants sont en danger dès qu’ils quittent le cocon familial, c’est la meilleure façon de faire préférer le samedi devant la Playstation plutôt que sur le terrain de foot ou de rugby, le tatami ou la piscine.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de cas d’agressions sexuelles ou de pédophilie dans le sport. Il y en a bien sûr. Mais pas plus que dans n’importe quel autre milieu. Et sur les millions d’enfants qui fréquentent les clubs, la probabilité de croiser un violeur ou un pédophile qui passe à l’acte est, heureusement, très faible. Hystériser la question jusqu’à faire croire que ce qui est heureusement l’exception est en fait la généralité fait l’affaire des « experts en genre » et autres « professionnels de l’écoute » qui justifient ainsi leurs salaires, mais détruit le lien de confiance sur lequel repose une société plaisante à vivre. Rien ne justifie que les parents emmènent leurs enfants au club sportif la peur au ventre, ou qu’ils regardent par principe l’entraineur avec méfiance.

Quelle est finalement la personne la plus heureuse ? Celle qui fait confiance aux autres et qui est trahie une fois sur mille, ou celle qui se méfie de tous et de tout, et se trompe dans neuf-cents quatre-vingt-dix-neuf cas ?

Descartes

(1) C’est le cas à Angers, ou des candidats du PCF sont écartés sur décision d’une commission qui n’a même pas pris la peine de les entendre.

Ce contenu a été publié dans Non classé. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

47 réponses à Comment le victimisme tue le sport

  1. Cahen dit :

    Vous traitez là de sujets passionnants, mais je reste un peu sur ma faim, probablement à cause du caractère étroit que vous donnez à votre papier, à son aspect très -trop?- pointu (danger pour le sport : et le reste?) :
    1) pourquoi ne pas comparer le soupçon de violence sexuelle avec le soupçon d’antisémitisme, de racisme, de complotisme (Badiou et Hazan se sont bien exprimés sur l’ “attaque en antisémitisme” qui salit ipso facto)? Il s’agit dans un cas de contact physique (votre expérience du judo est passionnante, elle nous permet de mal concevoir un entrainement sans dérapage contrôlé) et dans l’autre de paroles ou d’écrits. Dans les deux cas cela ne passe pas, une “limite” aurait été franchi, et c’est une conception historique du Mal qui l’emporte (la domination masculine, l’extermination, l’esclavage) sur la réalité des faits.
    La pensée correcte tue la parole, la bienpensance à gauche tue l’altérité.
    2) pourquoi ne pas ramener votre conclusion à la panique excessive concernant la pandémie actuelle : d’une part les gosses sont empêchés, notamment de sport, et sont invités lors de leur confinement à consulter toujours plus les écrans; d’autre part les restrictions portées au lien social, bien loin d’endiguer (sauf à être drastiques), créent un malaise favorisant la peur irrationnelle. Quand le stade 3 sera atteint, quid des émeutes en vue d’obtenir tel ou tel produit (de protection, de survie, …) ? Je ne dis pas que le coronavirus 2020 est cause de défaillances politiques ou sociales, mais le manque de sérénité des autorités nuit à la santé mentale publique, et donc à la possibilité d’agir en raison face à une menace qui pourrait s’accroitre.
    3) Plus généralement, acceptez-vous que l’Etat, en l’occurence le ministre de la Culture dans l’affaire JP Baro, relaie les chaînes de suspicion et l’exclusion généralisée qui en résulte, plutôt que de calmer le jeu et de tenir des paroles de vérité?
    4) Et puisque Sarah Halimi -paix à son âme- est passée de victime juive à victime femme dans le discours des “féministes de genre” (nombreux collages sur les murs des villes), je suggère d ‘accoler à votre “victimisme” du titre l’adjectif “communautariste”. Mais là, c’est moi qui étrique le propos …

    Ce caractère pointu, spécialisé, que vous avez donné à votre papier est-il volontaire? Et dans ce cas, pour quelle raison?

    • Descartes dit :

      @ Cahen

      [1) pourquoi ne pas comparer le soupçon de violence sexuelle avec le soupçon d’antisémitisme, de racisme, de complotisme (Badiou et Hazan se sont bien exprimés sur l’ “attaque en antisémitisme” qui salit ipso facto)?]

      Parce qu’au-delà de certaines ressemblances, il faut faire attention à ne pas faire d’amalgames en comparant des choses qui ne relèvent pas des mêmes mécanismes. « l’attaque en antisémitisme » est un instrument politique, utilisé essentiellement pour protéger les intérêts d’un Etat en faisant taire par avance toute critique le concernant. De la même manière que la référence au « goulag » ou l’étiquette « stalinien » ont servi très longtemps – et servent encore, ne vous faites pas d’illusion – à défendre les intérêts du bloc dominant en dévalorisant par avance le discours critique contre le capitalisme.

      La campagne autour des accusations de « violence sexuelle », au contraire, ne sert à priori les intérêts d’aucun groupe social – en dehors de celui, tout à fait marginal, des victimes ou prétendues telles. Elle n’est pas destinée à empêcher la remise en cause des intérêts d’un Etat ou d’une classe. Il faut donc se demander quelle est la dynamique qui l’alimente. Qui est radicalement différente de celle qui alimente les procès en antisémitisme.

      [La pensée correcte tue la parole, la bienpensance à gauche tue l’altérité.]

      Oui. Comme le disait Adlai Stevenson, « une société libre est une société où il n’est pas dangereux d’être impopulaire ». C’est pourquoi le premier souci de tous ceux qui aiment la liberté, c’est de protéger les « impopulaires ». La démocratie nécessite la multiplicité des paroles, et une confrontation pacifiée entre celles-ci. Toute logique de pensée correcte, en barrant de l’espace de confrontation toute opinion « incorrecte », affaiblit la démocratie.

      [2) pourquoi ne pas ramener votre conclusion à la panique excessive concernant la pandémie actuelle : d’une part les gosses sont empêchés, notamment de sport, et sont invités lors de leur confinement à consulter toujours plus les écrans; d’autre part les restrictions portées au lien social, bien loin d’endiguer (sauf à être drastiques), créent un malaise favorisant la peur irrationnelle.]

      Là, je ne vous suis pas. D’abord, parce que je ne suis pas totalement convaincu qu’on soit dans une logique de « panique excessive ». L’épidémie est réelle, et les risques associés ne sont pas une simple vue de l’esprit. Que restreigne ponctuellement la vie sociale, sportive et même citoyenne ne me paraît pas irrationnel.

      [Quand le stade 3 sera atteint, quid des émeutes en vue d’obtenir tel ou tel produit (de protection, de survie, …) ? Je ne dis pas que le coronavirus 2020 est cause de défaillances politiques ou sociales, mais le manque de sérénité des autorités nuit à la santé mentale publique, et donc à la possibilité d’agir en raison face à une menace qui pourrait s’accroitre.]

      Franchement, je ne pense pas qu’il y aura des « émeutes ». Il ne faut pas sous-estimer l’intelligence sociale de nos concitoyens, pas plus que l’efficacité de notre administration et de nos opérateurs de service public.

      [3) Plus généralement, acceptez-vous que l’Etat, en l’occurence le ministre de la Culture dans l’affaire JP Baro, relaie les chaînes de suspicion et l’exclusion généralisée qui en résulte, plutôt que de calmer le jeu et de tenir des paroles de vérité?]

      Non. Je ne l’accepte pas. L’Etat doit d’abord être le gardien des libertés, et donc protéger les « impopulaires » de la vindicte publique ou privée de quelque catégorie que ce soit. En hurlant avec les loups, le ministre se fait l’exemple de ce qu’il y a de pire chez un politique : la démagogie.

      [Ce caractère pointu, spécialisé, que vous avez donné à votre papier est-il volontaire? Et dans ce cas, pour quelle raison?]

      Je ne sais pas si j’ai été « pointu ». J’ai pris une situation qui me semble digne d’être mise en lumière justement parce que c’est un domaine où les dégâts seront considérables mais « à bas bruit », et que pour cette raison ils risquent de passer inaperçus. Les bénévoles des clubs sportifs ne démissionneront pas en masse, mais ils se feront de plus en plus rares et se désengageront des activités « à risque » médiatique. Les parents ne retireront pas leurs enfants du jour au lendemain, mais ils les enverront de moins en moins, et avec toujours plus de consignes de méfiance envers l’adulte. Les clubs et les structures fédérales dépenseront de plus en plus de ressources pour payer des « consultants de genre », mettre en place des « réseaux d’écoute » et autres gadgets dont la seule utilité sera de montrer au monde – et aux juges, éventuellement- qu’on a « pris le problème à bras le corps ». Des moyens qui auraient été bien plus utilement dépensés à permettre à plus de nos jeunes à accéder au sport.

      Qu’on harcèle un Polanski ou un Baro, c’est désolant mais tout le monde le sait. Qu’on dissuade des millions d’adultes de s’investir dans des institutions sportives ou sociales qui profitent à l’ensemble de nos jeunes, c’est tout aussi désolant mais je ne pense pas que tout le monde en soit conscient.

  2. Sami dit :

    Vous avez bien entendu parfaitement raison, et c’est la Raison elle-même qui me pousse à l’écrire.
    Et une fois tous ces constats faits, une fois fait le tour de l’ensemble des questions (affaire Polanski, le concept du consentement, la parole des “victimes” devenue quasi sacrée, le tribunal médiatique remplaçant de fait celui de la Justice, etc etc etc.), reste l’ultime question : Pourquoi soudain, dans la société Occidentale (laissons un instant de côté les autres sociétés/civilisations, qui n’ont rien à envier en matière de problèmes dits sociétaux : patriarcat hyper dur, oppressions diverses et terribles…) pourquoi donc, soudain, quelques groupuscules de féministes 2.0 (comme on dit), se trouvent dépositaires d’un tel pouvoir démesuré ? En creux, pourquoi ces hommes (les mâles) qu’on supposait juste “avant” (souvent à juste titre), oppresseurs, puissants, dominants… sont instantanément réduits à de pauvres êtres accusés d’office, coupables avant que d’être jugés, sur la défensive systématiquement ?… Que s’est-il passé ? Quel est le “petit truc” dans la mécanique qui a à ce point, si rapidement changé la donne ? (je ne sais pas si je suis clair…)

    • Descartes dit :

      @ Sami

      [Pourquoi soudain, dans la société Occidentale (laissons un instant de côté les autres sociétés/civilisations, qui n’ont rien à envier en matière de problèmes dits sociétaux : patriarcat hyper dur, oppressions diverses et terribles…) pourquoi donc, soudain, quelques groupuscules de féministes 2.0 (comme on dit), se trouvent dépositaires d’un tel pouvoir démesuré ? En creux, pourquoi ces hommes (les mâles) qu’on supposait juste “avant” (souvent à juste titre), oppresseurs, puissants, dominants… sont instantanément réduits à de pauvres êtres accusés d’office, coupables avant que d’être jugés, sur la défensive systématiquement ?… Que s’est-il passé ?]

      Très bonne question, à laquelle je ne peux que donner une réponse partielle. Le discours idéologique du bloc dominant aujourd’hui a pour but d’obtenir que chacun se résigne à sa place dans la société. Et pour aboutir à la résignation, il faut diffuser l’idée d’impuissance : personne ne se révolte contre un ordre qu’il se sent impuissant à changer. C’est là le rôle de l’idéologie « victimiste ». Les idéologies qui se disputaient l’espace intellectuel durant la première moitié du XXème siècle faisaient de l’homme l’acteur de son destin. Communistes, fascistes, gaullistes, social-démocrates, nationalistes « décoloniaux » affirmaient tous la capacité des collectivités humaines de forger son avenir. A la fin du XXème siècle, le discours a changé : nous ne sommes plus les acteurs de notre avenir, mais les victimes de forces que nous n’avons guère l’espoir de contrôler.

      Ce discours génère un effet miroir : comme on ne peut que s’identifier qu’avec la victime, celui qui n’est pas victime, qui domine les circonstances, est forcément un Autre. C’est pourquoi les figures « dominantes » de l’histoire sont vouées aux gémonies et remplacées par des figures « dominées ». C’est Olympe de Gouges qui nous représente, pas Napoléon. Et cela s’étend à d’autres champs : le professeur (qui domine l’élève), le scientifique (qui domine la nature), le politique (qui domine, au sens étymologique, la cité) deviennent des figures négatives. Et en contrepartie, le taulard (dont le crime est la faute de la société), le réfugié (qui quitte son pays victime des circonstances), le « racialisé » (victime de sa couleur) deviennent les figures positives.

      • Gugus69 dit :

        Bonsoir ami et camarade,
        J’ai la conviction que pour gagner la guerre froide, les États-Unis ont gagné la bataille idéologique. Dès les années cinquante, ils y ont mis tous les moyens, à commencer par Hollywood et les séries télé. Les sociétés nord-européennes déjà façonnées par les communautarisme anglo-saxon se sont coulées sans problème dans le moule.
        Notre société française, républicaine et jacobine, gaullo-communiste, a résisté à la pression jusqu’à l’effondrement du bloc de l’Est et la chute concomitante du PCF.
        Mais quand la digue a cédé, on s’est noyés. Enterrée l’exception culturelle française !
        L’écologisme punitif vient directement des USA ; l’antiracisme racialiste décolonial vient directement des USA ; le communautarisme LGBTQ(…) et ses cortèges colorés vient directement des USA ; le féminisme victimiste de genre avec ses tribunaux online vient directement des USA, la bigoterie jusqu’à la nausée dans toutes les religions vient directement des USA ! Même le véganisme agressif vient directement des USA.
        Ils ont foutu cul par-dessus tête notre vieil universalisme. Le bourrage des cranes prend une ampleur que je n’aurais pas cru connaître en France. Regarder une chaine comme Arte est une épreuve ! Et la soirée anti-soviétique mensuelle, et la soirée pro-européenne mensuelle, et la soirée écolo mensuelle, etc, etc : c’est insupportable !
        Les “racialisés” interdisent des pièces de théâtre. Les LGBT interdisent un débat dans une fac, et les militants islamistes voudraient rétablir le délit de blasphème…
        Regardez ce qu’ils ont fait du cinéma français… Et de la cérémonie des César.
        Changez de chaine, vous tombez sur une pub pour un parfum français… En anglais ! (And you… what would you do for love ?). Changez de chaine pour le service public, un superbe documentaire de la BBC vous explique que l’humanité détruit la planète (surtout les Chinois, hein…), mais qu’on a une petite chance de s’en tirer avec des panneaux solaires et des éoliennes. Puisqu’on vous dit qu’il faut être durable, renouvelable et décroissant ! On a même sous-entendu que le coronavirus Covid 19 avait au moins ceci de positif qu’en ce moment la Chine pollue moins. De là à comprendre que si une méchante peste éradiquait l’humanité (surtout les Chinois, hein…), la planète se porterait mieux…
        Dans les années soixante-dix quand j’étais jeune, les féministes se battaient pour les femmes. Aujourd’hui, elles se battent contre les hommes.
        Avec ce pleutre de François Hollande aux manettes, elles ont réussi à faire libérer une femme meurtrière de son mari et deux fois condamnée par une cour d’assises.
        Alors, mon cher camarade, vu les ravages de l’idéologie dominante (certains parlent de bien-pensance…), je crois effectivement qu’il serait fort imprudent de participer à un randori avec un (ou une) mineur.

        • Descartes dit :

          @ Gugus69

          [J’ai la conviction que pour gagner la guerre froide, les États-Unis ont gagné la bataille idéologique. Dès les années cinquante, ils y ont mis tous les moyens, à commencer par Hollywood et les séries télé. Les sociétés nord-européennes déjà façonnées par les communautarisme anglo-saxon se sont coulées sans problème dans le moule. Notre société française, républicaine et jacobine, gaullo-communiste, a résisté à la pression jusqu’à l’effondrement du bloc de l’Est et la chute concomitante du PCF. Mais quand la digue a cédé, on s’est noyés. Enterrée l’exception culturelle française !]

          Je partage votre analyse, sauf sur le dernier point. La pression a commencé à porter après 1968, et les gros abandons ont commencé au début des années 1980, avec l’élection de Mitterrand.

          [Ils ont foutu cul par-dessus tête notre vieil universalisme. Le bourrage des cranes prend une ampleur que je n’aurais pas cru connaître en France. Regarder une chaine comme Arte est une épreuve ! Et la soirée anti-soviétique mensuelle, et la soirée pro-européenne mensuelle, et la soirée écolo mensuelle, etc, etc : c’est insupportable !]

          Relisez « 1984 » de Orwell. Tout est là.

          [Alors, mon cher camarade, vu les ravages de l’idéologie dominante (certains parlent de bien-pensance…), je crois effectivement qu’il serait fort imprudent de participer à un randori avec un (ou une) mineur.]

          C’est triste…

  3. Mérante dit :

    Me. Florence Rault a publié sur VU DU DROIT une série d’articles polémiques sur le problème du “féminisme” militant, dont un qui a fait beaucoup de bruit

    https://www.vududroit.com/2018/01/feminisme-guerrier-triomphe-de-pensee-magique/

    Tout ceci vient du monde dit “anglo-saxon”, en un mot, des USA. Certains sont arrivés au point de justifier le meurtre ou d’autres crimes, sans parler de justifier voire admirer l’extrême vulgarité confinant à l’exhibitionnisme pourvu que cela soit perpétré par une femme.

    En fin de compte, cela fait partie de l’interdiction de tout – interdiction de penser “mal”, interdiction de “pensées haineuses” (?!), interdiction de faire un compliment à une dame, interdiction de toute polémique, de tout controverse, interdiction d’exercer vigoureusement ses droits civiques – comme manifester par exemple, tiens! – sous peine de … perdre un oeil par exemple.

    Sous Youtube, pullulent des vidéos sur des “animaux mignons”. Certains ont 5 millions de vues. 99% de ces vidéos sont faits par des Américains. En effet, disserter sur les chiens, chats, animaux de ferme … et sur leurs habitudes toutes mignonnes et inoffensives, c’est LA SEULE LIBERTE QU’IL LEUR RESTE.

    • Descartes dit :

      @ Lérante

      [En fin de compte, cela fait partie de l’interdiction de tout – interdiction de penser “mal”, interdiction de “pensées haineuses” (?!), interdiction de faire un compliment à une dame, interdiction de toute polémique, de tout controverse, interdiction d’exercer vigoureusement ses droits civiques – comme manifester par exemple, tiens! – sous peine de … perdre un oeil par exemple.]

      Je me méfie des amalgames. On peut constater tous les jours la puissance d’un néo-puritanisme qu’on peut appeler sans hésiter « totalitaire », puisqu’il prétend dicter aux gens non seulement leurs comportements, mais aussi leurs pensées. Mais quel rapport avec une soi-disant « interdiction de manifester » ? Piller un magasin, casser un DAB, incendier un restaurant ou le mobilier public, casser les objets d’un musée, ce n’est pas « exercer vigoureusement ses droits civiques », c’est commettre un délit.

  4. cdg dit :

    D accord sur le fond de l article. Il y a une hysterie MLF qui est digne de Mc Carthy dans les annees 50. Il faut bien voir que ca participe a une logique de prise de pouvoir, qui vise a donner aux femmes un avantage competitif : d ou la demande d un quota de femme dans les postes dirigeants (pas pour les eboueurs hein ;-))

    L autre avantage de cette strategie,c est que ca cache les autres questions: tant qu on debat pour savoir si les femmes sont discriminees, on ne parle pas des questions qui fachent : par ex le fait qu une partie de la population subie un descendeur social ou qu une partie de la population francaise ne se considere pas comme francaise

    “Quelle est finalement la personne la plus heureuse ? Celle qui fait confiance aux autres et qui est trahie une fois sur mille, ou celle qui se méfie de tous et de tout, et se trompe dans neuf-cents quatre-vingt-dix-neuf cas ?”
    Il faut rajouter ici un parametre : ce que vous gagnez ou perdez. C est comme le loto: perte faible certaine mais gain (tres hypothetique) important. Ici c est l inverse: gain faible certain : faire du sport. Risque important mais infime: pedophilie

    • Descartes dit :

      @ cdg

      [D’accord sur le fond de l’article. Il y a une hystérie MLF qui est digne de Mc Carthy dans les années 50. Il faut bien voir que ça participe à une logique de prise de pouvoir, qui vise à donner aux femmes un avantage compétitif : d ou la demande d’un quota de femme dans les postes dirigeants (pas pour les eboueurs hein ;-))]

      Qu’il y ait chez un petit groupe de femmes une volonté de profiter de l’hystérie pour faire avancer leurs propres intérêts en créant de facto un quota pour les postes de haut niveau dont elles seront les premières à profiter, c’est évident. Mais il faut admettre que ce groupe n’a pas pour lui le nombre ou le pouvoir économique. On peut donc conclure qu’il ne fait que profiter de la vague qu’elle n’a pas provoquée. Car comment expliquer en effet que ce discours ultra-minoritaire soit accueilli et mis en exergue par les institutions, que les dirigeants des entreprises, des administrations, des académies se fassent eux-mêmes des militants de cette « cause » ?

      En bon marxiste, il faut aller chercher devant une transformation des idéologies le substrat matériel qui les conditionne. Pourquoi les intérêts dominants trouvent avantage à suivre ce courant ? Mon explication serait que ce « féminisme de genre », comme l’ensemble des idéologies post-modernes, contribuent à l’atomisation de la société en « groupes d’intérêt » se battant entre eux pour conquérir une place dans la hiérarchie des aigreurs. Cette atomisation canalise les énergies vers de petits combats inutiles et du coup empêchent la constitution d’une véritable contestation de l’ordre économique.

      [“Quelle est finalement la personne la plus heureuse ? Celle qui fait confiance aux autres et qui est trahie une fois sur mille, ou celle qui se méfie de tous et de tout, et se trompe dans neuf-cents quatre-vingt-dix-neuf cas ?” Il faut rajouter ici un paramètre : ce que vous gagnez ou perdez. C’est comme le loto: perte faible certaine mais gain (très hypothétique) important. Ici c’est l’inverse: gain faible certain : faire du sport. Risque important mais infime: pédophilie]

      Sauf que le « risque » dont vous parlez est subjectif. N’importe quel psychologue vous le dira : il n’y a pas OBJECTIVEMENT une différence entre toucher les fesses et toucher la main. Si un des gestes peut être « traumatisant » et l’autre pas, c’est parce que la société ne jette pas sur l’un le même regard que sur l’autre. En d’autres termes, certains gestes sont « traumatisants » parce que nous les constituons socialement comme tels. En faisant des « attouchements » une sorte de tragédie supposée traumatiser l’enfant pour la vie, nous leur donnons effectivement ce caractère traumatisant.

      • [En bon marxiste, il faut aller chercher devant une transformation des idéologies le substrat matériel qui les conditionne. Pourquoi les intérêts dominants trouvent avantage à suivre ce courant ? Mon explication serait que ce « féminisme de genre », comme l’ensemble des idéologies post-modernes, contribuent à l’atomisation de la société en « groupes d’intérêt » se battant entre eux pour conquérir une place dans la hiérarchie des aigreurs. Cette atomisation canalise les énergies vers de petits combats inutiles et du coup empêchent la constitution d’une véritable contestation de l’ordre économique.]

        Je ne dirais pas que ces idéologies sont suivies pour empêcher une véritable contestation de l’ordre économique, en tout cas pas directement. Je dirais que la classe dominante a intérêt à empêcher autant que possible la véritable contestation, en censurant autant que possible les idéologies correspondantes, mais n’a pas d’intérêt particulier à laisser se diffuser les autres idéologies. En revanche, les hommes politiques ont intérêt à s’afficher comme défenseurs de quelque chose, et de préférence de quelque chose qui passe auprès de leurs électeurs.

        • Descartes dit :

          @ Jean-François

          [Je ne dirais pas que ces idéologies sont suivies pour empêcher une véritable contestation de l’ordre économique, en tout cas pas directement. Je dirais que la classe dominante a intérêt à empêcher autant que possible la véritable contestation, en censurant autant que possible les idéologies correspondantes, mais n’a pas d’intérêt particulier à laisser se diffuser les autres idéologies.]

          Je ne le crois pas. Pour combattre une idéologie, la censure est un moyen socialement couteux et peu efficace. Le PCF a été marginalisé dans les médias et trainé dans la boue pendant les années 1940 et 1950, sans que cela soit véritablement efficace. Bien plus efficace est de proposer une idéologie de substitution. Le droit-de-l’hommisme puis l’Europe ont été les idéologies de substitution de la fin du XXème siècle. Les post-modernisme est celle du début du XXIème.

  5. Claustaire dit :

    Merci pour votre témoignage et la réflexion plus large que vous inspire “l’ère du soupçon” généralisé que l’on veut nous faire vivre, ou plutôt subir. On devrait pourtant comprendre la fatalité tragique qu’implique dans toute dénonciation le soupçon de mensonge de la part de l’un.e si l’on veut préserver la présomption d’innocence de l’autre.

    C’est Nathalie Sarraute, je crois, qui naguère, à l’époque du Nouveau Roman avait suggéré par ce titre combien la notion de sujet, de personne, voire d’entité humaine pouvait être éparpillé au point de disparaître. Nous ne serions plus que ce l’on (n’importe qui) dirait de nous.

    Quant à la confiance, chacun connaît le paradoxe qui veut qu’on ne la reçoive que parce qu’on l’aura d’abord donnée à l’inconnu d’abord.

    • Descartes dit :

      @ Claustaire

      [On devrait pourtant comprendre la fatalité tragique qu’implique dans toute dénonciation le soupçon de mensonge de la part de l’un.e si l’on veut préserver la présomption d’innocence de l’autre.]

      Pas du tout. Lorsqu’une femme accuse un homme d’agression sexuelle, et que l’homme nie l’avoir fait, les deux peuvent dire la vérité. Cela tient au fait que les délits sexuels sont subjectifs : un acte licite devient criminel selon que le consentement des deux parties soit ou non acquis. Or, ce consentement est très rarement explicité et motivé. La plupart des fois il est implicite, et dépend de toute une série de circonstances. Un lecteur du Monde racontait qu’il arrivait à sa compagne de le masturber pendant la nuit pour l’inciter à un rapport sexuel, et que souvent il consentait à l’honorer alors qu’il n’avait pas forcément envie, pour lui faire plaisir. Comment analyser le consentement dans ce cas ? S’agit-il d’une « agression sexuelle » ? Comment s’analyse l’attitude de celui qui n’a pas envie mais accepte un rapport pour faire plaisir à l’autre ? Est-ce un « vrai » consentement, ou pas ?

      Les rapports amoureux sont forcément subjectifs (c’est d’ailleurs ce qui fait leur charme) et il est illusoire de penser qu’avant un acte sexuel – ou avant chaque étape, puisqu’on nous dit que le consentement peut être retiré à tout moment – il y aura un entretien avec un psychologue puis un acte notarié pour constater un consentement libre et non vicié. Cette subjectivité implique que les partenaires peuvent avoir une vision différente de ce qui s’est vraiment passé sans que l’un ou l’autre « mentent ». Et sans qu’on puisse savoir de quel côté est la vérité. Tout simplement parce qu’il n’y a pas de vérité : il y a deux visions subjectives qui s’affrontent.

      Le principal problème des « féministes de genre », c’est qu’elles ont pour ambition d’objectiver les rapports humains, de les enfermer dans une alternative simple, genre « oui/non ». Mais c’est beaucoup plus compliqué que ça. Il arrive qu’on dise « oui » parce qu’on a envie de faire plaisir à l’autre, et qu’ensuite on le regrette et qu’on se convainc soi-même qu’on a dit « non ». Tout ça est très compliqué. Et si on ne traite pas ces affaires avec une certaine distance, de bienveillance, et je dirais même avec un minimum de sens de l’humour, le monde devient vite invivable.

      [Quant à la confiance, chacun connaît le paradoxe qui veut qu’on ne la reçoive que parce qu’on l’aura d’abord donnée à l’inconnu d’abord.]

      C’est à ça que servent les institutions : à créer de la confiance entre des gens qui à priori n’ont aucune raison pour être confiants. La famille, la nation, l’Etat ont été créés précisément pour cela.

      • Ruben dit :

        [“il est illusoire de penser qu’avant un acte sexuel – ou avant chaque étape, puisqu’on nous dit que le consentement peut être retiré à tout moment – il y aura un entretien avec un psychologue puis un acte notarié pour constater un consentement libre et non vicié”]

        Pourquoi non ?
        Suffit de tout bien prévoir :
        https://www.youtube.com/watch?v=DxFU_fIUawM

        • Descartes dit :

          @ Ruben

          [Pourquoi non ? Suffit de tout bien prévoir : (…)]

          Hilarant… à l’époque je l’avais trouvé comique, aujourd’hui je me dis que l’humour dépasse souvent la réalité. Il y a des juristes américaines – je pense à Catharine McKinnon – pour qui le consentement à un rapport sexuel devait être écrit…

    • Descartes dit :

      @ Ian Brossage

      [Initiative proche, semble-t-il, au ministère de la culture : (…)]

      Ca vous étonne ? Vous savez, Caroline de Haas n’est ni la première ni la dernière à transformer son hobby en gagne-pain. On ne compte pas le nombre de cabinets fondés et tenus par des militants féministes, antiracistes, écologistes, qui vendent leurs prestations aux entreprises, aux administrations, et à tous organismes cherchant à se doter d’une caution… et qui sont prêts à payer cher pour l’avoir. Très cher.

  6. Cahen dit :

    “Il faut donc se demander, dites-vous, quelle est la logique qui l’alimente”, entendre : qui alimente la “campagne autour des accusations de ‘violences sexuelles’ “. Excellente question!
    Je ne saurais aujourd’hui y répondre … même s’il y a urgence à démêler cette logique qui s’est répandue comme un virus dans notre quotidien.
    Mais vous, vous donnez des indications :
    1) cette campagne ne sert, écrivez-vous, “aucun groupe social”. Pourquoi ne pas osez aller jusqu’à dire que les femmes forment un groupe social? C’est bien de cela qu’il s’agit, non? Les femmes sont victimes des hommes, je veux dire des hommes mâles. Cela ne va pas plus loin. Et le viol est le cas limite, extrême, de ce mal que les mâles font aux femmes. Nous avons à faire à un discours communautariste qui s’inspire des discours des minorités revendicatives, à l’endroit d’un groupe, prétendu groupe, tout sauf minoritaire. Superbe logique!
    2) Aussi utilisez-vous l’expression “prétendues telles” pour minorer l’appellation de victimes (que constituent le groupe social “marginal” formé par les … victimes des violences sexuelles) :
    [La campagne autour des accusations de « violence sexuelle », au contraire, ne sert à priori les intérêts d’aucun groupe social – en dehors de celui, tout à fait marginal, des victimes ou prétendues telles]
    A ce moment là, nous ne parlons pas des faux témoignages, des affabulatrices, des mythomanes, … qui sont, en nombre, marginales (et le resteront). Nous parlons, je pense, d’un sentiment sexué mal orienté et qui a le vent politique en poupe. Pourquoi? Je ne saurais moi-même y répondre aujourd’hui, sauf à utiliser des formules toutes faites : c’est place aux “mal baisées” d’une part, et plein de “pas de couilles” de l’autre.
    Je précise à l’occasion que si “mal baisée” est genré, “pas de couilles” l’est moins. Comme à la fois on l’observe chez les jeunes qui disent “tous”, dans certaines couches sociales, qu’ils “s’en battent les couilles”, et à la fois quand dire d’une femme, de certaine femme dans certaine situation, qu’elle “n’a pas de couilles” est parfois très parlant .

    • Descartes dit :

      @ Cahen

      [“Il faut donc se demander, dites-vous, quelle est la logique qui l’alimente”, entendre : qui alimente la “campagne autour des accusations de ‘violences sexuelles’ “. Excellente question!]

      Je pense moins à un « qui » qu’à un « quoi ». Ce que je recherche, c’est la logique, le mécanisme, les intérêts derrière ce mouvement d’opinion. Je ne crois pas à l’hypothèse machiavélique.

      [1) cette campagne ne sert, écrivez-vous, “aucun groupe social”. Pourquoi ne pas osez aller jusqu’à dire que les femmes forment un groupe social?]

      Je n’ai pas dit que cette campagne ne sert « aucun groupe social », j’ai écrit qu’il ne sert aucun groupe social « dominant ». Ce n’est pas tout à fait la même chose : il est assez exceptionnel qu’un groupe social minoritaire et dominé arrive à imposer ses intérêts. Et non, les femmes ne forment pas un « groupe social » parce qu’elles n’ont pas toutes les mêmes intérêts.

      [C’est bien de cela qu’il s’agit, non? Les femmes sont victimes des hommes, je veux dire des hommes mâles. Cela ne va pas plus loin.]

      Ça, c’est le discours. Mais pensez-vous que toutes les femmes ont intérêt à ce que ce discours devienne dominant ? Je ne le crois pas.

      [2) Aussi utilisez-vous l’expression “prétendues telles” pour minorer l’appellation de victimes (que constituent le groupe social “marginal” formé par les … victimes des violences sexuelles) :]

      Non. J’utilise l’expression « prétendues telles » pour marquer le fait que ces « victimes » ne se constituent en général que de leur propre discours, et que leur caractère de victime n’est ni prouvé, ni objectif.

      [A ce moment là, nous ne parlons pas des faux témoignages, des affabulatrices, des mythomanes, … qui sont, en nombre, marginales (et le resteront). Nous parlons, je pense, d’un sentiment sexué mal orienté et qui a le vent politique en poupe. Pourquoi? Je ne saurais moi-même y répondre aujourd’hui, sauf à utiliser des formules toutes faites : c’est place aux “mal baisées” d’une part, et plein de “pas de couilles” de l’autre.]

      C’est ce « pourquoi » qui me paraît intéressant aujourd’hui. Au-delà des qualificatifs que vous citez, la question est plutôt pourquoi ce besoin de se constituer comme « victime » à tous les niveaux de la société. Le simple fait que ce discours permet de se défaire de toute responsabilité dans ses propres échecs en rejetant la responsabilité sur l’autre est-il suffisant pour expliquer cette boulimie de victimisme ?

      • Cahen dit :

        [Le simple fait que ce discours permet de se défaire de toute responsabilité dans ses propres échecs en rejetant la responsabilité sur l’autre est-il suffisant pour expliquer cette boulimie de victimisme ?]

        Non, ce n’est pas suffisant (ni même nécessaire, d’ailleurs). Par contre, la question de la responsabilité, dans la société d’hyper consommation dans laquelle nous somme, mérite d’être remise à l’honneur.
        C’est un problème très compliqué, car
        1) ancré à droite (autrement dit : perçu comme partisan) : “liberté” française + “self-made-man” américain;
        2) très connoté intime, personnel, un-par-un. C’est le discours de la psychanalyse qui a parié sur l’absolue responsabilité du sujet (dans le cadre de la cure, pas “en général”).
        Est-ce que “souveraineté” n’est pas le nom politique de “responsabilité”? Si oui, on voit par quoi il faudrait commencer.

        Quoiqu’il en soit, on pourrait peut-être expliquer aux féministes 2.0 (et à leurs multiples suivants) qu’ils ont bien largement dépassé la question politique. Un homme siffle une femme dans la rue : est-ce un problème? Est-ce un problème politique?
        Je ne le crois pas. Le problème politique apparaît au moment où cela devient politisé, à partir du moment où des ministres discours et légifèrent sur ce simple problème de société.
        Le 14 mars vers 19h, vous écriviez que vous n’aviez pas les idées claires sur ce sujet (= la déferlante féministe, la boulimie de victimisme) : c’est pour moi la preuve, le signe, qu’un problème très puissant se cache là derrière.
        Persévérons !

        • Descartes dit :

          @ Cahen

          [« Le simple fait que ce discours permet de se défaire de toute responsabilité dans ses propres échecs en rejetant la responsabilité sur l’autre est-il suffisant pour expliquer cette boulimie de victimisme ? » Non, ce n’est pas suffisant (ni même nécessaire, d’ailleurs).]

          Je ne suis pas du totu d’accord. Il n’est peut-être pas suffisant, mais je suis convaincu que la possibilité offerte à nos classes intermédiaires de se défaire de leur sentiment de culpabilité est un moteur puissant des idéologies victimistes. En effet, la façon de vivre ses privilèges est très différente chez les bourgeois et chez les « intermédiaires ». Les bourgeois développent un discours qui justifie leurs privilèges : « nous sommes riches parce que nous investissons, parce que nous créons la richesse et l’emploi des autres, et nous sommes donc légitimes ». Les « intermédiaires » ont un toute autre mode de justification : elles nient l’existence même de ces privilèges en se configurant comme « victimes ».

          [Est-ce que “souveraineté” n’est pas le nom politique de “responsabilité”? Si oui, on voit par quoi il faudrait commencer.]

          Vous avez raison de souligner le lien entre les deux concepts. Effectivement, toute entité limitée par des règles qu’elle ne contrôle pas peut invoquer cette limitation pour rejeter la faute d’une mauvaise décision sur quelqu’un d’autre. Une entité « souveraine » est par définition pleinement responsable, puisqu’elle ne peut arguer d’aucune limitation dans son pouvoir de décision.

          [Quoiqu’il en soit, on pourrait peut-être expliquer aux féministes 2.0 (et à leurs multiples suivants) qu’ils ont bien largement dépassé la question politique. Un homme siffle une femme dans la rue : est-ce un problème? Est-ce un problème politique? Je ne le crois pas. Le problème politique apparaît au moment où cela devient politisé, à partir du moment où des ministres discours et légifèrent sur ce simple problème de société.]

          Ce n’est pas aussi simple. Cela devient un « problème » dès lors que la société donne un sens particulier à l’acte de siffler une femme dans la rue. Lorsque j’étais enfant, certaines jeunes femmes se plaignaient de NE PAS être sifflées. Parce que le sifflement admiratif, c’était une forme de reconnaissance, un peu comme dire « vous êtes très belle, mademoiselle » que certains commerçants se permettaient lorsqu’une cliente entrait dans leur magasin. NE PAS être sifflée, c’était le privilège des laides. On peut se demander si ce qui gêne les féministes dans le sifflement, c’est qu’il constitue un jugement esthétique. Et que nous vivons dans une société où personne ne supporte le jugement des autres…

  7. Ian Brossage dit :

    Bonsoir à tous,

    Concernant l’épidémie de coronavirus, le gouvernement a (enfin !) dépassé le stade de l’allumage de cierges.

    En passant, je conseille cet article suivant, écrit par des scientifiques :
    https://www.lequotidiendumedecin.fr/specialites/infectiologie/la-covid-19-est-un-reel-danger-deux-scientifiques-font-le-point-sur-le-coronavirus-sars-cov-2

    « « Nous sommes très préoccupés ». Pour les médecins qui souhaiteraient avoir un panorama complet des connaissances sur le nouveau coronavirus, deux scientifiques proposent une revue exhaustive de la littérature. Laurent Lagrost est Directeur de recherche à̀ l’INSERM. Didier Payen est l’ancien chef du service d’anesthésie-réanimation de l’Hôpital Lariboisière à Paris. »

    • Descartes dit :

      @ Ian Brossage

      [Concernant l’épidémie de coronavirus, le gouvernement a (enfin !) dépassé le stade de l’allumage de cierges.]

      Oui… enfin, pas tout à fait. Maintenir les élections municipales tout en demandant aux personnes fragiles (dont les personnes âgées) de ne pas sortir de chez elles, ça reste de la pensée magique. En général, le discours du président hier relevait de la pensée magique, mais comme je vais faire un papier sur le sujet, je ne dirai pas plus.

      • tmn dit :

        [Maintenir les élections municipales tout en demandant aux personnes fragiles (dont les personnes âgées) de ne pas sortir de chez elles, ça reste de la pensée magique]

        Apparemment (https://www.europe1.fr/emissions/ledito-politique-de-michel-darmon/edito-macron-voulait-reporter-les-municipales-mais-tout-le-monde-sest-ligue-contre-lui-3955042) Macron penchait pour reporter les élections, suivant en cela l’avis des scientifiques. Mais l’opposition, et Fabius l’en ont dissuadé. Tout proportion gardée, il est difficile de ne pas penser à la période précédant la débâcle de 1940, avec les petits intérêts politiques minables qui continuent à régenter le pays… Franchement quand on lit des choses comme “La droite ne veut pas être privée de cette élection qui doit donner le coup d’envoi de la bataille présidentielle.” alors qu’on confine le pays c’est quand même désespérant. D’ailleurs je me demande si ces élections ne pourront pas être facilement annulées, ne pourrait on pas dire que le scrutin est faussé par l’absence de nombreuses personnes fragiles ?

        J’ai toujours été fasciné par la description des périodes “troublées” de notre histoire, on a souvent du mal à se mettre à la place des protagonistes de l’époque. Là, certes en moins grave, on vit en direct quelque chose qui est tout de même de ce genre il me semble. Il y a du pas glorieux : vol de masques dans les hôpitaux, comportement peu responsable de certaines personnes, prix des gels hydroalcooliques qui flambent, égoïsme… mais aussi du bon : solidarité de certaines personnes, dévouement des soignants et de nombreux fonctionnaires (ces boulets qu’on traite de privilégiés à longueur d’année mais sont sur pont même le weekend en ce moment et dont on attend tout) pour organiser la chose…

        Au passage la soi disant “union” européenne montre quoi qu’en dise Macron son vrai visage : l’Allemagne (et sans doute pas uniquement elle) aurait refusé l’envoi de matériel médical à l’Italie… qui en reçoit de la Chine (http://www.rfi.fr/fr/europe/20200312-coronavirus-la-chine-envoie-m%C3%A9decins-et-mat%C3%A9riel-en-italie). C’est compréhensible mais… il faut arrêter de faire semblant qu’on est une “Union”.

        • Descartes dit :

          @ tmn

          [Apparemment (…) Macron penchait pour reporter les élections, suivant en cela l’avis des scientifiques. Mais l’opposition, et Fabius l’en ont dissuadé.]

          Comment ? Le président de la République sous la Vème ne serait-il pas ce « monarque républicain » ayant tous les pouvoirs et pouvant s’asseoir sur l’avis du Parlement ou celui des corps constitués ? C’est Mélenchon qui va être déçu…

          Trêve de plaisanteries. Je ne sais si Macron a vraiment voulu le report des élections, ou s’il fait courir cette rumeur pour s’exonérer de toute responsabilité dans leur maintien. Dans les deux hypothèses il donne une piètre image de la magistrature suprême. S’il s’agit d’un prétexte, d’une pirouette de communication, cela donne l’image d’un président faible et impuissant. Et s’il voulait vraiment reporter, il n’avait pas à se laisser détourner par des arguments d’opportunité venus de l’opposition, et encore moins par les arguments juridiques : on attend d’un président de la République « qu’il rende possible ce qui est nécessaire ». Si l’opposition s’oppose – et c’est son rôle – on a qu’à en débattre publiquement, et les Français trancheront. Et si le droit s’y oppose, tant pis pour le droit : « salus populi suprema lex est » (« le salut du peuple est la loi suprême »). Si le respect du droit est la garantie des libertés, savoir le violer à bon escient peut être la clé de la survie des nations. Et là encore, le peuple français est le juge ultime.

          [Tout proportion gardée, il est difficile de ne pas penser à la période précédant la débâcle de 1940, avec les petits intérêts politiques minables qui continuent à régenter le pays… Franchement quand on lit des choses comme “La droite ne veut pas être privée de cette élection qui doit donner le coup d’envoi de la bataille présidentielle.” alors qu’on confine le pays c’est quand même désespérant.]

          Désespérant je ne sais pas, mais éclairant certainement. Oui, la référence à 1940 est pertinente, au sens que c’est dans les grandes crises, dans les situations limites, que se révèlent les forces et les faiblesses des hommes et des nations, les petitesses des uns, les grandeurs des autres. Bien entendu, nous ne sommes pas devant une débâcle, ou les mécanismes normaux de l’Etat sont paralysés et que tout est à inventer. Mais à une échelle moindre, on peut voir les mêmes mécanismes à l’œuvre. Suffit de voir les prix qu’atteignent les masques de protection sur les sites de commerce en ligne pour s’en convaincre…

          [D’ailleurs je me demande si ces élections ne pourront pas être facilement annulées, ne pourrait on pas dire que le scrutin est faussé par l’absence de nombreuses personnes fragiles ?]

          La question se pose. J’aurais tendance à dire que le problème le plus grave n’est pas là. La question la plus sérieuse, est que le temps que les nouveaux exécutifs se mettent en place et soient opérationnels, il n’y aura personne au niveau des communes pour gérer la crise du coronavirus…

          [J’ai toujours été fasciné par la description des périodes “troublées” de notre histoire, on a souvent du mal à se mettre à la place des protagonistes de l’époque. Là, certes en moins grave, on vit en direct quelque chose qui est tout de même de ce genre il me semble. Il y a du pas glorieux : vol de masques dans les hôpitaux, comportement peu responsable de certaines personnes, prix des gels hydroalcooliques qui flambent, égoïsme… mais aussi du bon : solidarité de certaines personnes, dévouement des soignants et de nombreux fonctionnaires (ces boulets qu’on traite de privilégiés à longueur d’année mais sont sur pont même le weekend en ce moment et dont on attend tout) pour organiser la chose…]

          Tout à fait d’accord. Je vais faire un papier sur la question…

          [Au passage la soi disant “union” européenne montre quoi qu’en dise Macron son vrai visage : l’Allemagne (et sans doute pas uniquement elle) aurait refusé l’envoi de matériel médical à l’Italie… qui en reçoit de la Chine (…). C’est compréhensible mais… il faut arrêter de faire semblant qu’on est une “Union”.]

          Oh… mais il y a pire : la commission européenne attaque le décret de réquisition des masques de protection pris par le gouvernement français au motif qu’il « contrevient à la libre circulation des marchandises ». Quand on sait que ce décret a été pris pour empêcher les détenteurs de stocks d’aller les vendre au plus offrant en profitant de la pénurie, on mesure l’ironie de la réaction européenne…

  8. bernard dit :

    Bonjour je viens de lire le programme de la liste PCF de mon patelin et la aussi ça fait sourire : il faut changer les noms des rues et donner des noms de femmes !! et ben

    • Descartes dit :

      @ bernard

      [Bonjour je viens de lire le programme de la liste PCF de mon patelin et la aussi ça fait sourire : il faut changer les noms des rues et donner des noms de femmes !! et ben]

      Le grand soir n’est pas loin.

    • Ian Brossage dit :

      Ah ben… chez moi la FI veut transformer un commissariat en « maison des résistances ».
      Je sens qu’ils vont encore faire 2%.

  9. Sami dit :

    Voilà, tout cela, c’est bien une tentative pour remplacer la bonne vieille (mais terrifiante) lutte des classes (qui décidément, coriace, s’accroche et ne veut pas disparaître humblement : voir le phénomène GJ) par la hyper lutte sociétale, sympathoche, moderne, et surtout épuisante, mais sans conséquence dangereuse pour le vrai pouvoir. Au contraire !
    De la bonne “ingénierie sociale”, faut l’admettre ; ils sont forts, les bougres.
    Merci pour toutes ces réflexions.

  10. VIO59 dit :

    Dommage, c’est grâce à un bénévole comme vous que j’ai fait trois mois de judo quand j’étais petit avant que la famille déménage. Je suis donc resté ceinture blanche, mais je me souviens encore parfaitement des trois mouvements que j’ai appris (ippon seoi nage, harai goshi et o’soto gari) et je suis sûr que je saurais encore les exécuter. J’en ai gardé aussi un meilleur sens de l’équilibre.

    • Descartes dit :

      @ VIO59

      [Dommage, c’est grâce à un bénévole comme vous que j’ai fait trois mois de judo quand j’étais petit avant que la famille déménage.(…)]

      Dommage que vous n’ayez pas continué. C’est un sport magnifique, non seulement pour le physique (la souplessse, l’équilibre, le développement musculaire, cardiaque et respiratoire) mais aussi pour sa valeur pédagogique: la sacralité des règles qui empêchent qu’on se fasse du mal à l’autre…

  11. Cahen dit :

    Il me semble que votre analyse marxiste (réponse à cdg du 11 mars) pose de nombreux problèmes.
    Le premier, empirique, est que Trump est à la fois au dessus ou à côté du féminisme de genre (on pourrait dire qu’il se comporte comme un gros macho, et de fait il milite contre ce féminisme). Or, il perpétue allègrement l’ordre économique. Il semble qu’il veuille en revenir au bon vieux capitalisme de l’Oncle Sam, en chassant d’un geste de la main ce qu’il considère à tort ou à raison comme la pègre mondialiste, les évangélistes de la société ouverte.
    Le deuxième, c’est qu’elle est compatible avec ce féminisme de genre que vous contestez. Ainsi quand vous écrivez que la différence entre “toucher des mains” et “toucher des fesses” n’est que socialement constituée vous autorisez l’idéologie du féminisme linguistique (le langage inclusif, la féminisation systématique, la disparition du mot “homme”, …). En effet, cette idéologie se base précisément sur le fait que la langue est une construction sociale et qu’elle reflète et véhicule l’idéologie des idéologies : la domination masculine, universelle.
    Le féminisme linguistique n’est ni un petit combat, ni ne favorise le renoncement à la contestation de l’ordre économique (FI et PCF en sont la preuve).
    Le problème est plus complexe, logique essentiellement. Comme vous le dites (à Claustaire même jour) l’alternative “oui/non” n’est nullement simple (en matière de relations humaines, c’est à dire ici : sexuelles). Elle est pour commencer dissymétrique. Ensuite, elle est dynamique, et ne se fige que par le mariage (et encore! Cf. les viols des maris sur leurs femmes!)

    Pour en revenir à la pratique du sport, vous avez raison, et vous le dites très bien : l’institution est attaquée par le féminisme. Il y a un risque de santé publique : “le sport, c’est la santé”. Ceci étant dit, la société atomisée en groupes d’intérêts a déjà trouvé une alternative : le sport en “salle de sport”, les clubs “être en forme” où aucun contact n’est prévu, individualisme oblige.
    Mais la raison du succès de la déferlante des ces nouvelles féministes, vous ne semblez pas l’avoir bien atteinte. Encore un effort, camarade descartes!!!

    • Descartes dit :

      @ Cahen

      [Il me semble que votre analyse marxiste (réponse à cdg du 11 mars) pose de nombreux problèmes.
      Le premier, empirique, est que Trump est à la fois au dessus ou à côté du féminisme de genre (on pourrait dire qu’il se comporte comme un gros macho, et de fait il milite contre ce féminisme). Or, il perpétue allègrement l’ordre économique. Il semble qu’il veuille en revenir au bon vieux capitalisme de l’Oncle Sam, en chassant d’un geste de la main ce qu’il considère à tort ou à raison comme la pègre mondialiste, les évangélistes de la société ouverte.]

      Je pense que vous faites erreur dans votre analyse. Trump perpétue certainement l’ordre économique capitaliste, mais Clinton aurait fait la même chose. Or, les électeurs américains n’avaient pas de troisième choix. Vous noterez tout de même que Trump est plus proche d’un capitalisme « national » (celui qui est obligé de partager avec les « cols bleus ») alors que Clinton était elle plus proche de la logique du capitalisme « mondialisé » (celui qui les laisse tomber). Et que Trump, avec sa logique « macho » a l’opposé du féminisme de genre a réussi à obtenir le soutien des « cols bleus » et autres « rednecks ». On peut donc difficilement dire que l’élection de Trump contredit mon analyse.

      [Le deuxième, c’est qu’elle est compatible avec ce féminisme de genre que vous contestez. Ainsi quand vous écrivez que la différence entre “toucher des mains” et “toucher des fesses” n’est que socialement constituée vous autorisez l’idéologie du féminisme linguistique (le langage inclusif, la féminisation systématique, la disparition du mot “homme”, …). En effet, cette idéologie se base précisément sur le fait que la langue est une construction sociale et qu’elle reflète et véhicule l’idéologie des idéologies : la domination masculine, universelle.]

      Au contraire. Que la langue soit une construction sociale est une évidence, qui n’a pas attendu les féministes linguistiques pour s’imposer. Ce que les féministes linguistiques proclament, c’est le rapport inverse : que la société est une construction linguistique, et que par conséquent il suffit de changer la langue pour changer la société. Mon commentaire ne va donc nullement dans le sens du « féminisme linguistique ».

      [Pour en revenir à la pratique du sport, vous avez raison, et vous le dites très bien : l’institution est attaquée par le féminisme. Il y a un risque de santé publique : “le sport, c’est la santé”. Ceci étant dit, la société atomisée en groupes d’intérêts a déjà trouvé une alternative : le sport en “salle de sport”, les clubs “être en forme” où aucun contact n’est prévu, individualisme oblige.]

      Le succès des « salles de musculation » et autres « clubs de mise en forme » ou chacun fait son programme sur sa machine alors que par ailleurs les clubs sportifs locaux tendent à péricliter me paraît en effet illustrer parfaitement le problème. Je suis triste de penser que les nouvelles générations ne bénéficieront pas de la formation physique mais aussi morale que pouvaient donner les clubs sportifs.

      [Mais la raison du succès de la déferlante des ces nouvelles féministes, vous ne semblez pas l’avoir bien atteinte. Encore un effort, camarade descartes!!!]

      Le travail de l’analyste n’est jamais complet… et sur ce point, je l’avoue, je ne prétends pas avoir les idées claires…

      • VIO59 dit :

        @Descartes

        “Ce que les féministes linguistiques proclament, c’est le rapport inverse : que la société est une construction linguistique, et que par conséquent il suffit de changer la langue pour changer la société.”

        C’est exactement ce que je leur reproche. Toutes les tentatives en ce sens ont échouées. Et ce n’est pas nouveau.

        On a remplacé les chômeurs par les demandeurs d’emploi ? Bientôt la deuxième expression a pris les mêmes connotations que la première, et j’ai entendu des travailleurs sociaux dès les années 1990 proposer le terme de chercheur d’emploi pour donner une image plus active et dynamique à la masse des intéressés. J’ai dit que cela ne servirait à rien, et proposé l’expression prospecteur d’emploi pour le coup suivant.

        A rebaptiser séniors les petits vieux auxquels on vole leur retraite on ne réussira qu’à changer le sens du mot sénior.

        J’attends de la langue qu’elle permette de décrire les choses telles qu’elles sont, même avec retard puisque Marx nous a appris que c’est inévitable, et surtout pas telles que quelqu’un voudrait qu’elles soient.

        • Descartes dit :

          @ VIO59

          [“Ce que les féministes linguistiques proclament, c’est le rapport inverse : que la société est une construction linguistique, et que par conséquent il suffit de changer la langue pour changer la société.” C’est exactement ce que je leur reproche. Toutes les tentatives en ce sens ont échouées. Et ce n’est pas nouveau.]

          Oui… et non. La langue est aussi l’instrument avec lequel on pense. Et si certains concepts sont absents dans la langue, ils deviennent impensables. Orwell avait raison : il y a des conversations des années 1950 qui sont incompréhensibles pour un jeune d’aujourd’hui, tant la langue a été appauvrie et avec elle la pensée. Là où à mon sens les féministes se trompent, c’est qu’elles se concentrent moins sur la question de la richesse conceptuelle et formelle de la langue que sur sa forme grammaticale. Comme si le fait que le mot « liberté » ait un genre grammatical féminin déterminait l’idée qu’on se fait de la liberté.

          • Cahen dit :

            Je ne pense pas que l’on puisse si facilement dire “la langue est une construction sociale, et c’est évident”. Il faudrait mieux dire “construction historique ” et préciser que des éléments logiques viennent s’y rajouter (négation, opposition, parallélisme, …), lesquels sont des universaux. Lévi-Strauss, que je prends ici pour argent comptant, écrivait en 1962 “La pensée sauvage” : il y exhibait les invariants qui existent entre la pensée des sauvages (=autochtones = indigènes = loin du monde occidental) et la pensée occidentale (gréco-judéo-chrétienne).
            Deuxièmement, la langue n’est pas un réceptacle pour la réalité extérieure (la nature) et intérieure (la pensée). Ainsi VIO59-16 mars a tort d’attendre de la langue qu’elle dise les choses telles qu’elles sont. Quid des néologismes, de l’invention, de la poésie, des mathématiques?
            Partant, quelle est l’escroquerie à dire “sénior” au lieu de “vieux” et “agent de surface” pour “femme de ménage”?
            Et quel est le rapport avec ce féminisme linguistique (ou 2.0), qui est un cas particulier du slogan “changeons la langue et nous changerons alors la société”?
            Et bien, comme l’écrit VIO59, cela ne sert à rien; pire, c’est décevant. On croyait progresser : on n’a fait que régresser. Il me semble que il s’agit là d’un vieux débat (la langue est-elle une superstructure?) et qu’on y avait répondu (non, en l’occurence). La langue parlée n’est pas régentable et c’est pourtant ce que les féministes veulent nous faire gober.
            LE problème , c’est qu’on laisse planer l’idée qu’elles n’auraient pas tort.

            [Comme si le fait que le mot « liberté » ait un genre grammatical féminin déterminait l’idée qu’on se fait de la liberté.]

            Descartes, je pense que vous allez trop vite ici ! Le genre d’un mot, comme sa structure, son étymologie, sa musique ne peuvent pas ne pas déterminer l’idée qu’on se fait du signifié, du sens du mot.
            Bon, j’avance la thèse : le problème c’est que les féministes se prennent au sérieux. C’est pour cela que vous aviez raison de dire “prétendues telles” (pour les victimes de “violences” sexuelles) : les gens CROIENT, malgré l’absence de preuve et d’objectivité. C’est pour cela qu’aucun débat serein (sauf chez vous?) n’est possible sur ces questions.
            Merci de le faire vivre.

            • Descartes dit :

              @ Cahen

              [Je ne pense pas que l’on puisse si facilement dire “la langue est une construction sociale, et c’est évident”. Il faudrait mieux dire “construction historique ” et préciser que des éléments logiques viennent s’y rajouter (négation, opposition, parallélisme, …), lesquels sont des universaux.]

              Je me demande si vous ne coupez les cheveux en quatre. La langue, comme toute construction sociale, est une construction historique. Mais elle reflète l’histoire d’une société, et c’est en ce sens qu’on peut parler d’une « construction sociale ». Certaines catégories linguistiques sont universelles, parce que tous les hommes ont besoin d’expression qui sont universelles : tous les hommes ont besoin de faire la différence entre le présent, le passé, le futur, entre ce qui est vraiment arrivé et ce qui pourrait arriver.

              [Ainsi VIO59-16 mars a tort d’attendre de la langue qu’elle dise les choses telles qu’elles sont. Quid des néologismes, de l’invention, de la poésie, des mathématiques?]

              C’est surtout que pour « dire les choses comme elles sont », il faudrait que notre perception des choses soit univoque…

              [Partant, quelle est l’escroquerie à dire “sénior” au lieu de “vieux” et “agent de surface” pour “femme de ménage”?]

              L’escroquerie ne se trouve pas dans la langue, mais dans l’intention. Pourquoi a-t-on changé la désignation des femmes de ménage pour en faire des agents de surface ? Quelle était l’intention de ceux qui ont poussé à ce changement ?

              [« Comme si le fait que le mot « liberté » ait un genre grammatical féminin déterminait l’idée qu’on se fait de la liberté. » Descartes, je pense que vous allez trop vite ici ! Le genre d’un mot, comme sa structure, son étymologie, sa musique ne peuvent pas ne pas déterminer l’idée qu’on se fait du signifié, du sens du mot.]

              Je ne crois pas que le genre grammatical d’un mot abstrait change beaucoup l’idée qu’on se fait du concept qui est derrière. Si « liberté » était un mot masculin, est-ce que cela changerait quelque chose ?

  12. luc dit :

    MACRON N’EST IL PAS PROBABLEMENT AMOUREUX DE SCHIAPPA ?

    Je vous imagine en lisant ça , désabusé ,par ce triste rebondissement féministe,non ?
    Les états d’âme amoureux de Macron , marié à 40 ans , à une quasi septuagénaire , sont un des paramètres de l’actuelle équation politique où Macron se refait une popularité dans son rôle du grand organisateur de la lutte contre le covid 19,non ?
    Il y a quelque chose dont on a pas assez tenu compte dans le discours de Macron et l’incroyable retournement en faveur du service public auquel nous avons eu droit,hier.
    Les échos qui filtrent font état de la manière dont il a tenté le report des élections dans un mélange de politicien et de lucidité face à une situation dont il porte l’entière responsabilité, lui et les médias aux ordres.
    Depuis son discours du 13/03,Macron ne ressemble t il pas au De Gaulle du 18 juin 1940 ?
    Ne faudrait il pas faire comme Trump , promettre un test gratuit pour chaque français ?

    • Descartes dit :

      @ luc

      [MACRON N’EST IL PAS PROBABLEMENT AMOUREUX DE SCHIAPPA ?]

      Franchement, cela m’étonnerait. Schiappa est utile politiquement, mais cela me surprendrait beaucoup qu’il y ait une affaire entre eux.

      [Les états d’âme amoureux de Macron , marié à 40 ans , à une quasi septuagénaire , sont un des paramètres de l’actuelle équation politique où Macron se refait une popularité dans son rôle du grand organisateur de la lutte contre le covid 19, non ?]

      Je ne vois pas très bien en quoi les amours de Macron seraient « un paramètre de l’équation politique ». Je doute par ailleurs que notre président soit très porté sur la chose.

      [Il y a quelque chose dont on a pas assez tenu compte dans le discours de Macron et l’incroyable retournement en faveur du service public auquel nous avons eu droit hier.]

      Oui, on a pu voir encore une fois que le macronisme n’a pas de boussole idéologique, qu’il est libéral et européen quand ça l’arrange, et étatiste et nationaliste quand les choses se gâtent.

      [Les échos qui filtrent font état de la manière dont il a tenté le report des élections dans un mélange de politicien et de lucidité face à une situation dont il porte l’entière responsabilité, lui et les médias aux ordres.]

      « Entière responsabilité » ? N’exagérons rien.

      [Depuis son discours du 13/03, Macron ne ressemble-t-il pas au De Gaulle du 18 juin 1940 ?]

      Vous pensez vraiment ça ?

  13. Pierre dit :

    Suite aux événements récents, je repense souvent à vos évocations de la place du tragique en politique.
    Manifestement, la classe politique se prend le tragique de la situation actuelle en pleine gueule, Macron autant que les autres (Larcher et Fabius qui ont poussé pour le maintient des élections et qui risquent d’avoir à l’assumer si les choses empirent…)
    Peut on espérer que cette pandémie remette nos politiques face à leurs responsabilités vis à vis du peuple ? L’avenir le dira.
    Dans le discours de Macron, il y a eu un passage assez surréaliste ayant trait au retablissement de notre souveraineté via les infrastructures et les relocalisations, « coûte que coûte ».
    Feu de paille ou vraie prise de conscience, encore une fois seul l’avenir le dira.
    Peut être ne peut on pas exclure que remis face au réel (gilets-jaunes, crise sanitaire et financière mondiale…) ce jeune président soit tenté de « faire l’Histoire »…
    je suis un indecrottable optimiste 🙂

    • Descartes dit :

      @ Pierre

      [Suite aux événements récents, je repense souvent à vos évocations de la place du tragique en politique. Manifestement, la classe politique se prend le tragique de la situation actuelle en pleine gueule,]

      Oui, mais sans vraiment l’assumer. Aucun politique n’a encore réalisé que dans la situation actuelle, tous les choix conduisent pour lui au désastre. On l’avait vu lors de la précédente épidémie H1N1 : si vous faites des stocks importants, on vous accusera de gaspiller l’argent public. Si vous n’en faites pas, on vous accusera d’imprévision. Fabius avait pris dans l’affaire du sang contaminé les bonnes décisions compte tenu de ce qu’on savait à l’époque, et pourtant on lui a reproché de ne pas avoir fait plus. Alors, autant faire ce qu’on estime juste, et attendre le jugement de l’histoire.

      [Macron autant que les autres (Larcher et Fabius qui ont poussé pour le maintient des élections et qui risquent d’avoir à l’assumer si les choses empirent…)]

      Pourquoi Larcher et Fabius devraient-ils « assumer » quoi que ce soit ? C’est Macron qui est président, c’est à lui de décider. Si on a donné des pouvoirs importants au président de la République, ce n’est pas pour qu’il se laisse circonvenir par le président du Sénat ou celui du Conseil constitutionnel. Si ces gens-là s’opposent à ce que le président de la République estime nécessaire, ce dernier peut toujours prendre à témoin le peuple français, qui est le juge ultime en matière politique. C’est en tout cas ce qu’un président imbu du sens du tragique aurait fait.

      [Peut-on espérer que cette pandémie remette nos politiques face à leurs responsabilités vis à vis du peuple ? L’avenir le dira.]

      En tout cas, c’est un bon test pour nos institutions. Qui ne s’en sortent finalement pas si mal que ça…

      [Dans le discours de Macron, il y a eu un passage assez surréaliste ayant trait au rétablissement de notre souveraineté via les infrastructures et les relocalisations, « coûte que coûte ». Feu de paille ou vraie prise de conscience, encore une fois seul l’avenir le dira.]

      Le discours de Macron est – lorsqu’on connaît le personnage – totalement surréaliste de bout en bout. C’est un croisement entre la pensée magique (« l’Europe fera ceci », « l’Europe fera cela ») et le reniement de tout ce que le macronisme a prétendu être ou presque. Comme vous dites : prise de conscience ou « truc de com » ?

  14. Bonsoir Descartes,

    Je partage avec vous et vos lecteurs cet article du Monde qui me paraît hallucinant ! Bon sang, comment la France a-t-elle pu en arriver là ?

    https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=3018488288195093&id=189537414423542

    • Descartes dit :

      @ Jean-François

      [Je partage avec vous et vos lecteurs cet article du Monde qui me paraît hallucinant ! Bon sang, comment la France a-t-elle pu en arriver là ?]

      Devant une crise massive, et alors qu’elle occupe une responsabilité nationale ou la vie et la mort de ses concitoyens dépend de sa capacité à prendre les bonnes décisions, elle quitte son poste de combat pour poursuivre une aventure personnelle. Et maintenant qu’elle s’est cassé le nez, elle pleure parce qu’elle n’a plus de poste, plus de fonction… Que le président, que le premier ministre aient permis ce départ, qu’elle y ait consenti, montre bien à quel point on ne peut gouverner sans le sens du tragique.

  15. Luc dit :

    Retour de l’état providence , fin de l’austérité budgétaire avec l’oubli des 3% , valorisation des gens de ‘peu’ , soignants , fonctionnaires , travailleurs précaires , fermeture des frontières , l’acte 2 ne commence t il
    pas par ce tragique covid 19?

    • Descartes dit :

      @ Luc

      [Retour de l’état providence, fin de l’austérité budgétaire avec l’oubli des 3%, valorisation des gens de ‘peu’, soignants, fonctionnaires, travailleurs précaires, fermeture des frontières;]

      Ca s’appelle “l’hommage du vice à la vertu”…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *