Front de Gauche: les alliances bancales du PCF

Le Front de gauche va mal. Et ce n’est pas la première fois. En fait, on retrouve les psychodrames qui se reproduisent avant chaque élection, lorsqu’il ne s’agit plus de se moquer ensemble de Sarkzoy ou de participer à telle ou telle manifestation, mais de se répartir les positions de pouvoir. Marx l’avait déjà dit: aussi longtemps qu’on reste dans le monde des idées, tout va bien. C’est lorsqu’on descend dans le monde matériel que les difficultés commencent…

 

Il faut dire que le PCF a le chic pour commettre systématiquement les mêmes erreurs. A savoir, chercher des alliances avec des groupuscules gauchistes. Ce que le PCF ne veut pas comprendre, c’est que chercher ce type d’alliance revient pour le PCF à se marier avec une épouse dont l’un des buts dans la vie est de lui administrer une bonne ration d’arsenic dans le potage. De plus, ce sont structurellement des alliances très chères: n’ayant rien à perdre, les groupuscules tendent à faire monter les enchères et à exiger des postes et des candidatures largement au delà de leur représentativité réelle.

 

Le PCF aurait du tirer les leçons de l’échec des CUAL. Il ne l’a pas fait. Il faut dire que le PCF a une circonstance atténuante: lors de la scission du PS qui donne naissance au PG, ses dirigeants sont tout sourire envers le PCF. De plus, ils proclament une ligne politique “républicaine” qui n’est pas si loin de la vision du monde traditionnelle des communistes. Le PG à ses débuts proclame sa volonté de ne pas chasser sur les terres du PCF, mais d’être complémentaire avec lui, en devenant le “parti creuset”, l’usine à idées qui pourrait redynamiser le vieux parti de la classe ouvrière.

 

Mais c’était oublier qui sont les dirigeants du PG. Pour la plupart, des anciens dirigeants gauchistes passés par différentes organisations politiques “de gouvernement” (le PS pour Mélenchon, les Verts pour Billard…). Et comme le dit l’adage “gauchiste un jour, gauchiste toujours”. Il n’y a qu’à voir comment se passe la négociation de l’accord pour les élections présidentielles et législatives de 2012. Ou du moins ce qu’on arrive à en savoir, parce que les différentes organisations ont été remarquablement discrètes sur l’état des négociations.

 

Passons sur la question du programme, qui, si l’on croit les dirigeants du PG, “ne comporte plus de points de désaccord” (1), et venons à la question des candidatures. La dernière proposition du PG, la voici: 70% pour le PCF, 20% pour le PG, 10% pour la GU et les “divers”. En d’autres termes, le parti qui représente 95% (au bas mot) des ressources militantes et la quasi totalité des ressources financières de l’alliance aurait 70% des candidatures, alors que la GU et les divers, dont la représentativité dans le territoire est nulle, auraient 10% ? C’est une curieuse vision de ce que serait une juste répartition. Mais ce n’est pas là l’élément le plus révélateur.

 

Le PG ne s’est pas contenté de proposer des pourcentages. Il a aussi revendiqué une liste de circonscriptions. Et parmi elles, on trouve la 14ème circonscription du Rhône. Celle dont le député sortant est le communiste André Gérin, connu pour son opposition virulente au choix de Jean-Luc Mélenchon comme candidat unique du Front de Gauche à la présidence de la République. Les chances pour le PG d’obtenir la circonscription sont bien entendu minimes, mais le message ici est clair: ceux qui s’opposeront aux projets du PG seront sanctionnés. Et on attaque le point faible de tout élu, à savoir, sa circonscription. Gageons que d’autres élus communistes, critiques de la stratégie de leur parti mais soucieux de garder leur postes, réfléchiront deux fois avant de prendre position publiquement…(2)

 

Mais l’affaire Gérin pose une question bien plus cruciale. Alors que le PG a toujours promis juré que l’objectif de faire réélire les sortants était intangible (et que la “proposition” du PG inclut ce principe), il déroge immédiatement dès que la négociation commence. Comment dans ces conditions les militants communistes pourraient-ils faire confiance au candidat présidentiel Mélenchon pour respecter l’accord “présidentielles-législatives” une fois que la présidentielle aura eu lieu ? Car il ne faut pas oublier que toute cette construction repose sur la confiance. Qu’est ce qui empêchera le candidat Mélenchon, auréolé par un résultat honorable aux présidentielles, de déchirer cet accord et de soutenir dans telle ou telle circonscription le candidat qui aurait sa préférence ?

 

On voit ici que l’admiration proclamée des dirigeant du PG pour François Mitterrand n’est pas qu’une pure nostalgie. Ce n’est pas pour rien qu’ils ont été formés par “le vieux”, lui même un expert dans l’utilisation de l’intimidation et dans l’exploitation des faiblesses personnelles de ses adversaires. Mitterrand a utilisé exactement la même stratégie en 1978 pour “vampiriser” le PCF. Les dignes élèves de Mitterrand ne font que reproduire ce schéma avec quelques variations.

 

En bonne logique, la direction du PCF aurait du rompre les négociations et informer la conférence nationale (qui se réunit ce week-end) du non respect par ses partenaires de l’une des conditions fondamentales posées par le Conseil national du PCF, à savoir, la reconduction des sortants. Bien entendu, la direction du PCF ne le fera pas. Car cette direction, décidément la plus bête que le PCF ait jamais eu, retombe à chaque fois dans le même panneau. Elle s’est engagé “indéfectiblement” sur la stratégie de Front de Gauche sans préparer une stratégie alternative au cas où ça tournerait mal. C’est cette impréparation qui rend le PCF vulnérable au chantage des groupuscules qui n’ont pas grande chose à perdre. Car sans stratégie alternative, le coût de la rupture serait énorme et le PG le sait parfaitement. On se retrouve exactement dans la situation qui a précédé la rupture des CUAL, qui elle même était une variation de la rupture du programme commun en 1978.

 

On peut donc anticiper que la direction du PCF ajoutera une capitulation de plus à la longue liste de celles qu’elle aura consenties en recommandant un vote favorable à la candidature Mélenchon alors qu’aucune des exigeances votées par le Comité national n’est à ce jour remplie. Comme d’habitude, “on verra plus tard”…

 

 

Descartes

 

 

 

(1) On peut donc s’attendre à un texte vague et éliptique, seule manière d’aplanir les énormes désaccords entre les différentes organisations. Quant au chiffrage précis des propositions…

 

(2) Je ne serais pas surpris de voir apparaître dans la 14ème circonscription du Rhône des candidatures législatives gauchistes plus ou moins soutenues par le PG pour faire battre Gérin. Ce genre de pratiques maffieuses qui font partie des traditions du PS semblent avoir été conservées par une certaine frange du PG…

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14 réponses à Front de Gauche: les alliances bancales du PCF

  1. Marcailloux dit :

    Bonjour…….mais faut-il le qualifier ainsi ?
    Immense déception à la lecture du titre de votre dernier billet. Je m’attendais avec impatience à :
    Révélation de choc : la reine Victoria est finalement devenue soixante neuf hard !
    Je sais, c’est vulgaire, même trivial mais c’est ma compulsion de ne pouvoir résister à un mauvais jeu de mot.. À son seul avantage, elle ne fait courir des risques qu’ à son auteur.
    Puis vous écrivez ensuite :
    « Marx l’avait déjà dit: aussi longtemps qu’on reste dans le monde des idées, tout va bien. »
    En lisant les commentaires et réponses des billets précédents, un peu genre sado- maso, je me demande avec effroi ce que nous réserve le passage aux actes !
    J’ose espérer que les plaisanteries, non inscrites dans votre suggestion de sujets, peuvent s’assimiler à de la poésie de dérision.
    À plus tard pour le fond (s, ?) de ce billet.

    • Descartes dit :

      Immense déception à la lecture du titre de votre dernier billet.

      J’avoue que j’ai beaucoup de mal avec mes titres… en général, il leur manque toujours quelque chose. Faut dire que le titrage, c’est un véritable art…

       

  2. Marcailloux dit :

    Vous écrivez:
    « En d’autres termes, le parti qui représente 95% (au bas mot) des ressources militantes et la quasi totalité des ressources financières de l’alliance aurait 70% des candidatures »

    Les ressources militantes ne valent que par ce qu’elles sont susceptibles de produire (discours capitaliste) . En d’autres termes, le PC serait –t –il en mesure d’aligner un million de militants,
    s’ils sont seuls à voter PC cela ne fait que 2 à 3% des votants. C’est le nombre qu’ils “pèsent” en matière électorale. Pas de quoi rouler les mécaniques!
    On n’en est plus au temps de papa et de la fameuse question : le PC, combien de divisions ? On est dans la guerrilla et Napoléon avec ses troupes en rang d’oignons n’a plus place qu’au cinéma et
    dans les livres d’histoire.

    Vous écrivez encore:
    « Le PG ne s’est pas contenté de proposer des pourcentages. Il a aussi revendiqué une liste de circonscriptions. ……….Les chances pour le PG d’obtenir la circonscription sont bien entendu minimes,
    mais le message ici est clair: ceux qui s’opposeront aux projets du PG seront sanctionnés. ………………..Qu’est ce qui empêchera le candidat Mélenchon, auréolé par un résultat honorable aux
    présidentielles, de déchirer cet accord et de soutenir dans telle ou telle circonscription le candidat qui aurait sa préférence ? »

    Mais, cher Descartes, en démocratie ce sont en dernirer ressort les électeurs qui tranchent. J’espère que cet infime détail ne vous a pas échappé.Ils n’ont en aucun cas vocation à figurer à l’actif
    de qui que ce soit. Ce sont de mauvaises habitudes que nos représentants politiques de “gôche” ont copiés à nos amis capitalistes.
    S’ils estiment que la « manœuvre » n’est pas légitime, les électeurs sanctionneront .
    On pourrait toujours se poser la question tout autant légitime de : à qui reviendrait le mérite d’avoir porté le FdG, donc le PC à 10, 12 ou 15 % ce qui serait alors qualifiés de remontée
    historique par ceux là mêmes qui se seraient opposés à l’alliance . Vous savez bien mieux que moi que la vie politique est faite de trahisons, ne soyez pas naîf !
    Car enfin, que fait depuis des années le PC pour porter haut et fort un message audible, crédible et compréhensible à l’intention du prolétariat – j’entend par là tout ceux, à des degrés divers qui
    n’ont que leur force de travail pour subsister, y compris les « favorisés » à 3,4,ou 5 fois le SMIC, quand bien même leur activité pourrait les faire suspecter d’alliance avec la classe exploitante
    -,que fait – il sinon à longueur d’année entretenir des querelles autour des prébendes accordées ou préservées à ses baronnets.
    Peut être le PC a –t –il raté l’occasion lors de sission de la gauche du PS pour reconstituer un grand parti de gauche radicale, en modifiant le cas échéant son nom, trop connoté dans l’esprit des
    électeurs et laissant se développer en son sein des voix (et des voies) genre Mélanchon, Emmanuelli, Chevènement etc… . Il aurait fallu peut – être faire le ménage dans les rangs .
    Mais à ménager la chèvre et le choux…..

    • Descartes dit :

      Les ressources militantes ne valent que par ce qu’elles sont susceptibles de produire (discours capitaliste) . En d’autres termes, le PC serait –t –il en mesure d’aligner un million de
      militants, s’ils sont seuls à voter PC cela ne fait que 2 à 3% des votants. C’est le nombre qu’ils “pèsent” en matière électorale

      Admettons. Mais le PCF a fait, aux dernières législatives, un peu plus de “2 à 3% des votants”. Pour être précis, il a fait 4,29% en 2007. Combien penses-tu que ferait le PG ou la GU tout seuls
      nationalement ?

      Les élections régionales et cantonales ont montré que l’apport électoral du PG et de la GU est faible ou inexistant. Le PCF avait fait 8,82% aux cantonales de 2008 et 7,79% à celles de 2004. Si
      l’on fait une projection linéaire (c’est juste une hypothèse), on tombe autour de 9,8% en 2011… alors que le Front de Gauche n’a pas dépassé les 9%. A partir de ces chiffres, difficile de dire
      si le PG et la GU apportent des voix au FdG. En tout cas, ils n’apportent certainement pas à eux deux 30% des voix…

      On n’en est plus au temps de papa et de la fameuse question : le PC, combien de divisions ? On est dans la guerrilla et Napoléon avec ses troupes en rang d’oignons n’a plus place qu’au cinéma
      et dans les livres d’histoire.

      Je vois mal ce que la “guerrilla” vient faire là dedans. Tu crois vraiment qu’on peut gagner aujourd’hui une élection présidentielle ou législative sans avoir des grosses “divisions” ? Qu’un
      groupe de franct-tireurs de la politique peut conquérir le pouvoir dans un pays comme la France ? Tu rêves…

      Mais, cher Descartes, en démocratie ce sont en dernirer ressort les électeurs qui tranchent. J’espère que cet infime détail ne vous a pas échappé.

      Si ce sont les électeurs qui tranchent, alors pourquoi toute cette insistance à présenter un candidat unique ? Laissons le PG présenter Mélenchon, et le PCF Chassaigne ou Guerin (ou pourquoi pas
      les deux…) et comme ça les électeurs auront toute liberté de “trancher”…

      Oui, les électeurs tranchent en dernier ressort. Mais seulement parmi les options qui leur sont proposées. L’étape qui consiste à limiter ces options en présentant des candidats uniques n’est
      donc pas innocente.

      Ils n’ont en aucun cas vocation à figurer à l’actif de qui que ce soit.

      Arrêtons de nous raconter des histoires. Les électeurs tranchent, mais ils tranchent en confiance, et non pas en jugement. On vote telle ou telle personnalité, tel ou tel parti parce qu’on a
      confiance en eux, sur la base d’une expérience antérieure. Et cette confiance, c’est un capital qui peut être inscrite à l’actif de telle ou telle organisation. D’ailleurs, je trouve ton
      raisonnement paradoxal. En haut de ce message tu m’expliques que la répartition des candidatures doit se faire en fonction des voix que chaque organisation amène au pot. Et maintenant tu
      m’expliques que les voix n’appartiennent à personne ?. Fort bien, si les électeurs ne sont à l’actif de personne, il ne reste pour jauger le poids de telle ou telle organisation que le nombre des
      militants. Et à ce jeu, le PCF doit avoir 95% des candidatures.

      S’ils estiment que la « manœuvre » n’est pas légitime, les électeurs sanctionneront.

      Les faits sont têtus. Et ils montrent que les partis politiques conservent un électorat “fixe” assez important en fait, les électeurs “variables” étant finalement les moins nombreux.

      On pourrait toujours se poser la question tout autant légitime de : à qui reviendrait le mérite d’avoir porté le FdG, donc le PC à 10, 12 ou 15 % ce qui serait alors qualifiés de remontée
      historique par ceux là mêmes qui se seraient opposés à l’alliance.

      Pour que cette question soit “légitime”, encore faudrait-il que le FdG soit à 10, 12 ou 15%, ce qui est très loin d’être le cas. En attendant, ta question est aussi “légitime” que de se demander
      pourquoi les martiens ont construit la tour Eiffel.

      Vous savez bien mieux que moi que la vie politique est faite de trahisons, ne soyez pas naîf

      Oh… on m’avait traité de beaucoup de choses dernièrement, mais de “naïf”… jamais! Merci beaucoup du compliment… 😉

      Non, je ne suis pas naïf, et la trahison fait partie de la vie politique. C’est pourquoi les dirigeants politiques doivent composer leurs stratégies en tenant compte de la trahison toujours
      possible. Ce que ne font pas les dirigeants du PCF. Et c’est bien ce que je leur reproche.

      Car enfin, que fait depuis des années le PC pour porter haut et fort un message audible, crédible et compréhensible à l’intention du prolétariat

      Rien. C’est devenu un parti gauchiste de plus, dont le discours est celui des classes moyennes. La seule différence, c’est qu’il conserve encore localement des “notables” bien implantés dans les
      couches populaires, restes des splendeurs passées.

      Peut être le PC a –t –il raté l’occasion lors de sission de la gauche du PS pour reconstituer un grand parti de gauche radicale,

      Quelle occasion ? Il n’y a jamais eu d’occasion. La “gauche du PS” qui a fait scission, nous le savons aujourd’hui, n’a nullement envie de devenir le représentant de la classe ouvrière. Tout au
      contraire, elle a rejoint une “gauche radicale” dominée en fait par les intérêts des classes moyennes. Les “voies” de Mélenchon conduisent finalement à un gauchisme “new look” qui confond un
      happening et une révolution. Les “voies” de Chèvenement n’ont rien à voir avec le positionnement “sociétal” du PCF. Où vois-tu l’espace politique pour un “grand parti de la gauche radicale” ?

       

       

  3. argeles39 dit :

    #########Passons sur la question du programme, qui, si l’on croit les dirigeants du PG, “ne comporte plus de points de désaccord” (1), et venons à la question des candidatures.#########

    Passons puisque les principaux dirigeants font eux-mêmes l’impasse. Mais à mon sens c’est quand même le problème N°1.
    En l’absence de programme, de quoi disposons-nous ?
    Nous avons des forums pompeusement baptisés « programme partagé », vastes « brainstorming » où tout est dit est son contraire.
    Nous avons les passages médiatiques de Mélenchon qui contrastent avec le mutisme du PCF dans ces mêmes médias. Passages médiatiques où Mélenchon est de moins en moins « bon » je trouve.
    Certes, l’homme est cultivé et manie bien le verbe, c’est un « bon client » pour les médias, mais sur le fond (politique énergétique, vision d’avenir, positionnement vis à vis de l’Europe
    néolibérale, économie…..) je trouve son discours de plus en plus indigent.
    Au début j’avais tendance à sourire quand il annonçait son intention de remplacer le nucléaire par la géothermie (j’y voyais une stratégie de politicien et je me disais que de toute façons les
    réalités s’imposent en dépit des paroles), mais au fur et à mesure que je l’écoute sur les autres thèmes (notamment sur l’économie, l’Europe et l’Euro), mon sentiment se renforce que tout est du
    même tonneau, approximatif et léger. Quand il nous dit, par exemple, qu’il souhaite que la France reste dans l’Europe parce que c’est une condition sine qua non pour aboutir à un SMIC Européen, les
    bras m’en tombent (j’ai l’impression qu’il reprend les arguments du PS à l’époque du référendum sur Maastricht).
    La gauche radicale doit se ressaisir, il est encore temps.

    • Descartes dit :

      Passons puisque les principaux dirigeants font eux-mêmes l’impasse. Mais à mon sens c’est quand même le problème N°1.En l’absence de programme, de quoi disposons-nous ?

      Tu sais bien que je suis d’accord avec toi. Si je “passe” aussi vite sur ce problème dans mon papier, c’est qu’il n’y a rien de nouveau à dire. J’ai perdu tout espoir que le processus (si l’on me
      permet l’exagération) mis en place produise autre chose qu’une liste de “propositions” plus ou moins fantaisistes. Les “forums du programme partagé” n’ont produit que ce qu’ils pouvaient
      produire, à savoir, des cahiers de doléances. Pour transformer ça en un véritable programme il aurait fallu constituer des véritables groupes de travail réduits, intégrant des gens qui
      connaissent bien les problématiques. Il faut une bonne dose d’ingénuité (et de démagogie) pour croire que “les citoyens eux mêmes” peuvent rédiger un programme sans aucun support en termes
      d’expertise.

      Nous avons les passages médiatiques de Mélenchon qui contrastent avec le mutisme du PCF dans ces mêmes médias. Passages médiatiques où Mélenchon est de moins en moins « bon » je trouve.

      Je partage ton opinion. Le problème de Mélenchon, c’est qu’il est très bon pour mettre son public en appétit. Mais vu que rien de consistant ne vient remplir l’assiette, le discours est de moins
      en moins percutant. Les généralités gente “planification écologique” ou “VIème République”, c’est intéressant la première fois. Mais une fois qu’on a montré la boite, les gens veulent voir ce
      qu’il y a à l’intérieur. Et là, notre ami Mélenchon n’a rien à dire, pas plus que le PCF.

      Au début j’avais tendance à sourire quand il annonçait son intention de remplacer le nucléaire par la géothermie (j’y voyais une stratégie de politicien et je me disais que de toute façons
      les réalités s’imposent en dépit des paroles), mais au fur et à mesure que je l’écoute sur les autres thèmes (notamment sur l’économie, l’Europe et l’Euro), mon sentiment se renforce que tout est
      du même tonneau, approximatif et léger.

      Je suis tout à fait d’accord avec toi. Mélenchon est un digne représentant de sa génération politique, celle qui est passé du gauchisme au mittérandisme. Comme leur maître, ils méprisent les
      questions techniques et les dossiers de fonds, pour eux la politique se réduit à la conquête du pouvoir, pas à ce qu’on fait avec lui.

      La gauche radicale doit se ressaisir, il est encore temps.

      Je te trouve bien optimiste…

  4. Darthé-Payan dit :

    Salut Descartes,

    Que la conférence nationale du PCF qui se tient ce week-end et puis ensuite le vote des militants dans une quinzaine de jours donnent gagnant Mélenchon il n’y aura rien de surprenant. C’est le
    contraire qui le serait!

    Le fait que le PCF s’est résolu à soutenir JLM et donc ne pas avoir de candidat n’est pas innocent. La survie du parti est prise en compte par les dirigeants du PCF. Si les comités locaux ont
    intérêt à ce que se soit Mélenchon et bien peut-importe, ils le soutiendront (peut-être comme la corde soutient le pendu) mais ils le soutiendront.

    Les 1 et quelques % de Marie-George Buffet de 2007 sont semble-t-il dans toutes les mémoires ! JLM joue gros lui aussi. S’il fait un score autour des 5 % et bien, il pourrra glosser et affirmer sur
    les plateaux télé que par rapport au score de MGB c’est un immense progrès ! D’ailleurs JLM et la direction du PG n’ont-ils glossé sur le mirobolant score aux cantonales alors que le PCF était
    beaucoup plus mesuré, humble ?
    Donc JLM joue gros, s’il fait un score décevant entre 2 et 5 %, cela va être dur, très dur, pour lui et ses amis ! Les socialistes ne lui feront pas de cadeau (que Méluche se rappelle de la déroute
    de ses candidats PG dans son fief de l’Essonne (candidat sortant) battu largement par les candidats du PS au premier tour comme au second d’ailleurs ! JLM cherche une circonscription législative
    pour se présenter mais plus il attaquera le candidat socialiste et si son score était très décevant (ce qu’il y a de forte chance que cela arrive !) et bien JLM et le PG le payeront chers. JLM
    n’aura pas de circonscription. En 2002, Hollande et Delanoe se sont apposés à sa venue dans le 12ème arrondissement. Méluche devrait s’en rappeler !).

    Les socialistes privillègerons l’alliance avec EE-LV et sera plus ferme contre le Front de Gauche et donc au final il y aura des miettes pour le PG !

    Les camarades communistes comme PGistes et bien devraient se souvenir d’une parole pas dite en l’air par JLM lors de la création du PG en novembre 2008 ! Mélenchon disait alors :”Je crée un parti
    pas une assurance vie !” Donc à bon entendeur …

    Sur le programme populaire partagé, c’est l’encéphalogramme un peu platounet ! Non ? Le programme commun a minima qui ferait passer celui du PS des années 80 comme d’extrème gauche et le programme
    commun de la gauche celui de 1972, d’ultra gauche ! Les échos et les quelques éléments que j’aie font que le programme du Front de Gauche est compatible avec celui du PS – Eurocompatible dirais-je
    ! Il ne vise que les classes moyennes urbaines et péri-urbaines et le fondement est le sociétal, l’écologie (avec mis en sommeil les divergences sur le nucléaire, sur les équipements
    aéroportuaires, etc…) ! Bref, ce programme social libéral et européiste ne casse pas quatre pattes à un canard ! Certes, Mélenchon continuera à faire son “Guy Mollet” gauchiste c’est à dire verbe
    dur et programme mou mais vu le manque de cohérence de l’attelage du front de Gauche, l’absence de programme concret, chiffré, partagé par le plus grand nombre, l’absence totale de sursaut
    républicain dans la démarche et la candidature de JLM et bien, les citoyens risquent de le bouder et de préférer le candidat socialiste fut-il plus libéral et européiste que Mélenchon mais beaucoup
    plus capable de rassembler la gauche et de battre Sarkozy ! Les électeurs de gauche iront vers le vote utile ! Ca j’en suis persuadé !

    Donc, je pense que la candidature de JLM est une candidature de plus à gauche, et surtout une de plus à l’extrème gauche mais n’apportera nullement le sursaut républicain espéré et souhaité. De
    voir, JLM pérorer “révolution citoyenne” ou “qu’ils s’en aillent tous” à tout instant et à tout propos et voir le même Mélenchon défendre la présence de la France dans l’UE, dans l’euro et aussi ne
    pronant aucune réelle rupture avec le capitalisme ni ne voulant une réelle refondation républicaine, jacobine et laïque du pays montre que le candidat du Front de Gauche n’est que dans la posture
    et l’aventure personnelle !

    Moi, de tout cela j’en suis vacciné et j’ai pris depuis mes distances.

    Pour terminer, je résumerai ironiquement ce qui se passe à gauche ces derniers temps par un court propos :

    “La Gauche s’ébroue ! La République et le peuple attendront !

    La gauche s’ébroue ! La Conférence nationale du PCF de ce week-end, va adouber Jean-Luc Mélenchon et le fera candidat du rabougris Front de Gauche à la Présidentielle ! Il y a quelques jours, les
    socialistes ont voté à l’unanimité leur programme libéral et européiste mais vont déclencherr la guerre de(s) Trois ! Les écolos, qui sont en plein congrès à la Rochelle, sont entre psychodramme
    ridicule et puérilité pleurnicharde jouant la grand-messe de la “Sainte Eglise” sans orgue harmonique !

    Bref, la gauche s’ébroue ! Le peuple, la nation et la république risquent de n’y trouver aucun signe d’espoir, de sursaut républicain de salut public ! Pour cette gauche “radicale” ou
    “domestiquée”, la République et les citoyens peuvent attendre !”

    Salut et Fraternité.

    D-P.

    • Descartes dit :

      Que la conférence nationale du PCF qui se tient ce week-end et puis ensuite le vote des militants dans une quinzaine de jours donnent gagnant Mélenchon il n’y aura rien de surprenant. C’est
      le contraire qui le serait!

      Tout à fait. Pour ce qui concerne le vote de ce week-end c’est un vote dominé par l’appareil, et l’appareil communiste a déjà fait son choix: ce sera Mélenchon. Il sera investi même s’il ne
      remplit pas les conditions posées par le vote du Comité national, et cela pour la simple raison que la direction du PCF ne s’est pas menagée une stratégie de rechange. Comme disait Napoleon,
      c’est une grave erreur de se mettre dans une situation à partir de laquelle il n’y a plus que des mauvaises solutions.

      Pour ce qui concerne le vote des militants, c’est plus compliqué. Le légitimisme traditionnel de la base du PCF rend un vote négatif très improbable, d’autant plus qu’on a fait ce qu’il fallait
      pour que l’opposition à la candidature JLM soit divisée. Par contre, c’est la participation qui est a surveiller, parce que les militants communistes ont par le passé voté “non” avec leurs pieds.
      Mais dans ce cas, on fera comme en 2002: on déclarera que JLM a eu la majorité sans publier les résultats du vote…

      Il y a d’ailleurs un signe qui ne trompe pas. Ces dernières années, les débats des congrès et conférences nationales du PCF ont toujours été retransmises par internet en direct. Pas cette
      fois-ci: sur le site du PCF, la conférence n’est même pas annoncée en première page. Preuve s’il en fallait que la direction s’attend à ce que des choses désagréables soient dites…

      Le fait que le PCF s’est résolu à soutenir JLM et donc ne pas avoir de candidat n’est pas innocent. La survie du parti est prise en compte par les dirigeants du PCF. Si les comités locaux ont
      intérêt à ce que se soit Mélenchon et bien peut-importe, ils le soutiendront (peut-être comme la corde soutient le pendu) mais ils le soutiendront.

      Dans le contexte actuel, personne n’a vraiment intérêt à ce que le candidat soit Mélenchon. Du point de vue stratégique, on voit mal Mélenchon l’europhile antinucléaire porter les sujets qui sont
      chers aux militants du PCF. Du point de vue tactique, l’échange “on vous laisse les présidentielles, vous nous laissez les législatives” était une bonne base, mais la manière dont se passent les
      négociations montre que les garanties de respect par le PG d’un accord sur les législatives sont très minces. Il est toujours dangereux de faire des prédictions, mais je vais me risquer: JLM sera
      le candidat, sur la base d’un “programme partagé” et des accords pour les législatives plus ou moins vagues, et le PCF se fera avoir doublement: JLM fera campagne sur ses
      positions personnelles, et l’accord sur les législatives ne sera pas respecté.

      Les 1 et quelques % de Marie-George Buffet de 2007 sont semble-t-il dans toutes les mémoires !

      Certes. Mais ce qu’on a oublié, ou pas voulu analyser, ce sont les conditions de ce désastre. La vulgate veut que ce soit la sanction de la rupture des CUAL, mais la réalité est que le naufrage
      de MGB fait suite du naufrage du père UbHue à l’élection précédente, et là il n’y avait pas de “rupture”. MGB a eu le score qu’elle méritait: quand un candidat se présente sans projet, sans
      programme, sans vision, il s’étale. Ce n’est que justice.

      JLM joue gros lui aussi. S’il fait un score autour des 5 % et bien, il pourrra glosser et affirmer sur les plateaux télé que par rapport au score de MGB c’est un immense progrès ! D’ailleurs
      JLM et la direction du PG n’ont-ils glossé sur le mirobolant score aux cantonales alors que le PCF était beaucoup plus mesuré, humble ?

      Tout à fait. Mais le coup de la grenouille qui se fait plus grosse que le boeuf, on peut le jouer une fois, deux fois… après, ça devient ridicule. JLM aura beaucoup de chance s’il arrive à 5%
      dans la configuration actuelle.

      Donc JLM joue gros, s’il fait un score décevant entre 2 et 5 %, cela va être dur, très dur, pour lui et ses amis ! Les socialistes ne lui feront pas de cadeau

      Mais les socialistes pardonneront beaucoup si ces “2 à 5%” tombent dans leur escarcelle lors du second tour… Je peux t’assurer qu’un certain nombre de gauchistes du PG pour qui le vote PS est
      anathème risquent d’être très déçus… 

      Plus je le pense, et plus je me dis que le PG est pour JLM une opération “one-off” destinée à lui permettre de se présenter aux présidentielles. C’est peut-être pour ça qu’il néglige toutes les
      tâches (organisation, institutionnalisation, élaboration d’une vision à long terme) indispensables à une installation durable du PG dans le paysage politique. Il l’a d’ailleurs plus ou moins dit
      lui même au dernier congrès du PG: après la présidentielle, il quittera la direction du PG. Et on voit mal JLM membre d’une organisation dont il ne serait pas dirigeant…

      Les échos et les quelques éléments que j’aie font que le programme du Front de Gauche est compatible avec celui du PS – Eurocompatible dirais-je ! Il ne vise que les classes moyennes urbaines
      et péri-urbaines et le fondement est le sociétal, l’écologie (avec mis en sommeil les divergences sur le nucléaire, sur les équipements aéroportuaires, etc…) ! Bref, ce programme social libéral
      et européiste ne casse pas quatre pattes à un canard !

      Mais qui permettra un utile rabibochage avec le PS entre les deux tours… quelle coïncidence, n’est ce pas ?

      Donc, je pense que la candidature de JLM est une candidature de plus à gauche, et surtout une de plus à l’extrème gauche mais n’apportera nullement le sursaut républicain espéré et
      souhaité.

      A mon grand regret – car on ne perd pas ses illusions impunément – je commence à partager ce diagnostic. Il ne me reste qu’un espoir: que Mélenchon, une fois investi candidat, se sente plus libre
      par rapport à l’aile “gauchiste” de son parti et reprenne une ligne plus “républicaine”. Malheureusement, je le connais trop, ainsi que son entourage, pour penser qu’il soit capable d’organiser
      autour de lui les compétences nécessaires à l’enrichissement d’un “programme partagé” bancal. Et sans cet outil, il aura du mal à reconquérir l’électorat populaire, qui est sa seule chance de
      sortir du marigot gauchiste.

  5. Nicolas 70 dit :

    Cher Descartes,

    les délégués communistes viennent de désigner à un peu plus de 63% le camarade Mélenchon comme candidat du FDG.

    Ne connaissant pas les arcanes du PCF, pensez-vous que les adhérents du PCF vont amplifier ce résultat ou se tourner vers le communiste CHASSAIGNE (je pense que DANG TRAN, malgré le soutien du
    secrétaire de mon département va faire un score à la MGB à la présidentielle de 2007) ?

    • Descartes dit :

      En toute franchise, je ne sais pas quoi vous répondre. Le vote pour Mélenchon était acquis (au PCF, la tradition légitimiste et le pouvoir de l’appareil fait qu’une direction résolue à passer en
      force peut faire voter à peu près n’importe quoi par une conférence nationale ou un congrès) et je ne suis donc pas surpris, même si la majorité semble avoir été relativement faible du moins dans
      la tradition du PCF: 63% ce n’est pas beaucoup, surtout si l’on considère que 80% des délégués se sont prononcés pour un bulletin de vote ou figureraient d’autres candidats communistes…

      Avant de faire une analyse plus approfondie, il faudra savoir quel a été le contenu exact des discussions, et sur quoi votera précisement le vote des militants, et notamment qu’est ce qu’on fait
      s’il n’y a pas d’accord sur les législatives et sur le programme avant le vote…

      En tout cas, il y a un élément que je considère très révélateur: lors des précédents congrès et conférences, les séances ont été transmises en léger différé par l’internet. On pouvait donc suivre
      les débats quasiment en temps réel. Ce ne fut pas le cas cette fois-ci. Ce qui montre que la direction a voulu conserver un contrôle sur la diffusion des débats. Ce n’est certainement pas une
      coïncidence.

      L’autre sujet sur lequel je n’ai pas véritablement de données, c’est la conditionnalité du vote. En effet, le CN du PCF avait posé un certain nombre de conditions pour faire de JLM son candidat:
      accord sur les législatives, accord sur le programme… au jour d’aujourd’hui, aucune de ces conditions n’est remplie. Est-ce que ces conditions sont toujours d’actualité ? Seront-elles remplies
      le jour du vote des militants ? Et sinon, qu’est ce qu’on fait ?

      Quelque chose me dit qu’on va vers une situation comme celle de 2002. Cette année-là, la direction avait imposé la candidature du père UbHue à des militants qui n’en voulaient pas. La
      ratification par les militants avait été si difficile que les résultats de la consultation n’ont jamais été publiés. Un grand nombre de militants avait refusé de faire campagne… et Hue s’était
      étalé à 3,5%.

       

       

  6. Marcailloux dit :

    Bonjour,
    Question courte et sans malice aucune:
    Que souhaitent précisément sur les domaines essentiels de l’action d’un gouvernement ( partage des richesses, politique économique, santé, énergie, éducation, sécurité et justice) d’une part les
    militants, les sympatisants, les dirigeants communistes.
    J’ai de la peine à me faire une opinion là dessus.

    • Descartes dit :

      Que souhaitent précisément sur les domaines essentiels de l’action d’un gouvernement ( partage des richesses, politique économique, santé, énergie, éducation, sécurité et justice) d’une part
      les militants, les sympatisants, les dirigeants communistes.
      J’ai de la peine à me faire une opinion là dessus.

      Moi aussi !

      En fait, le PCF est depuis une vingtaine d’années profondément divisé. D’un côté, on trouve les militants “anciens” attachés à un parti populaire, profondément méfiants envers le gauchisme,
      conservant des bribes d’un marxisme frustre. Ces militants gardent la nostalgie et les valeurs du “gaullo-communisme” (Etat fort, interventionnisme économique, protectionnisme, services publics
      puissants, politiques keynésiennes) et un certain conservatisme sociétal. A côté, tu retrouves des “soixante-huitards attardés” qui sont au contraire 100% sociétal et qui n’ont pas vraiment
      d’idées sur les questions sociales et économiques, au delà de quatre ou cinq slogans. Tu as aussi un appareil dont l’obsession est de sauver les postes, les élus et le budget qui le font vivre.
      Dans ce mélange, il n’est pas évident de trouver une cohérence.

      D’ailleurs, la dernière fois que le PCF a travaillé lors d’un congrès sur un document programmatique… c’était en 1994!

  7. Darthé-Payan dit :

    Salut Descartes

    Le chiffre de 63 % donné comme cela ne dit que ce qu’il dit ! Quelle participation ? Egalement, qu’est-ce qu’il s’est dit “off” dans les discutions de cette conférences vu que l’on ne sait pas
    grand chose…des débats, des raisons de ce vote ?

    A titre personnel, je m’attendais à plus, je parlais encore hier soir avec des amis de 75 à 80 % en faveur de JLM.

    Maintenant, la candidaturede JLM va, s’en doute aucun, être ratifiée par les militants communistes à la mi-juin.

    Bref, il y a une candidature JLM au titre du Front de Gauche mais pourquoi faire ? Quel est le projet ? Quelle stratégie, l’union de l’extrème gauche ? Quelle type de campagne collective
    (connaissant Mélenchon depuis 1996; je n’y crois pas une seconde !) ou personnelle ?

    Sur les esquisses du programme qui sont un peu divulguées et dont j’ai eu un peu connaissance et bien, les problèmes qui fâchent sont mis dans un tirroir (en espèrant que les gauchards du PG ne
    l’ouvrent pas car l’atellage PCF-PG risque de ne pas tenir longtemps !)! Egalement, la constituante n’est semble-t-il plus d’actualité etc…. Nous verrons comment Mélenchon va faire sa campagne
    dans les prochaines semaine !

    Il est clair que la candidature Mélenchon est une candidature de plus et rien d’autre. Si Gérin ou un autre communiste maintient une candidature dissidente cela risque d’être grande confusion et
    une belle atomisation. Si à l’automne, il y a une candidature NPA, une candidature LO, une candidature POI, une candidature Chevènement, plus la candidature Socialiste qui sera que “vote utile”,
    une candidature écolo, qui sait une candidature radicale de Gauche (les radicaux ont des démangeaisons !), et puis tout le magma centriste avec Bayrou, Borlloo, Villepin, Morin qui tous se feront
    modérés pour se différencier clairement de Sarkozy et donc ce déportement vers le centre et le centre gauche! Tout ce beau monde de l’extrème gauche, de la gauche et du centre chassent comme la
    droite Sarkozyste, les mêmes terres (les villes et la périphérie des villes) et visent les mêmes classes sociales : les classes moyennes et petites bourgeoisie urbaines et péri-urbaines. Les parts
    du gâteau vont ressembler pour certains candidats à quelques miettes !

    Mélenchon aurait dû faire acte de candidature au titre du sursaut républicain et national, moblilisant citoyens, producteurs, etc… et viser l’ensemble du corps électoral, l’unité du peuple et de
    la nation assemblée au service de l’intérêt général, de la souveraineté, de l’économie et aussi de la solidarité. Il aurait dû être le candidat républicain, jacobin et gaullien et là on va avoir un
    énième candidat de la gauche de la gauche qui fera de la gesticulation verbeuse gauchiste et présentera des solutions molles incohérentes !

    Bref, le second tour s’annonce candidat UMP contre candidat du PS avec en trouble fête la candidate Marine LePen qui elle labourre les terres abandonnées par la gauche et la droite et qui à force
    de semer finira bien par récolter ! A moins qu’il ait un sursaut républicain !

    Bref, comme je te disais l’autre jour, dans un commentaire précédent, la candidature Mélenchon est une candidature de plus et le programme populaire partagé (existe-t-il vraiment ?) ne cassera pas
    quatre pattes à un canard !

    Amicalement,

    D-P.

    • Descartes dit :

      A titre personnel, je m’attendais à plus, je parlais encore hier soir avec des amis de 75 à 80 % en faveur de JLM.

      S’il y avait eu accord sur les points posés par le CN, possiblement JLM aurait été plebiscité. Mais la manière dont se passe la négociation pour les législatives a crispé beaucoup de communistes,
      y compris dans l’appareil. Car ce qui intéresse l’appareil communiste, ce sont les législatives, et non pas les présientielles. Je pense que JLM aurait eu intérêt à ce que les négociations
      aboutissent avant ce vote. Mais peut-être a-t-il beaucoup moins de contrôle sur ses propres troupes que ce qu’on croit généralement ?

      Maintenant, la candidaturede JLM va, s’en doute aucun, être ratifiée par les militants communistes à la mi-juin.

      Cela dépend beaucoup de la manière dont les négociations avanceront. Une ratification à 51% ne suffira pas, JLM a besoin d’un plebiscite pour pouvoir compter sur les troupes communistes pour
      faire campagne. Si j’étais lui, je ferais en sorte que les négociation soient bouclées à la satisfaction des communistes dans les plus brèves délais. J’ai dejà eu des anciens camarades au
      téléphone dont l’un a eu une formule révélatrice: “si c’est comme ça, on regardera les copains du PG faire campagne…”.

      Bref, il y a une candidature JLM au titre du Front de Gauche mais pourquoi faire ? Quel est le projet ?

      “Projet” ? Je vois que Monsieur a des goûts de luxe… malhereusement, il n’y aura pas de projet. Tel que les choses se présentent, ce sera une candidature de témoignage, dans le meilleur style
      gauchiste. Le coup de Besancenot, en quelque sorte, avec une campagne centrée sur l’effet médiatique (plus personne ne croît aujourd’hui aux campagnes de terrain, sauf peut-être le FN…).

      Sur les esquisses du programme qui sont un peu divulguées et dont j’ai eu un peu connaissance et bien, les problèmes qui fâchent sont mis dans un tiroir

      C’était prévisible. C’est ce qui avait été fait pour les “programmes” des élections européennes et régionales.

      Si Gérin ou un autre communiste maintient une candidature dissidente cela risque d’être grande confusion et une belle atomisation.

      J’avoue que je trouve dommage que ce soit Gérin qui ait jeté l’éponge en premier. Je pense qu’il est de loin le plus sérieux des dirigeants du PCF d’aujourd’hui, celui qui a conservé le lien le
      plus étroit avec les couches populaires, et certainement le moins affecté par le virus gauchiste. Je ne crois pas qu’il y aura une candidature communiste dissidente (ce genre de chose vient
      plutôt des “rénovateurs”… les autres sont trop attachés à l’unité du Parti).

      Il [JLM] aurait dû être le candidat républicain, jacobin et gaullien et là on va avoir un énième candidat de la gauche de la gauche qui fera de la gesticulation verbeuse gauchiste et
      présentera des solutions molles incohérentes !

      C’était mon espoir et mon illusion. Mais retrospectivement, je me rends compte que c’était un peu trop demander. JLM est trop proche du gauchisme et trop obnubilé par la tradition mitterrandienne
      pour pouvoir être ce candidat. Chevènement, qui n’avait jamais été gauchiste et qui a été le premier à tuer le père, peut occuper cette position. Pas JLM, quelque soit l’estime personnelle qu’on
      puisse avoir pour lui. Les bottes sont trop grandes pour lui.

       

       

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