Comment la fête de l’Humanité est devenue la fête de Mélenchon

Il fut un temps où j’étais un fidèle de la Fête de l’Humanité. J’ai vendu des vignettes, j’ai monté des stands, j’ai travaillé dans l’organisation – service de la distribution électrique – et j’ai même fait le service d’ordre, ce qui, je peux en témoigner, est une expérience. Je crois n’avoir manqué pas une seule édition jusqu’à la fin des années 1990, même lorsque je travaillais à l’étranger. Et puis, un jour, j’ai cessé d’y aller. La « mutation » avait commencé, et avec elle le dévoiement de ce qu’était cette grande fête populaire. L’Humanité avait cessé d’être « l’organe central du parti communiste français » pour devenir un journal « de gauche », et cela s’est rapidement fait sentir. Finis les concerts de musique classique, finies les expositions de peinture qui ouvraient les yeux et les oreilles à des gens qui n’ont pas l’habitude de fréquenter les salles de concert ou les musées. Du point de vue de son contenu culturel, la Fête ne se distingue guère aujourd’hui de n’importe quel festival vaguement « de gauche ». Finie aussi ce mouvement de fraternité qui donnait à des militants habitués à se mouvoir en milieu hostile deux jours de répit, entourés d’une foule bienveillante qui respectait leur travail. La fête s’est « ouverte à toutes les sensibilités », ouvrant ainsi un espace aux différents coucous politiques, qui profitent de l’occasion pour vendre leur camelote, y compris lorsqu’elle consiste à attaquer les positions prises par le PCF.

La Fête de 2026 fait un pas de plus dans la mauvaise direction. Maintenant, à côté du meeting « officiel » du PCF, chaque organisation invitée à la possibilité d’organiser des « meetings alternatifs ». Et pas seulement cela. Voici les paragraphes d’introduction des articles consacrés par le journal aux différents meetings :

Pour Fabien Roussel, le titre est sobre : « Présidentielle 2027 : ce qu’il faut retenir du meeting de Fabien Roussel ». Et le texte ne l’est pas moins : « Devant la grande scène Angela Davis de la Fête de l’Humanité, des milliers de personnes, militants communistes et membres du peuple de la Fête, des drapeaux rouges, et de l’enthousiasme à revendre. Fusent même des « Roussel président ! ». Le début de l’allocution de Fabien Roussel, entouré des membres du Conseil national du PCF, n’était pourtant pas consacré à l’élection présidentielle de 2027, à laquelle il est candidat, mais aux urgences du moment. « Jamais les Français n’ont vécu un été ou entamé une rentrée, avec autant de douleurs, autant de peine, autant de difficultés. D’abord cet été avec 8 000 morts à cause de la canicule en France. 8 000 vies humaines », a déploré le secrétaire national du PCF…»

Pour Marine Tondelier, c’est encore plus factuel: « Présidentielle 2027 : Marine Tondelier prêche l’union à gauche et refuse d’« appuyer sur la détente ». Et voici le début du texte : « À Brétigny-sur-Orge, Marine Tondelier est venue porter un message : l’union. « Je souhaite que l’on se projette sur la prochaine Fête de l’Humanité. Il y a deux solutions. Elle peut être celle de la victoire où les ministres qui viennent sont félicités pour leurs cent premiers jours qui ont changé la vie des Français. C’est pour cela qu’on va se battre », a déclaré la secrétaire nationale des Écologistes au début de son meeting,… »

Pour François Ruffin, le texte est négatif : « Présidentielle 2027 : François Ruffin tacle le « plafond de béton » de Jean-Luc Mélenchon. ». Et l’introduction ne l’est pas moins : « L’ambiance est morose au stand de Debout ! à la Fête de l’Humanité. « Grave », précise Sophie Taillé-Polian en introduction du meeting de François Ruffin, samedi en début d’après-midi. Au sortir d’un été de catastrophes, le candidat « du travail » a tout de suite voulu embrayer sur ce « temps de faillite des élites » qui échouent à « protéger les gens ». »

Le ton est tout différent pour Jean-Luc Mélenchon : « Nous sommes prêts à gouverner » : à la Fête de l’Humanité, Jean-Luc Mélenchon galvanise ses troupes et se projette au pouvoir ». Et le texte à l’avenant : « Ils débordent du stand dans les travées de la Fête de l’Humanité. Ce samedi 12 septembre, ils sont venus nombreux pour écouter le discours de Jean-Luc Mélenchon, le candidat déjà déclaré à l’élection présidentielle pour le mouvement qu’il a fondé. Des jeunes, la plupart, brandissant des drapeaux insoumis ou affirmant leur appartenance à LFI en endossant le maillot de foot siglé d’un « Mélenchon 27 ». Les places sont chères et rares vu l’affluence. Une bonne partie du public, chauffé à blanc, devra se contenter de l’entendre via les haut-parleurs et le regarder sur l’écran (…) »

Maintenant, la devinette. Quel est le candidat que la rédaction de « l’Humanité » a choisi de soutenir ? Pas la peine d’avoir une grande culture journalistique pour comprendre de quel côté le cœur balance. Et ce ne devrait être une surprise pour personne. Le fait que le journal l’Humanité est devenu le refuge de ce qui reste des « mutants », que le journal cherche à saboter la ligne de « candidature indépendante » de Fabien Roussel, ce n’est un secret pour quiconque connaît un peu le marigot. Le pire, c’est que le journal ne vit que grâce à la mobilisation de militants qui ont voté pour une candidature indépendante, et qui demain feront, « l’Humanité » à la main, la campagne d’un candidat que le journal ne soutiendra que du bout des lèvres.

Je suis bien content de ne pas être allé à la Fête, parce que je suis persuadé que je me serais énervé. Que des gens se baladent dans une manifestation qui n’existe que par la mobilisation des militants communistes en exhibant leur t-shirt « Mélenchon 2027 », c’est inacceptable. La diversité des opinions ? Oui, mais dans le respect de chacun. Quand on va chez les gens, on ne leur crache pas à la gueule, et si on le fait, on se fait éconduire. Si je vais visiter Notre-Dame, je ne mets pas un t-shirt « fuck les curés ». Si je visite la Grande Mosquée, je ne porte pas une côte de porc en bandoulière. Il ne s’agit pas de mettre ses idées dans sa poche, mais de s’abstenir d’une provocation. A la Fête, il est parfaitement légitime de défendre la candidature de Mélenchon dans un débat, de chercher à convaincre dans un échange. Mais le fait de la porter sur un t-shirt ne changera les convictions de personne. Ce n’est qu’une provocation, une manière de montrer qu’on occupe le terrain, notamment devant les caméras. Un tel comportement n’aurait pas été tolérée il y a quelques années, et le fait qu’elle le soit aujourd’hui ne fait que montrer le délitement du PCF.

En 2026, la Fête est en pratique devenue un évènement de promotion de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Cela s’annonce bien mal pour la campagne de Fabien Roussel, qui après avoir été soutenu par une majorité de militants au congrès d’abord, lors du vote de sa candidature ensuite, semble incapable de maintenir l’ordre dans son poulailler, de discipliner les anciens huistes et les sous-marins « insoumis » enkystés dans l’appareil. « Protégez-moi de mes ennemis, de mes amis je m’en charge » dit la sagesse populaire. Fabien Roussel et son équipe feraient bien d’y réfléchir.

Mais je me serais énervé je le pense à la Fête pour une raison bien plus fondamentale. Il faut écouter avec attention les discours des uns et des autres pour constater combien ils sont à côté de la plaque. Le débat public s’est dégradé au point qu’on peut prendre le micro pour dire n’importe quoi, et le public applaudit sans se poser la moindre question sur ce qui a été dit. Je ne parle pas de savoir si ce qui est dit est possible ou souhaitable, mais plus banalement si ce qui a été dit a un sens, si cela a une cohérence minimale.

Je dois d’ailleurs dire que, quelque soit l’estime personnelle que j’ai pour Roussel, son discours était franchement d’une nullité affligeante. Il aurait été mauvais s’il venait d’un secrétaire national du PCF, il l’était plus encore venant d’un candidat à la présidence de la République. Je me demande ce qui lui a pris de jouer à fond la carte misérabiliste et populiste. Que Patrick Pouyanné gagne dix millions d’euros par an, c’est certainement scandaleux, mais ce n’est pas en lui enlevant son salaire qu’on changera quelque chose au sort des français. Et plus profondément, si l’on veut s’attaquer aux salaires démesurés, il faudrait peut-être commencer par un Killian Mbappé, dont les émoluments sont trois fois supérieurs à ceux de Pouyanné, pour un travail nettement moins utile. Pourquoi s’attaquer à l’un et pas à l’autre ? En quoi le fait de courir derrière un ballon pour le mettre dans un filet serait socialement plus utile que de diriger une entreprise qui emploie des dizaines de milliers de travailleurs et contribue à fournir un service essentiel ? Roussel propose de nationaliser Total. Pourquoi pas. Mais certainement pas en faisant le parallèle avec Renault, dont la nationalisation-sanction était liée à sa politique de collaboration avec l’occupant. On peut difficilement reprocher à Total pareille attitude, au contraire : quelque soient les griefs qu’on puisse faire à Total, c’est l’une des rares multinationales françaises qui ait fait preuve d’un certain patriotisme – intéressé certes, mais patriotisme enfin. Quant à son appel à faire repartir un mouvement du type « gilets jaunes », il est indigne d’un dirigeant communiste. D’une part, parce que faire la confusion entre « faire la révolution » et « occuper les lieux de pouvoir » revient à tourner le dos à toute vision matérialiste. Les véritables « lieux de pouvoir » sont les usines, les champs, les lieux où la valeur est produite. Occuper le siège de Total ou l’Elysée ne change rien de fondamental. Et d’autre part, parce que si l’on peut tirer une leçon du mouvement des « gilets jaunes », c’est que ce type de mouvement « expressif » peut certes ébranler les institutions, mais n’a pas de véritable débouché politique, parce que la transformation du « je ne suis pas content » à « il faudrait faire ça » n’est en rien évidente, et nécessite justement une idéologie capable de donner un sens au mécontentement, un sens qui aille plus loin du simple « révoltez-vous et on verra après ».

Bien sûr, les autres ne font pas mieux. Mélenchon et son appel à utiliser l’article 16 de la Constitution – vous savez, celui qui était pour « la gauche » la preuve que la Vème République n’était qu’une dictature déguisée – pour faire face à la crise écologique ou à la montée du prix des carburants, ce n’est pas mieux. Ce n’est pas d’ailleurs la première fois que Mélenchon joue ce gambit, qui consiste à citer un texte normatif en détournant le sens pour faire croire qu’il a bien étudié la question. Il avait déjà fait le coup avec l’article 411-6 du code pénal. Quant à Tondelier, on se demande si elle n’a pas poussé un peu trop sur certains champignons, dont la consommation est fortement déconseillée dans son état.

Ce règne du n’importe quoi, cette perte de contact avec le réel, est éminemment problématique. C’est triste à dire, mais à gauche, les dirigeants ne cherchent plus à élever les masses, à leur exposer un projet qui les conduise à dépasser le présent. Le discours n’a plus qu’un but, faire plaisir à l’audience, lui permettre de communier dans une sorte de bonheur de voir les méchants symboliquement punis et les gentils – dans lequel l’orateur inclut bien entendu son auditoire – tout aussi symboliquement récompensés. Les meetings sont devenus des moments de catharsis, des rassemblements ou l’on rêve d’un monde idéal pour oublier le réel, un peut comme on rêvait de paradis à la messe. Ce n’est pas ça, la vraie politique. La vraie politique est mariée avec le mot “possible”.  

Descartes

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8 réponses à Comment la fête de l’Humanité est devenue la fête de Mélenchon

  1. COUVERT Jean-Louis dit :

    “et avec elle le dévoiement de ce qu’était cette grande fête populaire” cela vous surprend ? Je crains que le dévoiement ne soit une caractéristique de l’époque… Que ce soit en art (Notre Dame de Paris en comédie musicale ou le Vagin de la Reine) en festivité (la Fête de la Musique en Fête des casseurs) en sport (déclarations politiques de certains sportifs), en liberté d’expression (acceptée pour certains, mais pas pour d’autres), en éducation (culture “woke” à tous les étages), etc… Triste monde !

    • Descartes dit :

      @ COUVERT Jean-Louis

      [“et avec elle le dévoiement de ce qu’était cette grande fête populaire” cela vous surprend ? Je crains que le dévoiement ne soit une caractéristique de l’époque…]

      Je partage un peu votre sentiment. Je ne me souviens plus qui est l’auteur de la formule « les époques qui peuvent construisent, celles qui ne peuvent pas aménagent », mais je la trouve particulièrement pénétrante. Il nous a été donné de vivre une époque dont le dynamisme se manifeste dans la capacité de fabriquer massivement des objets chaque fois plus sophistiqués, mais dont la créativité dans le domaine artistique, intellectuel, institutionnel, est nulle ou presque. Le dynamisme chinois est incontestable, mais on ne voit pas à l’horizon un Kant, un Hegel, un Marx chinois. L’idéologie « woke » a beau dominer l’université, elle n’a pas produit des travaux théoriques qui changent notre conception du monde. Les physiciens ont mis en évidence récemment le boson de Higgs, mais la théorie qui prédisait son existence date des années 1960. Et on aurait du mal à trouver aujourd’hui dans notre beau pays un poète de la dimension d’un Aragon ou d’un Prévert…

      Et parce que nous ne sommes pas capables de créer, nous aménageons en détournant l’œuvre de nos ancêtres. On n’est pas capable d’écrire une œuvre de la dimension de « Carmen », alors on en change la fin pour en faire un happening féministe. Un peu comme les barbares ont réutilisé les édifices romains qu’ils n’étaient pas capables d’entretenir et encore moins de construire à neuf. Triste époque, comme vous dites…

  2. P2R dit :

    @ Descartes..
     
    Sans compter qu’à ce qu’on m’a dit, la foule a scandé “Roussel n’est pas un camarade” pendant le meeting de Mélenchon… La classe. Mais ça fait quelques années que c’est comme ça.
     
    Personnellement plus ça va plus je pense que je vais voter Retailleau. Le fait qu’il soit vendéen (un territoire où “produire” n’est pas un mot en l’air, avec une vrai culture de la petite et moyenne entreprise), attaché à la transmission et à la preservation de notre culture, le fait aussi que malgré tout, LR reste un parti qui a une emprise territoriale forte et un savoir faire exécutif, le fait qu’il ne se défile pas à l’idée de froisser les eurolâtres (cf sa proposition de révision constitutionnelle), me laisse à penser qu’il pencherais bien davantage du coté de la droite “souverainiste-productiviste” que du coté de celle de la mondialisation et des beaux quartiers…

    • Descartes dit :

      @ P2R

      [Sans compter qu’à ce qu’on m’a dit, la foule a scandé “Roussel n’est pas un camarade” pendant le meeting de Mélenchon… La classe. Mais ça fait quelques années que c’est comme ça.]

      Depuis que Robert Hue a fait de l’Humanité un journal « ouvert à tous », et du PCF un « parti outil » dont le but n’était plus de défendre une ligne, mais de permettre à chaque adhérent de faire avancer ses combats personnels, pour être précis.

      J’hésite à jeter la pierre à Roussel, parce qu’il fait un effort pour revenir aux fondamentaux, et qu’il travaille dans un réseau de contraintes absolument monstrueux, coincé entre un appareil terrorisé à l’idée de perdre ses positions et une fraction gauchiste héritée de la « mutation » qui n’entend pas céder la place. Je crains malheureusement que, pour ce qui concerne la tentative de Roussel et de son équipe, chez moi le pessimisme de la raison dépasse l’optimisme de la volonté.

      [Personnellement plus ça va plus je pense que je vais voter Retailleau. Le fait qu’il soit vendéen (un territoire où “produire” n’est pas un mot en l’air, avec une vrai culture de la petite et moyenne entreprise), attaché à la transmission et à la preservation de notre culture, le fait aussi que malgré tout, LR reste un parti qui a une emprise territoriale forte et un savoir faire exécutif, le fait qu’il ne se défile pas à l’idée de froisser les eurolâtres (cf sa proposition de révision constitutionnelle), me laisse à penser qu’il pencherais bien davantage du coté de la droite “souverainiste-productiviste” que du coté de celle de la mondialisation et des beaux quartiers…]

      A titre personnel, il n’est pas pire qu’un autre. Il tient un discours raisonnable, fait preuve d’une culture certaine. Il est clairement positionné sur le courant « souverainiste » de LR, comme vous l’indiquez. En matière culturelle c’est un conservateur, ce qui, compte tenu de ce que sont devenus les progressistes, n’est pas nécessairement un mal. Ce qui me gêne chez lui est son côté « petite France », sa vision néolibérale de l’économie. Mais là encore, il n’est pas le seul…

  3. Glarrious dit :

    [ Finie aussi ce mouvement de fraternité qui donnait à des militants habitués à se mouvoir en milieu hostile deux jours de répit, entourés d’une foule bienveillante qui respectait leur travail. La fête s’est « ouverte à toutes les sensibilités », ouvrant ainsi un espace aux différents coucous politiques, qui profitent de l’occasion pour vendre leur camelote, y compris lorsqu’elle consiste à attaquer les positions prises par le PCF.]
     
    Regardant cela d’un oeil extérieur je vous avoue que cette “fête” ressemble plus à un rassemblement de tous les marginaux du pays et déchets de la société (punk à chien, gauchiste, anar, bobo-écolo ou bourg en mal de sensation). J’avais même vu une vidéo où des groupuscules s’attaquaient à un stand !
    [Le pire, c’est que le journal ne vit que grâce à la mobilisation de militants qui ont voté pour une candidature indépendante, et qui demain feront, « l’Humanité » à la main, la campagne d’un candidat que le journal ne soutiendra que du bout des lèvres.]
     
    Là vous mentez ce torchon vit surtout des subventions du gouvernement directs et indirects avec 5,7 M euros. Sans ces deniers le journal ne vivrait pas. Comme une fille de joie ne vivrait pas sans sa clientèle. 
    [ Ce n’est pas d’ailleurs la première fois que Mélenchon joue ce gambit, qui consiste à citer un texte normatif en détournant le sens pour faire croire qu’il a bien étudié la question. Il avait déjà fait le coup avec l’article 411-6 du code pénal.]
     
    Dans quel contexte Mélenchon a invoqué l’article 411-6 du code pénal ?
     

    • Descartes dit :

      @ Glarrious

      [Regardant cela d’un œil extérieur je vous avoue que cette “fête” ressemble plus à un rassemblement de tous les marginaux du pays et déchets de la société (punk à chien, gauchiste, anar, bobo-écolo ou bourg en mal de sensation). J’avais même vu une vidéo où des groupuscules s’attaquaient à un stand !]

      Je suis d’accord. C’est Gosnat qui, parlant du PCF dans les années 1960, avait dit que « le PCF est un parti d’ordre, d’un ordre différent certes, mais un parti d’ordre ». Le PCF n’était pas à l’époque un espace anarchique, mais une contre-société avec ses contre-règles et ses contre-sanctions pour ceux qui ne les respectaient pas. A partir des années 1970 les attaques contre cette structure se sont multipliées dans le sillage de mai 1968. Pour les classes intermédiaires, qui ont massivement investi le Parti, tout cela était à jeter et le PCF se devait d’être un « espace de liberté » où chacun pourrait vivre son militantisme comme il l’entendait. La direction marchaisienne a cherché à endiguer ce mouvement avec de plus en plus de difficultés, et avec l’arrivée de Robert Hue et sa « mutation » toutes les digues ont sauté. On en est arrivé même à la conception du « Parti outil », un parti dont il suffisait de se proclamer membre pour l’être (la disposition est toujours dans l’article 3 des statuts : « Toute personne qui en exprime la volonté peut être adhérent·e du Parti communiste français ») et qui, loin de porter une ligne, permettait à chacun de « faire avancer ses propres projets ».

      Et dans un « espace de liberté » où chacun fait ce qu’il veut – puisqu’on s’interdit désormais de juger ou de sanctionner – toutes les dérives sont possibles. Y compris l’action violente de groupuscules qui prétendent avoir la vérité et l’imposer.

      [« Le pire, c’est que le journal ne vit que grâce à la mobilisation de militants qui ont voté pour une candidature indépendante, et qui demain feront, « l’Humanité » à la main, la campagne d’un candidat que le journal ne soutiendra que du bout des lèvres. » Là vous mentez (…)]

      Je ne vous permets pas. Que ce que je dis soit faux, c’est possible. Mais m’accuser de « mensonge » supposerait une volonté de tromper en tenant volontairement un discours que je sais faux. C’est là une accusation grave. Je vous demanderais donc d’indiquer sur quel élément vous fondez vous pour la proférer, ou bien de présenter formellement des excuses.

      [ce torchon vit surtout des subventions du gouvernement directs et indirects avec 5,7 M euros. Sans ces deniers le journal ne vivrait pas. Comme une fille de joie ne vivrait pas sans sa clientèle.]

      Vous êtes injuste. D’abord, la subvention versée à l’Humanité ne lui est pas versé intuitu personae, mais fait partie d’un dispositif légal destiné à maintenir une presse d’opinion, et qui bénéficie à tout journal ne pouvant pas compter sur des ressources publicitaires importantes. Dire que l’Humanité « vit des subventions du GOUVERNEMENT » est donc faux. Il s’agit de subventions versées par l’Etat dans le cadre d’une politique publique, et non d’un choix « gouvernemental ». Vous noterez que l’ensemble des journaux bénéficie d’aides de différentes natures. Ainsi, par exemple, la TVA sur les travaux d’impression de la presse quotidienne est de 10%, et celle sur la vente des journaux de 2,1%. C’est là une aide considérable… diriez-vous que Le Figaro ou le Journal du Dimanche « vivent des subventions du gouvernement » ?

      J’ajoute que le budget de l’Humanité est de 17 M€. Les subventions ne couvrent donc qu’un tiers de cette somme… d’où viennent les autres deux tiers, à votre avis ?
      [« Ce n’est pas d’ailleurs la première fois que Mélenchon joue ce gambit, qui consiste à citer un texte normatif en détournant le sens pour faire croire qu’il a bien étudié la question. Il avait déjà fait le coup avec l’article 411-6 du code pénal. » Dans quel contexte Mélenchon a invoqué l’article 411-6 du code pénal ?]

      Il prétendait je crois amener Macron aux tribunaux au motif qu’il aurait, en vendant Alstom, porté atteinte au potentiel de défense de la nation. C’était ridicule, mais entre les gens qui ne connaissent pas le droit ça donne l’impression qu’on est sérieux.

  4. Sami dit :

    La politique en général va très très mal. C’est comme ça, c’est un moment de l’Histoire… Les masses sont désorientées, et ne trouvent nulle part où s’accrocher, on l’a bien vu (et le verra-t-on encore en Octobre ?) avec le mouvement des GJ. Livrés à eux-mêmes, sans un parti d’avant garde, minés par les gauchistes black-machins, leur mouvement s’est lamentablement effondré. Il a tout de même montré quelque chose : la grande trouille du système dominant (incarné actuellement par Macron et ses troupes de prédateurs sortis d’on ne sait quelles sombres écoles du commerce…) qui sait que sa position n’est pas aussi solide que ça, et qui n’a pas hésité à frapper durement le mouvement. 
     
    Le PCF a quasiment complètement abandonné sa raison d’être politique (faut chercher loin, pour trouver ce qu’il a de communiste). Franchement, Roussel, c’est une sorte de sous Marine Lepen (et dans ces cas-là, les gens préfèrent toujours l’original). Déplorable… La nature a horreur du vide, et oui, à la fête de l’Huma, dans le vide idéologique créé, Mélenchon et ses troupes se sont engouffrés, c’est de bonne guerre,  en ces temps de chaos politique tous azimuts. 
     
    Qu’on le veuille ou non, même si ce mouvement (LFI) est miné par une sacrée bonne dose de n’importe quoi, la FI est la seule formation qui a encore des relents de gauche palpables. C’est un fait. Oh, ce n’est pas la FI qui induira le Grand soir, loin de là ! Mais il suffit de voir l’intense et incroyable hystérie qui saisit tous les média à la seule évocation des ces 3 lettres, “LFI”, pour comprendre que ce mouvement, malgré ses énormes défauts (on en a déjà parlé, je les connais bien), reste tout de même hyper inquiétant pour la Droite (Droite allant de Faure à Lepen, en passant par Hollande, Glucksmann, Retailleau et Gabriel Attal…). LFI est loin d’être un merveilleux mouvement de gauche, un tant soit peu idéal, mais c’est tout ce qu’il y a dans les rayons.
    Le PS… incarnation de la trahison de classe.
    Tondelier, qui ne rêve que de guerroyer contre les Russes, avec même pas un tout petit réflexe de conservation qui lui rappellerait que dans une confrontation OTAN-Russie, si cette dernière se sent existentiellement acculée et elle le serait à coup sûr, l’affaire se terminera immanquablement et tout simplement, en Fin du monde. Faut-il être abruti à ce point, pour entrevoir une guerre avec la Russie en espérant que cela restera un truc conventionnel ! La Russie qui a fort à faire avec une Ukraine soutenue par l’OTAN, qui rêverait d’aller occuper la Pologne, l’Allemagne et la France ! Faut arrêter la fumette (vous le dites) ! Et Tondelier en est là… Misère du corps politique Français… 
     
    Le fameux Centre, Centre extrême, comme on l’appelle… N’en parlons pas ! Deux ex Premiers Ministres de Macron qui ont allègrement participé au désastre actuel, et qui viennent pérorer toute honte bue, devant des citoyens qui n’en peuvent plus, par le biais de médias militants et acquis.
     
    Le RN, normalement quasi assuré de gagner les prochaines élections (sauf grand retournement de situation, dont certains ont peut-être le secret…), le RN donc qui surfe sur un mécontentement généralisé en phase terminale, qui louvoie et qui ruse, à  tort ou à raison (voir sa position hyper ambiguë sur par exemple, le budget à voter, etc etc…), le RN donc qui va tout naturellement bénéficier de ce mécontentement (bravo, le PCF qui a laissé filer ses 20% d’électeurs vers l’extrême droite, à coup de trahisons et d’abandons), et qui, une fois au pouvoir, va assurément faire comprendre à un gros pourcentage de ses électeurs, à quel point ils se sont mis le doigt jusqu’au fond du slip (quand donc les masses comprendront-elles qu’il ne faut plus se “laisser trahir” ??? Grand mystère.)
     
    Et, et… et Retailleau ! j’avoue que j’en suis resté sur les fesses, à lire que vous lui trouviez un certain charme, un je ne sais quoi de subtimement intéressant… Ha la la… Le parti historique du Général est tombé très loin au fond du trou, et il creuse encore, à tel point que son chef actuel, c’est un sous politicien de sous préfecture, carrément d’extrême droite (à mon avis bien-dire que les Lepen), salement raciste (mais ça, tout le monde s’en fout maintenant, ça passe crème), pitre de foire, dont le discours sonne creux, etc etc. Ce qu’on appelle la “Droite républicaine”, est maintenant dirigée par des Wauquiez, des Retailleau et des Larcher… Le Général dont cette Droite est censé se prévaloir, doit se retourner comme une toupie dans sa tombe !
     
    Qu’est ce qu’on a encore dans les étagères ? Ah oui, le sombre et étrange Zemmour qui n’hésite pas à préférer que les anciens, les vieux, dans les EHPAD soient entourés par des robots plutôt que par des Arabes et des Noirs (il dit “musulmans”), qui dit ça à la télé, sans ne serait-ce qu’un tout petit mouvement nerveux ne fasse frémir les sourcils des journalistes présents… 
    etc etc…….
     
    Résumé de la situation : 
     
    LFI est bien loin de représenter le pire de ce sombre paysage même si truffée de défauts !!! 
     
    Le PCF et le PS ont intensément  trahi : le résultat est là. Hollande, Hue… que dire de telles engeances…
     
    Le RN aux portes du pouvoir, sous le regard attendri d’un système encore en place (patron, bourgeoisie, finances, Macron, etc) attendri et qui se frotte les mains : “tout, même le RN, plutôt qu’LFI).
     
    etc.
     
    J’en suis personnellement arrivé à penser que, devant un tel carnage politique, la “moins pire” des choses serait encore que le RN l’emporte. Au moins, avec lui, on a une vague chance que la confrontation avec les Russes s’éloigne. C’est toujours ça que les Prussiens n’auront pas, comme on dit ! Et puis, je me dis que le RN au pouvoir, ça sera aussi le réveil douloureux des masses encore trahies, qui finiront par comprendre que même leur vote protestataire est vain, avec le RN : ce dernier sera sans pitié, quant à la destruction du peu qui reste en matière de politique sociale globale. Le tout sur fond d’une Assemblée nationale sans majorité absolue, le tout sur fond de probables conflits sociaux majeurs… En espérant que de tout ce chaos, surgira enfin une Gauche digne de ce nom. Faudra ça, au moins, pour épurer les comptes !
     
    Et faudrait-il encore que “le système” ne nous sorte un joker par piqué des zanetons, comme cela a été fait en Roumanie par exemple.
     
     

    • Descartes dit :

      @ Sami

      [Les masses sont désorientées, et ne trouvent nulle part où s’accrocher, on l’a bien vu (et le verra-t-on encore en Octobre ?) avec le mouvement des GJ. Livrés à eux-mêmes, sans un parti d’avant garde, minés par les gauchistes black-machins, leur mouvement s’est lamentablement effondré.]

      Je ne parlerai pas « d’effondrement ». Simplement, on ne peut demander des pommes à un poirier. Le mouvement des GJ était un mouvement « expressif ». Il n’avait pas de revendication politique, il ne proposait pas un véritable projet, il exprimait à la fois une fatigue et une exigence. La fatigue devant un système politique qui apparaît à la fois sourd et impuissant, l’exigence que la politique s’occupe finalement des problèmes des gens. Mais un mouvement expressif, une fois qu’il s’est exprimé, n’a plus d’issue autre que l’épuisement. Il ne peut trouver un prolongement que s’il y a une organisation portant une idéologie qui permette de transformer l’expression en revendication. Et comme cette organisation n’existe pas, le mouvement s’est épuisé.

      [Il a tout de même montré quelque chose : la grande trouille du système dominant (incarné actuellement par Macron et ses troupes de prédateurs sortis d’on ne sait quelles sombres écoles du commerce…) qui sait que sa position n’est pas aussi solide que ça, et qui n’a pas hésité à frapper durement le mouvement.]

      Je confirme. La caste politique a vraiment eu peur. Et pas seulement celle qui est au gouvernement.

      [Le PCF a quasiment complètement abandonné sa raison d’être politique (faut chercher loin, pour trouver ce qu’il a de communiste). Franchement, Roussel, c’est une sorte de sous Marine Le Pen (et dans ces cas-là, les gens préfèrent toujours l’original).] Déplorable… La nature a horreur du vide, et oui, à la fête de l’Huma, dans le vide idéologique créé, Mélenchon et ses troupes se sont engouffrés, c’est de bonne guerre, en ces temps de chaos politique tous azimuts.]

      Je vous trouve bien sévère. Je suis plus positif sur les intentions de Roussel, même si je suis critique de ses actions. Roussel essaye de revenir aux fondamentaux. Oser affronter les courants gauchistes du PCF, essayer de revenir à une réflexion sur le réel en matière économique et sociale, revenir à un fonctionnement communiste dans le Parti, cela demande dans le contexte actuel beaucoup de courage. Est-ce que dans le rapport de forces tel qu’il est il peut se permettre de tenir un autre discours à la tribune ? Je suis mal placé pour en juger, n’ayant plus que des contacts sporadiques avec les dirigeants du PCF.

      Que le discours de Roussel se rapproche par certains points à celui de Marine Le Pen, ce n’est pas étonnant : Marine Le Pen a pu séduire l’électorat populaire laissé orphelin par le PCF en reprenant les drapeaux que ce dernier avait laissé tomber. Les relever aujourd’hui, c’est prendre le risque de l’amalgame. Ce n’est pas une raison pour y renoncer, au contraire. Mais il faut construire un discours pour expliquer le pourquoi de cette coïncidence, et c’est là où les choses se compliquent. Parce qu’il faut admettre devant les couches populaires qu’on les a laissé tomber…

      [Qu’on le veuille ou non, même si ce mouvement (LFI) est miné par une sacrée bonne dose de n’importe quoi, la FI est la seule formation qui a encore des relents de gauche palpables. C’est un fait.]

      Je me méfie de qui est présenté comme « fait » alors que ce n’est qu’une perception. Je ne sais pas ce que vous appelez « des relents de gauche palpables ». Au niveau du discours, on retrouve le discours « anti-riches » répété jusqu’à la nausée par les gauchistes. Mais j’ai envie de demander « et alors ? ». On entend ce discours dans la bouche des gauchistes depuis un demi-siècle, pour quel effet ? Dès que ces gauchistes sont arrivés aux affaires, ils ont viré leur cuti et voté « oui » à Maastricht – suivez mon regard.

      [Oh, ce n’est pas la FI qui induira le Grand soir, loin de là ! Mais il suffit de voir l’intense et incroyable hystérie qui saisit tous les médias à la seule évocation des ces 3 lettres, “LFI”, pour comprendre que ce mouvement, malgré ses énormes défauts (on en a déjà parlé, je les connais bien), reste tout de même hyper inquiétant pour la Droite (Droite allant de Faure à Lepen, en passant par Hollande, Glucksmann, Retailleau et Gabriel Attal…).]

      Vous savez, la peur qu’inspirent les trois lettres « LFI » n’est rien comparé à celle qu’inspire aux mêmes les deux lettres « RN ». Quelle conclusion tirez-vous ? Désolé, mais personnellement le fait qu’un mouvement fasse peur à la droite n’est pas pour moi un argument. Action Directe faisait peur à la droite, et il ne me viendrait pas à l’idée de les soutenir. Tout ce qui fait peur à la droite n’est pas forcément bon pour le pays.

      [LFI est loin d’être un merveilleux mouvement de gauche, un tant soit peu idéal, mais c’est tout ce qu’il y a dans les rayons.]

      Dans quel « rayon » ? Je vous avoue que j’ai beaucoup de mal à comprendre ce raisonnement. Je ne vote pas pour le « moins pire », et je ne vais certainement pas voter pour un gourou qui n’écoute personne, qui revendique le communautarisme, qui vomit la science, le nucléaire et l’industrie, qui monte dans le bateau des néoféministes et de toutes les idéologies « woke » tout en faisant de Mitterrand sa référence en politique, au motif qu’il serait « de gauche ». Je ne choisis pas mon vote en fonction de l’étiquette « de gauche » ou « de droite » du candidat.

      [Le PS… incarnation de la trahison de classe.]

      Et vous pensez pouvoir voter pour un homme qui fait de Mitterrand sa référence en politique ? Qui a fait campagne passionnément pour le traité de Maastricht ? Où s’arrête la « trahison de classe » ?

      [Le RN, normalement quasi assuré de gagner les prochaines élections (sauf grand retournement de situation, dont certains ont peut-être le secret…),]

      Voyez-vous, j’ai du mal à y croire. Marine Le Pen fera certainement la course en tête… mais je n’oublie jamais la formule gaullienne, « les Français aiment les révolutions mais détestent les changements ». Répondre à un sondeur c’est une chose, voter c’en est une autre, et placés devant l’urne beaucoup de Français qui détestent pourtant l’existant voteront pour le candidat du moindre risque, celui qui ne changera pas grande chose.

      [(…) le RN donc qui surfe sur un mécontentement généralisé en phase terminale, qui louvoie et qui ruse, à tort ou à raison (voir sa position hyper ambiguë sur par exemple, le budget à voter, etc etc…),]

      « On ne sort de l’ambigüité qu’à son détriment »…

      [le RN donc qui va tout naturellement bénéficier de ce mécontentement (bravo, le PCF qui a laissé filer ses 20% d’électeurs vers l’extrême droite, à coup de trahisons et d’abandons), et qui, une fois au pouvoir, va assurément faire comprendre à un gros pourcentage de ses électeurs, à quel point ils se sont mis le doigt jusqu’au fond du slip (quand donc les masses comprendront-elles qu’il ne faut plus se “laisser trahir” ??? Grand mystère.)]

      Vous voulez dire que le RN refera le coup que fit en son temps le maître en politique de Mélenchon ? Soyons sérieux. Si vous accordez le bénéfice du doute à un homme qui a participé avec enthousiasme à cette « trahison » – et qui ne l’a jamais reniée – pourquoi ne pas accorder le même bénéfice au RN ? Parce qu’il n’est pas « de gauche » ?

      [Et, et… et Retailleau ! j’avoue que j’en suis resté sur les fesses, à lire que vous lui trouviez un certain charme, un je ne sais quoi de subtilement intéressant…]

      Les qualités personnelles n’ont rien à voir avec le positionnement politique. Je ne partage idéologiquement pas grande chose avec Retailleau, mais je trouve qu’il s’exprime avec un certain charme, que c’est un homme cultivé, posé, capable de suivre un fil d’argumentation rationnel. Ce n’est pas un petit roquet comme Attal, né avec une cuiller d’or dans la bouche. Que voulez-vous. Un homme politique n’est pas seulement un discours politique, c’est aussi une personnalité. Et la personnalité dit beaucoup de la manière dont la personne affronterait une situation imprévue, une crise.

      [Ha la la… Le parti historique du Général est tombé très loin au fond du trou, et il creuse encore, à tel point que son chef actuel, c’est un sous politicien de sous préfecture, carrément d’extrême droite (à mon avis bien-dire que les Lepen), salement raciste (mais ça, tout le monde s’en fout maintenant, ça passe crème), pitre de foire, dont le discours sonne creux, etc etc.]

      Je suis curieux… sur quel élément factuel vous fondez-vous pour qualifier Retailleau de « salement raciste » ?

      [Qu’est ce qu’on a encore dans les étagères ? Ah oui, le sombre et étrange Zemmour (…)]

      Je note que vous oubliez quelques-uns des produits offerts dans les étagères. Roussel, par exemple. Ou Arthaud. Si les « relents de gauche » sont le guide de votre vote, ils sont certainement plus forts chez Arthaud que chez Mélenchon, non ?

      [Résumé de la situation : LFI est bien loin de représenter le pire de ce sombre paysage même si truffée de défauts !!! Le PCF et le PS ont intensément trahi : le résultat est là. Hollande, Hue… que dire de telles engeances…]

      Oui, enfin, Mélenchon a activement participé à la « trahison » du PS, du « tournant de la rigueur » à la ratification du traité de Maastricht. Pourquoi lui accordez-vous l’absolution sans confession ? Si ce n’est pas là une « trahison », je me demande ce que c’est. Est-ce que le fait de changer d’organisation vaut effacement du passé ?

      Je note aussi que vous effacez d’un revers de manche la candidature de Nathalie Arthaud. En quoi serait-elle moins digne de votre voix que Mélenchon ? Si la question est de choisir celui dont les « relents de gauche » sont les plus forts…

      [Et puis, je me dis que le RN au pouvoir, ça sera aussi le réveil douloureux des masses encore trahies, qui finiront par comprendre que même leur vote protestataire est vain, avec le RN : ce dernier sera sans pitié, quant à la destruction du peu qui reste en matière de politique sociale globale. Le tout sur fond d’une Assemblée nationale sans majorité absolue, le tout sur fond de probables conflits sociaux majeurs…]

      Si le RN arrive à la présidence sans majorité dans l’Assemblée, il sera difficile de montrer que le RN aura « trahi » les couches populaires, puisqu’il ne sera pas en mesure de mettre en œuvre sa politique. Au demeurant, je pense que le risque est limité : s’il se trouve une majorité pour amener Marine Le Pen au pouvoir, ce sera une majorité d’adhésion, et on voit mal ceux qui ont voté pour elle à la présidentielle voter contre les candidats qu’elle pourrait investir pour les législatives. Il n’y a pas de précédent d’un président élu pour son premier mandat qui n’ait pas eu une majorité solide.

      [En espérant que de tout ce chaos, surgira enfin une Gauche digne de ce nom. Faudra ça, au moins, pour épurer les comptes !]

      Pourquoi cette obsession avec « la gauche » ? C’est quoi pour vous une « gauche digne de ce nom » ?

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