Alexis Corbière: Autopsie d’une négociation

Comme disait l’un de mes maîtres, « les anciens donnent de bons conseils pour se consoler de ne plus pouvoir donner des mauvais exemples ». Le passage du militantisme actif au statut de vieux sage implique, hélas, de dire adieu à un certain nombre de plaisirs parmi les plus délectables. Et parmi eux, celui de participer aux négociation de deuxième tour. Ah, mes amis ! Oserais-je dire que celui qui n’a pas connu cela n’a pas vécu ?

La négociation de l’entre-deux tours est la seule possibilité qui nous est laissée, dans notre société policée, d’être un personnage de tragédie. « Qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompli/Tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli » écrivait Boileau pour résumer la règle des trois unités, pilier de la tragédie classique. Ici, « un seul lieu », la ville. « Un seul jour » puisque les délais pour aboutir sont courts. Et « un seul fait », la répartition des postes. A cela s’ajoute toute la panoplie des complots, des haines, des personnages frappés par le destin… Oui, je vous le dis sans ambages : ayant participé plusieurs fois à ces étranges rituels, je me morfonds d’en être réduit à les regarder, et encore, souvent par procuration.

C’est pourquoi je ne peux que vous recommander de lire le compte rendu tragique – tragique dans tous les sens du terme – de la rencontre des représentants de la liste Simonnet – vulgairement appelée « Front de Gauche sans PCF » avec ceux de la liste Hidalgo que publie Alexis Corbière sur son blog (1). Bien sûr, on se doute que le but de ce document n’est pas d’informer le lecteur sur des faits, mais de faire passer un message politique, et on n’est pas déçu. L’auteur ait choisi de noircir le comportement de ses adversaires dans la négociation et d’embellir le sien et celui de ses amis. Un compte rendu plus « contradictoire », donnant la parole aux deux partis, a par ailleurs été publié (2) dans la presse, et on peut utilement contraster les deux documents.

Mais ce compte rendu est aussi intéressant en ce qu’il montre l’étrange conception de la politique dans l’entourage immédiat de Jean-Luc Mélenchon, dont Corbière est l’un des porte-flingue les plus proches. Car ce qui traverse le texte, c’est une sorte de fausse sidération, une incapacité à prévoir les résultats – pourtant fort prévisible – de ses propres actions et, plus grave encore, des rapports de force. Voici l’analyse que Corbière fait des résultats du premier tour :

« Ainsi, dans quatre arrondissements parisiens actuellement dirigés par le PS, c’est à dire les 4e, 9e 12e et 14e, l’addition PS et EELV ne fait pas 50% des suffrages. Il eut donc été logique que le PS mesure le choc que représente tout cela, change d’attitude et cherche à faire en sorte que toutes les forces se réclamant de la gauche trouvent un point d’accord, même à minima, pour faire bloc afin d’éviter que la droite ne l’emporte dans un arrondissement ou plus. De plus, il serait normal et pour tout dire démocratique que les électeurs du Front de Gauche soient représentés au sein des Conseils municipaux et au Conseil de Paris à hauteur de ce qu’ils sont afin que les institutions parisiennes ne soient pas un miroir déformé de la réalité politique. Formellement, nous représentons 10,26 % du total des voix des partis se réclamant de la gauche (PS, EELV et FDG) ».

Une analyse un peu bizarre. Si sur le 4ème arrondissement l’addition « PS+EELV » (Corbière oublie convenablement le fait que la liste « PS » est en fait une liste « PS+PCF », et ce n’est pas par hasard, j’y reviendrai) ne fait pas 50%, elle fait 47% là où la somme des listes de droite fait seulement 43%. Les risques que « la droite l’emporte » sont donc minimes. Même chose au 9ème (48% contre 43%), au 12ème (47% contre 38%) et au 14ème (45% contre 40%). A chaque fois, la gauche a une avance de cinq points sur la droite, et on sait que la plupart des électeurs des listes « PG+Ensemble » voteront la liste de gauche au deuxième tour. Il n’y a donc aucune « logique » à ce que les représentants de la liste « PS+EELV » se décarcassent pour « trouver un point d’accord, même à minima ». Les listes « PG+Ensemble » n’ont ni assez de voix, ni un contrôle suffisant sur leur électorat pour avoir de quoi peser dans une négociation, et il est incroyable que Corbière ait pu penser un instant qu’il pouvait aborder cette négociation en position de force et poser des conditions. L’argumentation fondée sur ce qui serait « normal et démocratique » est aussi hors sujet. Imaginons la situation inverse, celle ou le PG arriverait tout seul à 45% et serait en ballottage favorable. Imagine-t-on les représentants du PG proposant aux « solfériniens » des places pour que « les institutions ne soient pas un miroir déformé de la réalité politique » ? Je laisse chacun répondre à cette interrogation…

Évidemment, « ce n’est pas ainsi que le PS voit les choses au soir du premier tour ». On pouvait s’en douter, mais Corbière semble surpris : « Au soir du premier tour pourtant, Anne Hidalgo dans sa déclaration publique appelle au large rassemblement, cite EELV… mais ne parle pas de nous. Ah ? ». Corbière aurait du tirer la conclusion qui s’impose : un accord avec les listes « PG+Ensemble » n’intéresse pas Anne Hidalgo. Peu après, « Rémi Féraud, le premier secrétaire de la Fédération socialiste déclare dans la soirée la même chose qu’Hidalgo mais ajoute aussi qu’il est prêt à discuter avec nous ». Là encore, cela cadre les choses : on ne vous claquera pas la porte au nez, mais on n’est pas particulièrement intéressé. On aurait pu se le tenir pour dit, mais apparemment chez les « PG+Ensemble » on y tient, à cette fusion. Rendez-vous est donc pris « à 2h30 du matin » – qu’est ce que je vous disais… c’est l’heure des grandes œuvres et des grands crimes – à la fédération de Paris du PS.

Et là, grande surprise pour Corbière : dans la délégation qui les reçoit il y a non seulement Rémi Féraud et Mao Péninou (3), du PS, mais aussi Ian Brossat et Igor Zamichei, du PCF, délégation que Corbière qualifie, on ne sait pourquoi, de « quatuor baroque ». Ce qui est drôle, là dedans, c’est le contraste entre la réalité vécue et la réalité fantasmée. Corbière et les siens parlent en permanence de « liste PS » pour qualifier la liste Hidalgo. Dans leur imaginaire, le PCF ne pouvait donc être qu’un appendice sans volonté. Le PS avait acheté les communistes prêts à aller à la soupe avec quelques postes, il n’allait pas en plus leur demander leur avis ! Et tout à coup, le soir du deuxième tour, Corbière découvre que la réalité est un peu plus complexe que le discours schématique de son parti. Que le PCF participe vraiment aux côtés du PS à la gestion de la campagne parisienne. Que les deux partenaires se consultent, agissent et négocient de concert. Corbière a si mal jaugé la situation qu’il croit s’en sortir d’un échange particulièrement chaud avec Ian Brossat en mettant Féraud en position d’humilier son allié : « Et puis, mesurant l’absurdité de cette polémique avec des dirigeants parisiens du PCF, je me suis tourné vers Rémi Féraud pour lui dire que nous n’étions pas venus pour débattre stérilement avec des communistes sur la stratégie d’opposition à la politique d’austérité, mais pour discuter sérieusement avec le PS et les représentants des listes d’Anne Hidalgo. Rémi Féraud m’a alors immédiatement répondu que cette distinction entre PS et PCF n’avait pas lieu d’être ». Que pouvait-il répondre d’autre ? Corbière pensait vraiment que Féraud, qui après tout avait pris l’initiative d’inviter Brossat et Zamichei à la table de négociation, allait les humilier devant lui en acceptant son discours « nous ne discutons pas avec les valets, nous voulons discuter avec les maîtres » ? Qu’il allait les faire sortir de la salle ?

De toute évidence, Corbière s’est auto-intoxiqué. A force de répéter que le PCF était devenu à Paris le valet du PS, que ses dirigeants n’avaient d’autre souci que les « places », il a fini par le croire. Comment expliquer autrement que Corbière ait entrepris – et le raconte « à froid » comme un fait d’armes – une manœuvre si évidemment condamnée à l’échec ? Mais cette maladresse illustre aussi la violence des sentiments de Corbière pour le PCF, violence qui à mon avis n’est pas, elle non plus, déconnectée de son parcours. « Trotskyste un jour, trotskyste toujours », comme disait mon grand-père…

Et bien entendu, les représentants de la liste « PS+PCF » posent leurs conditions : « reprendre à notre compte le programme d’Anne Hidalgo dans son intégralité, de nous engager à voter tous les 6 budgets de la prochaine mandature et à participer aux exécutifs municipaux pour matérialiser une « solidarité de vote » durant la mandature. Je tique. Une telle façon de faire est assez inédite et déconcertante. Par définition, puisque nous avons présenté des listes autonomes au premier tour, il est assez curieux de nous demander de nous rallier à l’intégralité du programme d’Anne Hidalgo. Deuxièmement, d’où vient cette exigence volontairement provocatrice, de nous imposer de voter les 6 prochains budgets municipaux alors qu’aucun des participants à la discussion ne sait ce que contiendront les dits prochains budgets ? ».

Pourtant, les conditions posées sont assez classiques. Et je trouve qu’il faut ici démonter la logique des « fusions techniques », le nouveau gadget inventé par le PG. Qu’est-ce que c’est la « fusion technique » ? C’est le procédé par lequel on mettrait ensemble dans une liste proposée au vote des électeurs des gens qui proviennent de deux listes défendant des programmes contradictoires, qui ne s’engagent réciproquement à rien pour l’avenir, qui souvent se détestent, et le tout afin de bénéficier de l’addition sur la liste ainsi constituée des voix des listes d’origine. On comprend l’intérêt tactique du procédé, mais quel est le message qu’on transmet à l’électeur ? Qu’en votant pour Anne Hidalgo il accorde des postes à des gens qui vomissent son programme et qui voteront contre elle au Conseil de Paris ? Cette vision magouilleuse de la politique rappelle furieusement la loi électorale dite « des apparentements » de 1948. Il s’agissait alors de « corriger » les votes des électeurs pour réduire l’influence du PCF…

L’exigence exprimée par Féraud n’a rien de « inédit » et ne peut être jugée « déconcertante » que par quelqu’un qui n’a pas en tête la réalité des rapports de force. C’est une exigence logique de la part d’une liste qui sait qu’elle peut gagner toute seule. Dans ces conditions, elle n’a aucune raison – en dehors de tendances masochistes affirmées – de consentir une « fusion » qui n’aurait d’autre effet que d’introduire dans le Conseil de Paris des gens dont le but dans la vie sera de harceler leur majorité à chaque pas. Dans ces conditions, demander de souscrire au programme et s’engager à voter avec la majorité l’acte le plus important, le budget, c’est un minimum. Corbière, dont le parcours dans le trotskysme d’abord, dans le parti socialiste ensuite, est parsemé de négociations et de rapports de force, est trop expérimenté pour ne pas le savoir. On est donc obligés de conclure qu’en jouant les naïfs, il nous prend pour des imbéciles.

Et il continue : « (…) j’ai demandé à Mao Peninou que l’on arrête cette polémique et que l’on se mette au travail, nous étions venus pour cela avec nos ordinateurs, nos stylos et nos feuilles de papier, pour rédiger une déclaration commune, qui pourrait indiquer des objectifs communs, etc. A l’image d’ailleurs de ce que le PS a rédigé avec EELV, soit une déclaration de 3 pages sans engagement de voter les 6 budgets pendant 6 ans. (…) Dans cet accord, aucune des « exigences » du PS et du PCF à notre égard n’est seulement mentionnée. Bien entendu, l’accord EELV-PS ne se fait pas sur la base du programme d’Anne Hidalgo et aucune « solidarité de vote » n’est exigée sur les 6 budgets futurs ». Eh oui, mon cher Alexis. Cela s’appelle « rapport de forces ». Quand on dépasse les 10% et que ces voix sont indispensables pour la victoire, on peut se permettre beaucoup de choses. Quand on fait 5% et que la victoire est acquise même sans ces voix, on ne peut pas espérer imposer des conditions. C’est la dure loi de la politique. Et le pire, c’est que Corbière la connaît parfaitement, et l’a appliquée sans pitié lorsqu’il était du côté du manche. Évidemment, lorsqu’on est du mauvais côté, ce n’est pas tout à fait la même chose.

Corbière a bien compris l’intérêt qu’il y a à jouer les victimes. Car le but de tout cela, c’est bien entendu de présenter les « affreux » Brossat et Zamichei comme les méchants de la farce. En témoigne ce paragraphe déchirant – sortez vos mouchoirs – dans lequel Corbière en fait des tonnes dans le genre larmes de saurien : « En écoutant [Ian Brossat], j’ai eu honte pour lui. J’avais à ce moment-là, sous les yeux un beau spécimen, passionnant pour nombre de psychanalystes, de quelqu’un qui, il y a quelques mois encore, lors de la consultation interne des communistes, était favorable à des listes Front de Gauche autonomes du PS, qu’il était même prêt à conduire, mais 6 mois plus tard, demandait à ceux qui avait porté cette ligne, d’écrire qu’ils avaient eu tort de le faire, et d’expier leurs péchés en quelque sorte. En l’écoutant, des images tristes m’ont traversé l’esprit. Processus classique, hélas. La cruauté de la face sombre de la politique dévore parfois ses enfants les plus prometteurs. Un jeune ambitieux plein de talent, mais qui agit sans stratégie réelle, si ce n’est le maintien immédiat de sa position acquise et du confort matériel qu’elle entraîne, ne devient avec le temps qu’un vieil ambitieux dont l’intelligence n’aura servi qu’à tout justifier, n’importe comment, dans n’importe quelle condition, même si c’est l’inverse de sa pensée d’hier. Sur un plan plus personnel, j’ai compris à cet instant que j’avais perdu un ami, mais sans doute que c’était déjà le cas depuis plus longtemps ».

C’est beau, n’est ce pas ? Oui, mais c’est d’une rare hypocrisie. Cela fait des mois que de Mélenchon et Billard à Corbière et Simonnet, pour ne pas mentionner toute une série de porte-flingue intermédiaires, on bave sur les communistes. Lorsqu’on a un peu de mémoire, on se souvient de l’appel aux militants communistes parisiens à voter contre leur direction. On se souvient comment les dirigeants communistes – et les dirigeants seuls, car il s’agissait de détacher les militants d’eux – étaient accusés de « traîtrise », « d’aller à la soupe », de ne se soucier que de « leurs places » et de « leur confort matériel », accusations que Corbière répète ci-dessus d’ailleurs. Et après cette campagne, Corbière s’étonne d’avoir « perdu un ami ». Un « ami » qu’il avait traité de tous les noms, qu’il avait injurié à chaque pas, dont il avait mis en doute la probité politique. Et cela l’étonne lorsque Brossat lui en veut.

Faut pas se foutre du monde. Avant de partir en guerre et de se permettre tous les excès, y compris les mises en cause personnelles, il fallait réfléchir aux conséquences. Croire qu’après les élections tout cela serait oublié et que ce serait « embrassons nous, Foleville », c’est se méprendre sur les rapports humains en général et sur le fonctionnement du PCF en particulier. Car au PCF, comme dans toute organisation ayant une mentalité de forteresse assiégée, la loyauté est une valeur très prisée, et on a par conséquent la mémoire longue. Que Brossat exige, en préalable à tout accord, que Corbière et les siens « expient leurs pêchés » en abjurant les attaques qu’ils ont proféré n’est pas totalement absurde. C’était au contraire parfaitement prévisible.

La position de Corbière est d’autant plus amusante qu’après avoir accusé Brossat de n’avoir d’autre stratégie réelle que « le maintien immédiat de sa position acquise et du confort matériel qu’elle entraîne », il s’indigne qu’on puisse le suspecter de la même chose : « je découvre dans la presse que ceux qui se sont comportés comme des minables dimanche soir cherchent en plus à me flétrir, en plaquant sur moi leur propre fonctionnement de “croutard”, et en décrivant mon rôle de négociateur comme une démarche personnelle “désespérée” visant à sauver mon poste ». Quelle méchanceté, en effet. Comment imaginer un instant que Corbière aurait pu se conduire comme un Brossat quelconque ? Corbière devrait méditer ce saint principe qui veut que les gens qui habitent des maisons en verre s’abstiennent de jeter des pierres.

Tout ça augure bien mal de l’avenir du Front de Gauche. Le PCF a fait le dos rond pendant les élections, et ses dirigeants se sont abstenus de répondre aux attaques des dirigeants du PG. Mais je suis persuadé que ce silence ne vaut pas acceptation, et que chaque offense a été soigneusement notée. Je me suis laissé dire que les négociations sur les européennes se révèlent particulièrement dures. Je ne suis personnellement pas convaincu qu’elles aboutiront. Et la proclamation en continu d’un accord PG-EELV présenté comme la « nouvelle alliance » (dixit Coquerel) ne va pas faciliter les choses.

Et je laisse à Corbière le mot de la fin : « Les années qui viennent ont besoin de femmes et d’hommes qui gardent l’esprit clair et sont prêts à des sacrifices momentanés pour que leurs idées progressent ». C’est moi, bien entendu, qui souligne.

Descartes

(1) http://www.alexis-corbiere.com/index.php/post/2014/03/25/Le-PS-entre-caporalisme%2C-arrogance-et%E2%80%A6-local-%C3%A0-balai

(2) http://www.lejdd.fr/Politique/Paris-le-huis-clos-nocturne-qui-dechire-le-Front-de-gauche-658701

(3) Mao Péninou est le fils de Jean-Louis Péninou, l’un des chefs maoïstes de mai 1968 et plus tard directeur de Libération. Le fils semble avoir un avenir d’apparatchik brillant au Parti Socialiste. Comme disait mon colon, « les parents boivent, les enfants trinquent ».

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16 réponses à Alexis Corbière: Autopsie d’une négociation

  1. Gérard Couvert dit :

    Je me demande ce que pense, en version "miroir déformé de la réalité politique", M. Corbière du rapport élus/voix pour le FN ?

    • Descartes dit :

      @Gerard Couvert

      Faudrait lui poser la question… Effectivement, si on suit le raisonnement de Corbière jusqu’au bout, les listes de gauche ayant une chance de l’emporter devraient, par pur souci de démocratie, entendons nous bien, proposer aux listes la droite et même du FN ayant fait moins de 10% des "fusions techniques" leur permettant d’être représentées dans les conseils municipales. Voilà qui serait une révolution…

  2. Ifig dit :

    Je dois dire que j’avais moi aussi repéré ce papier de Corbière et je l’avais trouvé assez étonnant dans le côté "on ne fait pas ce que je veux, comment se fait-ce !!!" Un point de désaccord avec toi: la fusion technique est quelque chose de tout à fait légitime. Avec la prime majoritaire, une liste en tête peut parfaitement intégrer quelques membres d’une autre liste avec pleine liberté, qui ne menacent pas sa majorité, juste pour représenter un courant proche mais pas identique. Maintenant, pas la peine de faire des tartines là-dessus: si on ne peut pas se maintenir et si la liste majoritaire n’est pas intéressée, on se dit au revoir et c’est marre.

    • Descartes dit :

      @Ifig

      [Je dois dire que j’avais moi aussi repéré ce papier de Corbière et je l’avais trouvé assez étonnant dans le côté "on ne fait pas ce que je veux, comment se fait-ce !!!"]

      J’avoue qu’en première lecture ma réaction avait été d’étonnement devant un Corbière qui se dépeint lui même en naïf découvrant la dure réalité des rapports de force politiques. Et puis je me suis dit, ce n’est pas possible. Ce type a une longue trajectoire à l’UNEF-ID, dans les officines trotskystes, puis dans un courant minoritaire au PS. Il en a vécu, peut-être plus que moi même, des nuits blanches dans des salles enfumées ou l’on défait et refait les congrès autour du tapis vert, des négociations discrètes dans les chiottes et les placards à balais on l’on arrache des places et des concessions de dernière minute. Alors, quand il nous raconte sa « surprise », il est en train d’essayer de nous enfumer.

      De toute manière, je n’ai plus aucune confiance dans les porte-flingue du Petit Timonier et pas beaucoup dans le Petit Timonier lui même. Je les ai trop de fois surpris à raconter n’importe quoi. Et si encore ils racontaient n’importe quoi par ignorance, ce serait grave mais pas rédhibitoire. Mais je les surprend de plus en plus à raconter n’importe quoi alors qu’ils savent pertinemment que c’est le cas. Ce genre de manipulation n’est pas acceptable.

      [Un point de désaccord avec toi: la fusion technique est quelque chose de tout à fait légitime. Avec la prime majoritaire, une liste en tête peut parfaitement intégrer quelques membres d’une autre liste avec pleine liberté, qui ne menacent pas sa majorité, juste pour représenter un courant proche mais pas identique.]

      Pas avec « pleine liberté ». Il ne faut pas se raconter des salades : les élections ne servent pas à désigner les membres d’un club de discussion, mais à désigner des gens qui exercent le pouvoir en notre nom. La liste qui accueillerait des gens d’un « courant proche » (en leur donnant des places qui auraient pu revenir aux membres de la liste, n’oublions pas ce détail) passe ensuite devant les électeurs. Ce sont eux qui, en dernière instance, élisent. Et il faut expliquer à ces électeurs pourquoi au lieu d’élire quelqu’un dont ils partagent les idées pour les représenter, on leur demande plutôt d’élire des gens qui sont d’un autre bord. Si ces gens-là ont une « pleine liberté », alors cette situation est incompréhensible. Je ne voterai pas une liste ou il y a des gens qui ont « pleine liberté » de se battre ensuite contre le programme que je souhaite voir appliquer.

      [Maintenant, pas la peine de faire des tartines là-dessus: si on ne peut pas se maintenir et si la liste majoritaire n’est pas intéressée, on se dit au revoir et c’est marre.]

      Oui… sauf que pour certains, la politique est plus qu’une passion. C’est un gagne-pain. Il ne faut pas non plus négliger cet aspect. Et le fait que Corbière, après avoir attaqué Brossat sur ce point s’indigne qu’on puisse penser la même chose de lui même est assez révélateur… comme disait Shakespeare, « methinks the lady doth protest too much » (« il me semble que la dame proteste un peu trop fort »).

  3. Ifig dit :

    Sinon, le Monde a fait une compilation assez intéressante des résultats du Front de Gauche (sous le titre "Le Front de Gauche obtient-il de meilleurs résultats que le FN?") et la conclusion est assez claire: les bons résultats viennent de l’assise municipale PC, l’apport PG n’est pas évident du tout. Comme tu dis, des débats passionants à venir.

    • Descartes dit :

      @Ifig

      Cela confirme ce qu’on sait: l’assise du FdG, qu’elle soit électorale ou logistique, est celle du PCF. Sans le PCF, le Front de Gauche ne résiste qu’à la merci de situations locales très particulières, notamment comme à Paris l’existence d’un fort potentiel d’extrême gauche.

    • bovard dit :

      Le second tour s’annonce catastrophique pour le PS et les listes qui lui sont liées.Certaines espèrent un sursaut comme à Toulouse,où les soutiens de la liste de coalition( NPA-Issue des SansVoix-la République du coeur)appellent à voter’ P.Cohen’.
      Intrigué,j’ai visité le site Pierre Cohen2014.C’est intéressant cette coalition du PS-PCF-PRG-MRC-Parti Occitan-Parti pirate!
      Retour vers les années soixante dix et l’équation gagnante de l’Union de la Gauche .
      Il faut dire que Cohen est un ancien du Céres.De plus il travaille,a des idées et une véritable vision d’ensemble pour Toulouse.Poursuivons les recherches sur internet pour Toulouse:Si on compare les 30000 voix du FdG-PCF aux présidentielles avec les 6000 voix de Sellin/Martin (PG/exNPA)sur le bulletin duquel il avait écrit en gros FDG(illégitimement puisque le pcf était avec une liste de large union de la gauche),Sellin a perdu 80% des voix de Mélenchon.
      Voilà pourquoi,Mélenchon ni ne sera pas présent sur les plateaux TV Dimanche soir.
      Les dirigeants du PG seront la risée du FN mais aussi des militants du PCF.
      Ils feront les frais du retour de bâton de leur irresponsabilité.
      Ils ne seront pas les seuls.
      Les solfériniens,la gauche en général vont passer une mauvaise soirée,y compris à Toulouse..En tout environ 100 villes de plus de 10000 habitants peuvent passer de gauche à droite.
      Resteront elles toutes à l’UMPS ? Le FN en recueillera combien?

    • Gérard Couvert dit :

      Je suis dyslexique et j’ai tendance à confondre les "b’ et les ‘v’ du coup votre pseudo est éclairant.
      Toulouse c’est boboland, plus l’intolérance EELV, plus les nervis d’extrème-gauche (dont j’ai subi les agressions physiques), plus l’incompétence dogmatique, plus le sectarisme idéologique, plus les mafias des petits-copains (genre Ariège et Gers réunis), plus les caciques et leur giton de terra-nova … Toulouse c’est le pire de la gauche. La "vision" de P. Cohen est un ramassis de conneries dépassées, un catalogue de tue-la-vie, c’est comment transformer une ville italo-ibérique en un bourg du Nord, la destruction du square Ch. De Gaulle en est l’emblème.

    • Ifig dit :

      Roger Martelli a fait un papier assez complet dans Regards sur les résultats électoraux du FdG et du PCF. Tu ne seras sûrement pas d’accord avec les interprétations, et le titre est racoleur, mais la compilation des résultats est intéressante.
      http://www.regards.fr/web/municipales-pc-l-autre-berezina,7615

    • Ifig dit :

      Et toujours sur Regards, une analyse pertinente de en quoi les bons chiffres du Front de Gauch autonome viennet d’abord de maires PCF très bien implantés.
      http://www.regards.fr/web/les-mauvais-comptes-du-parti-de,7618

    • Descartes dit :

      @Ifig

      [Roger Martelli a fait un papier assez complet dans Regards sur les résultats électoraux du FdG et du PCF. Tu ne seras sûrement pas d’accord avec les interprétations, et le titre est racoleur, mais la compilation des résultats est intéressante.]

      La compilation des résultats n’est pas sans intérêts. Quant aux « interprétations », on peut difficilement leur donner ce nom, vu qu’elles sont écrites à l’avance. Martelli est l’homme d’une seule idée. Qui comme toutes les idées fixes, n’avance pas. C’est l’idée que si le PCF avait rompu avec la conception léniniste (pour faire vite) et était devenu un parti « sociétalo-libertaire » dans les années 1960, nous nagerions en plein bonheur. Quand il le disait avant 1994, soit. Mais il ne semble avoir tiré aucune leçon des résultats désastreux de la « mutation » menée par Robet Hue. Il les écarte au contraire d’un revers de manche, soit en disant « Hue avait des bonnes intentions, mais les « staliniens » l’ont bloqué » soit plus perversement « en 1994 c’était trop tard ». Ce dernier argument est assez paradoxal, parce que si « en 1994 c’était trop tard » pour réformer le PCF, pourquoi continue-t-il depuis trente ans à affirmer que la réforme en question est toujours aussi nécessaire ?

      Personnellement, j’ai une détestation profonde pour les gens dont le discours politique consiste à répéter « je vous l’avais bien dit ».

  4. Nicolas 70 dit :

    Place au peuple, disait l’un des slogans publicitaires du FDG et le peuple n’a plus fait de place à M.CORBIERE. Que s’est-il passé ? Me serais-je trompé ? N’ai je pas répondu aux attentes de l’électorat ? Mais, que non. Mon (notre) échec est du au complot fomenté par les socialo-communistes.

    Je pense que le PG et les autres groupuscules du FDG ne veulent toujours rien comprendre et n’ont que mépris pour les gens. J’espère que ceux qui se sont aventurés en dehors de la mère patrie, pour être soit disant ensemble, auront la lucidité d’y retourner.

    La malhonnêteté du PG est affligeante. M.CORBIERE, pour cacher le score du FDG à PARIS en dessous des 5%, nous ressort le fait qu’il représente plus de 10% des suffrages exprimés de « gauche ». Les électeurs, qui n’ont pas voté « à gauche », ce sont quoi, les autres ? Des individus que nous ne devons pas reconnaître ? Après les électeurs FN qui étaient hors de la République, les électeurs de BEIGBEDER et de l’UMP s’y sont mis également ? Quel sectarisme ! On arrête pas le délire.

    Il en va de même au niveau national. Le PG, depuis dimanche, met en avant les plus de 11% réalisés par les listes du FDG dans les villes de plus de 10000 habitants. Alors déjà, on additionne les choux et les carottes. Je m’explique à VESOUL le PG et quelques militants du PC voulaient faire une liste, ils n’y sont pas parvenus. Une liste PCF, élargie à la société civile, a rassemblé 18,3% des suffrages. Et bien, le PG a pris ce résultat pour effectuer sa moyenne nationale.

    L’honnêteté intellectuelle pour le PG aurait été de faire la moyenne de ces listes menées par un PG ou un autre des groupuscules du FDG.

    La seule question, et vu les dernières manigances de Méluch’, est : quand est-ce que le PCF va arrêter cette farce ?

    • Descartes dit :

      @Nicolas70

      [Place au peuple, disait l’un des slogans publicitaires du FDG et le peuple n’a plus fait de place à M.CORBIERE. Que s’est-il passé ? Me serais-je trompé ? N’ai je pas répondu aux attentes de l’électorat ? Mais, que non. Mon (notre) échec est du au complot fomenté par les socialo-communistes.]

      Faut pas demander l’impossible. La règle numéro un de la politique est qu’il n’y a rien à gagner à reconnaître ses erreurs en public. C’est le fameux « n’avouez jamais ». C’est pourquoi qu’aucun homme politique n’admet publiquement une erreur fait avant d’avoir passé au statut de « vieux sage » et s’être rangé des voitures. Tout au plus, vous pouvez leur demander de faire cette critique en privé, avec leurs conseillers ou leurs militants. Ce serait déjà pas mal pour commencer…

      [Je pense que le PG et les autres groupuscules du FDG ne veulent toujours rien comprendre et n’ont que mépris pour les gens.]

      C’est vrai. C’est d’ailleurs un défaut traditionnel de l’extrême gauche, qui en son temps mettait sur un piédestal le prolétaire abstrait, mais n’avait que mépris pour le prolétaire concret, cet être méprisable qui s’occupait de ses problèmes quotidiens au lieu de penser à la Révolution prolétarienne, et qui en plus avait l’outrecuidance de voter PCF. Les gauchistes ont toujours vu dans le prolétariat une classe passive, ayant besoin d’eux pour la diriger et la conduire vers les lendemains qui chantent, et qu’il était donc légitime de manipuler. C’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi les gauchistes n’ont jamais « mordu » sur l’électorat ouvrier. Celui-ci est resté acquis au PCF aussi longtemps que celui-ci s’est occupé du prolétariat concret, et au FN lorsque le PCF s’en est désintéressé.

      [J’espère que ceux qui se sont aventurés en dehors de la mère patrie, pour être soit disant ensemble, auront la lucidité d’y retourner.]

      Là, j’avoue que je n’ai pas compris…

      [La malhonnêteté du PG est affligeante. M.CORBIERE, pour cacher le score du FDG à PARIS en dessous des 5%, nous ressort le fait qu’il représente plus de 10% des suffrages exprimés de « gauche ».]

      Effectivement, le PG pratique un « massage des chiffres » permanent. Le plus courant est celui qui consiste à prendre la moyenne des voix faites dans les circonscriptions ou l’on a présenté un candidat, et donner ensuite ce pourcentage comme une moyenne sur l’ensemble de l’électorat, en oubliant que les circonscriptions dans lesquelles on présente des candidats sont en général celles où l’on est le plus fort, et non un échantillon aléatoire. Mélenchon a fait ce coup déjà aux élections législatives, il le refait sur les municipales.

      [L’honnêteté intellectuelle pour le PG aurait été de faire la moyenne de ces listes menées par un PG ou un autre des groupuscules du FDG.]

      J’avais souligne ce point sur mon papier. L’éclatement et la « fédéralisation » des partis politiques rend très difficile une agrégation des résultats au niveau national. Une telle agrégation est d’ailleurs une tentative de faire apparaître une cohérence nationale à un phénomène qui n’en a pas. C’est tellement artificiel que même le ministère de l’Intérieur a renoncé à agréger publiquement les résultats sur chaque « nuance ». Et les alliances de deuxième tour montrent que cet éclatement n’est pas seulement un problème statistique. On retrouve en fait presque tous les cas de figure. EELV fait des alliances à gauche ici, à droite là-bas (voir le cas Villejuif). Des candidats PCF se retrouvent dans des listes avec des candidats UDI. Des listes de gauche se maintiennent contre la liste de gauche la mieux placée au risque de faire gagner la droite… en fait, les barrières idéologiques sont tombées, et c’est le chacun pour soi. La frontière droite/gauche est chaque fois moins significative…

      [La seule question, et vu les dernières manigances de Méluch’, est : quand est-ce que le PCF va arrêter cette farce ?]

      Mon petit passage sur le blog de Corbière m’a amené à lire les commentaires. Mes aïeux ! Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un tel déferlement de haine anticommuniste. J’avais vu déjà les signes sur le blog de Mélenchon, mais le modérateur de toute évidence cherche à modérer, sans jeu de mots, le déferlement anticommuniste. Sur le blog de Corbière, celui-ci s’exprime sans restrictions. Je ne sais pas quelle est la représentativité de ceux qui s’expriment, mais en tout cas il n’y a personne pour leur porter la contradiction, ce qui me fait penser qu’ils ne sont pas seuls. Si c’est cela le climat dans le PG, je ne vois pas effectivement comment une campagne commune entre le PCF et le PG serait possible pour les élections européennes.

      Je note d’ailleurs que dans son expression publique Mélenchon, tout en continuant à faire mousser Corbière, s’abstient d’une attaque trop frontale contre la direction du PCF. Peut-être a-t-il finalement pris conscience des dégâts irréparables que la campagne anti-PCF de son parti a produit dans la relation entre les composantes du Front de Gauche. Si je crois certains de mes amis, même certains dirigeants de « Ensemble » s’en sont inquiétés et se posent des questions sur les intentions réelles des dirigeants du PG.

      Je ne sais pas ce que sera la réaction des dirigeants du PCF. Pour le moment, il est clair qu’ils ont choisi de faire le dos rond et de ne pas répondre publiquement aux attaques du PG pour ne pas envenimer la situation et compliquer encore la situation. Mais je ne doute pas qu’ils ont pris note de chaque insulte, de chaque offense. Les communistes sont comme les éléphants: ils n’oublient jamais une offense.

    • Nicolas 70 dit :

      [J’espère que ceux qui se sont aventurés en dehors de la mère patrie, pour être soit disant ensemble, auront la lucidité d’y retourner.]

      Là, j’avoue que je n’ai pas compris

      J’aurais du écrire Ensemble comme cela. En fait, vous y répondez en partie quand vous faites part des inquiétudes des dirigeants de cette fédération. Pour résumé, est-il envisageable que par exemple les communistes unitaires ou la FASE retournent au PCF ?

    • Descartes dit :

      @Nicolas 70

      [J’aurais du écrire Ensemble comme cela. En fait, vous y répondez en partie quand vous faites part des inquiétudes des dirigeants de cette fédération. Pour résumé, est-il envisageable que par exemple les communistes unitaires ou la FASE retournent au PCF ?]

      Aucune à mon avis. Et non pas pour une question idéologique, mais pour une sordide et banale question d’intérêt. Les alliances style « Front de Gauche » offrent en fait une grosse prime aux petites organisations. Le processus est simple – et le cas que je vais vous décrire est un cas vécu. Vous avez à constituer une liste municipale dans une commune moyenne. Le Front de Gauche comprend localement un PCF qui compte 200 adhérents et arrive à faire 8-9% des voix, un PG qui compte cinq adhérents, « Ensemble » avec là aussi une dizaine d’adhérents, surtout des étudiants regroupés autour d’un professeur qui est un « notable » prestigieux, et divers « société civile » regroupés dans une association. Et que croyez-vous qu’il arriva ? Et bien, le PCF eut la tête de liste, bien sûr, mais en échange il faut donner les trois places suivantes respectivement au PG, au « notable » d’Ensemble, au président de l’association. Autrement, ce serait les portes qui claquent et les accusations publiques « d’hégémonie » et de « sectarisme ». Alors, pour pas faire de scandale, on laisse ces places en reculant dans la liste des militants communistes connus, qui ont des années de travail politique sur la commune, et qui feraient de bien meilleurs conseillers municipaux. Et bien entendu, c’est le PCF qui paye la campagne, qui colle les affiches, qui organise les meetings… et le soir du deuxième tour, le couperet tombe : la liste aura quatre élus. A votre avis, quelle chance aurait eu le « notable » d’Ensemble s’il avait été au PCF ? Réponse : aucune.

      Ensemble est constitué de notables ex-PCF qui ont compris l’intérêt qu’on pouvait tirer de ce petit jeu. Pensez-vous que Clémentine Autain se serait vu proposer d’intervenir à tous les meetings nationaux du Front de Gauche si elle n’était qu’une dirigeante de plus du PCF ? Bien sur que non. Lorsque vous êtes un « notable », le fait groupusculaire vous donne une visibilité que vous n’aurez jamais noyé dans un grand parti. Autant la jouer « passager clandestin ». C’était un peu différent du temps ou le PCF avait encore le pouvoir de faire élire ses élus et de les faire battre. A l’époque, tout ce joli monde se tenait à carreau parce qu’on avait besoin du Parti. Aujourd’hui, le Parti met généreusement ses moyens à la disposition des gens qui lui crachent dessus. Alors, pourquoi se gêner ?

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