Le mort d’une époque

“Pourquoi est-il mort ? Parce qu’il ne l’avait pas promis”
(Charles Joseph, prince de Ligne, à propos d’un ministre autrichien)

Lionel Jospin est mort. C’est toujours triste, la mort d’un homme. Et dans de pareilles circonstances, la tendance est toujours d’embellir le passé du défunt, en retenant les bonnes actions et en oubliant les mauvaises. « Des morts, rien que du bon », disait ma grand-mère, et cela s’entend. Les vivants sont là pour se défendre des reproches qu’on pourrait formuler, les morts ne peuvent se disculper que par personne interposée. Mais au risque d’offenser la mémoire de ma grand-mère, je dois dire qu’à la sagesse paysanne, qui met les morts au-delà de tout reproche, je préfère à la vision voltairienne : « nous devons des égards aux vivants, aux morts nous ne devons que la vérité ». Et c’est particulièrement vrai pour un homme public, dont la mémoire peut servir, selon les cas, de repoussoir ou d’alibi à ses héritiers.

Mais plus que revenir sur la personne de Jospin ou sur son héritage, ce sont surtout les réactions à sa mort qui sont intéressantes à examiner. Il y a les discours dithyrambiques de l’ensemble des socialistes, présents et passés. Il y a la décision du président Macron d’accorder à l’ancien premier ministre un hommage national aux Invalides, honneur dont n’ont pas bénéficié la plupart de ses prédécesseurs. Pourquoi de tels hommages ? Difficile de les justifier à partir de l’héritage du défunt. Car on ne peut pas dire que le parcours de Jospin soit jalonné de grandes réalisations. Faisant partie de ces trotskystes venus au Parti socialiste par entrisme, quand ce n’est pas séduits par la promesse mitterrandienne de liquider le PCF, il fut pendant les deux septennats de François Mitterrand au mieux un fidèle godillot du « vieux », souscrivant sans un mot critique à tous les choix, à tous les revirements du pouvoir socialiste. Concernant l’amnistie des généraux félons, le « tournant de la rigueur », le traité de Maastricht, on ne trouvera pas un seul mot dissident chez lui.  Il réclamera le « droit d’inventaire » au moment où cet « inventaire » était un moyen commode de se dégager d’un bilan encombrant. Vint ensuite sa gestion comme Premier ministre de la « gauche plurielle ». Elle consacra, derrière des réformes sociétales, la conversion finale de la gauche française à l’idéologie libérale-libertaire. S’asseyant allègrement sur les accords signés avec ses partenaires communistes et écologistes, il battit tous les records en matière de privatisations : France Télécom, Thomson Multimédia, le GAN, le CIC, les AGF, la Société marseillaise de crédit, RMC, Air France, Crédit lyonnais, Eramet, Aérospatiale-Matra, EADS, Banque Hervet sont passées dans des mains privées. Il signa, au sommet de Barcelone, l’ouverture à la concurrence de l’électricité et du gaz et donc le démantèlement de Gaz de France et d’EDF. Et je ne parle même pas de sa politique d’éducation et de recherche, qu’il plaça sous la houlette de son ami Claude Allègre…

Alors, pourquoi ? Pourquoi Macron lui rend hommage qui, par ailleurs, serait plus à sa place dans la bouche d’un premier secrétaire du Parti socialiste (1) que d’un chef d’Etat ? Pourquoi les journaux de l’establishment élèvent au rang « d’homme d’Etat » quelqu’un dont l’histoire ne retiendra probablement pas grande chose, si ce n’est qu’il a réussi l’exploit de se faire éliminer au premier tour de l’élection présidentielle de 2002 alors que la gauche était majoritaire ?

Peut-être que l’explication est à trouver moins dans ce que Jospin était que dans l’époque à laquelle il s’identifie. C’est-à-dire, la période dorée – dorée pour l’élite socialiste, s’entend – quand les « Mitterrand boys » faisaient la loi dans la politique française. Cette période où la gauche donnait encore – malgré les déceptions de l’ère Mitterrand – l’illusion d’avoir un projet pour « changer la vie » et des cadres intègres, soucieux d’autre chose que de leur carrière personnelle, pour le porter. La « gauche plurielle » était un peu le fruit de cette illusion. Ceux qui y croyaient s’imaginaient qu’on pouvait refaire l’expérience de la gauche au pouvoir comme elle aurait dû être, « droit d’inventaire » aidant. Je me souviens d’ailleurs des débats au sein du PCF sur la décision ou non de participer au gouvernement. A ceux qui se souvenaient avec amertume de la période 1981-83, la direction répondait que « cette fois-ci, ce sera différent ». Bien entendu, ce ne fut pas le cas. Très vite, le gouvernement de la « gauche plurielle » s’est placé dans la droite ligne des politiques maastrichtiennes du quinquennat précédent. L’historien Mathieu Fulla, dans les pages du « Monde » – journal peu suspect pourtant d’hostilité envers Jospin – le résume admirablement : « Contrairement à Léon Blum en 1936 ou à Pierre Mauroy en 1981, l’austère Lionel Jospin privilégie le réalisme aux ambitions transformatrices. Par ses thématiques et sa conception de la fonction, sa déclaration de politique générale s’apparente davantage à celle de son prédécesseur, Alain Juppé, qu’à celle des chefs de gouvernement socialistes des « années Mitterrand » ». Et on sait ce que « réalisme » veut dire dans ce contexte.

Tout ça est oublié. De Jospin, on retient ce qui est personnel, on oublie ce que fut sa politique. Comme ce fut le cas lors de la mort de Badinter, on insiste sur sa « rectitude » et sa « droiture », qualités semble-t-il devenues si rares dans le milieu politique qu’elles assurent à celui qui les pratique un hommage national. Et on préfère oublier que cet homme « droit » a trahi les promesses qu’il avait fait à ses alliés de la « gauche plurielle », notamment sur les privatisations.

Ceux qui pleurent Jospin, qu’ils s’appellent Lang, Mélenchon ou Hollande, pleurent en fait sur eux-mêmes. Ce sont des nostalgiques d’une période où ils étaient jeunes et beaux et tout, absolument tout, leur était permis. C’est à ce moment-là qu’ils ont commis un crime qui devrait être impardonnable : celui de choisir la solution de facilité d’accompagner le nouveau crédo « libéral-libertaire » plutôt que de le combattre. C’est cette capitulation idéologique dont la gauche n’arrive pas à se relever : ayant trahi les principes universalistes, ayant tourné le dos aux couches populaires et réservé tous ses soins aux classes intermédiaires, elle ne peut plus prétendre défendre l’intérêt général. Ayant trahi ses convictions, elle ne pense plus qu’en termes d’alliances, de candidatures, de prébendes.

C’est cette descente aux enfers qui conduit à embellir rétrospectivement le passé. Et peu leur importe au fond que ce passé contienne les racines de son présent, que ce soient les choix de cette période qui ont ruiné le pays, détruit l’école, sapé les fondations mêmes du pacte républicain. Et pour ne pas avoir à se regarder, la gauche a cassé tous les miroirs. Chez Mélenchon, il est interdit de jeter un regard critique sur la période Mitterrand ou celle de la gauche plurielle. Prononcer le mot « Maastricht » dans l’entourage du gourou vous assure d’être envoyé en Sibérie – et si vous ne me croyez pas, vous n’avez qu’à consulter la littérature des « insoumis ». Alors que les « insoumis » pilonnent régulièrement le Parti socialiste, on dirait que ce Parti n’est devenu détestable… que depuis que Mélenchon l’a quitté. Tout ce qui s’est passé avant est couvert par le manteau de l’oubli. Et chez les socialistes, ce n’est pas mieux. Le « tournant de la rigueur » n’existe pas et n’a jamais existé. Maastricht non plus. Et Mitterrand est né un jour de 1972 vierge de tout péché. On cultive à gauche une amnésie collective, qui permet de faire de la période 1981-2002 un âge d’or, peuplé de « grandes figures » – Badinter, Jospin, Lang, même si l’étoile de ce dernier a un peu pâli depuis que ses fricotages avec Epstein sont devenus publics – dont le nom est finalement attaché à des réalisations dérisoires. On ne peut pas dire que l’abolition de la peine de mort ait fondamentalement modifié la vie des Français, pas plus que la fête de la musique.

Lionel Jospin était un honnête homme. C’est déjà beaucoup, mais cela ne justifie pas qu’on lui rende un hommage national, hommage qui, il faut le rappeler, fut refusé à un homme comme Marcel Boiteux dont le parcours et l’héritage est autrement plus consistant. Jospin n’était pas un homme d’Etat, parce que ce statut suppose une vision originale de l’avenir du pays et un courage, un esprit de sacrifice exceptionnel pour la mettre en œuvre. Je mets au défi quiconque de m’expliquer ce que pouvait être la « vision » de Jospin, au-delà des généralités du genre « contre tout ce qui est mauvais, pour tout ce qui est bon ». Quant au courage et l’esprit de sacrifice… Macron a très bien résumé la question : « Pour Lionel Jospin, l’esprit de rigueur fut toujours inséparable de l’esprit de sacrifice ». De quel « sacrifice » parlait-il ? Du fait qu’il a accepté en 1981, à la demande de Mitterrand, de rester premier secrétaire du Parti socialiste plutôt que de devenir ministre. Tout est dit.

Descartes

(1) La vidéo de ce discours est disponible sur le site de l’Elysée. Il est intéressant à regarder, parce que ce discours montre que, contrairement à l’analyse qui est souvent faite, le creuset intellectuel et politique de Macron se situe bien au Parti socialiste, et non à droite. Macron parle de Jospin non pas comme d’un homme politique, mais comme d’un camarade de parti. Avec au passage un hommage appuyé à François Hollande, tout un programme…

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25 réponses à Le mort d’une époque

  1. Glarrious dit :

    Pourtant avec les écologistes, il a bien tenu ses promesses. Fermer la centrale nucléaire SuperPhénix. A moins que vous parlez de autres choses ?

    • Descartes dit :

      @ Glarrious

      [Pourtant avec les écologistes, il a bien tenu ses promesses. Fermer la centrale nucléaire SuperPhénix. A moins que vous parlez de autres choses ?]

      Je pensais surtout à la promesse d’arrêter les privatisations.

  2. Frank dit :

    Jospin… la destruction de l’école (Allègre et co.), la destruction du programme nucléaire (arrêt de Superphénix, qui fait perdre à la France une avance considérable dans ce domaine… imaginez ce qu’on aurait sans cette funeste décision !), la destruction de la valeur travail (35h etc., avec les conséquences catastrophiques que l’on sait sur l’hôpital et l’économie en général). Une arrogance et un mépris, aussi, que j’ai pu observer au premier rang. Jospin… Vous connaissez un PM de la Vème qui ait un pire bilan ?

    • Descartes dit :

      @ Frank

      [Une arrogance et un mépris, aussi, que j’ai pu observer au premier rang.]

      Oui. C’était la morgue des “bébés Mitterrand”, qui après avoir attendu longtemps leur tour pouvaient finalement mordre à plein dents dans les “fromages” de la République. Celle du “vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaires”, celle qui prétendait au “monopole du cœur”. C’est cette morgue, cette conviction d’avoir toujours raison qui les a rendus sourds à la colère des couches populaires, et qui finalement a pavé la route du Front National. Le coup de massue de 2002 en est la meilleure illustration.

      [Vous connaissez un PM de la Vème qui ait un pire bilan ?]

      Entre Fabius (“le tournant de la rigueur”), Chirac (1986-88, souvenez-vous des privatisations) et lui, mon cœur balance…

      • maleyss dit :

        [ C’était la morgue des “bébés Mitterrand”, qui après avoir attendu longtemps leur tour pouvaient finalement mordre à plein dents dans les “fromages” de la République.]
        Un polémiste de droite, fort peu politiquement correct, et que je ne nommerai pas, les avait comparés à des “vieilles filles ayant enfin réussi à se faire sauter.”

        • Descartes dit :

          @ maleyss

          [Un polémiste de droite, fort peu politiquement correct, et que je ne nommerai pas, les avait comparés à des “vieilles filles ayant enfin réussi à se faire sauter.”]

          Je préfère ma métaphore… non seulement elle est moins grossière, mais celle des “vieilles filles ayant réussi à se faire sauter” donne à ces politiciens un rôle passif, alors qu’ils ont au contraire joué un rôle particulièrement actif dans la conquête du pouvoir.

  3. Sami dit :

    Vous avez entièrement raison sur tout. La trahison majeure du message de Trotsky (marxisme révolutionnaire, pour aller vite ; et l’entrisme prôné par Léon n’avait certainement pas pour finalité de finir en authentiques social-traîtres), le culte de la vieille crapule (Mitterrand… bah oui, désolé, tant pis pour le respect du aux morts, quand ces mêmes morts ont participé à tant d’horreurs de leur vivant), le basculement de la France (alors de Gauche !!!!) dans l’hyper capitalisme/impérialisme sans un atome de complexe, la dépréciation historique de la politique dans ce qu’elle est censée avoir de noble (le mal a d’ailleurs peu à peu rongé toutes les strates, jusqu’à aujourd’hui, avec comme point d’orgue, certainement un futur Président de la République issu de la sphère TikTok… Misère !!!!), un alignement en mode “soumission” à l’OTAN (donc USA), etc. Vous avez entièrement raison, malheureusement… 
    J’ajouterai (comme je l’ai déjà fait une fois précédente) pour être complet quant à la période Mitterrand, que la chute concomitante du roc PCF a été singulièrement favorisée par la trahison de la bande à Hue, vous connaissez cette histoire bien mieux que moi ; Mitterrand a été bien aidé. 
    Oui, il faut reconnaître à Mitterrand ce coup de génie (du mal) parfait et radical : la destruction de la gauche à un point tel que le PS et le PC réunis n’ont pas dépassé les 4% aux dernières élections présidentielles ! Certes, vous ne portez pas la FI dans votre cœur (nous connaissons ici toutes vos raisons), mais de fait, au-delà de Mélenchon, c’est pourtant tout ce qui reste de cette Gauche historique devenue maintenant mythique, même si c’est en état de lambeaux (je précise que je continue à penser que mettre le PS dans la catégorie “Gauche” est un non sens : j’ai beau chercher, je ne vois rien à l’horizon).
    Bref, un grand désespoir…

    • Descartes dit :

      @ Sami

      [Vous avez entièrement raison sur tout. La trahison majeure du message de Trotsky (marxisme révolutionnaire, pour aller vite ; et l’entrisme prôné par Léon n’avait certainement pas pour finalité de finir en authentiques social-traîtres),]

      On doit reconnaître cela au vieux Léon et ses partisans fidèles. Pour eux, « l’entrisme » était une manière de profiter de la puissance d’organisations crées et maintenues par d’autres pour la rediriger vers les objectifs révolutionnaires – c’est ce qu’on peut appeler la stratégie du coucou. Il est drôle de rappeler quelle fut la réaction de Mitterrand lorsqu’il apprit – par Loïc Le Floch-Prigent, je crois – que certains membres de l’OCI, dont Jospin, entraient aux instances dirigeantes du PS. Le « vieux », qui connaissait son monde, répondit « ne vous en faites pas, je les retournerai ». Un connaisseur de la nature humaine, Mitterrand…

      [J’ajouterai (comme je l’ai déjà fait une fois précédente) pour être complet quant à la période Mitterrand, que la chute concomitante du roc PCF a été singulièrement favorisée par la trahison de la bande à Hue, vous connaissez cette histoire bien mieux que moi ;]

      Déshonneur à qui déshonneur est du. La « bande à Hue » est arrivée APRES la période Mitterrand, en 1994. Auparavant, c’était une autre « bande » qui aida Mitterrand à en finir avec le PCF, ce fut celle des « réfondateurs/rénovateurs », c’est-à-dire, le groupe des « barons » qui trouvaient la discipline collective du Parti bien trop pesante, et qui voulaient gouverner leurs baronnies et jouir de leurs prébendes sans interférence de la structure du Parti, que ce soit au niveau local (Rigout, Ralite, Braouezec, Hermier…) ou bien national (Fiterman, Juquin…).

      [Oui, il faut reconnaître à Mitterrand ce coup de génie (du mal) parfait et radical : la destruction de la gauche à un point tel que le PS et le PC réunis n’ont pas dépassé les 4% aux dernières élections présidentielles !]

      Dit comme ça, on aurait l’impression qu’il y avait chez Mitterrand un plan, un complot pour « détruire la gauche ». Je ne crois pas que ce soit le cas. Mitterrand n’avait qu’une obsession, le pouvoir. Le conquérir et le conserver. Le sort de la gauche ne l’intéressait pas plus que ça. Que son exercice du pouvoir ait conduit la gauche dans le mur, c’est un fait. Mais je ne crois pas que ce soit planifié.

      [Certes, vous ne portez pas la FI dans votre cœur (nous connaissons ici toutes vos raisons), mais de fait, au-delà de Mélenchon, c’est pourtant tout ce qui reste de cette Gauche historique devenue maintenant mythique, même si c’est en état de lambeaux (je précise que je continue à penser que mettre le PS dans la catégorie “Gauche” est un non sens : j’ai beau chercher, je ne vois rien à l’horizon).]

      Si vous ne classez pas le PS dans la catégorie « gauche », je ne vois pas très bien ce qui vous permet d’y mettre LFI. Est-ce qu’on peut classer « à gauche » un mouvement dont un candidat soutien qu’il faut « voter pour des candidats racisés » pendant que son principal dirigeant parle des « blancs tous moches » ? Peut-on classer « à gauche » un mouvement qui court derrière le communautarisme au point de vouloir permettre aux élues de siéger en portant le voile ?

      Il faut s’entendre sur ce qu’on appelle « gauche ». S’il s’agit d’une catégorie historique, autrement dit, de ceux qui se réclament les héritiers du mouvement ouvrier, alors le PS y a toute sa place, tout comme LFI. Mais s’il s’agit de ceux qui aujourd’hui défendent une vision républicaine, égalitaire, progressiste… alors désolé, mais LFI n’en fait pas partie.

      J’ajoute que je n’ai pas le « fétichisme de la gauche ». Je connais des gens qu’on classe « à droite » (au hasard, Villepin) pour qui je voterais bien plus volontiers que pour certains qu’on classe « à gauche » (au hasard, Glucksman). Je me suis toujours méfié du slogan « il faut battre la droite », parce que j’ai vu l’utiliser comme argument électoral en faveur de personnages qui ont fait bien plus de mal au pays et aux couches populaires que n’auraient pu faire leurs adversaires dits « de droite ». Alors arrêtons avec ça. Je ne sais pas si LFI est ou non « ce qui reste de cette gauche historique devenue mythique », et cela n’a pas à mon avis grande importance. La question qu’il faut se poser à propos de LFI est celle de la ligne politique qu’elle défend, et des gens qu’elle recrute. Avez-vous envie d’être gouverné par Panot, par Bilongo, par Bompard ? Avez-vous envie de voir se mettre en place cette « nouvelle France » définie sur des critères raciaux ? Moi, pas.

      • Glarrious dit :

        [Déshonneur à qui déshonneur est du. La « bande à Hue » est arrivée APRES la période Mitterrand, en 1994. Auparavant, c’était une autre « bande » qui aida Mitterrand à en finir avec le PCF, ce fut celle des « réfondateurs/rénovateurs », c’est-à-dire, le groupe des « barons » qui trouvaient la discipline collective du Parti bien trop pesante, et qui voulaient gouverner leurs baronnies et jouir de leurs prébendes sans interférence de la structure du Parti, que ce soit au niveau local (Rigout, Ralite, Braouezec, Hermier…) ou bien national (Fiterman, Juquin…).]
         
        A part Marchais qui d’autres luttait contre ces barons ? Je m’étonne encore que Marchais ait pu tenir longtemps au poste de secrétaire général.

        • Descartes dit :

          @ Glarrious

          [A part Marchais qui d’autres luttait contre ces barons ? Je m’étonne encore que Marchais ait pu tenir longtemps au poste de secrétaire général.]

          Ce fut une lutte qui rappelle celle, historique, entre l’administration royale et la noblesse. Les « barons » avaient à leur main les cordons de la bourse : non seulement ils disposaient de leurs indemnités (la pratique historique de reverser celles-ci au Parti était de moins en moins respectée) mais aussi de la possibilité de distribuer postes, subventions et prébendes. A quoi s’ajoute une visibilité importante dans les médias bourgeois. Mais d’un autre côté, ils avaient du mal à emporter le soutien de la base militante, très attachée aux principes de direction collective et foncièrement légitimiste. Leur autoritarisme – certains se comportaient en véritables satrapes – les rendaient suspects, leur tendance à jouer des alliances avec les « bourgeois » contre leur propre direction encore plus. Et puis, il y avait une évidente opposition de classe entre des « notables » de plus en plus issus des classes intermédiaires et une direction centrale qui, sous Marchais, se voyait reprocher d’être trop « ouvriériste ».

          Marchais a duré parce qu’il avait une obsession, l’unité du Parti. Sans cette obsession, il aurait peut-être sanctionné plus durement les menées « fractionnistes » de certains, et provoqué une scission. Il préféra faire des concessions de plus en plus importantes dans le fonctionnement interne du Parti, et de facto donner le pouvoir aux « barons ». C’est ce qui amena la nomination de Hue lorsqu’il passa la main. N’oubliez pas que Hue avait été auparavant le président de l’Association des élus communistes et républicains… autrement dit, du « club des barons ».

  4. Claustaire dit :

    Je n’ignore rien des procès faits à Jospin (le libéral-démocrate traître au vrai socialisme collectiviste) et ne peux que me résigner à vous laisser recuire le genre de réquisitoire qu’il s’attire depuis un quart de siècle.

    Pour ma part, à l’époque (avril 2002), je peux juste témoigner que j’étais, comme beaucoup d’autres, tellement persuadé que Jospin, après un quinquennat d’une “gauche plurielle” au bilan plutôt positif, “globalement positif” si vous préférez, l’emporterait sur Chirac au second tour que comme d’autres gens de la “vraie” gauche social-démocrate (et non social-libérale) j’ai voulu en profiter pour envoyer à Jospin un “message de  (vraie) gauche”. Quoique miilitant socialiste, mais horrifié par Allègre, son ministre de l’E.N. contre lequel il nous avait fallu monter de partout manifester à Paris pour le faire virer, j’avais même voté Besancenot du NPA au 1er tour.
    … Hélas, c’est Le Pen, à notre grand désarroi, qui profita à l’extrême-droite de nos messages envoyés à gauche…  🙁
    Que de regrets depuis ! D’autant que dix ans plus tard, c’est Hollande, président élu en 2012 dont la politique toujours trop social-libérale fit ensuite les frais des “frondeurs” du PS, lesquels arrivèrent non seulement à couler Hollande mais même à suicider leur propre parti… qui depuis galère, pendant qu’on dit au pays : Si t’es pas gai rame !
     
     

    • Descartes dit :

      @ Claustaire

      [Je n’ignore rien des procès faits à Jospin (le libéral-démocrate traître au vrai socialisme collectiviste) et ne peux que me résigner à vous laisser recuire le genre de réquisitoire qu’il s’attire depuis un quart de siècle.]

      Si vous lisez avec attention, vous noterez que je ne reproche nulle part à Jospin d’être « le libéral-démocrate traître au vrai socialisme collectiviste ». S’il vous plait, ne m’attribuez pas des réquisitoires que je ne fais pas.

      Si vous relisez attentivement mon papier, vous noterez que je ne fais aucun « procès » à Jospin. Je me contente de constater qu’il a été un fidèle serviteur de Mitterrand, y compris dans ses tête-à-queue, et qu’il ne se détacha de lui que lorsque c’était déjà un cadavre politique. Qu’ensuite, en tant que premier ministre de la « gauche plurielle », il continua la politique maastrichienne malgré ses engagements. Il a continué la privatisation des entreprises et services publics – il est le recordman toutes catégories en al matière – et ouvrit le marché de l’électricité et du gaz à la concurrence. Mais ce sont là des constatations factuelles, pas des reproches. Jospin aurait pu faire d’autres choix, il a fait celui-là, et c’était son droit.

      Si je fais un « procès », c’est plutôt aux gens qui aujourd’hui lui tressent des couronnes, en lui rendant un hommage qu’il ne mérite pas. Non, Jospin ne fut pas un homme d’Etat. Pour gagner ce statut, il faut faire un peu plus que les 35 heures ou le PACS.

      [Pour ma part, à l’époque (avril 2002), je peux juste témoigner que j’étais, comme beaucoup d’autres, tellement persuadé que Jospin, après un quinquennat d’une “gauche plurielle” au bilan plutôt positif, “globalement positif” si vous préférez, (…)]

      J’aimerais bien savoir ce qui faisait pour vous ce bilan « globalement positif ». Les privatisations de fleurons industriels comme Thomson, EADS, Air France, France Télecom ? La fermeture de Superphénix et l’arrêt du programme surrégénérateurs ? L’ouverture à la concurrence du gaz et de l’électricité ? Ces 35 heures qui ont désorganisé bien des institutions et qui ont profité essentiellement aux classes intermédiaires ? La désastreuse politique de recherche et d’enseignement d’Allegre ?

      [(…) l’emporterait sur Chirac au second tour que comme d’autres gens de la “vraie” gauche social-démocrate (et non social-libérale) j’ai voulu en profiter pour envoyer à Jospin un “message de (vraie) gauche”. Quoique militant socialiste, mais horrifié par Allègre, son ministre de l’E.N. contre lequel il nous avait fallu monter de partout manifester à Paris pour le faire virer, j’avais même voté Besancenot du NPA au 1er tour.]

      Il y a une justice dans ce monde : ceux qui ont voté trotskyste ont empêché un trotskyste d’accéder à l’Elysée… personnellement, j’ai voté Chevènement et je ne regrette rien. C’est parce que Jospin aurait pu être élu au second tour que j’étais à l’époque ravi qu’il se plante au premier.

      [Que de regrets depuis ! D’autant que dix ans plus tard, c’est Hollande, président élu en 2012 dont la politique toujours trop social-libérale fit ensuite les frais des “frondeurs” du PS, lesquels arrivèrent non seulement à couler Hollande mais même à suicider leur propre parti…]

      Je dois avouer que j’ai du mal à suivre le raisonnement « clanique » de beaucoup de socialistes. François Hollande s’est fait élire en proclamant que « son ennemi était la finance » et qu’il allait faire une politique de gauche. A l’arrivée, il a fait la loi El Khomri pour détricoter le code du travail, et une politique néolibérale avec Macron comme ministre de l’économie. Mais c’est la faute des « frondeurs » s’il a coulé. J’aimerais avoir votre opinion : qu’auraient dû faire les « frondeurs » ? Avaler les couleuvres sans rien dire, au nom des « intérêts supérieurs » du « clan » socialiste ? Que doit faire un élu dont le parti trahit le programme sur lequel il a été élu ? Fermer sa gueule ?

      Je retrouve dans votre remarque une constante des dirigeants socialistes : c’est toujours la faute des autres. Si Jospin a perdu, c’est la faute à Chevènement. Si Hollande a coulé, c’est la faute des « frondeurs ». Si Mélenchon – qui, n’oublions pas, a été formé au PS – n’est pas au deuxième tour, c’est bien entendu la faute de Roussel. Jamais on ne s’interroge sur sa propre responsabilité. Par exemple, on peut se dire que si Jospin n’avait pas trahi sa parole sur la Corse ou l’Europe, Chevènement l’aurait probablement soutenu. Que si Hollande avait tenu ses promesses, les « frondeurs » ne l’auraient pas saboté. Que si Mélenchon s’était abstenu d’insulter les communistes et de prétendre les annexer, un accord aurait pu être trouvé… mais non, c’est tellement plus facile de rejeter la faute sur l’autre…

      Ce n’est pas Chevènement qui a causé la défaite de Jospin, pas plus que les « frondeurs » n’ont coulé Hollande. Ce sont Jospin et Hollande qui, par leur arrogance, ont couru à la défaite. Tous deux ont pensé qu’on pouvait trahir son mandat tout en gardant le soutien des électeurs puisque ces derniers « n’ont pas le choix ». Et bien si, ils ont le choix : comme vous, qui avez voté Besancenot, ou moi qui ai voté Chevènement. Et même s’il avait passé le premier tour, je n’aurais certainement pas voté pour l’homme qui a privatisé France Telecom, Thales et Thomson, les AGF et ouvert la porte au démantèlement d’EDF-GDF. Vous pouvez peut-être pardonner tout ça, pas moi.

      • Claustaire dit :

        Voici une synthèse (via Chat Mistral, pour une fois j’ai décidé de ne pas me fatiguer à battre le rappel de ma mémoire) des éléments les plus positifs du bilan de Lionel Jospin, souvent salués par les observateurs et les historiens :
        1. Réformes sociales et sociétales marquantes
        Les 35 heures : Symbole fort de son quinquennat, cette mesure a permis une réduction du temps de travail et a contribué à la création d’emplois, dans un contexte de forte croissance économique. Elle reste associée à une volonté de partager le travail et d’améliorer la qualité de vie.
         
        La Couverture Maladie Universelle (CMU) : Une avancée majeure pour l’accès aux soins, garantissant une protection maladie à tous, y compris aux plus précaires
         
        Le PACS : Reconnaissance légale des couples non mariés, une réforme sociétale importante pour les droits des couples homosexuels et hétérosexuels.
         
        Politique éducative : Augmentation des budgets, création de postes d’enseignants, et mesures pour la réussite scolaire, notamment dans les zones défavorisées.
         
        2. Bilan économique globalement positif
         
        Baisse du chômage : Près de 900 000 chômeurs en moins, avec un taux de chômage qui a reculé de 3,6 points, même si cette amélioration a été favorisée par un contexte international porteur (croissance forte, pétrole bon marché)
         
        Relance de la consommation et de l’investissement public : Politique volontariste pour soutenir la croissance et l’emploi.
        3. Modernisation de l’État et avancées institutionnelles
        Réduction du mandat présidentiel à 5 ans : Jospin a joué un rôle clé dans cette réforme, adoptée par référendum en 2000, qui a profondément transformé la vie politique française.
         
        Renforcement de la défense et de l’industrie technologique : Son gouvernement a posé les bases du programme européen Galileo (géolocalisation par satellite) et consolidé la base industrielle de défense française.
        4. Style de gouvernance et héritage politique
         
        Rassemblement de la gauche : Jospin a su fédérer une coalition large (PS, PCF, Verts, PRG) sous la bannière de la « gauche plurielle », un exploit politique rare dans l’histoire récente.
         
        Intégrité et méthode : Il est souvent salué pour sa rigueur, son sens de l’État et sa capacité à incarner une gauche de gouvernement, pragmatique mais ancrée dans des valeurs sociales.
         
        En résumé, le bilan de Lionel Jospin est marqué par des réformes sociales durables, une amélioration économique notable, et une modernisation des institutions. Son action a laissé une empreinte forte sur la société française, même si certaines de ses choix (privatisations, compromis européens) continuent de faire débat.
        Pour le reste, il faudrait vraiment être d’une insigne mauvaise foi pour récuser que Lionel Jospin fut un des moins pires des hommes politiques que notre pays ait connu depuis un demi-siècle. Quant au rappel de toutes les mauvaises options de sa politique, il suffira de demander à Chat Mistral “une synthèse critique du bilan de Jospin”.

        • Descartes dit :

          @ Claustaire

          [Voici une synthèse (via Chat Mistral, pour une fois j’ai décidé de ne pas me fatiguer à battre le rappel de ma mémoire) des éléments les plus positifs du bilan de Lionel Jospin, souvent salués par les observateurs et les historiens :]

          Par les « historiens » ? Pourriez-vous citer un « historien » qui ait « salué le bilan de Lionel Jospin » ? Si ma mémoire ne me trompe pas, le travail de historien est d’établir les faits et leur enchaînement à partir des documents et des témoignages, et non faire des bilans ou donner des bons ou mauvais points…

          J’ajoute que Chat Mistral, comme n’importe quelle intelligence artificielle générative, fonctionne sur un modèle statistique, autrement dit, il reflète le consensus sur une question, et non les faits…

          [Les 35 heures : Symbole fort de son quinquennat, cette mesure a permis une réduction du temps de travail et a contribué à la création d’emplois, dans un contexte de forte croissance économique. Elle reste associée à une volonté de partager le travail et d’améliorer la qualité de vie.]

          Le fait que les 35 heures puissent être mis à l’actif de Jospin est très discutable. D’une part, parce que ce fut une réforme qui a profité essentiellement aux classes intermédiaires, c’est-à-dire, aux couches qui ont de quoi se payer des loisirs de qualité. Pour les autres, les heures supplémentaires sont venues compenser. Mais surtout, parce que la réforme ne s’est pas accompagné par la création d’emplois de fonctionnaire, cela a désorganisé complètement les services publics, et notamment les services hospitaliers. Enfin, parce que dans un contexte de compétition internationale « libre et non faussée », cela a contribué à la désindustrialisation en réduisant la productivité.

          [La Couverture Maladie Universelle (CMU) : Une avancée majeure pour l’accès aux soins, garantissant une protection maladie à tous, y compris aux plus précaires]

          C’est l’une des très rares actions du gouvernement Jospin qui me semble digne d’être retenue…

          [Le PACS : Reconnaissance légale des couples non mariés, une réforme sociétale importante pour les droits des couples homosexuels et hétérosexuels.]

          Là encore, je ne suis pas d’accord. Je ne vois pas personnellement dans le PACS une « réforme sociétale importante ». On en a fait un acte sous seing privé soumise à simple enregistrement, alors qu’il y avait la possibilité d’en faire une institution. Mais bien entendu, en faire une institution impliquerait des droits… et des devoirs. Et aurait bloqué la voie vers le mariage homosexuel…

          [Politique éducative : Augmentation des budgets, création de postes d’enseignants, et mesures pour la réussite scolaire, notamment dans les zones défavorisées.]

          Je n savais pas que Chat Mistral était capable d’ironie…

          [Baisse du chômage : Près de 900 000 chômeurs en moins, avec un taux de chômage qui a reculé de 3,6 points, même si cette amélioration a été favorisée par un contexte international porteur (croissance forte, pétrole bon marché)]

          Et, ne l’oublions pas, de l’injection au budget du montant, très considérable, des privatisations… franchement, le seul « mérite » de Jospin là-dedans, c’est d’avoir eu de la chance.

          [Relance de la consommation et de l’investissement public : Politique volontariste pour soutenir la croissance et l’emploi.]

          Je serais curieux de savoir en quoi consistait la « relance de l’investissement public ». Ici, Chat Mistral ne fait que refléter le « on dit », sans citer aucun fait précis.

          [Réduction du mandat présidentiel à 5 ans : Jospin a joué un rôle clé dans cette réforme, adoptée par référendum en 2000, qui a profondément transformé la vie politique française.]

          Et cette transformation est POSITIVE ? Vraiment ? Que vous utilisiez Chat Mistral, pourquoi pas… mais quand on utilise une IA, il faut relire le résultat.

          [Renforcement de la défense et de l’industrie technologique : Son gouvernement a posé les bases du programme européen Galileo (géolocalisation par satellite) et consolidé la base industrielle de défense française.]

          Là encore, j’attends avec impatience qu’on m’explique en quoi consistait cette « consolidation ». Peut-être que Chat Mistral considère la privatisation d’entreprises de défense comme Thomson ou EADS comme une « consolidation » ? Quant au programme Galileo, l’organisation mise en place en 2001, lors de la décision de lancement, reposait sur un « partenariat public privé » tellement absurde qu’il fut annulé en 2006. Le programme a été en fait relancé en 2011.

          [Rassemblement de la gauche : Jospin a su fédérer une coalition large (PS, PCF, Verts, PRG) sous la bannière de la « gauche plurielle », un exploit politique rare dans l’histoire récente.]

          Le mariage de la carpe et du lapin – et ses nombreux cocus – doivent être considérés comme quelque chose de positif ?

          [Intégrité et méthode : Il est souvent salué pour sa rigueur, son sens de l’État et sa capacité à incarner une gauche de gouvernement, pragmatique mais ancrée dans des valeurs sociales.]

          C’est drôle de voir comment la « gauche du gouvernement » peut être « ancrée dans des valeurs sociales » tout en mettant en œuvre des politiques néolibérales. Comme quoi, les principes mènent à tout… à condition de rester des principes.

          [Pour le reste, il faudrait vraiment être d’une insigne mauvaise foi pour récuser que Lionel Jospin fut un des moins pires des hommes politiques que notre pays ait connu depuis un demi-siècle.]

          Si être parmi « les moins pires » est une raison suffisante pour mériter l’hommage national et être qualifié d’homme d’Etat, on est mal barrés. J’ajoute que je n’ai rien à dire sur Lionel Jospin en tant qu’homme. Je ne l’ai pas connu, je me suis assez peu intéressé à son caractère ou sa vie personnelle. Je ne regarde que son action.

          [Quant au rappel de toutes les mauvaises options de sa politique, il suffira de demander à Chat Mistral “une synthèse critique du bilan de Jospin”.]

          Je ne vois pas l’intérêt. Cela n’aboutirait qu’a sortir une synthèse de ce que d’autres personnes ont écrit de négatif sur lui. Personnellement, je préfère me faire ma propre opinion.

          • Lhaa Francis dit :

                 Quel homme, ce Jospin !!  D’aucuns le qualifieraient de  ”  gérant loyal du capitalisme  “. Il n’avait pas envoyé dire à Marchais lors d’un débat, qu’il  (  Marchais  ) n’avait pas mis les pieds dans une usine depuis trente ans. Lui ne s’y était jamais pointé, mais après tout, c’était pas son intér…euh pardon, son boulot.                                                                  PS. Gnark gnark gnark, je sais je suis méchant, mais j’aime ça.

          • Claustaire dit :

            Franchement, vous avez bien du mérite 🙂 d’avoir accepté de prendre en compte la ‘critique positive’ du bilan de Jospin que j’avais demandé à Mistral… Respect !
             
            [n’importe quelle intelligence artificielle générative, fonctionne sur un modèle statistique, autrement dit, reflète le consensus sur une question, et non les faits…]
             
            Notons donc qu’il y aurait un consensus sur le bilan globalement positif de Jospin 🙂
             
            De mon côté, je m’étais aussi amusé à demander un ‘bilan critique du gouvernement Jospin’… que je me suis bien gardé, vu mon intention hagiographique 🙂 de vous présenter. Pourtant, elle ne manquait pas de pertinence…
             
            D’ailleurs, sur les différentes opinions que chacun de nous aura pu se faire de Jospin, ce social-démocrate dont certains applaudiront le démocrate quand d’autres en déploreront le peu de social, elles relèvent de tellement de sensibilités diverses à tel ou tel point de son personnage ou de sa politique qu’il vaut mieux laisser à chacun de nous son opinion, en désespérant de pouvoir rallier autrui à la sienne.
             

            • Descartes dit :

              @ Claustaire

              [Franchement, vous avez bien du mérite d’avoir accepté de prendre en compte la ‘critique positive’ du bilan de Jospin que j’avais demandé à Mistral… Respect !]

              Je ne vois pas le « mérite » là dedans. Se contenter de lire ceux qui sont d’accord avec vous est très dangereux : c’est la meilleure manière de perdre contact avec le monde réel.

              [« n’importe quelle intelligence artificielle générative, fonctionne sur un modèle statistique, autrement dit, reflète le consensus sur une question, et non les faits… » Notons donc qu’il y aurait un consensus sur le bilan globalement positif de Jospin]

              C’est ceratain. Mais « consensus » dans quel groupe ? Là est toute la question. Si vous demandez à une IA « quelles sont les bonnes choses qu’à fait monsieur X », alors la réponse réfletera le consensus PARMI LES GENS QUI ONT DIT DU BIEN DE L’ACTION DE MONSIEUR X. Autrement dit, l’IA ne fera pas un bilan équilibré, elle ne prendra pas en compte les objections, elle se contentera de lister et classer ce qui « fait consensus » parmi les opinions favorables. Faites l’expérience : demandez à votre IA quelles sont les bonnes choses qu’ont fait Hitler ou Staline, et vous aurez une liste du même type…

              [De mon côté, je m’étais aussi amusé à demander un ‘bilan critique du gouvernement Jospin’… que je me suis bien gardé, vu mon intention hagiographique de vous présenter. Pourtant, elle ne manquait pas de pertinence…]

              Là, vous aurez une fois encore la liste de ce qui revient le plus souvent sous la plume de ceux qui ont analysé la chose. Mais le consensus des ignorants ou des intéressés n’a aucune raison d’approcher la vérité.

              [D’ailleurs, sur les différentes opinions que chacun de nous aura pu se faire de Jospin, ce social-démocrate dont certains applaudiront le démocrate quand d’autres en déploreront le peu de social, elles relèvent de tellement de sensibilités diverses à tel ou tel point de son personnage ou de sa politique qu’il vaut mieux laisser à chacun de nous son opinion, en désespérant de pouvoir rallier autrui à la sienne.]

              Pardon, mais au de la des « opinions », il y a les faits. Dans le bilan de tous les premiers ministres on trouvera des choses qu’on jugera positives, et des choses qu’on trouvera négatives. Mais la question n’est pas tant de juger son action isolée, mais de voir dans quelle mesure il s’inscrit dans une continuité. On ne peut pas dire que Jospin ait infléchit – ou même qu’il ait cherché à infléchir – la pente savonneuse dans laquelle la France s’est engagée dans les années 1980. Prenez par exemple les emplois-jeunes ou la CMU. A priori, des mesures « sociales » aux effets positifs. Mais pourquoi, à la fin du XXème siècle, a-t-on eu besoin de proposer aux jeunes des sous-emplois, pourquoi a-t-on eu besoin de proposer une couverture santé non contributive ? Parce que la France se désindustrialise, parce que la « concurrence libre et non faussée » fabrique de plus en plus de travailleurs pauvres, des précaires et des chômeurs. Jospin, comme ses prédécesseurs et ses successeurs, ne s’attaque pas à la maladie, mais traite le symptôme. Pire : aggrave la maladie en ouvrant toujours plus les marchés, en privatisant toujours plus.

              La question n’est donc pas de savoir si Jospin a fait plus ou moins de « social » que ses prédécesseurs, mais en quoi il a cherché à rompre avec les logiques néfastes de ceux-ci. Et la réponse est, malheureusement, qu’il n’a rien fait de tel. Au point que les mesures que vous évoquez – 35 heures, CMU, PACS, etc. ont été conservé par ses successeurs. Contrairement, par exemple, aux mesures prises à la Libération, et que les gouvernements successifs se sont fait un devoir de démonter patiemment…

      • Lhaa Francis dit :

             Lou Jospinou vient d’être  ”  promu défunt  “,  restent Flamby lou Ravi et leurs avatars. Tels que je les connais et les ai pratiqués, z’ont  ”  rien appris, rien compris  “.  Dans le département de la banlieue parisienne où je sévissais, j’ai eu l’honneur de passer en tête des éjectés de la privatisation de France Télécom, avec, tout de même, excusez du peu, une mise en retraite anticipée pour invalidité. J’aurais bien fait la bise au  ”  grand humaniste  ”  qui était à l’origine de la manip, mais c’est pas le genre de la maison. Et j’ai vu la privatisation de ” mon balcon “. C’était tout de même plus  ”  épanouissant  “.

        • Descartes dit :

          @ Lhaa Francis

          [Lou Jospinou vient d’être ” promu défunt “,]

          Merci de m’avoir fait autant rire, on n’a pas l’opportunité si souvent ces derniers temps. « Promu défunt » ? J’avoue que je n’avais jamais vu la mort comme une opportunité de promotion… Je garde cette expression dans ma besace, et je la réutiliserai à l’occasion…

  5. Bob dit :

    @ Descartes
     
    [Non, Jospin ne fut pas un homme d’Etat. Pour gagner ce statut, il faut faire un peu plus que les 35 heures ou le PACS.]
     
    Incontestable. Mais à partir du moment où Badinter a droit à l’hommage national, difficile de ne pas l’accorder à Jospin. 

    • Descartes dit :

      @ Bob

      [Incontestable. Mais à partir du moment où Badinter a droit à l’hommage national, difficile de ne pas l’accorder à Jospin.]

      Le problème est qu’à force de l’accorder en fonction des copinages ou pire, de l’exposition médiatique, l’hommage national est en train de perdre une bonne partie de sa signification. On assiste d’ailleurs depuis quelques années à une inflation des hommages nationaux, alors même qu’on cherche à effacer l’idée nationale elle-même. Ainsi, si je crois la liste compilée par wikipédia, aucun “hommage national” n’aura été rendu par De Gaulle, Pompidou ou Giscard. Mitterrand n’y a recours qu’en trois occasions (Pierre Mendes-France, Henri Frenay, Pierre et Marie Curie), Chirac en six occasions (Cousteau, Chaban Delmas, les Harkis, George Sand, victimes de l’accident de la West Caribean, Abbé Pierre), Sarkozy en quatre (Lazare Ponticelli, Philippe Séguin, Aimé Césaire, Pierre Schoendorffer). Mais avec Hollande, ça dérape: 15 occasions. Et avec Macron, ça explose: 34 occasions… et le deuxième quinquennat n’est pas fini!

      • Bob dit :

        @ Descartes
         
        [Le problème est qu’à force de l’accorder en fonction des copinages ou pire, de l’exposition médiatique, l’hommage national est en train de perdre une bonne partie de sa signification.]
         
        Oui. Même chose avec la légion d’honneur.
        Pour Macron, c’est l’occasion indirecte de se mettre en lumière ; à part ça et l’Ukraine, il ne lui reste plus grand-chose, d’où sa gloutonnerie des hommages et autres “cérémonies”.

  6. Cording1 dit :

    Si Jospin était un homme honnête il n’en a pas moins toléré la corruption du financement du temps où il fût Premier secrétaire du PS qui ont donné notamment les affaires URBA-GRACO. 
    Il prétendait un droit d’inventaire sur l’ère Mitterrand qui n’a pas eu lieu; il prétendait fermer la “parenthèse” libérale de mars 1983 mais il l’a parachevée. 
    Si la mort de Jospin incarne la mort d’une époque celle-ci était déjà bien moribonde à l’issue du quinquennat Hollande qui n’est pas une exception mais la vraie expression d’un parti socialiste converti de longue date au néolibéralisme sous alibi européen. Comme le reste de la gauche ils se sont bien gardés de célébrer les 40 ans de l’Acte unique du Commissaire européen et socialiste français Jacques Delors.
    A gauche on se console ou essaie de se consoler en disant que Hollande et ses orientations gestionnaires de son quinquennat sont le logiciel inavoué et inavouable du PS, qu’il est la tendance droitière du PS; On peut tromper les électeurs un certain temps mais pas très longtemps. Macron en est le logique successeur même si le PS et ce qui reste de ses électeurs semblent le désavouer. Il a tué ce parti de gouvernement comme sa variante de droite les LR. Macron a aggravé le champs de ruines politiques qui l’a trouvé. Le bloc central n’a pas trouvé de successeur de Macron susceptible de faire échec en 2027 au RN et à la FI.  

    • Descartes dit :

      @ Cording1

      [Si Jospin était un homme honnête il n’en a pas moins toléré la corruption du financement du temps où il fût Premier secrétaire du PS qui ont donné notamment les affaires URBA-GRACO.]

      Jospin, si l’on croit ceux qui l’ont connu, avait un grand mépris pour les affaires d’argent, qu’il était très content de laisser à d’autres… on ne peut pas vraiment dire qu’il ait cherché à en finir avec les affaires de corruption concernant les socialistes.

      [Il prétendait un droit d’inventaire sur l’ère Mitterrand qui n’a pas eu lieu; il prétendait fermer la “parenthèse” libérale de mars 1983 mais il l’a parachevée.]

      Le « droit d’inventaire » était un simple appareillage rhétorique, une manière de se démarquer d’un héritage qu’il savait encombrant. C’était aussi une manière de signifier aux vieux grognards du mitterrandisme – Joxe, Lang… – qu’il était temps de laisser la place à la « dream team » des jeunes loups aux dents longues. Mais il ne s’agissait surtout pas de faire un retour critique sur le bilan du « vieux », bilan que le PS n’a jamais fait.

      [Si la mort de Jospin incarne la mort d’une époque celle-ci était déjà bien moribonde à l’issue du quinquennat Hollande qui n’est pas une exception mais la vraie expression d’un parti socialiste converti de longue date au néolibéralisme sous alibi européen. Comme le reste de la gauche ils se sont bien gardés de célébrer les 40 ans de l’Acte unique du Commissaire européen et socialiste français Jacques Delors.]

      Bien sûr, l’époque que Jospin symbolise, celle d’un PS hégémonique à gauche et prêchant un catéchisme eurolâtre à un électorat qui y croyait encore est bien morte. Elle était déjà moribonde à l’époque de la « gauche plurielle » (n’oubliez pas que le référendum de 2005 arrive trois ans à peine après la défaite de Jospin en 2002). L’élection présidentielle puis législative de 2012, qui a donné aux socialistes le contrôle de l’Elysée, du palais Bourbon et celui du Luxembourg a donné l’illusion qu’on pouvait la ressusciter, mais l’illusion fut de courte durée, l’illustration de la remarque marxienne comme quoi l’histoire se répète, la première fois comme une tragédie, la seconde comme une farce.

      Votre remarque illustre parfaitement la chose : non, on ne célèbre pas les 50 ans de l’Acte unique, pas plus qu’on n’a célébré les 40 ans de Maastricht ou ceux de la monnaie unique. Ce consensus pour placer ces « réalisations » sous le tapis nous dit quelque chose de l’évolution de l’opinion.

      [A gauche on se console ou essaie de se consoler en disant que Hollande et ses orientations gestionnaires de son quinquennat sont le logiciel inavoué et inavouable du PS, qu’il est la tendance droitière du PS; On peut tromper les électeurs un certain temps mais pas très longtemps. Macron en est le logique successeur même si le PS et ce qui reste de ses électeurs semblent le désavouer. Il a tué ce parti de gouvernement comme sa variante de droite les LR. Macron a aggravé le champs de ruines politiques qui l’a trouvé. Le bloc central n’a pas trouvé de successeur de Macron susceptible de faire échec en 2027 au RN et à la FI.]

      Macron, sans le vouloir, aura cassé l’illusion qui permettait au système politique de fonctionner depuis les années 1990 : celle d’une « gauche de gouvernement » différente de la « droite de gouvernement ». Avec le « en même temps », en composant une majorité et des gouvernements constitués de transfuges des deux partis de gouvernement, dirigé indifféremment par des gens venus de la droite (Philippe) ou de la gauche (Borne) pour faire la même politique, il a démontré par l’expérience que l’arc qui va de la « gauche de gouvernement » à la « droite de gouvernement » en passant par le « centre » (qui est toujours de gouvernement) s’accorde finalement sur les mêmes politiques, au-delà des divergences rhétoriques.

      Cette illusion, certains cherchent à la récréer à gauche en ressuscitant l’idée d’un candidat « d’union de la gauche » – ou à minima de la gauche hors LFI – sélectionné par une primaire. A droite aussi, certains ont l’illusion d’un candidat qui se démarquerait suffisamment du macronisme pour être crédible, tout en gardant les voix du « centre ». Le problème, c’est qu’ils sont tous mouillés. Retailleau et Philippe ont été ministres de Macron, qui lui-même a été collaborateur puis ministre de Hollande. Les LR comme les socialistes ont voté les budgets macronistes. Le bilan du macronisme, c’est aussi leur bilan. Ils auront du mal à donner l’illusion qu’il y a un vrai choix entre Glucksman et Retailleau…

  7. gdat13 dit :

    Madame votre grand-mère devait avoir une bonne culture latine, puisqu’il y a plus de vingt siècles, ce sage peuple disait déjà : « De mortuis nihil nisi bene ». Et c’est à mon sens une sage maxime, la façon dont certains ont traité la mort de B.B. m’a laissé vraiment un goût amer. Mais bon comme elle pensait très à droite, tout est permis.
    Bien sur dans le cas de Jospin il est un peu difficile de ne dire que du bien, du moins sur son action politique. Mais le fait d’être honnête dans le monde politique tel que nous le contemplons ces temps ci, oui cela mérite bien d’être souligné.
    Ce qui m’amène à regretter que quelques hommes politiques que je considère, n’aient pas eu l’occasion d’accéder au poste de Président. Je pense à Chevènement, à Seguin et aussi à Villepin (même s’il a été premier ministre). Il aurait été intéressant de voir leurs actions et les résultats. Parce qu’avec la clique de médiocres, droite et gauche à égalité, je ne suis pas plus impatient que ça de voir ce qu’ils vont faire -ou pas d’ailleurs)
     

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