PCF: Cette fois-ci, c’est vraiment la lutte finale…

Les résultats détaillés du vote des militants du PCF sont aujourd’hui connus. Ils font de Jean-Luc Mélenchon le candidat du Front de Gauche à l’élection présidentielle. Cela faisait des années que le PCF est devenu chaque fois plus un parti “local”, appuyé non pas sur un projet national mais sur des “notables” locaux et leurs clientèles. Par le vote d’aujourd’hui, les militants communistes ont consenti à la conclusion logique de cette transformation: l’effacement du PCF de la scène nationale.

 

Cela n’a pas été sans mal. Il n’est pas inutile de s’arrêter sur les résultats détaillés du scrutin (disponibles ici), car ils révèlent beacoup de choses intéressantes sur le PCF. D’abord, sur ses effectifs: pour ce scrutin, le nombre d’adhérent ayant le droit de vote (c’est à dire, ayant leur carte du PCF et étant à jour de leurs cotisations…) n’est plus que de 69.000. Une seule fédération dépasse les 5000 adhérents (le Nord, avec 5200), trois fédérations sont autour de 3000 (le Val-de-Marne avec 3600, la Seine-Saint-Denis et le Pas-de-Calais avec un peu plus de 3000), suivies de onze fédérations réunissant entre 1000 et 1500 adhérents. Ensuite, et c’est un point important, le vote semble dépendre peu de la nature de la fédération, de son effectif ou de sa situation géographique. Ainsi, par exemple la Seine-Saint-Denis donne son vote à 78% à Mélenchon, alors qu’une fédération voisine et en tout point comparable, celle du Val-de-Marne donne à Chassaigne une majorité de 51%, contre seulement 47 à Mélenchon. Comment expliquer une telle différence alors que les deux départements sont géographiquement et sociologiquement proches ? 

 

Car la dispersion des votes est très grande, alors qu’il est difficile de trouver une explication. Qu’y a-t-il de commun entre la Haute-Saône, le Puy-de-Dôme, les Ardenes et le Pas-de-Calais, a part le fait qu’ils ont accordé à Mélenchon moins de 30% des suffrages ? Qu’y a-t-il de commun entre l’Yonne, les Alpes-Maritimes, l’Aveyron ou la Dordogne, à part le fait qu’ils lui ont accordé plus de 80% ?

 

En fait, la dispersion apparemment aléatoire des résultats indique que ceux-ci ne dépendent pas de paramètres tels que la sociologie ou l’économie de chaque département, mais du positionnement local de chaque fédération. Là ou les notables locaux appuient Mélenchon et où les fédérations “tiennent” leurs troupes, celui-ci fait des scores “staliniens” (comme dans les Bouches du Rhone, 78%). Là où au contraire les “notables” lui sont hostiles (comme dans le Pas de Calais ou le Val de Marne), il est mis en minorité (29 et 47% respectivement). Cette dispersion des résultats montre d’une manière éloquente combien le scrutin se joue moins sur les question nationales que sur des questions locales.

 

Et finalement, le résultat. Pour Mélenchon, il n’y a pas de quoi pavoiser: malgré le battage médiatique et l’appui indéfectible de la direction nationale du PCF, il ne réunit que 59% des votants (et à peine 40% des inscrits…). Et si l’ont tient compte du climat du vote, on voit bien que c’est plus un vote de raison qu’un vote d’enthousiasme.

 

Plus grave, la candidature de Mélenchon n’a pas réussi à convaincre les militants des plus grosses fédérations: les deux plus grosses fédérations (Nord et Val-de-Marne) ne lui donnent pas de majorité (42 et 47% respectivement). Sur les dix plus grosses fédérations, cinq donnent la majorité à Mélenchon (Bouches-du-Rhone, Seine-Saint-Denis, deux fédérations plutôt “populaires”, mais aussi les Hauts-de-Seine, Paris et la Gironde, qui le sont moins) alors que cinq lui refusent cet honneur (Rhône, Seine-Maritime, Nord, Val-de-Marne, Pas-de-Calais)(1). Or, l’engagement des grosses fédérations est important parce que ce sont elles qui ont les cordons de la bourse et les militants à qui on demandera de porter la campagne dans le régions où se trouvent traditionnellement les réservoirs de voix du PCF.

 

Mais le plus inquiétant ce sont les conditions dans lesquelles ce vote s’est déroulé. Rappellons que les militants communistes n’ont pas, en théorie, voté seulement pour Mélenchon. Voici comment était libellé l’option correspondante du bulletin de vote:

 

“Pour les élections présidentielle et législative, le PCF s’engage sur la base du contrat politique travaillé avec les partenaires du Front de Gauche comportant les orientations politiques et la conception de la campagne, le programme populaire partagé, et l’accord sur les législatives proposé par la conférence nationale. Le PCF existera pleinement dans ce choix.

Dans le cadre de ce contrat, le PCF soutient la candidature de Jean-Luc Mélenchon, comme représentant du Front de Gauche à l’élection présidentielle.

Conformément à l’accord sur les législatives, qui prévoit de réserver environ 80% des circonscriptions pour le PCF et 20% pour nos partenaires, le PCF désignera ses candidates et candidats; et il soutiendra les candidates et candidats du Front de Gauche sur l’ensemble du territoire” (2)

 

Or, il faut bien constater qu’à la date du vote ni le “programme populaire partagé” ni “l’accord pour les législatives” ne sont agréés entre les trois organisations qui composent le Front de Gauche. Pour ce qui concerne le programme, c’est toujours le programme du seul PCF et n’a pas été repris ni par le candidat prospectif, ni par les autres organisations. Et pour ce qui concerne l’accord sur les législatives, on attend toujours.

 

Un militant communiste mal averti qui lirait ce bulletin pourrait penser qu’à défaut d’accord entre les composantes du Front de Gauche sur un “programme populaire partagé” ou sur les circonscriptions législatives, le résultat de ce vote est caduc et chacun reprend sa liberté. Exacte en droit, cette vision ignore totalement le poids des rapports de force politique. Maintenant que Mélenchon a été désigné, il serait ruineux politiquement de revenir sur cette désignation. En désignant le candidat, le PCF a abandonné la seule arme dont il disposait dans le rapport de forces avec ses partenaires du Front de Gauche. On remarquera d’ailleurs que ce que la direction du PCF appelle le “programme populaire partagé” n’est en fait “partagé” par personne: on ne le trouve nulle part dans les documents ou sur les sites internet du PG, de la GU ni même du Front de Gauche. C’est un document interne du PCF qui n’engage en fait que ceux qui y croient. Et on va s’en apercevoir très vite: maintenant que Mélenchon est le candidat désigné, c’est lui qui passera au fenestron et il y défendra son programme, et non celui que la direction du PCF a déclaré “partagé”. Même chose sur les législatives: alors que la “dernière séance” de négociation était promise pour le 10 juin dernier, aucun accord n’est en vue. Et les partenaires du Front de Gauche auront maintenant tout loisir pour faire traîner les choses… à quoi bon prendre des engagements avant l’élection présidentielle ? Il sera toujours temps de renégocier après, en position de force et en fonction du score qu’aura fait le candidat Mélenchon…

 

Qu’une direction décide de renoncer à toute présence dans le débat national pour sauver des sièges de députés est une stratégie discutable mais en dernière instance légitime. Encore faut-il bien faire les choses et se donner les moyens tactiques de sa politique. L’expérience du “programme commun” a montré au délà du raisonnable que “l’union” n’est pas une question de confiance, mais de rapport de forces. Imaginer un instant que Mélenchon – ou qui que ce soit d’autre, ce n’est pas une question de personnes – respectera un accord “virtuel” au lendemain des présidentielles parce qu’il aime bien Marie-George, c’est se fourrer le doigt dans l’oeil (4). Si la candidature Mélenchon est un succès, le candidat aura acquis une légitimité populaire qui lui permettra d’imposer sa loi au PCF (l’expérience Mitterrand ne vous a pas suffi, camarades ?) et il ne s’en privera pas. Et si sa candidature est un échec, le PCF n’en profitera pas à l’heure de faire réélire ses députés.

 

Croire que le PCF arrivera à faire respecter les conditions qu’il a mises à la candidature de Jean-Luc Mélenchon c’est se bercer de douces illusions. Et le faire croire aux militants, c’est franchement criminel. Que feront les dirigeants du PCF lorsquel le candidat ignorera – et je suis prêt à parier que c’est ce qui va se passer – le “programme populaire partagé” et “l’accord sur les législatives” ? Croit-on vraiment que le PCF sera en position de dire “si c’est comme ça, on retire nos billes” ? Qu’il pourra se choisir un autre candidat ? Faut pas rêver: Mélenchon est maintenant candidat, et encore plus fort, il a réussi à l’être sans avoir à s’engager personnellement auprès des militants communistes ni sur le programme, ni sur l’accord électoral, puisque ce n’est pas lui qui a sollicité leur suffrages, mais la direction de leur parti qui l’a fait. Mélenchon aura beau jeu demain lorsqu’il mettra de côté un “programme populaire partagé” et un “accord pour les législatives” qu’il n’a jamais signé.

 

Et on n’a pas eu longtemps à attendre pour voir combien “programme” et “accord” sont virtuels. Le communiqué du PG concernant le vote des militants communistes est très révélateur. Que dit-on du “programme populaire partagé” ? Rien. Il n’est même pas mentionné (3). On nous parle au contraire d’un “programme de radicalité concrète,  sociale, écologique et républicaine”. Que dit-on de l’accord sur les législatives, qui n’a d’accord que le nom, puisque personne n’est en fait d’accord ? Pas davantage. Jean-Luc Mélenchon était l’invité du journal de TF1 ce soir. A-t-il fait mention du “programme partagé” ? Non. Des législatives ? Pas davantage. Exit donc la “campagne collective des 1500 candidats” et autres balivernes. En à peine un mois les “conditions” mises par le comité national du PCF pour rassurer les militants sur le fait qu’ils conserveraient un certain contrôle sur les évènements et réaffirmées par la conférence nationale sont allées à la poubelle.

 

Après tout ça, il faut avoir de l’estomac pour lire les commentaires de militants communistes sur tel ou tel blog se réjouissant du résultat de ce vote et annonçant des lendemains qui chantent. Est-il possible que le PCF et ses militants n’aient pas tiré les leçons des quarante dernières années de vie politique ? Est-il possible qu’ils croient encore au père Noël ? Elle est toujours à l’oeuvre, cette envie de croire qui avait porté des militants honnêtes à voter pour l’ancien fonctionnaire de Vichy, l’ancien ministre “Algérie française”, l’anticommuniste de toujours. Cette même envie de croire qui avait fait que les militants avaient voté “oui” à la participation du PCF au gouvernement de la “gauche plurielle” sur la base d’un accord PS-PCF qui prévoyait l’arrêt des privatisations. On sait ce qu’il en devint, de cet accord…

 

Alors, camarades, lorsque le candidat que vous avez choisi ira défendre dans les médias et en votre nom un programme qui n’a rien à voir avec celui que vous avez voté, lorsque vous vous ferez piquer vos députés par des candidats labelisés “Front de Gauche”, aux dents longues et aux idées courtes (genre Clémentine Autain), ne soyez pas surpris. On vous aura prévenu.

 

Descartes

 

 

 

(1) On a quand même l’impression que plus un département regroupe un électorat populaire, moins l’impulsion du vote Mélenchon a été forte.

 

(2) Le lecteur saura excuser le caractère absurde où hésitant de la ponctuation de ce texte, elle est strictement reprise de l’original…

 

(3) Il faut dire que le document que le PCF appelle “programme populaire partagé” n’a pas une seule fois été mentionné sur le site du PG ou de la GU, pas plus que sur leurs documents. Gageons qu’il sera aussi totalement absent du discours du candidat Mélenchon…

 

(4) Quoique… il se passent de drôles de choses entre Marie-George et le PG. Par exemple, on trouve dans le site du PG parmi les communiqués d’actualité une étrange invitation signée de Marie-George (ici) pour fêter la désignation de Mélenchon comme candidat présidentiel et… sa propre désignation comme candidate législative pour la 4ème circonscription de Seine-Saint-Denis. Comme quoi l’accord global sur les législatives n’existe pas, mais le PG sait récompenser ses “amis” au sein du PCF qui peuvent d’ores et déjà compter sur leur circonscription. C’est beau, non ? Quant à savoir pourquoi Marie-George prefère inviter à sa fête sur le site du PG plutôt que sur le site de son propre parti… disons que cela fait partie des mystères du Front de Gauche.

Ce contenu a été publié dans Uncategorized. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

20 réponses à PCF: Cette fois-ci, c’est vraiment la lutte finale…

  1. Darthé-Payan dit :

    Excellente analyse ! Je partage, je diffuse !

    Bien fraternellement à toi.

    D-P.

  2. Nicolas 70 dit :

    Quoique réalisant un score relativement bas, la majorité des militants du PCF qui se sont déplacés, a placé JLM en tête.

    J’ai laissé hier des commentaires assez conciliant sur le blog de JLM en espérant qu’il porte un discours Socialiste et Républicain. En cela, je pense, comme toi, qu’il n’a que faire du PPP (est-ce
    un mal ?) et qu’en cas de résultat positif à la présidentielle, JLM vendra cher au PS son ralliement (circonscriptions, conseillers territoriaux, mairies) en se moquant royalement du PCF, sauf ses
    obligés.

    Il faut voir dès hier, jour glorieux pour le PG, des blogueurs de JLM espérer la mort politique de GERIN ! Quel manque de décence et de fraternité ! JLM devrait se méfier de ses gauchistes !

    Sinon, mon département est celui qui a donné le plus petit pourcentage à JLM. Je trouve que les échanges que j’avais eux avec le Secrétaire Fédéral, qui m’annonçait un JLM minoritaire dans le Nord
    Pas de Calais, le Val de Marne ou le Var étaient justes. Il défendait une identité communiste et tenant bien ses troupes, mon département est le seul, je crois, à avoir voté pour un candidat
    communiste et non FDG.

    • Descartes dit :

      Quoique réalisant un score relativement bas, la majorité des militants du PCF qui se sont déplacés, a placé JLM en tête.

      Pas tout à fait. Ils ont placé en tête une option comportant trois volets: un “programme partagé”, un accord sur les législatives laissant 80% des circonscriptions aux communistes, et la
      candidature présidentielle de JLM. Il faut lire avec attention le bulletin de vote… et si tu ne me crois pas, relis le bulletin de vote (j’ai reproduit le texte de l’option dans mon papier).

      en cela, je pense, comme toi, qu’il n’a que faire du PPP (est-ce un mal ?)

      Le PPP n’est certainement pas une merveille, mais il vaut mieux que rien. Je prefère encore un Mélenchon engagé sur un “programme” décidé en commun, aussi mauvais soit-il, qu’un Mélenchon libre
      de faire n’importe quoi.

      Il faut voir dès hier, jour glorieux pour le PG, des blogueurs de JLM espérer la mort politique de GERIN ! Quel manque de décence et de fraternité ! JLM devrait se méfier de ses gauchistes
      !

      On est bien d’accord!

       

  3. Darthé-Payan dit :

    Salut Descartes,

    Le PCF n’est-il pas entrain d’évoluer comme l’ancien Parti Radical Républicain – Parti Radical Socialiste ?

    Faiblesse militante et surtout de la participation militante, parti hypertrophié par les élus et le clientèlisme locale qui en découle, aucune tête d’affiche ne se dégage, alliance à la carte,
    compromis de soumission bref, une lente agonie…

    Est-ce que Mitterrand, hier, et Mélenchon, aujourd’hui, (avec il est vrai une aide “incroyable” de certains communsites de la direction !)ne vont pas faire au PCF ce que les affaires, la montée de
    la gauche (SFIO-PCF) et surtout la Seconde Guerre mondiale a fait aux Radicaux socialistes ?

    Qu’en penses-tu ?

    Sur le blog de JLM, c’est à la glorification du “nouveau Grand Timonier” aucun message critique ou désapprobateur ne passe ! Vive la “révolution citoyenne” sans débat,sans critique, sans
    citoyenneté en quelque sorte !

    Autre chose, j’ai mis en ligne sur FB et sur mon mur le lien pour atteindre ton article. Jusqu’à hier soir minuit, on pouvait l’atteindre. Depuis, c’est impossible, il est classé par FB comme
    “tentative de hameçonnage” ! A mon avis c’est des petits “malins” qui se rendent compte à la fois que ton lien et ton propos gênent le bel enfûmage autour du Front de Gauche ! Je te rassure les
    liens vers mon blog ou d’autres blog qui ne sont pas “gauchistes bien pensants” et bien subissent le même sort ! Belle démocratie et belle révolution citoyenne que certains nous prépare ! Mieux
    vaut en rire qu’en pleurer ! Ils ne sont que les “grouchos marx” de la “révolution bobo urbaine” que nous vendent le politiquement corret et la société du spectacle médiatico-politique (hier
    Besancenot, aujourd’hui Mélenchon (invité de TFl. Chaine qui héberge le shampouineur ushuaesque virevoltant dans la sphère médiatico-politique du boboland. Ce shampouineur dont JLM a attribué des
    vertus “révolutionnaires” et a tenté des appels du pied ! Bref, mieux vaut en rire qu’en pleurer !

    Bonne journée.

    Salut et Fraternité.

    D-P.

    • Descartes dit :

      Le PCF n’est-il pas entrain d’évoluer comme l’ancien Parti Radical Républicain – Parti Radical Socialiste ?

      Tout à fait. Il est en train de devenir un parti notabiliaire à base essentiellement locale.

      Sur le blog de JLM, c’est à la glorification du “nouveau Grand Timonier” aucun message critique ou désapprobateur ne passe !

      Ca te surprend ? Tu peux toujours te consoler en te disant que comme l’écrivait Beaumarchais, “sans liberté de blâmer il n’y a pas d’éloge flatteur”…

      Depuis, c’est impossible, il est classé par FB comme “tentative de hameçonnage” ! A mon avis c’est des petits “malins” qui se rendent compte à la fois que ton lien et ton propos gênent le bel
      enfûmage autour du Front de Gauche !

      “Ladran, Sancho, señal que cabalgamos” (“Ils aboient, Sancho, c’est la preuve que nous chevauchons”) (Cervantes, “Don Quichotte”).

  4. C'est quand qu'on va où ? dit :

    Il ne s’agit pas d’une excellente analyse mais d’un tissu de parti-pris d’un anti-front de gauche qui ne veut pas de l’unité. C’est pathétique si c’est seulement le nom “communiste” qui prime sur
    les idées. Mais patience, les faits vont donneront tort. Tout se passe à merveille et il n’est pas impossible que le FdG s’élargisse encore.

    • Descartes dit :

      Mais patience, les faits vont donneront tort.

      Vraiment ? C’est drôle, en 1981, des camarades communistes m’avaient dit la même chose. En 1997, ils ont récidivé. Et à chaque fois, c’était le même discours: “tout se passe à merveille”, “la
      victoire est a portée de main”, “le peuple sera là pour empêcher les dérives”… et on peut observer le résultat. Le fait qu’au lieu de répondre à mes arguments tu les balayes d’un revers de
      manche avec une accusation de “parti-pris” est à lui seul assez révélateur, et illustre parfaîtement ce que j’ai dit dans mon papier: quand on a desespérement envie de croire…

      il n’est pas impossible que le FdG s’élargisse encore.

      Qui trop embrasse, mal étreint.

  5. Matéo 34 dit :

    Bonjour,

    Autant je trouve le fond de l’article assez juste, autant le titre me parait faux. C’est pas le premier titre qui nous enterre, ce ne sera pas le dernier. 🙂
    Un rapport de force ne peut s’analyser qu’en regardant certaines réalités : lors des dernières élection cantonales, la majorité des voix ont été ramenées par des candidats communistes dans le cadre
    du Front de gauche (ils ont même battu la FASE en Seine Saint Denis). On peut s’appuyer uniquement sur une réalité nationale mais faire l’impasse sur une réalité locale fausse l’analyse.

    Faux car même les militants communistes qui ont voté pour le choix de Mélenchon l’on fait en connaissance de cause, c’est à dire de la personnalité du sus nommé.
    Et c’est un partisan de Chassaigne qui vous le dit !

    Reste le fond de votre article, et notamment la question du programme, sur lequel je suis assez largement d’accord.

    Bonne journée.

    Matéo 34

    • Descartes dit :

      Autant je trouve le fond de l’article assez juste, autant le titre me parait faux. C’est pas le premier titre qui nous enterre, ce ne sera pas le dernier. 🙂

      Possiblement. Il n’empêche que le PCF est mort. Ou plutôt, pour reprendre la formule d’un ancien dirigeant communiste, c’est un astre mort: il ne nous éclaire que grâce à la lumière qu’il
      éméttait il y a déjà bien longtemps…

      On peut s’appuyer uniquement sur une réalité nationale mais faire l’impasse sur une réalité locale fausse l’analyse.

      L’élection présidentielle est une élection nationale. Besancenot a réussi à faire 5% alors que son implantation locale est nulle. Le “rapport de forces” entre Mélenchon et le PCF est d’abord un
      rapport de force national. Et c’est d’ailleurs pour cela que Mélenchon a réussi à s’imposer comme candidat: parce que la direction du PCF sait que le parti ne pèse plus rien “nationalement” et
      que présenter un candidat était la garantie de se prendre une baffe monumentale.

      Faux car même les militants communistes qui ont voté pour le choix de Mélenchon l’on fait en connaissance de cause, c’est à dire de la personnalité du sus nommé. Et c’est un partisan de
      Chassaigne qui vous le dit !

      Je ne saisis pas le rapport. Si tu est “un partisan de Chassaigne”, t’est particulièrement mal placé pour opiner sur les “connaissances” qu’ont ou n’ont pas “ceux qui ont voté pour le choix de
      Mélenchon”… 😉

       

  6. argeles39 dit :

    Ton analyse est cruelle, mais, hélas, elle est lucide et pertinente.
    Le FdG va probablement partir à la bataille sans programme cohérent et structuré (faute de travail et méthode comme tu l’as maintes fois déploré), se contentant de quelques slogans couchés sur des
    tracts et des affiches.
    Sans programme crédible et fédérateur, le score du FdG dépendra uniquement de la « côte d’amour » de Mélenchon ; il fera probablement un score honorable, suffisamment honorable pour éviter le
    retour de bâton (auto financement de la campagne si score < 5%), mais il ne pourra pas « jouer la gagne ».

    • Descartes dit :

      Sans programme crédible et fédérateur, le score du FdG dépendra uniquement de la « côte d’amour » de Mélenchon ; il fera probablement un score honorable,

      En fait, comme j’ai essayé de le montrer dans mon papier, il est le candidat et il a les mains libres. La question est ce qu’il choisira de faire de cette “liberté”. Va-t-il privilégier un
      discours “républicain” ? Ou va-t-il plutôt tomber du côté où il penche, c’est à dire, vers le versant gauchiste ? Difficile à dire. Mais ce qui est sûr, c’est que parmi ceux qui l’on soutenu
      jusqu’à maintenant, il y aura un grand nombre de cocus…

       

  7. MOREL BERNARD dit :

    je trouve cet article au raz des pâquerettes, surement due à l’amertume de ce que vous considérez comme une défaite.
    Pourtant ce sont les militants qui on votés, bon seulement ceux qui sont à jour de leur cotisation,mais les autres pourquoi ne sont ils pas à jour de leur cotisation, bon d’accord vous me direz
    qu’il y a la crise, mais este vous bien sure que c’est la seule raison, dois je vous rappelez l’époque ou le parti comptait 700000 adhérents et des centaines de milliers de sympathisants, faisiez
    vous sans doute parti des militants, qui lorsque vous aviez un désaccord avec un sympathisant, ou si il ne voulait pas entendre raison, vous le traitiez d’anticommuniste….!!!
    C’est votre clique qui à mis le parti à terre, alors il n’est que grand temps de rentrer dans le rang, et de rejoindre la majorité qui c’est exprimée démocratiquement…!!!

    • Descartes dit :

      je trouve cet article au raz des pâquerettes, surement due à l’amertume de ce que vous considérez comme une défaite.

      Chacun a droit à opinion. Cependant, j’attire votre attention sur l’absurdité d’opiner “sûrement” sur les sentiments de quelqu’un qu’on n’a pas l’honneur de connaître personnellement. Pour ma
      part, je pourrais longuement broder sur votre aveuglement, “sûrement” dû à votre incapacité de tirer les leçons de l’histoire. Mais comme je ne vous connais pas, je ne le ferai pas…

      Pourtant ce sont les militants qui on votés,

      Et alors ? Les militants ne sont pas infaillibles, que je sache.

      C’est votre clique qui à mis le parti à terre,

      Qu’est ce que vous en savez ? A quelle “clique” croyez vous donc que j’appartiens ?

      alors il n’est que grand temps de rentrer dans le rang, et de rejoindre la majorité qui c’est exprimée démocratiquement…!!!

      Le “centralisme démocratique”, en quelque sorte ? C’est drôle, d’un côté vous me reprochez (à tort d’ailleurs) d’avoir été sectaire envers les sympathisants “avec qui j’avais un désaccord”, et
      deux lignes plus loin vous m’ordonnez de “rentrer dans le rang” comme un bon petit soldat. Faudrait savoir ce que vous voulez…

      Et bien, désolé de vous décevoir, mais je n’ai aucune intention de “rentrer dans le rang”, et vous seriez bien en peine de m’y obliger. C’est fini, l’époque des petits caporaux de votre genre.

  8. Jonathan dit :

    Cher Descartes,
    Ton analyse est très pertinente. Mais tu ne sembles pas connaître l’intérieur du PCF ; je le vois à ton incompréhension quant à l’attitude de Marie-George Buffet. La réalité est très simple : la
    tête du PCF est pourrie. Je veux dire par là qu’elle ne crois plus un traître mot de ce qui faisait encore, il y a peu, la substance du discours du PCF, à savoir la construction d’une société sans
    classe, construction appuyée sur la socialisation des moyens de production ; en clair, la direction du PCF n’est plus communiste. La Mutation de Robert Hue n’avait pas d’autre motif, et elle a été
    poursuivie par Buffet et Laurent. Là où il y a une arnaque sans nom, c’est que la campagne de 2007, jamais revendiquée comme communiste, mais comme de la “gauche populaire et antilibérale” n’a pas
    du tout été assumée par la direction du Parti, et MGB l’a mis sur le compte, dès le Conseil national de juin 2007, du “déclin structurel du communisme”. Dès lors, elle a pu continuer sa ligne
    d’effacement du PCF au profit d’un discours vaguement “de gauche” (Parti de la gauche européenne ; groupe parlementaire de la “gauche démocratique et républicaine” ; front de gauche ; j’en passe et
    des meilleures), le tout visant à créer les conditions pour rendre possible la création d’un nouveau parti, ce qui est exactement l’objectif de Mélenchon et Autain. Maintenant que la bête (le PCF)
    a fini par accepter de se laisser achever, l’on va se presser pour la dépouiller : le ralliement tardif, mais enthousiaste, de la FASE au Front de gauche et à Mélenchon, n’a d’autre signification
    que l’assurance donnée d’un vote positif du PCF pour Mélenchon. Celui-ci est d’ailleurs très utile à la direction, car elle compte s’en servir pour faire le ménage contre l’opposition interne au
    PCF ; outre les départs liés à la déception face à un tel manque de courage politique, la direction du PCF va laisser le PG présenter des candidats face à ceux qui critiquent ouvertement la
    stratégie suivie : exemple de la 14e du Rhône où André Gérin est candidat (André Gérin fait d’ailleurs l’objet d’une odieuse campagne de diabolisation de la part des portes-flingues bien-pensants
    de la direction). Maintenant que tu disposes de LA clé d’interprétation de la ligne politique de la direction du PCF, je pense que beaucoup de choses t’apparaîtront plus claires désormais.
    Très cordialement,
    Jonathan

    • Descartes dit :

      Je connais très bien le PCF, et de l’intérieur…

      Je suis d’accord avec presque tout ce que tu as écrit. La “mutation” impulsée par le père UbHue était une réaction des “notables” et des permanents du PCF inquiets de voir la perte d’influence du
      Parti menacer leur gagne-pain. Le but de la direction est moins politique que purement alimentaire: sauver les sièges (qui font vivre les élus), sauver le financement public (qui fait vivre les
      permanents). C’est pourquoi la direction est prête à vendre père et mère pour faire un score honorable aux législatives…

       

  9. Que penses-tu de ce texte:
    http://www.blogandregerin.fr/2011_06/110620.html

    André Gerin pourrait-il vraiment se présenter selon toi? Je ne suis pas d’accord sur tout mais je trouve que la ligne qu’il défend est plus patriotique et républicaine que celle de Mélenchon.

    • Descartes dit :

      Ce que je pense de ce texte ? Je pense d’abord que Gérin y écrit pas mal de vérités qu’on aimerait entendre plus souvent à gauche. On peut dire qu’il reprend les meilleures traditions du PCF:
      défendre une position révolutionnaire sur le long terme tout en prenant en considération les problèmes que les gens se posent ici et maintenant.  Et que Gérin a bien du courage à tenir ce
      langage, étant donné le pouvoir de nuisance de la “gauche bienpensante” à l’heure de saboter une candidature aux législatives…

      André Gerin pourrait-il vraiment se présenter selon toi?

      J’ai du mal à le croire… les militants du PCF restent profondément légitimistes, et je vois mal Gérin trouver les 500 signatures. Sauf s’il était choisi pour porter les couleurs d’une
      candidature jacobine en accord avec d’autres républicains (Chèvenement…). Mais franchement, je ne vois pas trop comment cela pourrait arriver.

      Je ne suis pas d’accord sur tout mais je trouve que la ligne qu’il défend est plus patriotique et républicaine que celle de Mélenchon.

      Sans aucun doute. Aujourd’hui, et malgré l’utilisation du mot “républicain” à toutes les sauces, Mélenchon est sur une ligne plus “libérale-libertaire” que républicaine.

  10. edgar dit :

    Les éclairages du camarade Descartes seraient bienvenus ici (http://www.lalettrevolee.net/article-s-80059815.html), à propos du PCF !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *