Trop de congrès tue le congrès

Ce week-end, je l’ai passé au congrès du PG. Avant que mes chers lecteurs le demandent, non, je ne me suis pas converti en fidèle militant de la bande à Mélenchon, et je n’ai pas été invité aux réjouissances. Et puis, si l’évolution du PG m’intéresse, ce n’est tout de même pas au point d’aller à Bordeaux pour le plaisir de voir ce qui s’y passe. Mais aujourd’hui, grâce à la magie d’Internet, on peut assister aux congrès des partis sans quitter sa chaise – même si la qualité de la transmission laisse encore beaucoup à désirer.

 

L’organisation d’abord. Il y a malheureusement une dérive détestable dans les congrès des partis en général: cela devient de moins en moins des lieux d’affrontement et de débat politique, et de plus en plus des sortes de meetings gentillets. On multiplie toutes sortes de séquences “communion”, ou l’on se fait plaisir en écoutant un discours consensuel, en saluant longuement des délégations étrangères ou en regardant des vidéos. A côté, on annonce au début des séquences de véritable débat, celles où les militants peuvent exposer leurs opinions, que “regrettablement” le temps ne permet qu’une dizaine d’interventions, chacune strictement cadrée à trois minutes. On se donne cinq minutes pour crier “Uh, Ah, Chavez no se va”, mais on ne donnera pas ces cinq minutes à un délégué qui a bossé son texte pour dire ce qu’il en pense. On imagine ce qu’aurait été le Congrès de Tours si on avait procédé ainsi. Mais il est vrai qu’il vaut mieux consacrer une heure à écouter des interventions des délégations d’Amérique du Sud, toutes prévisibles et toutes semblables, plutôt que de laisser la parole à des militants de base qui, en plus, risquent de critiquer certaines postures des dirigeants. De là à penser que cette structuration a été volontairement choisie pour restreindre le temps de débat, il n’y a qu’un pas… que je n’hésite pas à franchir.

 

Remarquez, certaines interventions de “grands témoins” – c’est à dire, ceux qui ne sont pas limités par la règle des trois minutes – sont intéressantes. Non pas du point de vue politique, puisqu’elles sont calées au millimètre avec le discours “politiquement correct” du PG, mais pour mieux comprendre la sociologie du PG. Par exemple, prenons l’intervention de Françoise Verchère, militante anti-aéroport Notre Dame des Landes. Écouter cette dame, c’était remonter dans la machine à remonter le temps avec la manette réglée au le début des années 1970. Notre Dame des Landes devient alors une sorte de “communauté magique”, où tout le monde est gentil avec tout le monde, ou règne “la coopération et non la compétition”, où “vous trouverez toujours quelqu’un pour vous aider”. Que Mme Vergère – qui a le physique du rôle – ait envie de revivre sa jeunesse, c’est compréhensible. Mais de là à idéaliser un groupe de campeurs militants pour l’élever au rang de contre-société, il y a quand même un pas. Bien sur, lorsqu’on n’a pas besoin de produire, lorsque ce qu’il vous faut pour vivre vient de l’extérieur, on peut toujours “coopérer” sans problèmes. C’est lorsqu’il s’agit de produire et de partager le fruit de la production que les problèmes commencent…

 

Mais d’une manière générale, ces interventions sont assommantes. Et il ne peut pas en être autrement, parce que les qualités nécessaires pour conduire une grève ou de présider l’association antinucléaire locale ne sont pas les mêmes qui sont requises pour réfléchir sur les problèmes et produire un discours intéressant. Et c’est pourquoi, à l’heure de parler à la tribune, les leaders de grève et les présidents d’association vont puiser leur discours dans la vulgate  “politiquement correcte”. Cela donne des discours absolument prévisibles, prévisibilité d’autant plus grande que les orateurs ne se concertent pas entre eux. Puisant tous aux mêmes sources, ils disent tous les mêmes choses. Et cela a un effet néfaste sur le débat: en entendant des gens divers sortir les mêmes poncifs et assener les mêmes affirmations – souvent sans la moindre argumentation ou donnée factuelle pour les soutenir – l’auditeur finit par croire, à tort, qu’il s’agit de “vérités évidentes”.

 

Mais en dehors de cette méthode discutable, les rares moments de débat n’ont pas été inintéressants. De toute évidence, il y a eu un travail de fond qui a été fait, et des militants qui ont pris au sérieux le texte et qui ont cherché à l’amender. Et qui ont eu le courage de remettre sur la table un certain nombre de contradictions dans la ligne politique que le texte sous tend.

 

Un débat qui a traversé le congrès est celui de l’économique et social contre le sociétal. Un certain nombre d’intervenants ont pointé combien le fait de se concentrer sur les questions économiques et sociales permet au Front National d’occuper le terrain et de tirer parti de la désespérance de l’électorat populaire, et demandé une plus grande attention du PG sur ces questions. De l’autre côté, on a assisté au chapelet de “séquences” et d’interventions “sociétales”: celles des mouvements LGBT – qui ont eu droit à une séquence complète – mais aussi aux maintenant traditionnelles interventions demandant la féminisation des textes – vous savez, l’ajout des “-e-es” partout.

 

Le positionnement européen, et notamment la question de l’Euro, a été un deuxième sujet de confrontation. Tout le monde sent que ce sera un élément clé dans la campagne pour les élections européennes. Qui semble avoir été relancée par les déclarations plus qu’ambiguës de Jean-Luc Mélenchon sur la question (1). Plusieurs intervenants ont ainsi signalé combien il y a une demande de clarification chez les citoyens qu’ils voient tous les jours, et combien la position anti-euro assumée permet au Front National d’occuper le terrain. La question de savoir si le discours d’ouverture marque une véritable inflexion de la position du PG sur la question ou pas a été très clairement posée.

 

En filigrane, on a vu surtout se profiler un débat sur la question de la prise du pouvoir. Le Parti de Gauche proclame depuis sa création que son objectif est de prendre le pouvoir. Seulement, prendre le pouvoir en France implique réfléchir aux alliances. On peut répéter que “le peuple est souverain”, mais avant d’être souverain, il est surtout divers. Non en termes de couleur de peau ou d’origine – contrairement aux théories “sociétales” cela n’a aucune importance – mais en termes d’intérêts bassement matériels. Une organisation politique à elle seule ne peut espérer représenter cette diversité, et la question donc se pose des alliances et des concessions réciproques que peuvent faire les différents groupes d’intérêt – on n’ose plus écrire “classes” – pour construire un projet commun. Or, le discours de la dirigeance du PG est le classique discours gauchiste résumé dans la formule – qui est la devise du congrès – “on lâche rien” (2). Et si “on lâche rien”, comment peut-on espérer arriver à un accord avec les autres ? La contradiction est résolue par un tour de passe-passe: on redéfinit le “peuple”. Cette redéfinition contenue dans le texte proposé au congrès a provoqué pas mal de discussions. Mais la prestidigitation ne permet pas aussi facilement d’effacer le problème dans le monde réel. Le problème électoral du Front de Gauche vient du fait qu’il n’arrive pas à “mordre” en dehors du territoire électoral traditionnel du gauchisme. Exclure les couches populaires – tous ces beaufs machos et homophobes – du “peuple” ne permet pas d’avancer dans cette voie.

 

D’ailleurs, cette tendance de Mélenchon & Co. à vouloir décider qui appartient et qui n’appartient pas à la collectivité nationale ou au peuple a fini par leur jouer un mauvais tour. Accuser Mélenchon d’antisémitisme est ridicule et scandaleux. Mais il faut reconnaître que la formule qui accusait Moscovici de “ne pas penser en Français” – formule qui revient d’une certaine manière à exclure notre ministre de l’Economie du peuple français – était elle aussi scandaleuse. Mais c’est un peu le problème des gauchistes: ils ont besoin – et pire encore, ils croient que “le peuple” a besoin – de personnaliser le combat. Il ne suffit pas de critiquer les idées de Moscovici, il faut descendre symboliquement la personne qui les porte. On a vu un autre aspect de cette question à travers du débat sur la “liste des oligarques” contenue dans le document de congrès. Un débat intéressant parce qu’il montre les ambiguités de la logique de politisation défendue par Mélenchon qui exclut en principe – c’est lui même qui l’a dit dans son discours – toute “personnalisation” du combat politique mais qui en pratique multiplie les “listes noires” d’individualités diabolisées, de Sarkozy à Parisot en passant par Pujadas, Hollande, Moscovici et pas mal de journalistes. Une méthode qui rappelle de biens mauvais souvenirs, que ce soit ceux des années 1930 ou des chasses aux sorcières gauchistes des années 1960 comme l’affaire de Bruay en Arthois. Le fait de trainer dans la boue le nom d’un adversaire politique est un procédé indigne, et il est regrettable qu’un parti qui prétend construire un monde plus fraternel se livre à ce genre d’excès. D’une manère générale, je dois dire que j’ai du mal à accepter ce recours permanent à la violence verbale, comme si le fait d’insulter quelqu’un prouvait quelque chose. Lorsque j’entends Mélenchon parler des “belles personnes parfumées”, des “intelligents qui ont fait l’ENA”, je ne peux m’empêcher d’entendre un écho d’idéologies qui étalaient leur préférence pour les forts plutôt que les faibles, les cancres plutôt que les bons élèves, les durs plutôt que les délicats. Pour moi cette démagogie est insupportable: contrairement aux soixante-huitards attardés, je n’ai jamais cru qu’on est plus révolutionnaire parce qu’on est grossier, parce qu’on n’a pas fait des études, parce qu’on est laid et qu’on sent mauvais. Comme disait mon grand-père, être pauvre et laid, ce n’est pas une honte, mais il n’y a pas non plus de quoi être fier.

 

Une autre “séquence” curieuse dans ce congrès fut celle – symbolique – sur l’oeillet. Les congressistes se sont plusieurs fois récueilli en écoutant “Grandola villa morena”, la chanson devenue emblématique de la révolution des oeillets portugaise (3). Cela tombe bien, on a annoncé que le PG a choisi l’oeillet comme emblème. Pourquoi pas. Ce qui est drôle, c’est que dans la tradition ouvrière française les partis politiques n’ont jamais choisi comme emblème une fleur, préférant en général des éléments plus déclaratifs: la faucille et le marteau pour les communistes, l’étoile rouge à cinq branches pour les trotskystes et les guévaristes, les trois flèches vers la gauche de la SFIO… Oh, pardonnez moi ! Il y a une exception. Il y a un parti politique français qui a choisi une fleur pour emblème… et c’est le PS en 1971.  Je me demande si les militants du PG ont perçu l’ironie…

 

Et finalement, je me suis infligé l’écoute intégrale du discours – fort décousu – prononcé par Jean-Luc Mélenchon (4) pour clôturer les travaux.  Un devoir très pénible. Non qu’il dise des bêtises. Au contraire, il dit de manière fort éloquente beaucoup de choses qui sont parfaitement justes et agréables à entendre. Le problème, c’est que toutes ces choses mises ensemble donnent une désagréable impression de décalage. Décalage entre les parties du discours, avec des points qui cachent des profondes contradictions. Décalage aussi entre le discours d’aujourd’hui et le discours d’hier. Décalage entre l’appel permanent à la Raison et les affirmations approximatives lorsqu’elles ne sont pas directement fausses, et qui passent grâce à l’émotion de l’orateur. Et le tout arrosé de la sauce démagogique du bonimenteur qui connaît bien son public et sait le manipuler combiné au funambule qui essaye de ne pas s’engager sur rien de trop concret.

 

Faut-il donner des exemples ? Donnons donc quelques uns: Mélenchon proclame sa confiance dans la science, dans la grandeur de l’esprit humain, en soulignant les succès de la recherche spatiale française, à partir de laquelle il manifeste sa confiance dans la science pour résoudre les problèmes de l’humanité. Mais à côté, on a une séquence l’importance de l’Ecosocialisme, écosocialisme qui reprend toutes les antiennes anti-scientifiques.

 

Un autre exemple ? Mélenchon  déclare que Mario Draghi a violé les statuts de la BCE en prenant la décision sur Chypre, puisque les décisions de la BCE “doivent être prises par consensus, c’est à dire à l’unanimité” (sic), et que le gouverneur de la banque de Chypre s’y est opposé. Mélenchon se trompe: nulle part les statuts de la banque n’indiquent que les décisions soient prises par consensus, et encore moins à l’unanimité. Il est vrai que souvent les décisions sont prises sans vote formel, présenté comme un “consensus”, pour éviter d’étaler les divisions devant la presse. Mais Mélenchon prend ici – ou fait semblant de prendre – l’apparence pour la réalité.

 

Et enfin, peut-être faut-il prendre le point sur lequel le positionnement mélenchonien est le plus complexe, celle de l’Euro: S’il y avait eu ambiguïté dans le discours d’ouverture, il s’est senti obligé dans le discours de clôture de bien préciser qu’il “n’était pas en train de proposer la sortie de l’Euro”. Pourquoi ? Parce que “sortir de l’Euro, ce serait accepter l’Euro-Merkel”. On admirera la cohérence avec l’affirmation, en début de discours, qu’il ne faut pas personnaliser les attaques. Mais surtout, on voit mal le rapport entre une sortie de l’Euro et le fait “d’accepter” quoi que ce soit de tel. Mais après avoir affirmé qu’on ne propose pas la sortie de l’Euro, il démontre dans un long paragraphe que l’Euro c’est l’horreur, l’instrument d’asservissement des peuples… et il continue en nous expliquant que le problème, c’est l’Euro fort. Que deviennent alors les mâles déclarations dans des discours antérieurs où on expliquait que “si la BCE n’est pas reformée, il faudra passer l’Euro par dessus bord” ? En fait, Mélenchon a trouvé la quadrature du cercle: il lui fallait pouvoir concurrencer ceux qui disent “il faut sortir de l’Euro”. A ceux-là, il propose de “sortir de l’Euro-Merkel”. Mais en même temps, il ne veut pas véritablement sortir de Maastricht. C’est pourquoi il proposera qu’on reste dans “l’euro du peuple”. Et le tour est joué. Que voulez vous… souvent Mélenchon varie… pour rester le même, c’est à dire un maastrichien convaincu, un mitterrandien nostalgique qui fait aujourd’hui ce que son mentor a si bien fait après 1972.

 

 

Descartes

 

PS: Lorsque j’ai écrit cet article, les textes votés et notamment les statuts modifiés n’étaient pas disponibles.

 

 

(1) Plusieurs commentaires de JLM dans divers médias semblent indiquer une évolution sur la question de l’Euro. Alors qu’il y a quelques mois les partisans d’une sortie de l’Euro étaient qualifiés de “maréchalistes”, l’ancien candidat prend maintenant une position ambiguë sur le mode “ou bien on réforme la BCE, ou bien il faudra abandonner l’Euro” sous différentes formes. Il l’a fait, semble-t-il, encore une fois dans son discours d’ouverture du congrès, mais comme le texte de celui-ci n’est pas disponible, je n’ai pas pu vérifier.

 

(2) On remarquera l’erreur syntactique contenue dans cette formule. Ce n’est pas à mon avis neutre: il y a une longue tradition dans le gauchisme français de mépris de la culture qui conduit à croire qu’on “fait peuple” en dégradant la qualité de l’expression. On peut constater au contraire que le PCF, pendant les trente ans où il fut le parti incontesté de la classe ouvrière, a toujours cherché au contraire ses devises dans la langue la plus classique et la plus correcte.

 

(3) Ce qui a donné lieu à un incident qui montre à quel point les dirigeants du PG ignorent l’histoire des mouvements politiques et parlent par approximation. La “révolution des oeillets” a été présentée comme “ayant mis fin à la dictature de Salazar”. La “révolution des oeillets” – en fait un coup militaire – a eu lieu en 1974, alors que Salazar était mort depuis quatre années.

 

(4) On peut d’ailleurs se demander pourquoi c’est toujours Mélenchon qui prononce les grands discours. Après tout, le Parti de gauche, en bon parti du politiquement correct, a deux co-présidents: un homme, Jean-Luc Mélenchon, et une femme, Martine Billard. Comment les militants acceptent-ils que la co-présidente femme soit reléguée à un rôle secondaire ? Pourquoi ne prononce-t-elle jamais le “grand discours” qui clôture congrès et meetings ? Comme quoi, tous les co-présidents sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres.

 

 

 

 

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35 réponses à Trop de congrès tue le congrès

  1. Bannette dit :

    As-tu remarqué que suite à l’élection des nouvelles instances, Jacques Généreux ne fait plus partie du Bureau National du PG ? Il n’était apparemment même pas candidat…

    Mmmh, faut-il y voir une mise à distance discrète comme ce fut le cas avec Marc Dolez ? Il me semble pourtant que Généreux, bien qu’excellent professeur et homme tout à fait estimable, reste
    favorable à l’euro (personne n’est parfait…).

    Nan mas parce que le gars qui fait désormais le spécialiste économie, au secours !

    • Descartes dit :

      J’avoue que je n’avais pas remarqué, mais effectivement en lisant la liste des membres du nouveau bureau national, son nom brille par son absence. Il ne s’est d’ailleurs pas exprimé pendant le
      congrès… Quant à savoir comment interpréter cette absence, j’avoue humblement que je ne connais pas les bisbilles internes au PG pour savoir ce qu’il faut en tirer. En tout cas, j’imagine que
      si son départ était justifié par des motifs “présentables” (une maladie, la nomination à un poste très prenant…) quelqu’un l’aurait remercié de son travail au PG. J’en déduit qu’on n’a pas
      voulu que cette affaire soit trop visible…

      Nan mas parce que le gars qui fait désormais le spécialiste économie, au secours !

      Tu parles d’Etievent ? J’avoue que je ne le connais pas, et que je n’ai rien lu de lui. Une recherche rapide sur le réséau m’a permis de trouver des pages où on le présente comme un “économiste”,
      mais je n’ai trouvé aucune publication à son nom. En tout cas, j’ai regardé son intervention au congrès… il m’a fait penser à RanTanPlan.

       

  2. Tyea dit :

    bonjour ! en plus, un congrès, ça coûte cher, au passage… Mélenchon est un personnage atypique dans le paysage politique, et il est très respecté par nombre de noms connus, de par tous les
    partis, même de droite. je crois qu’il est souvent dépassé par son éloquence, il semble se subjuguer lui-même parfois ! je l’entendais encore sur france inter ce matin… comme vous le dites très
    bien, Mélenchon ne lance que des accusations fondées, quant au système bancaire fou, mais il noie souvent son argumentation dans une rage que tout le monde ne comprend pas toujours. moi je l’aime
    ce Mélenchon ! pour ma part, je pense que les faits lui donneront raison, ce système s’écroulera de lui-même, en espérant qu’il n’y aura pas trop de dégâts… si on pouvait avoir un président
    dont c’est le but premier : sauver les meubles.

    • Descartes dit :

      Mélenchon est un personnage atypique dans le paysage politique, et il est très respecté par nombre de noms connus, de par tous les partis, même de droite.

      A titre individuel – et je le sais par expérience personnelle – c’est un homme adorable. Il ferait un oncle idéal. Mais je n’ai pas envie de faire de mon oncle un président de la République.

      je crois qu’il est souvent dépassé par son éloquence, il semble se subjuguer lui-même parfois !

      Mélenchon croit à la magie du verbe (et il n’a pas tort, étant donné la qualité quasi hypnotique de ses discours). Mais gauchiste il était, et gauchiste il reste: pour lui, la fin justifie les
      moyens, et n’importe quel mensonge est justifié s’il apporte des voix. Mélenchon n’a aucun intérêt pour les faits, pour lui ils ne sont que des points d’attache pour construire un récit. J’ai
      bien démonté ce mécanisme dans un papier sur le “mythe Emilienne Mopty” fabriqué par Jean-Luc pour les besoins de sa campagne héninoise…

      Mélenchon ne lance que des accusations fondées, quant au système bancaire fou, mais il noie souvent son argumentation dans une rage que tout le monde ne comprend pas toujours.

      Ses accusations ne sont pas toujours “fondées”. J’ai donné un exemple dans mon article: lorsqu’il accuse Draghi d’avoir violé les statuts de la BCE, son accusation ne répose sur rien. Quant à sa
      rage, je n’ai jamais cru qu’elle soit réelle. Elle m’a toujours paru trop théatrale pour être véritable. Le problème, c’est qu’il est convaincu que cette “rage” est médiatiquement payante… et
      il n’a pas tort: c’est en agressant tout le monde qu’il réussit à être invité régulièrement dans l’étrange lucarne. Tout simplement parce que les animateurs recherchent non pas l’intelligent,
      mais le spectaculaire. Qui a envie d’écouter Laurent débiter ses platitudes pendant une demie heure ?

      pour ma part, je pense que les faits lui donneront raison,

      Faut espérer que non.

       

  3. CVT dit :

    Bonjour Descartes,

    ah franchement, je suis content de ne plus faire parti de ce bazar! Et dire que j’y ai cru il y a 4 ans, franchement quel gâchis!

    Sinon, je voulais faire un commentaire sur deux de vos remarques, en bas l’article, car après tout, j’avoue ne pas savoir quoi en penser de ce congrès, tellement il illustre les contradictions
    des partis de gauche radicale.

    “On lâche rien” au lieu de “On NE lâche rien”: je me suis rappelé du tollé qu’avait suscité N.Sarkozy quand il avait essayé de parler “peuple”. Il est assez peu étonnant que le PG, qui prétend
    défendre la dignité du peuple français utilise ce type de rhétorique pour masquer le peu de cas qu’il fait du peuple et du français. On ressent d’autant plus la manip que Mélenchon est
    réputé être l’un des derniers tribuns à l’ancienne, donc il n’a pas trop d’excuses… Je suis assez âgé pour me rappeler de la diction parfois guindée mais toujours soutenue des dirigeants
    communistes français comme Georges Marchais, et la comparaison avec les discours de la gauche radicale moderne est peu flatteuse pour cette dernière…

    Sinon, nous avons la preuve avec M.Billard que la parité, c’est de la flûte, et surtout, la prime à la médiocrité! Je ne l’avais jamais vue avant l’émission de France 2 “Mots Croisée”, et je l’ai
    trouvée particulièrement inconsistante face à Cohn-Bendit et surtout  face à Florian Philipot du FN (un vrai danger, celui-là: ancien Chevènementiste, j’étais quasiment d’accord avec tous
    ses diagnostics! Bon évidemment, il reste pour moi un ultra-démagogue, du moins d’un point de vue de la tradition du FN. Avec des gens comme lui, le FN risque d’empêcher durablement l’avènement
    d’un pôle de gauche sociale et patriotique…).

    Dès lors, j’avoue que je la crois incapable de tenir un discours qui soit d’un autre niveau que celui des assocs. Mélenchon le sait parfaitement, mais je crois surtout qu’elle a obtenu dans
    l’organisation du parti bien plus de postes pour ses amis que son poids éléctoral réel. Dès lors, laisser Mélenchon pérorer n’est qu’une concession mineure pour une piètre oratrice comme elle.
    Comme quoi, l’exigence de parité peut s’effacer devant la compétence, ou plus devant le maquignonage…

    • Descartes dit :

      Je suis assez âgé pour me rappeler de la diction parfois guindée mais toujours soutenue des dirigeants communistes français comme Georges Marchais, et la comparaison avec les discours de la
      gauche radicale moderne est peu flatteuse pour cette dernière…

      Tout à fait. Les dirigeants communistes n’avaient pas besoin de “faire” peuple parce qu’ils étaient en général le peuple. Et ceux qui ne l’étaient pas (Aragon, Frédéric Joliot…) n’avaient pas
      besoin de faire semblant parce que leur travail dans le Parti était preuve suffisante de leur engagement. Aragon ne s’est jamais adressé au peuple autrement qu’en alexandrins… et le peuple ne
      lui en a pas tenu rigueur, au contraire…

      Sinon, nous avons la preuve avec M.Billard que la parité, c’est de la flûte, et surtout, la prime à la médiocrité!

      Et surtout, que la mediocrité n’est pas un obstacle à l’ambition…

  4. BolchoKek dit :

    Dis-donc, je remarque que ton talent pour les introductions ne diminue pas. Tu as presque réussi à me faire peur dès les premières lignes.

     

    J’avoue ne pas avoir eu cet intérêt pour le congrès du PG : des sept vertus catholiques, je n’ai ni industria ni patientia. Je suis même enclin à acedia. Ma grand-mère
    me disait déjà que j’étais un fort mauvais chrétien, et qu’heureusement que la confession était démodée, car sinon mes vices auraient étés expurgés à grands coups de notre père. Tu disposes sans
    doute d’une âme charitable – ou d’un certain masochisme – pour t’infliger deux congrès vides de suite. Personnellement, un seul m’a déjà profondément déprimé. Je savais qu’il ne fallait rien en
    attendre, mais l’ambiance globale a fini par m’achever. Sans la buvette, ses cubis de rouquin, et ses syndicalistes moustachus, je perdais tout espoir en l’humanité.

     

    J’essaye de me dire qu’au moins, au PG, ils ont eu une “personnalité forte”. Mélenchon fait tout de même plus honneur à la langue française que tous les jeunistes de chez nous, qui font passer
    les circulaires du ministère de l’éducation nationale pour des documents d’une clarté limpide. Mais bon, on sauve un peu la forme, le fond est balancé par dessus bord depuis longtemps, s’il a
    jamais existé.

     

    En tout cas, je m’amuse de voir à quel point tout ce petit monde se prend au sérieux dans ses gesticulations. Tout le monde s’en fout, mais ils s’auto-persuadent d’avoir un peu changé le monde,
    d’avoir façonné l’histoire. C’est qu’eux, par contre, font preuve de superbia…

     

    PS : Une fleur comme emblème… et un congrès en Gironde ! Quels symboles !

    • Descartes dit :

      Tu disposes sans doute d’une âme charitable – ou d’un certain masochisme – pour t’infliger deux congrès vides de suite.

      C’est que j’ai beaucoup de fautes à expier… mais après ces deux congrès, je pense que mon compte là-haut est dans le vert…

      J’essaye de me dire qu’au moins, au PG, ils ont eu une “personnalité forte”. Mélenchon fait tout de même plus honneur à la langue française que tous les jeunistes de chez nous, qui font
      passer les circulaires du ministère de l’éducation nationale pour des documents d’une clarté limpide.

      Pour ça… faut dire qu’avec le système de sélection des cadres mis en place depuis une quinzaine d’années qui récompense la médiocrité et punit les idées fortes…

      PS : Une fleur comme emblème… et un congrès en Gironde ! Quels symboles !

      N’est ce pas ? L’histoire a de ces ironies…

  5. Sonia Bastille dit :

     

    Bonsoir Descartes.

    J’ai assisté physiquement au congrès du PG à Bordeaux ce week-end car j’étais l’une des délégués de mon comité.

     

    Déjà, il y avait beaucoup de monde, le hall 3 du parc des expos de Bordeaux, semblait bien trop grand pour les congressistes du PG. Ensuite, j’ai vu beaucoup de mines fort peu enthousiastes et un
    peu laminées ! Il n’y avait ni l’engouement du congrès précédent au Mans ni  la sur-motivation des meetings. C’était aussi très pagailleux !

    Certains y voient où y ont vu une grande fête, un grand moment politique moi j’y ai  vu une grande messe à la gloire de Jean-Luc Mélenchon – culte de la personnalité quand tu nous tiens…
    et aussi un joli gâchis !

    Je n’ai pas goûté du tout à ce rite d’adoration  car je ne suis pas moutonnière et adoratrice du tout  !

    Je définirai ce congrès comme un congrès du déni des réalités, un congrès de l’incantation et de l’outrance permanente. Je dirai aussi que c’est le congrès du gâchis !

    Je vous rejoins sur pas mal de votre analyse notamment sur les impasses dans lequel se trouve le PG (mauvais résultats électoraux, opposition stérile, discours incantatoires et violents, son
    incohérence permanente, ses ambiguïtés sans fin sur l’UE et l’euro…).

    Mon parti m’a servie une soupe à hautes teneurs gauchistes et dont la violence verbale la rendait particulièrement indigeste.

    L’exemple de Delapierre (il fallait que celui-là ait son quart d’heure de gloire et apparaisse en pleine lumière….!) est très significatif de l’évolution du PG depuis quelques temps. Nulle
    analyse sérieuse et concrète de la réalité et des faits, ni rigueur doctrinale… mais par contre des diatribes, du verbe, de l’incantation à volonté et à haut débit !

    Je peux vous paraitre dure mais ce congrès a été le règne des diatribes, de la rhétorique gauchiste-populiste, de la violence verbale servant et alimentant les buzz.

     

    Jean-Luc Mélenchon s’éloigne de plus en plus du socialisme républicain, jacobin et laïque préférant maintenant un gauchiste (sentant bon le pablisme sur le plan extérieur) et un écologisme
     (sentant bon la décroissance, l’anti-productivisme, l’anti-science et une forme de néo-naturalisme). Je n’oublie par le jargon “ouvriériste” à tout propos.

    Sur l’UE et l’euro, la “bombe” politique annoncée ne fut qu’une bombinette sans trop de mèche…Les astuces lexicales, les contorsions sémantiques et idéologiques de Mélenchon et tutti quanti ne
    changeront pas le fait que le PG reste pro-union européenne et maastrichtien. Jean-Luc Mélenchon et le PG  n’appelle en aucun  cas à la sorte de la France de l’UE et de l’euro et ne
    mettent nullement en perspectives les reconquêtes des souveraines. L’euromerkel ou l’europeuple ne sont que des mots qui cachent l’incohérence de la démarche de Mélenchon et du PG sur l’Europe.
    Nombreux savent que la position actuelle du PG et de Jean-Luc Mélenchon n’est plus tenable à moyen ou long terme !

    Le problème chez les gauchistes c’est le mot nation et la souveraineté nationale ils ne veulent pas en entendre parler. Ceux qui comme moi, la mette en avant, la revendique, la pense
    émancipatrice se font ostracisés, traités de FN ou de nationalistes. D’ailleurs, vendredi soir, j’ai fait une courte intervention au micro, de quelques minutes, dans un brouhaha
    irrespectueux, au sujet de l’Europe, et j’ai entendu des quolibets du genre “va chez Marine” ou “ça c’est du nationalisme”…

    Il est quand même surprenant de voire le PG, se disant parti révolutionnaire, voulant rompre avec l’ordre établi, devenir si insipide, si modéré, si flou sur toutes les questions qui touchent à
    l’UE et à l’euro ! D’ailleurs le PG comme le PCF et donc le FDG, sont totalement muets ou fort peu diserts sur les projets que nous pondent les commissaires européens pour les cinq prochaines
    années. Les projets des “États-Unis d’Europe” (saut fédéraliste), la fédération de la zone euro (autre saut fédéraliste), les mises sous tutelles des budgets etc…

    Le PG  a réagit, suréagit sur Chypre (de voir Delapierre plus chypriote que les chypriotes eux-mêmes m’a  bien fait rigolée !) en utilisant toujours  les diatribes, les
    slogans, le verbe haut et fort gauchiste mais qu’est-ce qu’il propose de concret derrière ? J’ai demandé à Jacques Généreux, ce dernier, m’a point répondu… d’ailleurs assez effacé dans ce
    congrès. D’autres camarades m’ont  répondue :” on attend que les peuples bougent et nous donnent raison…de toute manière la révolution citoyenne va arriver en
    Europe !”(sic).

    J’en viens aux propos de Delapierre (appuyés par Mélenchon), je les trouvent inacceptables… D’ailleurs, pour tout vous dire, j’ai quitté le congrès immédiatement après !

    Que Mélenchon ne soit pas antisémite est sûrement vrai mais dans le PG il y a quand même quelques dérives dans les propos et la violence verbale. J’ai été moi-même apostrophée par un zélé
    sectaire du PG qui commentait sur un blog par “ne répondez pas en juive…”. J’ai réagi est là ce fût la volée de bois-vert et des insultes violentes me visant en tant que femme n’étant pas dans
    la bonne ligne et qui en plus n’obéissait pas ! Je n’ose pas vous mettre leur joli florilège, vous et votre blog ne le supporteraient pas ! Qu’ont fait les titulaires des blogs dont certains sont
    des responsables nationaux du parti hé bien, rien et les sectaires ont redoublés dans les insultes !

    Ce congrès donc me laisse un mauvais goût dans la bouche et aussi d’inacceptables propos et insultes entendus dans mes oreilles… j’ai décidé de descendre du train amène le PG au bout de
    l’outrance. J’ai donc décidé de quitter le PG !

    Voilà cher Descartes, mon commentaire, mon propos et mon analyse sur le congrès du PG.

    Merci encore pour tout ce que permettent vos articles sur le plan de la réflexion, du constat, de l’analyse et aussi de l’échange argumenté.

    Bien fraternellement à vous.

    Sonia.

    • Descartes dit :

      Ma chère Sonia, merci de partager avec nous ta perception du congrès.

      Je n’ai pas perçu en regardant la retransmission du congrès le côté sombre que tu décris. Par contre, j’ai lu par hasard les commentaires sur le blog d’Alexis Corbières… et là j’ai compris ce
      que tu voulais dire. On retrouve là cette curieuse pensée qui préfère pousser les “impurs”  vers la sortie, puisque cela permet aux “purs” de rester entre eux. En oubliant qu’en politique
      l’important est de convaincre ceux qui ne partagent pas vos idées… et non de faire plaisir à ceux qui les partagent dejà.

      Ne prenenz donc pas trop au sérieux les injures des imbéciles style “Pulchérie” & Co… elles me font penser à ce qui disait Guitry: “si ceux qui disent du mal de moi savaient ce que je pense
      d’eux… ils en diraient bien davantage !”.

       

  6. Ifig dit :

    Ce qu’on peut retenir du congrès du PG, je crois, c’est 1) le choix fait par Mélenchon de commencer à proposer une sortie de l’euro (même si c’est peu clair, mais par rapport à sa campagne
    présidentielle, le virage est marquant) et 2) le durcissement du discours. Cela va à l’encontre de ce qu’on (toi, mais j’y croyais aussi) pouvait imaginer avant le congrès, à savoir un
    rapprochement avec EELV. Je les vois aller vers ces terrains.

    Cela implique que la ligne de Mélenchon est plutôt “il va y avoir des confrontations très violentes, et il faut être dominant dans ces confrontations futures, même si aujourd’hui nous sommes très
    minoritaires.” Une ligne “l’Histoire nous mord la nuque” en quelque sorte. J’avoue que je trouve ça délirant. Qu’est-ce que JLM dira à ses militants dans trois ans si il n’y a pas eu ces fameuses
    confrontations très violentes?

    Pour quitter la politique et entrer dans la psychologie, j’ai l’impression que cette ligne est cohérente avec ce que je perçois comme une très grande mégalomanie de la part de JLM. Il se prend
    vraiment pour le futur Lénine français. Là encore, les déceptions peuvent être rudes.

    • Descartes dit :

      Ce qu’on peut retenir du congrès du PG, je crois, c’est 1) le choix fait par Mélenchon de commencer à proposer une sortie de l’euro (même si c’est peu clair, mais par rapport à sa campagne
      présidentielle, le virage est marquant)

      Vous y allez un peu vite en besogne. Après avoir utilisé ce sujet comme “teaser” dans son discours d’ouverture – à huis clos, il faut le noter – il a remis clairement les points sur les “i” dans
      son discours de clôture: “non, nous ne proposons pas la sortie de l’Euro”. Dont acte.

      Que Mélenchon cherche à surfer sur la vague eurosceptique en proposant une “sortie de l’euro-merkel”, on peut le comprendre. Mais lorsqu’il ajoute dans el même temps qu’il faut le remplacer par
      “l’euro des peuples”, on voit bien qu’en fait le changement est cosmétique.

      et 2) le durcissement du discours. Cela va à l’encontre de ce qu’on (toi, mais j’y croyais aussi) pouvait imaginer avant le congrès, à savoir un rapprochement avec EELV. Je les vois aller
      vers ces terrains.

      Je ne vois pas trop le rapport entre le durcissement et le rapprochement avec EELV. En quoi est-ce contradictoire ?

      Une ligne “l’Histoire nous mord la nuque” en quelque sorte. J’avoue que je trouve ça délirant.

      Moi aussi. Je pense que c’est une erreur d’analyse monumentale.

      Qu’est-ce que JLM dira à ses militants dans trois ans si il n’y a pas eu ces fameuses confrontations très violentes?

      La même chose qu’aujourd’hui. Si l’Eglise a réussi depuis 2000 ans en vendant un produit que personne n’a jamais vu, pourquoi pas Mélenchon ? N’oublie pas que quand les gens ont envie de
      croire…

       

       

  7. Ifig dit :

    Sinon, je te conseille “Le mystère français” de Le Bras et Todd. Je suis sceptique sur leurs explications de causes ultimes par les structures anthropologiques, mais les cartes
    politiques/sociologiques sont fascinantes. Ton discours sur les classes moyennes y gagnera en rigueur scientifique 🙂

  8. marc malesherbes dit :

    hors sujet – à propos du nucléaire

    au départ partisan du nucléaire, je suis de plus en plus dubitatif en raison du coût d’une catastrophe éventuelle.

    En fait, je ne doute pas trop de l’efficacité des mesures de sécurité, qui devraient limiter le risque à un niveau acceptable; mais de plus en plus j’ai des doutes sur la capacité du personnel
    exploitant (et de leur environnement politico tehnique) d’éviter des erreurs de “pilotage” en cas de problème (ou même sans problème). En théorie ils ont reçu une formation adéquate, mais le
    facteur humain est sujet à une probabilité de défaillance bien plus élevée que d’éventuels tremblement de terre ou autres accidents techniques.

    Il me semble que même dans le cas de Fukushima, le personnel n’a pris certaines des mesures de sécurité prévues, alors qu’il était apparemment dans une situation “non anormale” (autrement dit pas
    sous l’emprise de la boisson ou autre causes humaines de non vigilance).

    Pour vous montrer que le risque humain est élevé, je vous indique deux articles sur l’accident de l’Airbus Rio Paris.

    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/07/08/01016-20110708ARTFIG00619-af-447-le-pilote-n-a-pas-compris-la-chute.php
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/03/21/01016-20130321ARTFIG00346-af-447-ce-que-le-pilote-a-fait-a-rio-de-janeiro.php

    Alors que le risque du mauvais fonctionnement possible des sondes Pitot était connu, et avait fait l’objet d’informations préalables aux pilotes, celui en charge de la conduite a été incapable de
    réagir “raisonnablement” (je ne parle pas du commandant de bord qui s’était mis “hors jeu”, après avoir choisi de traverser une zone à risque !). Dans ce cas il n’y a eu qu’un coût limité. Dans
    le cas d’une centrale nucléaire le coût économique serait sans comparaison.

    • Descartes dit :

      au départ partisan du nucléaire, je suis de plus en plus dubitatif en raison du coût d’une catastrophe éventuelle.

      Ah bon ? Et quel serait ce “coût”, à ton avis ?

      En théorie ils ont reçu une formation adéquate, mais le facteur humain est sujet à une probabilité de défaillance bien plus élevée que d’éventuels tremblement de terre ou autres accidents
      techniques.

      Et c’est pourquoi la doctrine de la “défense en profondeur” implique qu’il y ait plusieurs lignes de défense successives de nature différente. Certaines réposent sur des actions des opérateurs,
      d’autres dépendent d’automatismes, d’autres enfin sont purement passives…

  9. Gugus69 dit :

    C’est pas complètement faux : Moi, si je pilotais une centrale nucléaire à 10000 mètres d’altitude et à 900 km/h, je me méfierais des sondes pitot ! Bon cela dit, si je crashe mon EPR au milieu
    de l’atlantique, ça devrait le refroidir quand même…

  10. Ifig dit :

    “Je ne vois pas trop le rapport entre le durcissement et le rapprochement avec EELV. En quoi est-ce contradictoire ?” Je peux me tromper, mais les militants EELV que je connais sont très “propres
    sur eux”. Pour le coup, je les imagine assez choqués par la “brutalisation” du discours politique à la JLM. Et par ailleurs, même si la ligne de JLM sur l’euro reste ambigüe, il part d’une ligne
    d’acceptation de la monnaie unique. Pour moi, il s’éloigne d’EELV aussi sur ce point même s’il ne rompt pas.

    Par comparaison, Syriza (le parti grec) a eu un congrès récent (Février). Une motion a permis à l’aile plus radicale de se compter: il s’agissait de voter pour dire “si nous arrivons au pouvoir,
    nous essaierons de renégocier nos accords avec l’UE mais ne cas d’échec nous assumerons une sortie de l’euro.” Cette ligne a fait 25% des votes des délégués, la majorité refusant d’envisager une
    sortie de l’euro. Mélenchon est donc arrivé sur une ligne qui se retrouve à l’aile gauche de Syriza. (Ou alors c’est Syriza qui se prépare à suivre une ligne socio-démocrate classique si ils
    gagnent les prochaines élections…) Cela me semble éloigner les possibilités d’un accord du PG avec EELV.

    • Descartes dit :

      Je peux me tromper, mais les militants EELV que je connais sont très “propres sur eux”. Pour le coup, je les imagine assez choqués par la “brutalisation” du discours politique à la JLM.

      Alors on ne doit pas fréquenter les mêmes. Parce que ceux que je connais, tout en étant “propres sur eux” sont d’une incroyable grossiéreté avec tous ceux qui ne partageraient pas leur vision
      intégriste du monde. La “brutalisation” du discours politique à la JLM n’est pas très différente de celle d’un Cohn-Bendit ou d’un Mamère, par exemple… et il ne faut pas oublier que le grand
      moment de “brutalisation” du discours politique fut celui des “enragés” de Mai 1968…

      Et par ailleurs, même si la ligne de JLM sur l’euro reste ambigüe, il part d’une ligne d’acceptation de la monnaie unique. Pour moi, il s’éloigne d’EELV aussi sur ce point même s’il ne rompt
      pas.

      Je n’ai pas très bien compris la remarque. Où est le désaccord entre EELV et JLM sur l’Europe ? Les deux sont europhiles avec la chansonnette de “l’autre Europe” et de “l’Europe sociale”, les
      deux sont pour l’Euro…

      Par comparaison, Syriza (le parti grec) a eu un congrès récent (Février). Une motion a permis à l’aile plus radicale de se compter: il s’agissait de voter pour dire “si nous arrivons au
      pouvoir, nous essaierons de renégocier nos accords avec l’UE mais ne cas d’échec nous assumerons une sortie de l’euro.” Cette ligne a fait 25% des votes des délégués, la majorité refusant
      d’envisager une sortie de l’euro. Mélenchon est donc arrivé sur une ligne qui se retrouve à l’aile gauche de Syriza.

      Ah bon ? Ou ça ? Connaissez vous une seule déclaration de Mélenchon ou l’on parle “d’assumer une sortie de l’Euro” ? Moi pas. Chez lui, c’est toujours des métaphores du genre “passer l’Euro par
      dessus bord”, et lorsqu’on lui demande de clarifier il précise toujours qu’il ne s’agit pas de sortir de l’Euro, non, jamais, que sortir de l’Euro ce serait donner raison à Merkel et autres
      balivernes. Resignez-vous: Mélenchon est toujours sur une ligne pro-Euro jusqu’au bout. Répéter qu’il a changé d’avis et qu’il est sur une ligne de sortie de l’Euro relève de la méthode Coué.

       

       

  11. Ifig dit :

    En relisant mon premier commentaire, j’avais écrit “je les vois aller vers ces terrains”, il fallait lire “je les vois MAL aller vers ces terrains” (les étant EELV).

  12. dudu87 dit :

    Bonjour à vous,

    Un grand merci à Sonia pour son témoignage !

    Quelques souvenirs de ce « gauchisme pur et dur » des années 70 : A chaque mouvement revendicatif qui se déclenchait dans mon entreprise, nous avons vu apparaître les « luttes
    ouvrières », le « parti marxiste-léniniste révolutionnaire » pour nous dire de nous déclarer en …grève illimitée, « seule capable de nous apporter la victoire ». Bien
    sûr, nous ne devions pas faire confiance à la CGT. Devant notre exaspération, nous les avons chassé des portes de l’usine. Le lendemain, nous avons vu fleurir sur les murs de l’usine:
    « PC=SS et CGT=CRS ». Alors les méthodes ont changé mais le fond reste le même. Nous avions aussi un certain nombre de ces « apprentis révolutionnaires » dans nos rangs (CGT).
    Sous l’impulsion de G. Séguy, nous avons développé la démocratie ouvrière et surtout…syndicale. Tous les syndicats qui ont suivis cette ligne politique ont vu partir d’eux-même ces
    « gauchos » comme nous les appelions. Ils ont peur de …la DEMOCRATIE !!! Les autres se sont retrouvés à la remorque de la CFDT.

    Imaginez en 68, si nous avions laissé rentrer dans les usines les Cohen-Bendit et autres Sauvageon et il y avait aussi toute la bande que nous retrouvons aujourd’hui au PS. Leur « fond de
    commerce » est d’empêcher « l’émancipation de la classe ouvrière » (je sais, c’est une expression toute faite quoique…) et de son développement (programme d’industrialisation).

    Et même si cette même classe votait en masse pour eux (FdG et voir ce qui c’est passé au PS), ils leur diraient qu’ils ne sont pas capables vu leur niveau d’instruction. Dans les années 80,
    Citroën a « dégraissé » ses usines parisiennes et fermé Poissy. Pour empêcher que la lutte se développe, les mêmes aujourd’hui ont culpabilisé les travailleurs de ses usines en grande
    majorité immigrés en nous expliquant « qu’ils ne pouvaient pas gérer les nouvelles technologies vu qu’ils ne savaient ni lire ni écrire» et la division était faite…

    Aujourd’hui, c’est le nucléaire, c’est la « planification…écologique », c’est l’émigration à tout va…. et la petite dernière…l’euro des peuples !!!

    Et si le PCF et la CGT défendaient le nucléaire « bec et ongle » ou le « NON » à Maastricht, ils auraient droit au même traitement que dans les années 70.

    Alors maintenant au moment T, si je devais voter, je voterai BLANC !!! Et c’est ma grande inquiétude…

     

    Une chose certaine, jene pardonnerai jamais au PCF de nous avoir diriger dans cette impasse, ils savaient… Mélenchon, il est toujours égal à lui-même tel qu’il était au PS, un opportuniste!

    P { margin-bottom: 0.21cm; }A:link { }

  13. marc.malesherbes dit :

    hors sujet – sur la laïcité en France

    je signale à votre attention une déclaration reprise par l’AFP qui m’a surpris.
    “21% des Français trouvent normal de suivre d’abord les règles de leur religion avant celles de la société”
    http://www.boursorama.com/actualites/religion-et-travail-une-alliance-qui-embarrasse-les-entreprises-381cb7a8d182aba3e728f98112cf2f9e
    Je ne sais à quel sondage fait référence l’auteur de cette déclaration, ni à fortiori quelle était la question exacte, le questionnaire, la taille de l’échantillon  …

    Quoiqu’il en soit, on peut interpréter cette position supposée des Français de deux manières:
    1- ils trouvent normal de suivre d’abord les règles de leur religion avant celles de la société … tant que ces règles ne s’opposent pas à la loi.
    2- ils trouvent normal de suivre d’abord les règles de leur religion avant celles de la société … même si ces règles s’opposent à la loi.

    J’aimerai en savoir plus, car dans le “cas 2” cela pose un vrai problème pour l’avenir de la laïcité, à condition que ce “cas 2” représente une proportion substantielle (et croissante) des
    réponses.

    • Descartes dit :

      J’aimerai en savoir plus, car dans le “cas 2” cela pose un vrai problème pour l’avenir de la laïcité, à condition que ce “cas 2” représente une proportion substantielle (et croissante) des
      réponses.

      Je ne crois pas qu’on trouverait beaucoup de gens pour dire que les règles religieuses sont supérieures à la Loi civile. Je pense que l’expression “règles de la société” sont interprétées par les
      sondés comme les règles coutumières. Il n’y a pas en France de contestation significative de la légitimité de la loi civile.

       

  14. marc.malesherbes dit :

    hors sujet – sur la laïcité en France (suite)

    à contrario, le fait que “79% des Français déclarent qu’ils ne trouvent pas normal de suivre  d’abord les règles de leur religion avant celles de la société”, pose également grave problème
    d’intolérance religieuse.

    en effet si le suivi de ces règles ne s’oppose pas au respect de la loi, pourquoi pas ?

    • Descartes dit :

      Parce que la vie en communauté implique un certain nombre de règles non écrites qui sont pourtant nécessaires. Quelquefois ces règles sont non-écrites précisement parce qu’étant respectées par
      tous, personne n’a trouvé nécessaire de leur donner un caractère formel. Prenons par exemple le fait de céder le siège aux personnes âgées ou handicapées. Faut-il vraiment passer une loi au
      Parlement pour cela ? Et pourtant je suis persuadé que c’est une règle que tout le monde considére comme “impérative” sans que cela relève de l’intolérance…

       

  15. CVT dit :

    Bonjour Descartes,

    je voulais revenir sur le commentaire de dudu87, à propos de la genèse du gauchisme:

    Quelques souvenirs de ce « gauchisme pur et
    dur » des années 70 : A chaque mouvement revendicatif qui se déclenchait dans mon entreprise, nous avons vu apparaître les « luttes ouvrières », le « parti
    marxiste-léniniste révolutionnaire » pour nous dire de nous déclarer en …grève illimitée, « seule capable de nous apporter la victoire ».

    Je sais que ce sujet est votre péché mignon , et j’aurais une question pour vous à ce propos. J’avoue ma plus
    totale perplexité: jeune quarantenaire, j’ai longtemps pensé être gauchiste, et plus le temps passe, plus je m’aperçois que n’était pas le cas. Mon problème, c’est que je suis loin d’avoir les
    mêmes motivations de ces ahuris, qui pour certains d’entre eux sont sincères.

    J’en viens donc au fait: il y a quelques temps de cela, dans une de nos discussions sur un post à propos de la maxime du Prince de Salinas dans le Guépard (“tout changer pour que rien ne
    change”), vous aviez affirmez que face aux changements (économiques ou sociaux), il y avait deux attitudes possibles pour y résister. La première est conservatrice/réactionnaire (le conservatisme
    est parfois assez sain au demeurant, alors que j’exècre la réaction…) et la deuxième…révolutionnaire! C’est cette dernière posture que j’ai toujours du mal à saisir car je la trouve
    schizophrène: comment souhaiter la révolution pour conserver un système existant? Evidemment, vous aurez deviné que j’ai décrit la posture gauchiste. Comment peut-on consciemment être maximaliste
    dans ses revendications, tout en sachant que les conditions de leur réalisation sont inatteignables? Si on exclut la naïveté et la jeunesse, c’est une attitude que je ne trouve pas sensée, et
    c’est un euphémisme!

    Je veux bien accepter une explication materialiste disant que les gauchistes sont souvent issus des fameuses classes moyennes et plus rarement des classes populaires, et que donc elles défendent
    ainsi des intérêts de classes, mais franchement, j’ai toujours du mal à encaisser cette posture hypocrite, qui en fait, ne trompe pas grand monde: électoralement, il ne me semble pas qu’un parti
    ouvertement gauchiste aie été au pouvoir dans le monde! Par contre, l’influence de leur idées a paradoxalement fait le lit de l’ultra-capitalisme qu’il prétendait combattre. Peut-être que les
    gauchistes sont des gens qui ont mauvaise conscience? Bref, je patine!

    En résumé, c’est cette schizophrénie que je ne comprends pas: vous avez un diagnostic, docteur Descartes?

    • Descartes dit :

      Vous posez des questions complexes… en première approximation, je vous conseillerais de lire le livre “Le Guépard”, qui y répond assez bien sur le mode romanesque… 

      En fait, il y a plusieurs problématiques qui se croisent. La première est celle de la prise de pouvoir des classes moyennes. J’ai expliqué dans un autre papier combien la position de celles-ci
      est précaire, puisqu’elles dépendent, pour garder leur part disproportionnée du gâteau, d’un alliance toujours fragile avec les classes possédantes. Lorsque celles-ci paraissent menacées par
      l’activisme des couches populaires, la tentation est très grande pour les couches moyennes de prendre la tête du mouvement – y compris en déplaçant les dirigeants ouvriers pour prendre leur place
      – de manière de s’assurer d’une place à table lors du nouveau partage du gâteau. Bien sur, comme il n’y aura pas pour tout le monde cela conduit nécessairement à une compétition pour voir qui est
      le plus “révolutionnaire” et peut donc éliminer les autres. C’est un peu la problématique évoquée dans “Le Guépard”.

      Dans le cas du gauchisme français il y a un deuxième élément, plus personnel, qui est celui de l’autojustification. Etre “révolutionnaire”, cela veut dire que tout vous est permis. Si vous êtes
      conservateur, vous ne pouvez pas sans manquer de cohérence sauter le tourniquet du métro ou mettre le feu à la voiture du voisin. Mais si vous êtes “révolutionnaire”, vous le pouvez. Vous
      expliquerez qu’il s’agit d’un geste de rébellion contre le système oppresseur. Etre “révolutionnaire”, cela veut dire aussi que vous pouvez jouir en paix des dividendes de l’usine de papa sans
      sentiment de culpabilité. Comment pourriez-vous être accusé d’exploiteur puisque vous défendez publiquement les revindications les plus extrêmes – tout en sachant qu’elles n’ont aucune chance de
      se réaliser ?

       

  16. Inquiet dit :

    Cela me fait penser à une anecdote. Une amie me raconte sa venue en tramway. Un contrôle des billets a lieu. Une fois terminé, les contrôleurs restent dans le tramway pendant le trajet de
    quelques stations. Monte un Noir.

    L’angoisse ou le suspense du récit commence ici. Je ne saurai pas si cet homme est jeune, vieux, banquier ou mineur de fond, en costard ou en clochard. Je sais juste qu’il est noir. L’homme noir
    se met à fouiller dans son sac, à “faire semblant” de chercher un titre de transport, sans le trouver, on comprend que c’est évident. (Il doit y avoir une relation mystérieuse entre le titre de
    transport et la couleur de peau) Approche un contrôleur qui a vu l’homme entrer dans le tramway. (Je ne sais pas si il était noir ou pas lui) Là, dans le récit, j’ai l’impression qu’il va sortir
    un revolver et abattre le contrevenant d’une balle dans la tête entre deux rangées de sièges. Mais en fait non. Une
    discussion s’engage entre le contrôleur et le contrôlé. Le controlé n’a pas de titre de transport et n’aura pas d’amende mais il descendra (de son gré à ce que j’ai compris, pour ne pas pousser
    le bouchon) à la prochaine station. Tant mieux pour lui.

    Et mon amie conclue : “Ah je me suis dit : enfin un geste citoyen !” (de la part du contrôleur donc) Honte à moi, j’ai eu le mauvais esprit de lui rétorquer gentiment que le geste
    “citoyen”, c’était de payer son billet, ce qu’elle a reconnu de bonne grace.

    Le militantisme corromp le jugement. La réalité n’est pas la même. Les mots ne veulent pas dire la même chose.

    Mes amis sont “de gauche” mais je les aime quand même. 

  17. marc.malesherbes dit :

    à propos du “protectionnisme solidaire”

    j’ai vu que le congrès du PG s’était prononcé pour un “protectionisme solidaire” dans son texte d’orientation “Osons”. Et qu’il y était consacré un paragraphe assez long. Cette partie reste
    générale, mais il est à noter que l’on considère “protectionnisme solidaire” au niveau d’un pays, sans jamais nommer ni l’union européenne, ni la France.

    Cela me paraît une avancée notable, totalement incompatible avec toutes les orientations de l’union européenne, sans que cela paraisse troubler quiconque au PG (voir le blog de JL Mélenchon qui
    promeut cette avancée, et en même temps de rester dans l’union européenne, et en plus dans l’euroland).

    Quand il y a des contradictions si fortes, que penser ?
    Comme dirait F Mitterrand, il faut rester le plus longtemps dans l’ambiguïté pour rallier le plus possible de soutiens, d’électeurs.

    Et comme le PG est encore assez éloigné du pouvoir, nous ne saurons pas avant longtemps quelle est son orientation réelle, même si on peut la deviner.  Elle sera sans doute proche de celle
    du PS: accepter l’Europe, en essayant de restaurer notre compétitivité en baissant les salaires et conquêtes sociales.

    • Descartes dit :

      Cela me paraît une avancée notable,

      En tout cas, c’est un changement. Mais comme souvent dans les documents du PG, le “protectionnisme solidaire” est une “formule-valise” qu’on s’abstient prudemment de définir afin de permettre à
      chacun d’y trouver ce qu’il cherche. En quoi consiste le “protectionnisme solidaire”, et en quoi est il différent d’autres “protectionnismes” ? Mystère. Tout ce qu’on sait, c’est que le
      “protectionnisme solidaire” permet de faire ceci ou cela. Mais en quoi consiste-t-il ? O n’en sait rien. 

      totalement incompatible avec toutes les orientations de l’union européenne

      Je n’en sais rien. Dans la mesure où nous ne savons pas en quoi le “protectionnisme solidaire” consiste, difficile de dire comment il se place par rapport aux orientations de l’Union
      européenne…

      Quand il y a des contradictions si fortes, que penser ? Comme dirait F Mitterrand, il faut rester le plus longtemps dans l’ambiguïté pour rallier le plus possible de soutiens,
      d’électeurs.

      Vous rémpondez vous-même parfaitement à votre question…

       

  18. BolchoKek dit :

    Mes amis sont “de gauche” mais je les aime quand même.

     

    Mes amis sont de droite, maurassiens pour certains… j’avoue que les gens de gauche m’ont toujours fait souffrir le plus grand ennui de par leur dogmatisme et, c’est triste à dire, de par leur
    fermeture d’esprit.

    • Descartes dit :

      Oh vous savez, le dogmatisme et la fermeture d’esprit n’est le monopole d’aucune orientation politique. Pour vous et moi qui avons été éduqués dans le milieu “de gauche”, la vulgate de ce millieu
      nous est connue au point que quand on discute avec les “gens de gauche” on peut savoir ce qu’ils vont dire avant qu’ils le disent. C’est pourquoi les “gens de gauche” nous ennuient. Les gens de
      droite sont plus intéressants non pas parce qu’ils sont moins dogmatiques ou moins fermés, mais parce que leur discours a encore le pouvoir de nous surprendre, de défier nos certitudes…

       

  19. marc.malesherbes dit :

    sur le “protectionnisme solidaire” (suite)

    Cet ajout du congrès n’a encore trouvé aucune traduction concrète dans les revendications du PG (à ma connaissance, il n’a pas encore réclamé de “protectionnisme” en France pour quelque activité
    que ce soit).
    Il me semble cependant qu’il faut s’interroger sur la raison de cet “ajout” dans les orientations du PG.

    La raison la plus évidente est que les salariés du privé sont sans doute majoritairement partisan d’un tel protectionnisme, tant vis à vis des produits importés que des travailleurs étrangers
    (légaux ou illégaux). Toutefois cette revendication va à l’encontre de l’intérêt des “classes moyennes” qui bénéficient des produits et de la main d’oeuvre étrangère “pas chers”, et qui ne sont
    pas concurrencés par ces produits et cette main d’œuvre.

    S’agit-il d’un tournant vers les classes populaires et du résultat de la concurrence avec le FN ? JL Mélenchon aurait-il rencontré de “vrais” prolétaires lors de sa campagne à Hénin-Beaumont, et
    ressenti le besoin de bien préparer la prochaine campagne Européenne ?

    Bref, avez-vous des infos sur la genèse au sein du PG de cet “ajout” ?

    nb: je remarque également que le paragraphe traitant de ce sujet dans “Osons” condamne le “libre échange”, ce qui était la position de départ de J Généreux, lors du congrès constitutif du PG. Or
    on n’en avait plus entendu parler depuis lors. Retour des idées de J Généreux ? Mais cela n’est guère cohérent avec son départ du bureau national du PG. Alors ?

    • Descartes dit :

      Il me semble cependant qu’il faut s’interroger sur la raison de cet “ajout” dans les orientations du PG.

      Je pense que Mélenchon a répondu lui même à cette question: “il y a des combats qu’il faut savoir épouser”. Je pense qu’on va assister à la multiplication de situations ou le PG va appliquer la
      formule “je suis leur leader, je dois les suivre”. On le voit sur le protectionnisme, on le voit sur l’Euro, on le voit sur l’opération “mains propres” qu’essaye de lancer le Petit Timonier.

      La raison la plus évidente est que les salariés du privé sont sans doute majoritairement partisan d’un tel protectionnisme, tant vis à vis des produits importés que des travailleurs étrangers
      (légaux ou illégaux). Toutefois cette revendication va à l’encontre de l’intérêt des “classes moyennes” qui bénéficient des produits et de la main d’oeuvre étrangère “pas chers”, et qui ne sont
      pas concurrencés par ces produits et cette main d’œuvre.

      Tout à fait. Et c’est pourquoi le PG sort sur le “protectionnisme” le même gambit que sur l’Euro: aux uns on expliquera qu’on abandonne le dogme européen, aux autres que c’est pour mieux le
      rétablir. Non à l’Euro-Merkel mais oui à “l’Euro des peuples”. Non au protectionnisme national, mais oui au “protectionnisme solidaire”.

      S’agit-il d’un tournant vers les classes populaires et du résultat de la concurrence avec le FN ? JL Mélenchon aurait-il rencontré de “vrais” prolétaires lors de sa campagne à Hénin-Beaumont,
      et ressenti le besoin de bien préparer la prochaine campagne Européenne ?

      Je ne sais pas, mais je pense que même dans la secte autiste qu’est le PG les cris de l’extérieur finissent par percer. Mélenchon et sa troupe ne peuvent rester insensibles à ce qui est en train
      de se passer. Et aux inquiétudes que cette situation provoque dans les classes moyennes elles mêmes. Car les classes moyennes ne sont pas idiotes, et elles ont un sens aïgu des risques qu’un
      effondrement social présente pour elles. Contrairement à la bourgeoisie, qui peut toujours reprendre le capital et aller voir ailleurs, le niveau de vie des classes moyennes est très lié à un
      ordre social qui assure un certain partage de la plusvalue. Peut-être qu’on arrivera à la situation où les classes moyennes seront prêtes à sacrifier l’Europe ou l’Euro. Mais pour cela, il faut
      qu’elles aient peur au point de craindre de tout perdre. L’incompétence de Hollande et ses boys pourrait créer cette “grande peur” ? Je n’en sais rien.  

      Bref, avez-vous des infos sur la genèse au sein du PG de cet “ajout” ?

      Aucune.

      nb: je remarque également que le paragraphe traitant de ce sujet dans “Osons” condamne le “libre échange”, ce qui était la position de départ de J Généreux, lors du congrès constitutif du PG.
      Or on n’en avait plus entendu parler depuis lors. Retour des idées de J Généreux ? Mais cela n’est guère cohérent avec son départ du bureau national du PG. Alors ?

      Je n’ai pas l’impression que la critique du libre-échange ait disparu du langage du PG à aucun moment. La critique du libre-échange est une constante de la vulgate “alter” que le PG a adopté,
      même si dans le pantéon des diables du PG le “libre-échange” n’a pas l’importance du “néolibéralisme” ou du “capitalisme”. Je n’y verrais pas un grand changement là dedans. Par contre, j’avoue
      que la disparition de J Généreux de l’organigramme du PG sans que ni l’intéressé ni personne d’autre n’ait fourni une explication me laisse songeur…

       

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