Et le gagnant est…

Ca y est. Mélenchon s’est découvert une nouvelle cause : le classement statistique des listes pour les élections municipales choisi par le ministère de l’Intérieur. On a envie de se dire qu’il y a des sujets de fond plus intéressants sur lesquels partir en croisade, des questions beaucoup plus lourdes auxquelles consacrer des billets sur des blogs. Et bien, vous avez tout faux. Car vous ne le savez pas, braves gens, mais l’infâme Manuel Valls et ses séides sont en train de préparer une monumentale « bidouille », « mélange d’amateurisme, de mauvaise foi, et de perfidie » destinée, vous vous en doutez, à dissimuler les magnifiques résultats du Front de Gauche. Bien entendu, comme souvent dans les campagnes de Mélenchon, tout cela relève du fantasme plus ou moins bien manipulé. Loin de l’amateurisme, de la mauvaise foi ou de la perfidie, cette affaire révèle surtout la difficulté qu’il y a à agréger à l’échelon national un univers politique atomisé dont la cohérence nationale a depuis bien longtemps disparu pour laisser le pas à la logique locale.

Essayons de comprendre le problème : le soir du deuxième tour, nous aurons tous envie de disposer des résultats triés en fonction d’étiquettes compréhensibles au niveau national. On peut toujours annoncer dans un journal télévisé qu’à Conques-les-plages la liste « Ensemble pour Conques » fait 25% des voix alors « Conques avenir » se situe à 23% et que la liste « Union Conchilienne » fait 14% et pourrait se maintenir. Cela parlera certainement aux citoyens de Conques, mais il y a fort à parier que cela ne dise rien à plusieurs dizaines de millions de citoyens qui n’ont pas la chance de connaître les nuances politiques de cette charmante bourgade. Par contre, si on nous explique que la liste soutenue par le PS se trouve en tête à 25%, celle de droite UMP-UDI à 23% alors que la liste soutenue par le FN peut se maintenir avec 14%, tout à coup nous seront bien plus nombreux à comprendre la situation politique.

C’est pourquoi le ministère de l’intérieur traditionnellement ne se contente pas de publier les résultats en utilisant uniquement les libellés déposés par les listes, mais essaye de les classer en « nuances » en fonction de leur position politique pour pouvoir faire une agrégation des résultats. Dans le temps, c’était simple : les listes étaient en général investies par des partis politiques nationaux, soit seuls, soit dans le cadre d’alliances nationales. On pouvait ainsi parler dans les années 1970 de listes « RPR », « PS », « PCF », « UDF », pour les partis, « majorité présidentielle » (union UDF-RPR) ou « union de la gauche » pour les alliances. Il était d’ailleurs assez simple de faire les attributions puisque les listes cherchaient à bien identifier les partis nationaux qui les soutenaient. Les candidats indépendants étaient eux classés sur un mode plus arbitraire en « divers gauche », « divers droite » ou « centriste » selon une appréciation plus ou moins subjective mais en général éclairée par une connaissance du terrain des services préfectoraux.

Avec l’affaiblissement des partis politiques nationaux, ce classement devient de plus en plus difficile à gérer. D’une part, beaucoup de candidats omettent d’indiquer leur affiliation partisane, ou noient celle-ci au milieu d’une galaxie de petites organisations qui « soutiennent » la liste. D’autre part, les alliances sont à géométrie variable et il n’y a pas de véritable investiture nationale qui permette de savoir qui a droit à l’étiquette et qui n’y a pas droit. Le cas du Front de Gauche est l’illustration même de la difficulté. Dans la mesure ou aucune autorité n’accorde l’investiture « Front de Gauche », n’importe qui peut s’en réclamer. On trouve des listes qui se prétendent « Front de Gauche » dans les combinaisons les plus étonnantes : ici c’est le PG, EELV et le NPA qui utilisent l’étiquette, alors qu’ailleurs ce sera le PCF avec le PS. Comment dans ces conditions classer les listes ? Comment classer les rassemblements hétéroclites qui se forment dans chaque municipalité pour leur donner un sens national ?

Le ministère de l’Intérieur a cette fois-ci défini dix-sept « nuances » (1). Huit correspondent à des partis : y figurent le FN, l’UMP, l’UDI, le MODEM, le PS, EELV, le PCF… et le PG. Mélenchon peut difficilement se plaindre de ce choix qui met son groupuscule à égalité avec des partis qui pèsent bien plus lourd. Deux « nuances », « extrême droite » et « extrême gauche », correspondent à une nébuleuse de petits partis difficiles à classer autrement. Trois « nuances » essayent de classer les listes indépendantes : « divers droite », « divers gauche » et « divers ». Et finalement, quatre sont réservés aux « unions » : « union du centre », « union de droite », « union de gauche » et « front de gauche ». On voit donc que dans le choix des nuances on peut difficilement accuser Valls de chercher à minimiser le soldat Mélenchon : le Parti de Gauche tout comme le Front de Gauche sont clairement individualisés et reçoivent, si l’on peut dire, un traitement de faveur.

Reste ensuite le travail le plus complexe : classer chaque liste sur cette grille. Et c’est là que les difficultés commencent. Comment classer ? Ou situer par exemple une liste d’union PS-PRG-EELV dont la tête de liste est une personnalité indépendante ? En tant que « liste PS » ? « union de gauche » ? « Divers gauche » ? Il y a bien entendu dans ce classement une part d’incertitude, de subjectivité, d’arbitraire. Un arbitraire qui est tout de même nuancé par la connaissance qu’ont les services préfectoraux de la politique locale, et des possibilités de chaque liste de proposer un classement et de faire appel du classement retenu. Ce n’est pas une procédure totalement satisfaisante, mais comment faire autrement ?

En fait, au lieu de vouer aux gémonies cet exercice statistique en lui prêtant des intentions plus ou moins perverses, il faut comprendre ses limites intrinsèques. Celles-ci viennent du fait qu’on essaye de donner une cohérence nationale à une situation qui n’en a pas. Il y a des limites aux conclusions qu’on peut tirer à partir de l’addition des votes d’une liste « union de la gauche » PS+EELV du Gers avec une liste PRG+PS en Corse et une liste PS+PCF à Paris. Ces limites sont inévitables. Il faut en être conscient, c’est tout. D’ailleurs, à ma connaissance personne ne propose un meilleur instrument statistique, pas même Mélenchon. Parce qu’au-delà de ses critiques acerbes et de ses dards empoisonnés lancés dans la direction de Manuel Valls, on ne voit pas quelle serait la méthode proposée par le Petit Timonier pour la comptabilité des résultats qui permettrait de refléter le véritable poids de chaque option politique.

En fait, on voit assez vite que la critique de Mélenchon ne vient pas d’un souci d’exactitude statistique, mais de défense des intérêts tactiques. Ainsi, il se vante que « à Clermont-Ferrand et Toulouse, nous avons obtenu gain de cause et les listes PG-Ensemble sont nuancées liste « FDG » ». En d’autres termes, Mélenchon se vante d’avoir eu « gain de cause » en obtenant pour les listes « PG-Ensemble » une nuance de toute évidence non conforme à la réalité – puisque le PCF, membre du FDG, ne soutient pas cette liste – mais correspondant à ses intérêts. Ce genre de commentaire montre combien le souci est surtout de faire apparaître sous l’étiquette « Front de Gauche » autant de listes que possible, pour améliorer artificiellement le score. C’est cela la perversité du système : chaque parti a tout intérêt à faire rattacher autant de listes que possible à la « nuance » censée le représenter dans l’opinion. Mélenchon devrait militer pour que toutes les listes incluant le PCF soient cataloguées « Front de Gauche » imaginez les centaines de milliers de votes pour la liste Hidalgo à Paris tombant dans l’escarcelle du « Front de Gauche » par la magie des statistiques…

Et comme tout tacticien qui se respecte, Mélenchon a un mouvement d’avance. Tout ce battage autour des « nuances » (deux billets de publié sur son blog sur ce sujet (2), sans compter ses interventions innombrables sur les médias) est fort habile. Outre le fait de stimuler le réflexe « victimaire » de ses militants et de cibler Manuel Valls, l’homme que la « gauche radicale » adore haïr, c’est une manœuvre préparatoire qui lui permettra le soir du premier tour, de mener la charge, de justifier les mauvaises performances, et d’avoir quelque chose à dire sur les plateaux de télévision. N’oubliez pas, c’est ici que vous l’avez lu en premier.

Descartes

(1) consultables sur http://elections.interieur.gouv.fr/MN2014/nuances.html

(2) http://www.jean-luc-melenchon.fr/2014/03/15/au-debut-des-magnolias

http://www.jean-luc-melenchon.fr/2014/03/05/la-strategie-de-loutrage-permanent

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20 réponses à Et le gagnant est…

  1. bovard dit :

    Deux prises de position récemment renouvelées de Mélenchon doivent être dénoncées aussi:
    -la demande de fermeture de toutes les centrales nucléaires c’est à dire une régression vers l’éclairage à la bougie ou à d’autres pratiques inacceptables.
    -l’utilisation clivante du sigle FDG,là où le PCF n’est pas présent sur les listes du PG.
    Ces deux positions essentielles du Mélenchonisme se retourneront contre lui car la mauvaise foi explicite n’a jamais séduit les citoyens.
    D’ores et déjà,le FDG est gravement affaibli par Mélenchon.Cependant,il est maintenu sous assistance médicale,par un PCF largement aveuglé par les sirènes suicidaires du gauchisme.
    Tout est dit sauf un détail qui ne doit pas être oublié:.
    Etre gauchiste ne suffit pas!
    Puisque le PCF est defficient, il faut demander des comptes à Mélenchon.
    Après tout,il est très riche,son patrimoine personnel,atteint presque les 2 Millions d’euros;est ce parce qu’il est redevable de centaines de milliers d’euros au PCF ?
    Sarkozy, Holland sont-ils les seuls à être égocentrés,cyniques et manipulateurs?
    Et LePen,le Milliardaire grâce à la politique,inspiret il,le comportement de Mélenchon ?
    Dassault a t il pour Mélenchon une amitié non-rémunérante ?
    Déjà,le rejet par Mélenchon,d’un personnage emblématique,témoignant dans le film,’les jours heureux’,Y.Guéna,est symptomatique de sa conception cupide, sectaire et politicienne des alliances.Autrement dit: L’héritage patrimonial du PCF en déshérence doit être récupéré par lui,Mélenchon.
    Quant au dénouement de l’invraissemblable jeu de faux-cul joué par Mélenchon,il apparaîtra dans les jours qui suivront le 1er tour:
    Il est probable que,le 24 Mars au soir ,JLM appellera à voter,avec aplomb ,sans négociations pour les’ solfériniens’ après des mois de tapages sur le thème: ‘Moi?jamais je ne me compromettrai avec le PS’. Bien sûr,il y mettra de la dissimulation.Il jouera la dans du suspense et de la dans du ventre pour en définitive..appeler à voter PS pour barrer la route à l’extrème droite.
    Aprés tout,lui qui a été ministre de Mitterand,a voté Oui à Maastricht,n’est pas à un retournement de plus
    .Comment va t il habiller ce ralliement aux solfériniens,peu importe ,il appellera au report des voix .C’était prévu dès Mai 2012.il avait affirmer qu’il ne voterait jamais une motion de censure contre un gouvernement de Holland au début du quinquenat..
    Les élections européennes parachèveront ses gesticulations hypocrites.Malheureusement,elles affaibliront un peu plus le PCF.
    D’ores et déjà,Mélenchon se prépare à chaparder une place d’élu européen au pcf .
    En effet,contrairement à 2007,aujourd’hui,Mélenchon apparaît sectaire et gauchiste et il n’a pas de réel électorat à part celui que le pcf lui octroie).Seule l’alliance vénéneuse avec le pcf assure à Mélenchon son existence.
    Déstabiliser,fracturer le PCF,pour mieux en récolter les débris,telle est sa politique.
    Or,la société française n’a pas besoin de ces diafoirus solitaires du FDG (hors-pcf) ,sans bases sociologiques.
    Dans cette période,les pratiques prédatrices,des ‘partenaires’ du FG ne sont pas acceptables en état.
    C’est un guêpier,pour la gauche de la gauche.Il faut sortir de la logique de destruction du PCF par Mélenchon.
    Pour cela les règles de fonctionnement bureaucratiques du FDG devraient être refusées.
    Le rapport des forces des militants est le seul à pouvoir démocratiquement être reconnu.
    Une prise de décision démocratique serait naturelle.Ce dont bien sûr ne veulent pas les politiciens de ces microsgropuscules (ces diafoirus) qui étouffent le PCF.
    Avec ‘leurs paroisses’ toutes plus minuscules les unes que les autres,ils n’ont qu’une perspective:dépecer le PCF ,ses militants pour se tailler une situation professionnelle dans le landernaupolitique.
    Pour eux ,plumer la volaille communiste,voilà la solution.Le reste consiste à amuser la galerie en jouant ces diafoirus coupés du peuple,allègrement irresponsables(cf:demander la fermeture de toutes les centrales nucléaires).
    Or,dans certains cercles du PCF,ces diafoirus font la pluie et le beau temps.Tout le problème du PCF est là. .
    Ces diafoirus des micro-gropuscules ont le soutien de la majorité des dirigeants du PCF.D’ailleurs, JLM s’en vante partout.
    Ainsi,sur le blog de JLM comme ailleurs,les derniers mois ont montré les vrais finalités des dirigeants du PG:En premier,plumer le PCF,en argent,en élus,en notoriété en s’attaquant à sa direction personnellement et à tous les autres membres du PCF .
    Il s’agit d’entraver les communistes jusqu’à les décourager.
    Pour cela,il convient de remplacer le principe universel et démocratique,’un militant égale une voix’ par le ‘faux’ principe: une organisation égale une voix(la ficelle est un peu grosse)…
    Mélenchon,fait ce qu’il a toujours fait au PS,comme il l’a reconnu lors de ces impayables règlements de comptes avec Holland.
    Pour Mélenchon,au FDG ,c’est comme au PS,les résultats des élections sont discutés au sommet entre responsable’ d’orgas’ avant qu’elles aient lieu.

    L’exemple de l’Espagne où Izquerdia a réussi là où Franco avait échoué,est éloquent:aujourd’hui, toute expression libre et souveraine des communistes en Espagne est anéantie.
    Quant à l’échéance européenne,la voracité politicienne de Mélenchon s’y exprime au grand jour.
    Sans vergognes,lui qui a voté’Oui’ à Maastricht,considère qu’il est propriétaire du mandat!
    Mélenchon ,élu sortant(élu depuis 40 ans essentiellement au PS=,n’a rien fait à l’Europe pour sa circonscription.
    Il occupe une fonction,aux dépends d’un communiste local ou d’un autre militant plus jeune qui pourrait être apprécié par les électeurs..
    N’est il pas Mélenchon,celui qui se moque des militants et de leurs organisations,au profit de la promotion de sa personne?

    .

    • Descartes dit :

      @bovard

      [Deux prises de position récemment renouvelées de Mélenchon doivent être dénoncées aussi:
      -la demande de fermeture de toutes les centrales nucléaires c’est à dire une régression vers l’éclairage à la bougie ou à d’autres pratiques inacceptables.]

      Ca, c’est pas nouveau. Sur ces questions, Mélenchon retrouve depuis quelques années ses réflexes gauchistes d’autant plus facilement qu’il a fait le choix tactique d’essayer de séduire les écologistes. Le virage était déjà très net lors de l’OPA sur le groupe Billard, et cela ne s’est guère amélioré depuis. J’ajoute que les initiatives du PG sur cette question sont généralement ridicules. Ainsi, « a l’occasion de la commémoration des trois ans du désastre de Fukushima, le Parti de Gauche a décidé d’organiser un déploiement important de ses responsables nationaux et élu-e-s sur plusieurs centrales nucléaires françaises ce mardi 11 mars ». Cela s’est traduit par trois pelés et deux tondus devant une poignée de centrales se faisant photographier pour la galerie avec une banderole PG. Sans aucun dialogue avec les travailleurs ou avec la population. Comme opération de masse, on a vu mieux

      [-l’utilisation clivante du sigle FDG, là où le PCF n’est pas présent sur les listes du PG.]

      Ca, c’est autre chose. Effectivement, les mêmes dirigeants du PG qui ont poussé des cris d’orfraie lorsque le PCF a osé mettre le logo « membre du Front de Gauche » sur les affiches des listes communes PCF-PS utilisent sans complexe le fameux logo pour des listes ou ne figurent que certains membres du Front, voire pour des listes PG-EELV. En fait, le PG semble jouer la carte « le Front de Gauche, c’est là ou est le PG ». Le fait que le PCF laisse faire me fait penser qu’ils ne croient pas trop à l’avenir de la valeur « Front de Gauche » dans la bourse politique.

      [D’ores et déjà,le FDG est gravement affaibli par Mélenchon. Cependant, il est maintenu sous assistance médicale, par un PCF largement aveuglé par les sirènes suicidaires du gauchisme.]

      J’attends de voir le débat sur les européennes pour me prononcer…

      [Puisque le PCF est defficient, il faut demander des comptes à Mélenchon. Après tout,il est très riche, son patrimoine personnel, atteint presque les 2 Millions d’euros;]

      Je n’aime pas trop ce genre de mises en cause personnelles. A ce que je sais, Mélenchon n’a commis aucun délit. Son « patrimoine personnel » ne me concerne donc pas. La séparation des sphères publique et privée, indispensable dans une République, c’est aussi ça. J’ai toujours trouvé nauséabondes les mises en causes personnelles de ce type, que la victime en soit Le Pen ou Mélenchon.

      [Déstabiliser, fracturer le PCF, pour mieux en récolter les débris, telle est sa politique.]

      Aujourd’hui, c’est clair. L’OPA frontale ayant échoué, il faut chercher à miner les murailles. Seulement, le PCF en a vu d’autres, et Mélenchon commence à s’en rendre compte. Les négociations en vue des élections européennes semblent être très difficiles, et je ne pense pas que le PCF sera très accommodant après le flot d’anticommunisme déversé par le PG.

      [C’est un guêpier, pour la gauche de la gauche. Il faut sortir de la logique de destruction du PCF par Mélenchon.]

      Il ne faut pas exagérer. Le PCF a d’autres problèmes bien plus sérieux, à côté desquels Mélenchon n’est qu’une nuisance passagère. Si le PCF était en bonne santé, s’il conservait sa capacité à représenter l’électorat populaire et une base sociologique populaire, s’il avait une école des cadres digne de ce nom, s’il était capable d’attirer des personnalités de qualité et de les organiser pour mener une véritable réflexion sur les question de fond au lieu de céder en permanence à toutes sortes de « modes » sociétales et aux lobbies qui s’y rapportent, s’il n’était pas totalement contrôlé par les « notables », Mélenchon ne pèserait pas lourd. Ce qui fait la force de Mélenchon, c’est la faiblesse du PCF. Pensez-vous que Mélenchon aurait réussi à être candidat à la présidence de la République si le PCF était capable de dégager de ses propres rangs un candidat de poids ?

      [Pour cela les règles de fonctionnement bureaucratiques du FDG devraient être refusées. Le rapport des forces des militants est le seul à pouvoir démocratiquement être reconnu.]

      Dans les faits, c’est ce qui se passe. Mélenchon peut aboyer tout ce qu’il veut, il n’a pas de dents pour mordre. En fin de compte, c’est la logistique locale du PCF qui fait vivre le Front de Gauche. Et c’est celui qui paye les musiciens qui choisit la musique.

    • "Mélenchon […] a fait le choix tactique d’essayer de séduire les écologistes"
      En leur envoyant des fleurs et en leur écrivant une ode? Ou bien avec sifflements et propositions graveleuses? 🙂 Désolé, pas pu m’en empêcher…

    • Descartes dit :

      @nationalistejacobin

      Bon, je sens que ça dérape… j’avoue que Mélenchon genou à terre récitant sa déclaration à une Martine Billard la face perdue dans un bouquet de roses est une scène digne de Fellini ou Buñuel…

    • BJ dit :

      @bovard

      [Après tout,il est très riche, son patrimoine personnel, atteint presque les 2 Millions d’euros]
      Il ne suffit pas d’être pauvre pour être honnête

      [LePen,le Milliardaire grâce à la politique,inspiret il,le comportement de Mélenchon ?]
      Le point Godwin n’est pas loin

      [Dassault a t il pour Mélenchon une amitié non-rémunérante ?]
      Houla, ça commence a sentir mauvais, là…

    • Descartes dit :

      @BJ

      [Houla, ça commence a sentir mauvais, là…]

      Je partage tout à fait votre sentiment, comme je l’ai écrit dans ma réponse à Bovard. Ce n’est pas parce que certains hommes politiques et commentateurs s’abaissent à ce genre de remarques – Mélenchon ne se gêne pas pour appeler Jan-Marie Le Pen "le milliardaire de St Cloud" – qu’il faut les imiter.

    • bovard dit :

      Mea culpa mais l’attitude de Mélenchon est incompréhensible sauf à envisager une certaine ‘cupidité’ de sa part.
      Pour ces élections municipales, toutes les listes sont classées en fonction d’une grille de «nuances politiques», qui a fait disparaître les «sans étiquette».

      Qu’on se le dise, l’apolitisme n’existe plus ! Les nouvelles dispositions électorales en vigueur pour les municipales de dimanche agacent beaucoup les candidats qui ont coutume de s’afficher sans étiquette (SE). Ni de droite, ni de gauche, donc. Même si comme le remarque la vox populi, ne se revendiquer d’aucun parti vous fait pencher. plutôt à droite. Au cœur de la polémique, «la grille de nuances politiques» instaurée par les services de l’État, qui, comme son nom l’indique, range systématiquement toutes les candidatures en quinze «significations» (sic) de l’extrême gauche à l’extrême droite en passant par socialiste, écologiste, UMP, nouveau centre, régionaliste ou autres… «La préfecture a attribué arbitrairement à notre liste l’Alternative Responsable l’étiquette Divers-Droite, s’insurge Christine de Veyrac, candidate à Toulouse. Je dénonce de façon très ferme ce choix. Les candidats de notre liste sont tous issus de la société civile et ne portent aucune étiquette politique. Leurs sensibilités sont diverses et ils refusent d’être catalogués à droite comme ils refuseraient d’être catalogués à gauche». L’incompréhension est d’autant plus forte dans le milieu rural, où les listes se constituent plus sur les liens de connaissance voire d’amitié, bien avant la couleur politique. Surtout que pour 36 659 communes précisément, l’abaissement du seuil de scrutin de liste de 3 500 à 1 000 habitants a changé la donne en imposant aux candidats cette fameuse étiquette. . Certains crient d’ailleurs à la manipulation en dénonçant un classement fait pour limiter la casse à gauche. Exactement l’inverse de ce que décrit Mélenchon qui une fois de plus joue au pompier pyromane.
      Reste que l’association des maires de France s’est émue officiellement auprès de Manuel Valls le ministre de l’Intérieur. En demandant la création d’une catégorie «non inscrit». Un électeur n’y retrouverait pas… ses idées.Mélenchon,lui;fait mine d’être victime alors que c’est lui qui a organisé l’enfumage en faisant inscrire ses listes comme FDG alors que souvent le pcf était sur d’autres listes.
      Bien sûr Mélenchon sait qu’il n’est pas défavorisé.
      En plus,ce matin il joue les ‘chochotes’ sur RTL où il annonce qu’il est prêt à arrêter la politique…Oui,Descartes a raison:ce n’est pas le ton de ce blog de parler ‘vrai et dru’ à la Mélenchon..
      Mais qui n ‘est pas énervé par cet Hystrion,devenu conscient après 40 ans de trotsko-Mitterandisme ,aux positions contradictoires d’un jour à l’autre ?
      Sa conception égo-centrée du FDG,tue dans l’ oeuf tout rassemblement élargi vers d’autres sensibilités.
      Sur l’affaire des ‘Nuances politiques’,comme au sujet du vrai-faux ‘non désistement'(à perte),avec les ‘solfériniens’,j’ai vraiment envie de secouer..le Coco..tier !

    • Descartes dit :

      @bovard

      [Mea culpa mais l’attitude de Mélenchon est incompréhensible sauf à envisager une certaine ‘cupidité’ de sa part.]

      Certainement pas. Au contraire : si Mélenchon – et c’est le cas général pour les hommes politiques de premier plan – avaient l’argent pour première motivation, ils n’auraient pas consacré de tels efforts à la politique. La politique au plus haut niveau est un très mauvais investissement : elle demande d’énormes efforts, un véritable renoncement à beaucoup de douceurs de la vie, et notamment de la vie privée, pour un rapport somme toute assez faible. Si les hommes politiques de premier plan consacraient leurs talents aux affaires, ils gagneraient beaucoup plus d’argent avec un effort bien plus modéré.

      [Pour ces élections municipales, toutes les listes sont classées en fonction d’une grille de «nuances politiques», qui a fait disparaître les «sans étiquette». Qu’on se le dise, l’apolitisme n’existe plus !]

      Ce n’est pas tout à fait vrai : il existe la nuance « liste divers » pour couvrir ce cas.

      [Au cœur de la polémique, «la grille de nuances politiques» instaurée par les services de l’État, qui, comme son nom l’indique, range systématiquement toutes les candidatures en quinze «significations» (sic) de l’extrême gauche à l’extrême droite en passant par socialiste, écologiste, UMP, nouveau centre, régionaliste ou autres… «La préfecture a attribué arbitrairement à notre liste l’Alternative Responsable l’étiquette Divers-Droite, s’insurge Christine de Veyrac, candidate à Toulouse. Je dénonce de façon très ferme ce choix. Les candidats de notre liste sont tous issus de la société civile et ne portent aucune étiquette politique. Leurs sensibilités sont diverses et ils refusent d’être catalogués à droite comme ils refuseraient d’être catalogués à gauche».]

      Si l’on veut faire de la statistique, on est obligé de ranger les choses dans des catégories, même si les choses en question « refusent » d’être rangés. On peut critiquer l’initiative du ministère de l’Intérieur, mais je ne vois pas beaucoup de propositions alternatives. Permettre à tout le monde de se ranger dans les « sans étiquette » ferait de cette catégorie une catégorie fourre-tout. En fait, la seule décision cohérente aurait été de ne pas faire de statistique nationale. Mais si l’Intérieur avait pris cette décision, on l’aurait accusé encore plus fort de vouloir occulter la « débâcle » du PS…

    • BJ dit :

      [ Qu’on se le dise, l’apolitisme n’existe plus ! ]
      Euh… il n’a jamais existé, que je sache.
      Se présenter à une élection et dire ne pas faire de politique, c’est de la fumisterie.
      "Sans étiquette", je veux bien (quoique en cherchant bien, on finit souvent par en trouver une), mais "apolitique", sûrement pas.

  2. Ifig dit :

    En général, il y a chez Mélenchon une tendance à attribuer à des causes externes les difficultés politiques rencontrées par le Front de Gauche. Là, c’est l’étiquetage de Valls; en général, comme dans son dernier post de blog, c’est le complot médiatique. C’est un peu dans la nature humaine, mais je pense que sa formation politique accentue ce trait. Si nous vivons depuis 1940 "le stade suprême de la décomposition du capitalisme", pour reprendre approximativement les termes de Trotsky, pourquoi est-ce que la révolution socialiste ne survient pas? Le trotskysme orthodoxe l’explique par la crise historique de direction du mouvement ouvrier; Mélenchon modernise en invoquant la trahison des médias, et la dictamolle qui manipule les consciences, sur un très long billet.

    Malheureusement, je préfèrerais de beaucoup voir le Monde titrer "Le Front de Gauche part à la conquête du pouvoir" à la place de "Le Front national part à la conquête du pouvoir". Mais s’il ne le fait pas, ce n’est pas par complot, mais parce que le premier titre est, malheureusement encore, beaucoup moins réaliste que le second.

    • Descartes dit :

      @Ifig

      [En général, il y a chez Mélenchon une tendance à attribuer à des causes externes les difficultés politiques rencontrées par le Front de Gauche. Là, c’est l’étiquetage de Valls; en général, comme dans son dernier post de blog, c’est le complot médiatique. C’est un peu dans la nature humaine, mais je pense que sa formation politique accentue ce trait.]

      C’est surtout un moyen commode de ne pas avoir à se remettre en cause. Mais chez Mélenchon cette stratégie a une motivation différente. L’un des problèmes de Mélenchon est de maintenir un semblant d’unité dans des troupes hétéroclites. La méthode idéale dans ces cas là est de proposer un ennemi commun qui soit suffisamment terrifiant pour pousser les gens à surmonter leurs différences au nom du combat commun. L’expérience a montré qu’un ennemi abstrait (« la finance ») ne suffit pas, il faut des ennemis concrets, matérialisés, individualisés. D’où à chaque fois la personnalisation des « causes externes » des échecs du Front de Gauche à des individus concrets. Valls, Poujadas, Laurent, Hollande…

      [Si nous vivons depuis 1940 "le stade suprême de la décomposition du capitalisme", pour reprendre approximativement les termes de Trotsky, pourquoi est-ce que la révolution socialiste ne survient pas?]

      Parce que le capitalisme est très loin de se « décomposer ». La troisième révolution industrielle lui a donné au contraire une nouvelle jeunesse. Il faut revenir à Marx : un mode de production devient caduc lorsqu’il est « un obstacle au développement des forces productives ». Franchement, pensez-vous que ce soit le cas du capitalisme ces soixante dernières années ?

      [Le trotskysme orthodoxe l’explique par la crise historique de direction du mouvement ouvrier; Mélenchon modernise en invoquant la trahison des médias, et la dictamolle qui manipule les consciences, sur un très long billet.]

      C’est là une contradiction intéressante pour qui se prétend marxiste : pour lui, les conditions objectives de la révolution sont réunies, et ce seraient Poujadas et Valls qui pourraient bloquer la marée révolutionnaire en minimisant la place du Front de Gauche…

    • Ifig dit :

      Descartes: "Il faut revenir à Marx : un mode de production devient caduc lorsqu’il est « un obstacle au développement des forces productives ». Franchement, pensez-vous que ce soit le cas du capitalisme ces soixante dernières années ?"

      Bien sûr que non, effectivement. Ce qui est aussi un point important à garder à l’esprit quand on discute de la mondialisation. Globalement, pour les masses paysannes d’Inde, de Chine et d’ailleurs, la mondialisation est un phénomène très positif.

  3. morel dit :

    Mais pourquoi revenez-vous encore à Mélenchon ? (Je vous prie de ne voir ici aucune malveillance de ma part). Pour moi, il fait ce que nombre de responsables politiques ont fait avant lui : sachant que les résultats électoraux ne seront pas très bons, il prépare le terrain. C’est hélas, devenu banal.
    Puis-je vous dire que mon premier étonnement de jeune élu syndical a porté sur le même sujet ? Résultat d’élections où mes demandes polies se heurtaient à des présentations de résultats électoraux partiels sans aucune synthèse possible… Depuis, j’ai pris de l’âge et des responsabilités et exigé la vérité et tant pis si ce n’est pas convivial. Prendre les « chiffres » et regarder sans détour la réalité, c’est la seule méthode qui permet d’avancer vers le but.
    Mieux encore, la dire franchement d’abord aux militants puis sous une autre forme aux électeurs qui les uns et les autres ne sont pas si dupes que d’aucuns veulent l’imaginer. Reste, bien entendu les sourds et aveugles volontaires pour qui on ne pourra jamais rien mais avec qui on ne fera rien de bon.
    Et que « chercher la vérité et la dire » ne soit pas qu’un slogan (vérité sans majuscule, cela va de soi). C’est, je crois la meilleure façon de former pas seulement des militants.

    • Descartes dit :

      @morel

      [Mais pourquoi revenez-vous encore à Mélenchon ? (Je vous prie de ne voir ici aucune malveillance de ma part).]

      Je crois l’avoir expliqué mille fois. Parce que Mélenchon est quelqu’un de ma famille. Parce que malgré les années et le cynisme qui vient avec, j’ai eu l’espoir que l’expérience du PG puisse aboutir à un véritable « parti creuset ». Que voulez-vous, on ne guérit pas de sa jeunesse.

      [Pour moi, il fait ce que nombre de responsables politiques ont fait avant lui : sachant que les résultats électoraux ne seront pas très bons, il prépare le terrain. C’est hélas, devenu banal.]

      Oui. Mais la « préparation » choisie par Mélenchon me paraît particulièrement dangereuse. Ce qu’il se prépare à faire, c’est à refuser la réalité. Le discours que Mélenchon prépare semble vouloir être « nos résultats sont bons, mais ils sont occultés ». A partir de là, aucun retour critique n’est possible. Pourquoi examiner l’organisation du PG ou le fonctionnement du FdG puisque les résultats sont bons ? Pour pouvoir corriger les problèmes, une organisation doit admettre 1) qu’il y a un problème et 2) que celui-ci ne vient pas de l’extérieur. Or, Mélenchon refuse ces deux points : d’abord il n’y a pas de problème – rappelez vous les contorsions pour obtenir « un résultat à deux chiffres » lors des législatives – et ensuite, s’il y a un problème, c’est la faute aux autres (à Valls, aux médias…).

      [Prendre les « chiffres » et regarder sans détour la réalité, c’est la seule méthode qui permet d’avancer vers le but.]

      Mille fois d’accord.

      [Mieux encore, la dire franchement d’abord aux militants puis sous une autre forme aux électeurs qui les uns et les autres ne sont pas si dupes que d’aucuns veulent l’imaginer.]

      Tout à fait. Seulement, pour pouvoir le dire aux militants et aux électeurs, il faut une grande constance. Militants et électeurs ne sont pas dupes – et encore moins des imbéciles – et sont parfaitement capables de comprendre un discours rationnel, mais ils exigent que ce discours soit cohérent dans le temps. En d’autres termes, si on explique pendant des années que l’objectif est de « battre la droite » on ne peut pas tout à coup leur dire de ne pas jouer le « désistement républicain ». C’est cette cohérence qui fait peur aux dirigeants politiques de la « gauche radicale ».

      [Et que « chercher la vérité et la dire » ne soit pas qu’un slogan (vérité sans majuscule, cela va de soi). C’est, je crois la meilleure façon de former pas seulement des militants.]

      Tout à fait. Cela me rappelle l’affrontement pendant la deuxième guerre mondiale de ceux qui voulaient que la BBC cache les défaites alliées « pour garder le moral » au risque de perdre la confiance de l’auditeur, et ceux qui jugeaient que cette confiance serait essentielle dans l’éventualité où l’on devrait donner au peuple britannique des consignes. Ce sont les seconds qui ont gagné, et c’est à eux que la BBC doit encore aujourd’hui sa réputation de fiabilité. Pour les politiques, c’est la même chose : la « gauche radicale » à force de tenir un discours radical et voter pour Hollande au deuxième tour n’a plus aucune crédibilité.

    • Ifig dit :

      Descartes: "Le discours que Mélenchon prépare semble vouloir être « nos résultats sont bons, mais ils sont occultés »."

      Sur le coup, il n’a pas complètement tort. La poussée du FN est certes l’événement du jour, donc c’est normal qu’il passe au premier plan, mais il cache des points qui seront vus comme positifs par Mélenchon. Typiquement Grenoble où la liste Verts + FdG dépasse le PS que JLM va présenter comme un exemple à reproduire partout. (Même si c’est vu comme un succès des Verts principalement.)
      D’un autre côté, la droite en tête à Bobigny!

    • Ifig dit :

      En général, je serai intéressé par ton analyse des résultats. Cela n’a pas l’air terrible pour le Front de Gauche quand même. Je regarde des villes comme Besançon ou Montpellier, qui pourraient voir se développer une "opposition de gauche" comme le souhaite JLM, et les résultats ne sont pas flamboyants.

    • Ifig dit :

      A Paris, il n’y a que Danielle Simonnet qui peut se maintenir pour le PG, avec un score juste au-dessus de 10%. Pas terrible.

    • Descartes dit :

      @Ifig

      [Bien sûr que non, effectivement. Ce qui est aussi un point important à garder à l’esprit quand on discute de la mondialisation. Globalement, pour les masses paysannes d’Inde, de Chine et d’ailleurs, la mondialisation est un phénomène très positif.]

      Et pas que pour elles. L’économie des pays développés continue elle aussi à croître. Sauf bien entendu dans la zone Euro, mais ça ce n’est pas à cause du capitalisme…

      [Sur le coup, il n’a pas complètement tort. La poussée du FN est certes l’événement du jour, donc c’est normal qu’il passe au premier plan, mais il cache des points qui seront vus comme positifs par Mélenchon. Typiquement Grenoble où la liste Verts + FdG dépasse le PS que JLM va présenter comme un exemple à reproduire partout. (Même si c’est vu comme un succès des Verts principalement.)]

      Je ferai l’analyse dans mon prochain papier. Mais effectivement, le Petit Timonier commence à chauffer la marmite avec une « nouvelle alliance » entre le PG et EELV.

    • cathmic dit :

      Grenobloise, je tiens à signaler que j’ai voté (par défaut) pour la liste Piolle en tant que liste de la société civile , et non pour EELV ou le PG (pas FdG, le PC était sur la liste PS). Je vois que mon vote est revendiqué par les thuriféraires habituels de JLM sur son blog et je n’aime pas trop.

    • Descartes dit :

      @cathmic

      [Je vois que mon vote est revendiqué par les thuriféraires habituels de JLM sur son blog et je n’aime pas trop.]

      Sans vouloir vous offenser, vous n’avez que ce que vous avez mérité. La "liste de la société civile", ça n’existe pas. C’est la version moderne de la "liste apolitique". C’est une contradiction dans les termes. Dès lors qu’un homme met son nom sur une liste, il fait de la politique. Il devient un "homme politique", que cela lui plaise ou pas. Faire en sorte d’échapper au discrédit qui s’attache a "l’homme politique" en se déguisant en "société civile", c’est une manière de tromper les gogos.

      L’idée même d’une "société civile" parée de toutes les vertus à côté des hommes politiques sectaires et corrompus devrait nous interpeller. Quiconque a fréquenté un minimum le monde associatif et celui des ONG, piliers et porte-parole autoproclamés de la "société civile", savent à quel point se monde est miné par les rivalités de chapelle, par la course permanente aux postes et aux prébendes. Et ne parlons même pas de la tendance de ces baudruches prétentieuses à parler au nom des "citoyens" ou pire, de la "planète" sans avoir jamais obtenu un mandat ni des uns, ni de l’autre. Le politique a la légitimité que lui donne le débat et l’élection. La "société civile" n’en a aucune.

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